Discours de l’Imam Sajjâd (a) à Cham

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Discours de l’Imam Sajãd (a) à Cham (en arabe : خطبة الإمام السجاد عليه السلام في الشام), est le sermon qu’a adressé l’Imam au gens de Cham – Damas actuellement – en présence de Yazid b. Muawiya qui avait demandé à un de ses prédicateurs de faire les éloges d’Ãl Abi Sofiane et de dénigrer le Commandeur des croyants (a), - l’Imam Ali -.

Lorsque l’Imam Sajãd monta sur la chaire ; avec un discours éloquent, il a pu retourner la situation et mettre la vérité en évidence concernant les gens d’Ahl-Beit (a).

Ce discours est considéré comme étant un des plus éloquents discours qui illustre le rang et le prestige d’Ahl-Beit (a), et montre l’injustice commise à leur encontre à Karbala.

L’Imam (a) et la confrontation

La période de captivité était une période exceptionnelle pour l’Imam Sajãd (a) ; car en étant Imam il avait comme obligation de préparer le terrain pour un éventuel mouvement visant à l’édification d’un état Islamique divin. Il était le porte-parole des Martyres de Karbala et du sang versé le jour d’Achoura, il était la voix silencieuse de son père l’Imam Hussein (a) aussi bien à Koufa qu’à Cham.

Si l’Imam n’était pas claire et explicite dans l’exposé de ses propos ; alors il n’y aura sans doute aucune possibilité de démarche pour lui ; car le domaine de son action future passe par le sang de son père l’imam Hussein (a).

Par conséquent, il était primordial de commencer en premier lieu par avertir les gens, et de par cela se lancer dans une opposition forte de vision lointaine. Ceci n’aurait été possible qu’en utilisant un langage mettant en avant le rang d’Ahl-Beit (a) à travers les discours, les invocations, l’éthique et l’éducation spirituelle.

Réponse de l’Imam Sajãd (a) à l’orateur omeyade

Awza’i dit : « Lorsqu’on a ramené Ali b. Hussein (a) et la tête de son père auprès de Yazid à Cham, il demanda à un éloquent orateur de prendre l’Imam par ses mains et de l’emmener à côté du minbar [1] puis lui dit : « annonce aux gens la malveillance de son père et grand-père ainsi que leur déviance de la vérité et l’iniquité exercée envers nous ».

Awza’i dit : « l’orateur n’a pas laissé un méfait qu’il ne leur a pas alloué [2]et n’a pas arrêté de dire des médisances sur l’Imam Ali (a) et l’Imam Hussein (a), cependant il a fait tous les éloges et les compliments d’approbations à Muawiya et Yazid et il leur a attribué tous les bienfaits ».

Alors l’Imam Sajãd (a) dit : « Malheur à toi, ô Orateur, tu as acheté la satisfaction de la créature au prix de la colère du Créateur, alors attend-toi à occuper une place en enfer". [3]

L’Imam demande la parole

Khawarizmi rapporte que : L’Imam Ali b. Hussein (a) dit : " Oh Yazid, m’autorises-tu à monter à mon tour sur ces planches, afin que je dise des paroles qui seront pour Allah une satisfaction, et pour ceux qui sont assis autour de nous une récompense et un gain ? ".

Yazid refusa la demande de l’Imam.

L’assemblée insista pour que Yazid l’autorise à parler et les gens dirent : Oh, commandeur des croyants, autorise-le à parler, peut-être entendrons-nous quelques chose d’intéressant.

Yazid dit : s’il monte le minbar, il ne descendra qu’avec mon déshonneur et le déshonneur d’Ãl Abi Sofiane.

Ils dirent : Oh, commandeur des croyants, et qu’est-ce qu’il peut dire de si bien ?

Yazid répondit : il fait partie des gens d’Ahl-Beit dont le savoir leur a été donné goutte-à-goutte.[4]

Suite à l’insistance de la foule, Yazid abdiqua si bien que l’Imam Zayn El-‘Abidîne (a) monta sur le minbar.[5]

Aperçu sur le discours

L’Imam Sajãd (a) commença son discours par la présentation de sa personne ; qui est-il, fils de qui, qui sont ses aïeuls et qui sont ses ascendants ? Il évoqua aussi les noms de ses oncles Hamza et Ja’far, tous ceci avec des attributs utilisés dans le Coran, les récits du Prophète (p.s.l) et bien-sûr et dans les paroles d’Amir al-Mou’minîne (a). En évoquant leurs sciences, leurs sagesses et leurs bravoures et courages.

Description du discours

Fils de la Mecque et de Minâ

L’Imam (a) a voulu prouver qu’ils – Ahl-Beit – étaient les vrais monothéistes et adorateurs de Dieu, non comme l’avaient propagé les Omeyades.

Le Pèlerinage et l’héritage du Prophète Ibrahim (a), au point où on ne peut pas cité l’un sans faire allusion à l’autre et tous les musulmans les connaissent comme tel. Et que par conséquent ils sont les descendants du Prophète Ibrahim (a).

Il sous-entend qu’ils sont les descendants de celui qui a fait revivre ce rite religieux Abrahamique qui n’est autre que le Prophète (p.s.l).

Descendance du Prophète (p.s.l)

Le fait que l’Imam Sajãd (a) parle du Prophète (p.s.l) et appelle l'attention sur ses vertus et ses mérites ; ce n’est que pour que les gens de Cham qui ont été enjôlé sachent que les captifs ne sont autres que ses enfants, sinon ils connaissaient la personne du Prophète (p.s.l).

Description d’Amir al-Mou’minîne (a)

En raison des calomnies qu’avait propagé Muawiya sur la personne d’Amir al-Mou’minîne (a), l’Imam Sajãd (a) avait pris plus de temps pour parler de son grand-père et énoncer ses mérites et ce qui a été décrit dans le Coran et les récits prophétiques le concernant. C’était pour l’Imam (a) une bonne occasion pour faire connaitre aux gens ce qu’était Ali b. Abi Taleb (a).

Le guerrier au deux épées

Parmi les vertus que l’imam Sajãd (a) attribua à l’Imam Ali b. Abi Taleb (a), on lit le guerrier au deux épées. Les historiens ont donné plusieurs versions pour expliquer ce qu’était ces deux épées :

  • Il est dit que le Roi des Ghassassina Hareth b. Abi Chimr al-Ghassani offrit jadis deux épées à l’idole des Koraïchite Manat. Les noms de ces épées étaient Mokhdam et Rossoub.
  • Après la conquête de la Mecque et une fois que la Ka’ba fût débarrasser de tous les idoles, le Prophète (p.s.l) donna les deux épées à l’Imam Ali (a).
  • Les deux épées font allusion au Tanzil et Tawil. Le Prophète (p.s.l) dit : Ali (a) combattra à la base de Tawil, comme j’ai combattu à la base de Tanzil.
  • Il a combattu avec deux épées dans une seule bataille, comme c’était le cas de la bataille d’Ohod, où le Prophète (p.s.l) lui donna la fameuse épée Dhou Fiqãr après avoir casser la sienne.
  • Certains disent que c’est l’épée Dhou Fiqãr qui était constituée à sa fin de deux pointes. .[6]

Effectuer les deux migrations

Allusion faite au hadith du Prophète (p.s.l) en réponse à une personne, il dit : " …, par celui qui a fractionné la graine, créé les Hommes et aplati la terre au-dessus d’un liquide. Tu m’interroge sur le maitre des Blancs et des Noirs – Hommes –, le premier qui a jeuné et donné l’aumône obligatoire et surérogatoire, fait la prière en direction des deux Qibla – Qods et La Mecque –, fait les deux allégeances et les deux migrations, porté les deux bannières, conquit Badr et Honeyn et n’a jamais commis de péchés "[7]

La première migration de l’Imam Ali (a) était celle de la Mecque à Médine, mais pour la deuxième, il y’a plusieurs avis ; dont sa migration de Médine vers Koufa. [8]

Faire les deux Allégeances

Les deux allégeances ont été mentionnées dans ce discours et aussi dans un courrier de l’Imam Ali (a) adressé à Muawiya.

L’Imam Ali écrit : "j’ai participé aux deux Allégeances Rédhoine et Fathe, cependant toi, tu nias la première et tu contestas la deuxième".[9]

Il est dit dans Manaqib que la première Allégeance était à Badr et la deuxième celle appelée Allégeance de Radhoine. [10]

Soutient des Anges Gabrièle (a) et Mikaël (a)

C’était le jour de la bataille de Badr. Ibn Abdelbar dit : il est cité que les deux anges Gabrièle et Mikaël (paix de Dieux sur eux) étaient avec l’Imam Ali (a) et le soutenaient. [11]

L’Imam Hussein (a) à ce sujet dit : "Le Prophète de Dieu (p.s.l) donna – Le jour de Badr – la banniére à Ali (a), cependant L’ange Gabrièle était à sa droite et l’ange Mikaël à sa Gauche pour le soutenir". [12]

L’injustice à l’encontre de l’Imam Hussein (a)

Après avoir évoqué ses origines et présenté ses pères, l’Imam Sajãd (a) commença à exposer l’injustice commise à l’égard de son père l’Imam Hussein (a) et comment il est tombé martyre, Ceci avait permis aux auditeurs d’avoir une nouvelle opinion et de changer les fausses idées que leurs avait inculquées Muawiya pendant quarante années de despotisme, ce qui a poussé Yazid à demander au Mouadhine de faire l’appel à la prière pour couper la parole à l’Imam(a).[13]


Références

  1. Minbar : Chaire où le prédicateur fait son prêche
  2. Mazandarãni, Ibn Chahr-ãchoub, Manãqib Ãl Abi Taleb, T 3, p 305.
  3. Khawarizmi, Maqtal al Hussein, p 69.
  4. Expression arabe qui signifie détention et maitrise d’un grand savoir
  5. Khawarizmi, Maqtal al Hussein, p 69.
  6. Majlissi, Mohammad Baqer, Bihar al-Anwar, T 39, p 341 – 342.
  7. Barqi, Ahmad b. Mohammad b. Khal, Al Mahãssine, T 2, p 331.
  8. Ibn Chahr Achoub, Manaqib, T 1, p 290.
  9. Tabrassi, Ahmad b. Ali, Ihtijaj, T 1, p 405.
  10. Ibn Chahr Achoub, Manaqib Ãl Abi taleb, T 2, p 5.
  11. Andaloussi, Ibn Abdelbar, Isti’ab, T 3, p 1101.
  12. Ibn Hanbal, Ahmad, Mousnad Ahmad b. Hanbal, T 2, p 264.
  13. Khawarizmi, Ahmad, Maqtal al Hussein (a), p 69

Sources