Sayyid Muhammad Husayn Tabâtabâ’î

De Wiki Shia
Révision datée du 13 février 2018 à 12:13 par Sayedisphahani (discussion | contributions) (Sa naissance et sa généalogie)
(diff) ← Version précédente | Voir la version actuelle (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher
‘Allâma TabâTabâ’î
Description de cette image, également commentée ci-après

‘Allâma TabâTabâ’î

Nom de naissance Muhammad Husayn
Alias
Tabâtabâ’î
Naissance H
Tabriz
Décès 18 Muharram 1402 H
Qom
Sépulture Mausolée sacré de Ma’sûma (a) à Qom
Nationalité Iranien
Pays de résidence Iran - Iraq
Religion Chiite
Profession
  • Savent chiite
  • faqîh (Jurisconsulte)
  • philosophe
  • exégète du Coran
Activité principale
  • Exégèse du Coran
  • Enseigner les connaissances islamique
Autres activités
  • Enseigner la philosophie
  • Ecrire et faire des recherches
Ascendants
Un des descendants de l’Imam al-Hasan (a)
Conjoint
  • Qamar as-Sâdât Tabâtabâ’î
  • Mansûra Rûzbih
Enfants
‘Abd al-Bâqî, Najmah
Auteur
Langue d’écriture Persan, Turc

Professeurs

  • Sayyid Ali Qâdî Tabâtabâî
  • Sayyid Abu al-Hasan Îsfahânî
  • Sayyid Husayn Bâdkûbi'î
  • Muhammad Husayn Gharawî Îsfahânî
  • Mîrzâ Husayn Nâ'înî
  • Murtadâ Tâliqânî
  • Hujjat Kûh Kamari'î

Élèves

  • Murtadâ Mutahharî
  • 'Abd Allah Jawâdî Âmulî
  • Muhammad Fâdhil Lankarânî
  • Husayn Ali Muntazirî
  • Sayyid Musâ Shubayrî Zanjanî
  • Muhammad Taqî Misbâh Yazdî
  • Ja'far Subhânî
  • Sayyid Muhammad Husayn Husaynî Tihrânî
  • Nâsir Makârim Shîrâzî
  • Sayyid Muhammad Husayn Bihishtî
  • Sayyid Mûsâ Sadr

Œuvres principales

  • Tafsir al-Mîzân (Le commentaire du Coran)
  • Usûli Falsafih wa Rawishi Riâlîsm (les principes de la philosophie et la méthode de realism)
  • Sûnan an-Nabî (la tradition du prophète)

Sayyid Muhammad Husayn Tabâtabâ’î (en persen : سید محمدحسین طباطبایی), connu sous le nom de ‘Allâma TabâTabâ’î (1281-1360 H.S), est exégète du Coran, philosophe, Usûlî (qui connaît bien les principes de la jurisprudence), faqîh (Jurisconsulte) et islamologue du 14ème siècle. Il était l’un des savants influents chiites dans la sphère intellectuelle et religieuse.

Il est l'auteur du livre al-Mîzân fî Tafsîr al-Qur'ân, ainsi que des livres philosophiques comme Bidâyat al-Hikma, Nihâyat al-Hikma et Usûli Falsafi wa Rawishi Riâlîsm (les principes de la philosophie et la méthode du réalisme).

Au lieu d'aborder le fiqh et les principes de la jurisprudence (Usûl al-Fiqh), ‘Allama s'est mis à donner des cours de l'exégèse du Coran et de la philosophe. Cela a fait prospérer la science de l'exégèse du Coran au sein de Hawza de Qom. Sa méthode de l’exégèse du Coran était basée sur le commentaire des versets par le contenu du Coran lui-même.

Durant la période de l’annulation des cours de la philosophie au Hawza, il continua ses cours hebdomadaires pour ses élèves particuliers, sur les fondements de la philosophie de Mullâ Sadrâ et la sagesse transcendantale (Hikmat Muti'âlya).

La plupart de ceux qui sont devenus plus tard des professeurs de la philosophie dans le Hawza de Qom, faisaient partie de ses élèves.

Pour n'en citer que quelques-uns de ses élèves, on peut mentionner l'ayatollah Mutahharî, l'ayatollah Jawâdî Âmulî, l'ayatollah Misbâh Yazdî et l'ayatollah Bihishtî, tous des plus influents et des plus célèbres savants chiites au cours de quatre dernières décennies. Les séances scientifiques qu'il menait sur le chiisme avec Henry Corbin, le philosophe français, ont influencé l’introduction du chiisme auprès des Européens.

plusieurs livres ont été écrits à propos de sa personnalité et de différentes rencontres scientifiques ont été organisées pour présenter ses idées. En hommage à ‘Allama, une université a été également nommé à Téhéran à son nom. Mentionnons également que Ali Quddûsî (tombé en martyr en 1981) était son gendre.

Sa vie

Sa naissance et sa généalogie

‘Allâma est né en 1321 H à Shad Abad de Tabriz.[1] Ses ancêtres depuis quatorze générations étaient des savants et des érudits. Son père était un des descendants de l’Imam al-Hasan al-Mujtabâ (a) et de Ibrâhîm b. Ismâ’îl ad-dîbâj, et les ancêtres de sa mère remontent à l’Imam al-Hussein (a). Il a perdu sa mère quand il avait 5 ans, et son père à l’âge de 9 ans. Son frère cadet est Sayyid Muhammad Hasan, connu sous le nom de Sayyid Muhammad Hasan Ilâhî.

Mariage et Ses enfants

Sa femme Qamar as-Sâdât Mahdawî était de la famille de Sâdât-Tabâtabâ’î.[2] Leurs trois premiers enfants sont morts à Najaf dans leur enfance. Leur quatrième enfant était un fils, ses parents l'ont nommé ‘Abd al-Bâqî par la recommandation de son professeur Qâdî Tabâtabâ’î.[3] Sayyid ‘Abd al-Bâqî et Najmah Sâdât sont les enfants de 'Allâma et Qamar as-Sâdât Mahdawî.

Sa première femme décéda en l’an 1344 H et il se remaria plus tard avec Mansûra Rûzbih.

Ali Quddûsî était l’un des élèves de ‘Allâma que celui-ci l'aimait beaucoup et le maria avec sa fille.[4]

Ses études et ses enseignements

Après avoir appris le Coran pendant six ans, ce qui était une des premières choses qu'on apprenait à cet époque, Sayyid Muhammad Husayn apprit Golistan et Bustan (les recueils de poésie de Sa’dî ), etc. En plus de la littérature, il apprit l'art de la calligraphie auprès de Mîrzâ Ali Naqî Khattât.

Ensuite il entra à l’école religieuse de Tâlibîyya à Tabriz où il étudia, durant les années 1297 à 1304 HS, la syntaxe arabe, les sciences de Hadith et le Fiqh, ainsi que les principes de la jurisprudence (Usûl al-Fiqh) et d'autres sciences islamiques.

Après avoir terminé ses études à Tabriz, 'Allâma et son frère allèrent à Nadjaf. Il y étudia les sciences religieuses pendant dix ans, rentra ensuite à Tabriz et y habita jusqu’en 1325 HS. Il ne donnait pas de cours islamiques pendant cette période, mais s’occupait de la compilation de textes et de la recherche. Il alla ensuite à Qom où il resta jusqu’ à la fin de sa vie en consacrant son temps à enseigner, écrire et faire des recherches.

Son décès

Il est décédé le 24 Âbân 1360 HS (le 18 Muharram 1402 H). Le lendemain de sa mort, ont eu lieu ses funérailles à Qom, lors desquelles son corps a été transporté de la mosquée de l'Imam al-Hasan al-'Askarî (a) à la cour du sanctuaire de Fatima al-Ma’sûma (a). Ayatollah Sayyid Muhammad Ridâ Gulpâyigânî, accompagné des centaines de fidèles, effectua la prière sur son défunt et il a été enterré dans le mausolée sacré de Fatima al-Ma’sûma (a) .

Sa vie scientifique

A Nadjaf

Article connexe : Nadjaf.

Après avoir accompli les niveaux élémentaires des sciences religieuses à Tabriz, il partit à Nadjaf en 1304 HS. Il étudia pendant 10 ans à Hawza de Nadjaf afin d’accomplir ses connaissances dans les différentes branches des sciences islamiques.

Il étudia le fiqh et les principes de la jurisprudence (Usûl al-Fiqh) auprès de l'ayatollah Nâ’înî et l'ayatollah Kumpânî, la philosophie chez Sayyid Husayn Badkûbi’î (qui fut lui-même l’élève d’Abu al-Hasan Jilwi et Âqâ Ali Mudarris), les mathématiques chez Âqâ Sayyid Abu al-Qâsim Khwânsarî, et enfin l'éthique et la gnose ('Irfân) chez Sayyid Ali Qâdî Tabâtabâ‘î.

A Tabriz

Pendant ses études à Nadjaf, il a été obligé de rentrer à Tabriz à cause des problèmes financiers et il s’est mis à travailler dans sa ferme. Durant cette période, aucune activité scientifique de sa part n’a pas été rapportée. Cependant il parait que certains de ses livres sont le résultat de ces réflexions durant cette période.

A Qom

Article connexe : Qom.

‘Allâma est devenu une figure célèbre lorsqu'il immigra de Tabriz à Qom suite aux événement issus de la Seconde Guerre Mondiale. Il séjourna à Qom à partir de 1325 HS et y commença à enseigner l'exégèse du Coran (tafsîr) et les bases de la sagesse (hikmâ). Dans ces cours sur la sagesse, il a mis progressivement en place l'enseignement des livres comme ash-Shifâ' et al-Asfâr.

En outre, il essaya d’instruire des élèves dans les domaines comme la gnose (irfân) et l'éthiques islamiques. Azîz Allah Khushwaqt, Hasan Hasanzâdih, Abd Allah Jawâdî Âmulî et Ali Sa’âdat font partie de ses élèves dans ce domaine.

Les réunions scientifique à Téhéran

Au cours de sa résidence à Qom l’un de ses activités était de participer aux réunions scientifiques et philosophiques à Téhéran. Dans ces séances où ‘Allâma Tabâtabâ’i avait un rôle essentiel, participaient Hanry Corbin, Dâryûsh Shâygân, Sayyid Husayn Nasr, etc. Et les débats y étaient à propos des questions philosophiques et gnostiques, des religions et de l’islamologie.

Lors de ses voyages réguliers à Téhéran, il communiquait avec ceux qui s'intéressaient à la sagesse et aux connaissances islamiques, et discutait aussi avec ceux qui s'opposaient à la religion et à la sagesse. Dans certaines de ces réunions, le sujet de débat était le commentaire du mysticisme oriental axé sur le contenu des Upanishad et Gathas. Shâygân traduisait les textes de ces livres en persan, puis ‘Allâma les expliquait.

Ses réunions avec Corbin et certains philosophes, se déroulaient chaque automne pendant 20 ans au cours desquelles, ils discutaient sur les questions principales de la religion et de la philosophie.[5]

Au dire de Sayyid Husayn Nasr, ces réunions de tel niveau élevé et de tel horizon étendu, étaient hors pair dans le monde islamique. On peut même dire que depuis le Moyen Âge où le contact spirituel entre l’islam et le christianisme avait été coupé, une telle communication entre l’Orient islamique et l’Occident chrétien était très nouvelle.[6]

Ses professeurs

Ses élèves

Ses oeuvres

Il reste de lui plusieurs œuvres scientifiques, y compris:

  • Tafsir al-Mîzân (Le commentaire du Coran)
  • Usûli Falsafih wa Rawishi Riâlîsm (les principes de la philosophie et la méthode de réalisme
  • Hâshîya Bar Asfâr (notes en marges sur l'ouvrage Asfâr)
  • Sûnan an-Nabî (la tradition du prophète)
  • Musâhabât Bâ Ustâd Corbin (entretiens avec H. Corbin)
  • Shî'a Dar Islâm (le chiisme dans l'islam)
  • Risâla Dar Quwwa wa Fi'l
  • Risâla Dar Ithbât-i Dhât (essai sur la démonstration de l'Essence de Dieu)
  • Risâla Dar Sifat (essai sur les attributs de Dieu)
  • Risâla Dar Af'âl (essai sur les actes de Dieu)
  • Al-Insân Qabl ad-Dunyâ (l'homme avant le monde)
  • Al-Insân Fî ad-Dunyâ (l'homme dans le monde)
  • Al-Insân Ba'd ad-Dunyâ (l'homme après le monde)
  • Risâla Dar Nubuwwat (essai sur la prophétie)
  • Risâla Dar Wilâyat (essai sur la wilâya)
  • Risâla Dar Burhân (essai sur la preuve)
  • Risâla Dar Nubuwwat wa Maqâmât (essai sur la prophétie et les étapes)
  • Ali Wa al-Falsafat al-Îlâhîyya (Ali et la philosophie divine)
  • Qur’ân Dar Islam (Le Coran dans l'islam)
  • Risâla Dar Hukûmat-i îslâmî (essai sur le gouvernement islamique, publié en persan, allemand et arabe)
  • (Nombreux articles parus dans les périodiques comme Maktabi Tashayyu' et Dars'hâyi Az Maktabi Islam)

Tafsîr al-Mîzân

Article connexe : Tafsîr al-Mîzân.

Il commença la rédaction d’al-Mizân fi Tafsîr al-Qurân en 1374 H et le finit en 1392 H. Ce recueil est en langue arabe et a été publié en 20 volumes. Il utilisa la méthode de l'exégèse du Coran par le Coran.

En plus des exégèses des versets coraniques et des discussions lexicales, différentes sujets doctrinaux, moraux, sociaux, philosophiques et historiques ont été abordés dans cet ouvrage, selon le contexte et le thème des versets [7]. Cet ouvrage a été traduit en persan par Sayyid Muhammad Baqir Mûsawî Hamadânî.

Tafsîr al-Bayân

Avant d'écrire Tafsîr al-Mîzân, 'Allâma avait commencé à écrire un commentaire axé sur les hadiths. Le nom de ce commentaire inachevé est Tafsîr al-Bayân Fî al-Muwâfaqa Bayn al-Hadith wa al-Coran, et il a été rédigé au cours des années 1364-1369 H.

Cet ouvrage est resté inachevé à cause de l’invasion de Tabriz par l'armée soviétique et des crises suivantes.[8]. Cette exégèse a été publiée quelques années après le décès de 'Allâma Tabâtabâ’î et elle contient les dix premières sourates du Coran (jusqu’à la sourate Yûnus - jonas)

Glose sur Bihâr al-Anwâr

‘Allâma Tabâtabâ’î croyait que le recueil Bihâr al-Anwâr est la meilleure encyclopédie chiite dans le domaine de hadith ayant des chapitres bien choisis et des explications convenables sur les hadiths.

Pourtant, puisque ‘Allâma Majlisî (l’auteur de Bihâr al-Anwâr) n'était pas expert dans la philosophie, ‘Allama Tabâtabâ’î n’etait pas d’accord avec les explication de certains hadiths de Bihâr al-Anwâr. Pour cette raison, il s’est mis à y ajouter quelques notes en marge.

Certains savants étaient contre les commentaires et les critiques de ‘Allâma et il n’a donc réussi qu’à gloser 6 volumes de Bihâr al-Anwâr.[9]. Cette version annotée a été publiée par Muassasat al-wafâ à Beyrouth.

Poésie

‘Allâma possédait également un don pour la poésie et composait des poèmes, mais il les a fait disparaitre lui-même, plus tard. Le reste de ce qui reste de ses poèmes a été publié dans un livre intitulé Ze Mehr Afrûkhteh (l'intitulé est persan et signifie : de l’amour enflammé). Son poème le plus célèbre est un ghazal (la poésie lyrique) nommé Kîshi Mihr (religion d’amour).

Travaux connexes

Congrès

Après le décès d’ ’Allâma Tabâtabâ’i, plusieurs congrès ont été organisés sur sa vie et ses idées, comme Mîzân-i Hikmat, le congrès le plus important qui a été organisé par Radio - Télévision de la République Islamique d'Iran en 1383 HS.

Série documentaire télévisée

Une série documentaire télévisée, intitulée Hadith-e Sarv (persan) a été produite en Iran, à propos de la vie et des caractères des ulémas. Dans cette série, quelques épisodes ont été accordées à la vie d' ‘Allâma Tabâtabâ’î.

Livres

Plusieurs livres ont été écrits en persan à propos de son caractère et de sa vie, y compris :

  • Yâd'hâ wa Yâdigârhâ écrit par Ali Tâj ad-dînî
  • Mihri Tâbân écrit par Sayyid Muhammad Husayn Husaynî Tihrânî
  • Zi Mihri Afrûkhtih
  • Shinâkht Nâmiyi 'Allâma Tabâtabâ'î
  • Jur'ihâyi Jânbakhsh écrit par Gulî Zawârih
  • Shams al-Wahy-i Tabrîzî écrit par l’ayatollâh Jawâdî Âmûlî

Notes

Ayatollah Mutahharî dit à propos de la personnalité de 'Allâma Tabâtabâ’î :

‘Allâma Tabâtabâ'î que Dieu le protège, est un homme très digne. Il faut cent ans pour analyser ses idées et comprendre sa valeur. En fait, cet homme est l'une des plus grandes figures musulmanes qui s’est consacré à l'islam.
Il est la piété et la spiritualité incarnée. Il a parcouru les étapes supérieures dans la purification de l'âme et de la piété et j’ai profité longtemps de la connaissance et de la présence de ce grand homme.[10]

Voir aussi

Références

  1. Tabâtabâ’î, Barrisîhâyi îslâmî, v: 1, p 19
  2. Husaynî Tihrânî, Mihri Tâbân, p 41
  3. Ali Tajdînî, Yâdhâ wa Yâdigârhâ, p 28
  4. Rajâî Nijâd, Muhammad, Yâri Quddûsîyân wa Bânîyi Nazmi nuwîn, magazine de Harîmi Îmâm, Nombre 183
  5. Husayni Tihrâni, Mihri Tâbân, p 76
  6. Tabâtabâ'î, Shî'a Dar Îslam, dans la préface
  7. Husaynî Tihrânî, Mihri Tâbân, p 63-65
  8. Tabâtabâ’î, Tafsîr al-Bayân Fî al-Muwâfaqa Bayn al-Hadith wa al-Qur'ân, v 1, p 24-27
  9. Husaynî Tihrânî : p 55-57 Mihri Tâbân
  10. Shahîd Mutahharî, Majmû'a Âthâr, v 25, p 428