'Allâma Hillî

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'Allâma Hillî
Nom de naissance Abû Mansûr Jamâl ad-Dîn al-Hasan b. Yûsuf b. Mutahhar al-Hillî
Naissance le 29 Ramadan l’an 1251 H
Hillah en Iraq
Décès Le 21 du mois de Muharram l’an 1326 H
Najaf en Iraq
Sépulture dans le sanctuaire Imam 'Ali (a) à Najaf
Nationalité irakien
Pays de résidence Iraq, Iran
Religion Islam (chiite)
Profession
Savant chiite
Activité principale
Auteur de plusieurs livres dans de différents domaines
Auteur
Langue d’écriture Arabe, Perse

Professeurs

Élèves

  • Fakhr al-Muhaqqiqîn (son fils)
  • Sayed Dîya' ad-Dîn 'Abd Allah al-Husaynî al-A'rajî al-Hilli (son neveu)
  • Sayed 'Amîd ad-Dîn 'Abd al-Muttalib (son neveu)
  • Radi ad-Dîn 'Ali b. Ahmad al-Hillî
  • Qutb ad-Dîn ar-Râzî
  • Muhammad b. 'Ali al-Jurjânî

Œuvres principales

Abû Mansûr Jamâl ad-Dîn al-Hasan b. Yûsuf b. Mutahhar al-Hillî (en arabe : جمال الدين أبو منصور الحسن بن يوسف بن علي بن محمد بن مطهر الحلي), né en 648 H/ 1251 et morts en 726 H /1326, connu sous le nom de al-'Allâma al-Hillî (en arabe : العلامة الحلي), fut un des grands érudits chiites du 8ème H/ 14ème siècles.
Il est l’auteur de plus de 120 livres dans les différents domaines tels qu’al-fiqh, Kalâm, Usûl-al-Fiqh, la philosophie, la logique, les invocations et d'autres domaines des études islamiques.
En s’appuyant sur les principes rationnels, il joua un rôle important dans la propagation de la jurisprudence chiite et expliqua les fondements théologiques et les principes de la foi chiite. Certains de ses œuvres sont parmi des ressources pédagogiques et des recherches au sein des établissements scolaires chiites.
Qutb ad-Dîn Râzî, Fakhrul Muhaqqiqîn et Muhammad b. 'Ali b. Mu’ayyah étaient les plus célèbres de ses étudiants. Sa présence en Iran et dans la cour du Sultan Muhammad, joua un rôle efficace dans la propagation du chiisme en Iran. En raison de ses connaissances approfondies, il était la première personne nommée Ayatollah.

Sa vie

Al-'Allâma al-Hillî fut né à la veille du vendredi 29 Ramadan 648/1 Janvier 1251, à Hillah en Iraq[1]. Son père Yûsuf Ibn Muttahar était un des érudits de Kalâm et de jurisprudence islamique à Hillah. Il était très jeune quand il commença son éducation sous la supervision de son père, Shaykh Yûsuf b. Muttahar al-Hilli[2].
Après avoir reçu un enseignement sur les fondements de l’éducation primaire et la grammaire arabe, il étudia le fiqh, le Usûl, le hadith et la théologie sous la supervision de son père et de son oncle, al-Muhaqqîq al-Hillî. Plus tard, il étudia la logique, la philosophie et l'astronomie sous la supervision d’autres savants, en particulier Nasîr ad-Dîn at-Tûsî. A cause de l’atteinte au niveau d'Ijtihâd et aux nombreux mérites à un très jeune âge, il se fit reconnaître dans sa famille et les milieux érudits, par le nom de «Jamâl ad–Dîn» (la beauté de la religion).

Statut scientifique

Après le décès du grand Marja' des chiites, Al-Muhaqqiq Al-Hillî en 676/1278, ses étudiants et autres savants de Hillah choisirent de suivre al-'Allâma al-Hilli en tant que leur Marja' (source d’émulation) à l'âge de 28 ans.

À cause de sa grande connaissance, il était la première personne nommée Ayatollah[3]. Ibn Hajar al-'Asqalânî (852/1448) considère Allâma al-Hilli comme «Âyât fi adh-Dhakâ : آية في الذكاء» (signe d'intelligence) [4]. Sharaf ad-Dîn al-Shawlistânî, Shaykh Bahâ'î et al-'Allâma al-Majlisî, dans les permissions de Ijtahad (effort d'interprétation raisonnée) pour leurs étudiants nommèrent al-'Allâma al-Hillî avec le titre : Ayatollah fï l-'Âlamîn (le signe d’Allah dans les mondes).

arrivée en Iran

La date exacte de son arrivée en Iran est inconnue, mais il était probablement après 705/1306. Il fut venu en Iran à la suite d’une invitation de la part d’Oldjâïtou (Sultân Muhammad Khudâ Banda), un roi de la dynastie Ilkhânîde [5]. Au cours d'une réunion, il discuta avec des érudits des quatre écoles sunnites, y compris Khâji Nizâm ad-Dîn 'Abd al-Mâlik al-Marâghi'î et réfuta fortement tous leurs arguments. À la suite de ce débat, le Roi accepta l'imam 'Ali (a) comme le successeur légitime du Prophète (s), et se convertit en Islam chiite. Il changea ensuite son nom d' Oldjaïtou à Muhammad Khudâ Banda (Muhammad, le Serviteur de Dieu)[6].

Jusqu’à la mort du Roi, Allâma Hillî resta en Iran et répandit la foi chiite. Il accompagna le Roi pendant tous ses voyages et suite à une suggestion du Roi, il continua ses cours et ses discussions savantes pendant ces voyages dans une école mobile sous la tente [7].

Son débat le plus connu

Mirzâ Muhammad 'Ali Mudarris rapporte de 'Allâma al-Majlisi dans son livre Rayhânat al-Adab, qu'il écrit dans son Sharh Man la yahdhuruhu Al-Faqîh:

Un jour, le Roi Oldjaïtou Muhammad le Mongol tint une réunion au cours de laquelle il rassembla des savants sunnites et invita 'Allâma al-Hillî à la réunion. Quand 'Allâma entra dans la réunion, il mit ses souliers sous les bras, salua le Roi et s'assit à côté de lui. Lorsqu'on lui demanda pourquoi il ne s'était pas prosterné devant le Roi, il répondit :

«le Prophète était le Roi des Rois, et les gens lui disaient tout simplement bonjour, comme dit le verset coranique :
«فَإِذَا دَخَلْتُم بُيُوتًا فَسَلِّمُوا عَلَى أَنفُسِكُمْ تَحِيَّةً مِّنْ عِندِ اللَّهِ مُبَارَكَةً طَيِّبَةً »
"Quand donc vous entrez dans des maisons, adressez-vous mutuellement des salutations venant d'Allah, bénies et agréables" [8].

Et rajouta : en outre, nous sommes tous d'accord que la prostration est exclusif à Dieu.

On lui demanda alors pourquoi il était assis à côté du Roi. Il répondit :

"C'était le seul endroit vide que j'ai vu. Il y a un hadith du Prophète selon lequel quand on entre dans une réunion, on devrait s'asseoir où il se trouve une place libre".

On lui demanda :

«Quelle est la valeur des chaussures pour que tu les amènes à la réunion du Roi ?

Il répondit :

«J'ai craint qu'un Hanafi les vole, comme leur chef a volé les chaussures du Prophète ».

Les Hanafis contestèrent en disant que Hanifa ne vivait pas au moment que le Prophète.
Allâma a dit :

"Oh, j'ai oublié ! Je pense que celui qui a volé les chaussures du Prophète était Chafi'ï.

Ainsi, le même dialogue reprit sur les Chafi'is, Malikis et Hanbalis. Al-’Allâma se tourna vers le Roi et lui dit :

"maintenant, il s'avère qu'aucun des chefs des Quatre Écoles (al-Madhahib al-Arba'a) n’a vécu durant la période du Prophète et ainsi, leurs opinions et leurs idées inventées par eux-mêmes. Tandis que les chiites suivent Amîr al-Mu'minîn qui était le Wassî (le légataire) et le frère du Prophète ainsi que son âme.

'Allâma a ensuite prononcé un discours éloquent. À la fin du débat, le Roi se convertit au chiisme [9]. Allâma Hillî resta en Iran jusqu'à la mort du Sultân Muhammad Khudâ Banda et propagea les doctrines du chiisme. Il accompagna le Roi pendant tous ses voyages. À la suggestion du Roi, une école ambulante, sous une tente, fut inaugurée afin que Allâma puisse enseigner aussi pendant ses voyages.

Ses professeurs

Certains de ses professeurs étaient les personnes suivantes :

  1. Shaykh Yûsuf Sadîd ad-Dîn al-Hillî (son père)
  2. Muhaqqiq al-Hillî
  3. Sayed Radî ad-Dîn 'Ali b. Tâwûs
  4. Sayed Ahmad b. Tâwûs
  5. Nasîr ad-Dîn al-Tûsî
  6. Yahya b. Sa'îd al-Hilli
  7. Kamâl ad-Dîn Maytham b. 'Ali b. Maytham al-Bahrânî
  8. Burhân ad-Dîn al-Nasafi

Ses Elèves

Parmi ses élèves ont peut citer les suivants  :

  1. Fakhr al-Muhaqqiqîn (son fils)
  2. Sayed Dîya' ad-Dîn 'Abd Allah al-Husaynî al-A'rajî al-Hilli (son neveu)
  3. Sayed 'Amîd ad-Dîn 'Abd al-Muttalib (son neveu)
  4. Radi ad-Dîn 'Ali b. Ahmad al-Hillî
  5. Qutb ad-Dîn ar-Râzî
  6. Muhammad b. 'Ali al-Jurjânî.

Ses oeuvres

'Allâma Hillî écrit beaucoup d'ouvrages concernant diverses disciplines, comme le fiqh (jurisprudence), al-Usûl al-fiqh, le Kalâm, le hadith, l'exégèse du Coran, la philosophie et la logique. Il y a un désaccord sur le nombre de ses écrits. Al-’Allâma al-Hillî lui-même mentionna 57 de ses œuvres dans son Khulâsat al-aqwâl. Sayed Muhsin Amîn écrit dans son livre A'yân ash-Shî'a:

«les écrits de 'Allâma sont plus de 100 livres. J'ai vu 95 de ses livres dont la plupart sont de nombreux volumes».

Il écrit également que selon le livre d’ar-Rawdât, les écrits de 'Allâma sont plus de 1000 livres de recherche.

Dans son livre Rayhânat al-Adab, Mîrzâ Muhammad 'Ali Mudarrisî mentionna 120 œuvres de 'Allâma et dans le livre, Gulshan-i Abrâr, environ 110 livres rédigés par 'Allâma sont mentionnés. Ses œuvres bien connues sont Mukhtalaf ash-Shî’a et Tadhkira al-Fuqahuâ concernant le fiqh, Kashf al-Murâd, Al-Bâb al-hâdî 'Ashar et Minhâj al-karâma concernat le Kalâm, Khulâsa al-aqwâl concernant le rijâl, et al-Jawhar an-Nadîd sur la logique.

Allâma écrit deux livres sur les principes des croyances chiites intitulés Nahj al-Haqq wa Kashf as-Sidq et Minhâj al-Karâma ; il les dédia à Oldjaïtou.

Rencontre avec l'Imam Mahdi (a)

Une anecdote bien connue sur Allâma rapporte sa rencontre avec Imam al-Mahdi à deux reprises.

Achèvement d'un manuscrit par l'Imam al-Mahdi

La première anecdote concerne un livre emprunté par 'Allâma al-Hillî à un savant sunnite. 'Allâma était censé transcrire le livre jusqu'au lendemain. Cependant, à minuit, il s’endormit et donc, il ne pouvait pas transcrire le livre. A ce moment, Imam al-Mahdi (a) serait entré et lui aurait demandé de lui laisser la transcription du livre. Quand 'Allâma al-Hillî se réveilla le matin, il vit une copie transcrite complète du livre. La plus ancienne source de cette aventure est Majâlis al-Mu'minîn de Qâdî Nûr Allâh Shûshtarî. Il n'en a pas cité une source écrite, disant seulement que l'histoire était bien connue chez les chiites.

Rencontre sur le chemin de Karbala

La deuxième anecdote est citée dans Qisâs al-'ulama par Muhammad b. Sulaymân al-TuniKâbuni.

Selon sa citation, lors d'un de ses voyages à Karbala, 'Allâma al-Hillî était accompagné d'un Sayyid. Après avoir eu des conversations avec lui, il a constaté que cette personne était très bien informée. Alors, il lui a posé des questions sur certains de ses problèmes et reçut des réponses. Il demanda à l'étranger s'il était possible de rencontrer l'Imam al-Mahdi (a) pendant son Occultation majeure. A ce moment, le fouet (avec lequel il montait son cheval) tomba de sa main. L'étranger prit le fouet et le donna à 'Allâma, puis répondit :

«Comment cela n'est-il pas possible alors que sa main est maintenant entre vos mains ?

Ainsi, 'Allâma al-Hillî a constaté que l'étranger était Imam al-Mahdi (a) et il s'est agenouillé devant lui.

Al-Tunikâbunî ne cita aucune source pour cette histoire. Il ne la cita que comme une anecdote folklorique bien connue parmi les gens. Un élément de preuve invoqué par al-Tunikâbunî pour soutenir l'histoire est que, dans leurs conversations, l'étranger parla d'un hadith dans Tahdhîb al-Ahkâm de Shaykh at-Tûsî dont 'Allâma n'était pas au courant. Quand 'Allâma retourna chez lui, il trouva le hadith et écrivit en marge que l'imam al-Mahdi (a) attira son attention sur ce hadith. Al-Tunikâbunî a cité cette histoire d'une personne appelée Mullâ Safar 'Ali Lahîjî, un étudiant de Sayyid Muhammad Mujâhid, l'auteur de Manâhil. Lâhîjî cita son professeur, Sayyid Muhammad, disant qu'il avait vu le manuscrit et la note de 'Allâma sur ses marges.

Son décès

Le tombeau de 'Allâma Hillî est dans le sanctuaire Imam 'Ali (a) à Najaf. Après que le Sultan Muhammad Khudâ Banda fut décédé en 716/1316, 'Allâma Hillî retourna à sa ville natale de Hilla. Le 21 du mois de Muharram 726/25 janvier 1326, il fut décédé à l'âge de 78 ans. Il est enterré dans le sanctuaire de l'Imam 'Ali à Najaf.

Bibliographie

  1. Hillî, al-Hasan b. Yûsuf ar-Rijâl al-'Allâma. Najaf: Haydarîyya, 1961. 
  2. Amîn, al-Sayyid Muhsin, A'yân ash-Shi'a. Beirut: Dar at-Ta'ârîf li-l-Matbû'ât, 1986. 
  3. Asqalânî, Ibn Hajar, al-Lisân al-Mîzân. Beirut, 1390AH. 
  4. Majlisî, Muhammad Bâqir, al-Bihâr al-Anwâr. Beirut, 1403AH. 
  5. Groupe d’auteurs, Gulshan Abrâr. Qom: Publications Ma'ruf, 1385HS. 
  6. Schmidtke, Sabine. Andîshihâyi kalâmîyi 'Allâma Hillî. Ahmad Namâyî. Mash'had: Bunyâd-i Pazhûhish'hâyi Islami. 1378HS.
  7. Khânsârî, Muhammad Bâqir. Rawdat al-Jannat fi Ahwâl al-'Ulamâ wa l-Sâdât. Qom, 1986. 
  8. Khândamîr, Ghîyath ad-Dîn Muhammad. Habîb as-Sîyar fî Afrâd al-bashar. Téhéran: Kitabkhâniyi Khayyâm, 1333HS. 
  9. Shûshtarî, Nûr Allâh b. Sharîf ad-Dîn. Majâlis al-Mu'minîn. Téhéran, 1365HS.

Références

  1. Al-'Allâma al-Hillî. Rijâl al-'Allâma. p. 48
  2. Schmidtke, Sabine, Andîshi-hay kalâmî 'Allâma Hilli. p. 24
  3. Dâ'irat al-Ma'ârif-i Buzurg-i Islâmi, Ayatollah
  4. Al-'Asqalânî, Ibn Hajar. Lisân al-Mîzân. Vol. 2. p. 317
  5. Mustadrak al-Wasâ'il, vol. 2, p. 406
  6. Al-Khânsârî, Muhammad Bâqir, Rawdat al-Jannât fi Ahwâl al-'Ulamâ wa al-Sâdât. vol. 2. p. 279-280
  7. Khândamîr, Ghîyâth ad-Dîn Muhammad, Habîb as-Sîyar fî Afrâd al-Bashar, vol. 3. p. 197; Shûshtarî, Nûr Allah b. Sharîf ad-Dîn, Majâlis al-Mu'minîn, Vol. 2. p. 360
  8. Coran, sourate an-Nûr, verset 61, Traduction : Muhammad Hamidullah
  9. Mudarris, Rayhana al-Adab, vol. 3-4, p. 169