Achoura

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Tableau illustration aprés la bataille de Karbala

Achoura (en arabe : عاشوراء), qui a comme radical « عشر » (en arabe : dixième), est le dixième jour du mois arabe de Muharram (محرم). Ce jour a une grande importance chez les chiites ; Car il commémore l’événement du martyre de l’Imam al-Husayn (a) et de ses compagnons en l’an 61 H./680, par les troupes de 'Umar b. Sa’ad qui était sous les ordres du calife omeyyade Yazid b. Muawiya (Yazid premier) à Karbala.

Autour de cet événement tragique, un culte particulier s'est établi au fil du temps dans le monde chiite, nommé tantôt le culte de Husayn (le martyr), tantôt le culte de Karbala (le lieu du martyre), tantôt le culte de 'Achoura (le jour du martyre).

L'aspect le plus marquant de ce culte est la célébration de l'anniversaire du drame, qui comprend des rituels très spectaculaires de procession dans l'espace public [1].

Chaque année donc dès le début du mois de Muharram, les chiites commencent, dans différents pays, ces cérémonies de Muharram au cours de dix premiers jours du mois.

Dans certaines régions ces célébrations durent jusqu’à la fin du mois de Safar (le deuxième mois de l'hégire, après Muharram). Le jour le plus important lié à ce drame étant le dixième jour, le Achoura, le jour du martyre, il est officiellement férié dans certains pays chiites dont l'Iran, Irak, Afghanistan, Pakistan et Inde.


Achoura avant l’Islam

Avant l’arrivée de l’Islam, aussi bien les arabes que les juifs et les chrétiens honoraient le jour d’Achoura et jeunaient ce jour-là.

Fayûmî rapporta dans son ouvrage Misbah al-Munîr (مصباح المنير) que le Prophète (s) avait demandé à ses compagnons de jeûner un jour avant Achoura et le jour suivant, pour ne pas ressembler aux juifs, qui jeunaient uniquement le jour même de Achoura.

Ce même hadith, on le retrouve dans ce sens, dans Sunan Darami (سنن دارمی), Sunan Ibn Mâja (سنن ابن ماجه), Sahih Muslim (صحیح مسلم), Jamharat al-loughat (جمهرة اللغة), Sahih Bukhâri (صحیح بخاری), et Nayl al-Awtar (نیل الأوطار).

Achoura après l’Islam

Article connexe : tragédie de Karbala.

Avant la tragédie de Karbala

Dans le livre « Jâmi' Ahâdith ash-Shî’a » (جامع احادیث الشیعه) tiré du livre « Man la-yahduruhu al-Faqih » (من لا یحضره الفقیه), on rapporte que l’Imam as-Sâdiq a dit :

« avant l’obligation du jeûne au mois du Ramadan, on jeûnait le jour de Achoura, mais on l’a abondonné après ».

Chez les sunnites le Achoura représente le jour d’anniversaire de l'événement lors duquel Moïse (a) (موسى) écarta miraculeusement les eaux de la mer rouge et conduit les Israélites vers la liberté. Ainsi il est considéré comme une journée de fête et il est recommandé de jeûner durant ce jour.

Après la tragédie de Karbala

La tragédie de Karbala est un évènement qui, comme nous avons mentionné plus haut, s’est déroulé le dixième jour du mois de Muharram en l’an 61 de l’Hégire (680 de l'ère commune).

Dans ce jour, le troisième Imam des chiites (L'Imam al-Husayn (a)) est tombé en martyre à l'âge de 56 ans, avec sa famille et soixante douze personnes de ses compagnons. Il est nommé auprès des chiites «le Seigneur des Martyrs». Ce jour représente le jour le plus dramatique pour tous les branches chiites du monde.

Alors que pour les Omeyyades, ce jour était considéré comme un jour de fête lors duquel ils se félicitaient, tout en s'habillant de neuf.

Le texte de prière, le plus important lié à ce jour et à cet événement est nommé Ziyarat Achoura (زیارت عاشورا), et récité notamment par les chiites duodécimains pendant le mois de Muharram, mais aussi à d'autres occasions pendant l'année.

Les Imams des chiites ont formellement interdit à leurs adeptes de jeûner le jour de Achoura, mais qu’ils s’abstiennent de manger et de boire – sans l’intention de jeûner – pendant cette journée jusqu'au début de soirée, peut être considéré comme licite.

Commémoration d’Achoura

Comme nous avons mentionné plus haut, les chiites vouent une affection très particulière à l'Imam al-Husayn (a) et ses compagnons tombés à Karbala et un culte particulier s'est établi au fil du temps dans le monde chiite autour de ce drame.

L'aspect le plus flagrant de ce culte est la célébration d'anniversaire du drame comprenant des rituels spectaculaires de procession dans l'espace public. C'est l'expression la plus marquante de la dévotion populaire dans laquelle une part très importante de la population de chaque ville, village ou quartier, participe[2].

Il existe aussi quelques groupes sunnites à commémorer le martyre de l’Imam al-Husayn (a) et de ses compagnons par l’instauration de cérémonies spéciales à cette occasion.

Lors de cette cérémonie, outre que les pratiques autoflagellation, on observe des réunions de lecture d'élégie (poèmes), de chants rituels, ou des récitations de la tragédie en parlant des détails de cet évènement tragique.

Il est à noter que chaque pays ou région, possède sa propre façon de commémorer cet évènement, où les gens expriment leurs chagrins et compassions liés cet événement dramatique.

Pratiques recommandées du jour d’Achoura

Chaykh 'Abbas Qummi dit dans le livre «Mafatih al-jinan» (Les clés du paradis) :

"Pendant le jour de Achoura, il est recommandé de non pas s’occuper de travaux du monde ; il est aussi préférable d'être triste et la tristesse devrait apparaître dans les vêtements et la nourriture.

Dans ce jour, il est conseillé de pleurer à l’Imam al-Husayn (a) et le visiter en lisant le Ziyarat de l'Imam al-Husayn (a) (Zîyârat al-'Achoura).

Il est aussi rapporté des pratiques suivantes à faire pendant ce jour :

Réciter (1 000 fois) la sourate de Tawhîd (unicité de Dieu), l'invocation d’Acharâte, s’abstenir de manger et de boire sans avoir l'intention du jeûne, maudire (1 000 fois) les assassins de l’Imam al-Husayn (a)"[3]

Voir également

Références


  1. S. Parspajouh, 2015, "Les cérémonie de Muharram aujourd'hui à Teheran", Ouvrage collectif, Presse Universitaire de Nanterre, sous presse
  2. S. Parspajouh, 2015, "Les cérémonie de Muharram aujourd'hui à Teheran", Ouvrage collectif, Presse Universitaire de Nanterre, sous presse
  3. Mafatih al jinan, pp 288-289