Mu’âwîya b. Abî Sufyân

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Mu’âwîya b. Abî Sufyân
Présentation
rôle Premier calife Omeyyade
Surnom(s) Abû Abd ar-Rahmân
Naissance 605 (cinq ans avant la prophétie du Prophète (s) )
Mecque
Décès 60 H / 679
Shâm, Damas
Pays de résidence Mecque, Shâm (Damas)
Âge 75 ou 78 ans
Famille
Généalogie Abû Abd ar-Rahmân Mu’âwîya fut fils d’Abî Sufyân, Sakhr b. Harb b. ‘Umayya b. Abd Shams b. Abd Manâf b. Qusayy.
Père Abû Sufyân
Mère Hind, fille de ‘Atabat b. Rabî’at b. Abd Shams b. Abd Manâf
Enfant(s) Yazîd b. Mu'âwîya
Califat

Informations religieuses
Conversion à l'islam Lors de la conquête de la Mecque
Rôles importants Premier calife Omeyyade

Les successeurs du Prophète (s)

L'Imam AliL'Imam HassanL'Imam Hussayn
L'Imam SajjadL'Imam BaqirL'Imam Sadiq
L'Imam KadhimL'Imam RidhaL'Imam Jawad
L'Imam HadiL'Imam Hassan Al-AskariL'Imam Mahdi

Mu’âwîya b. Abî Sufyân (en arabe : مُعاوية بن أبي سُفيان) fut le premier calife omeyyade. Après le traité de paix avec l’Imam Hasan (a), il gouverna à Damas pendant 20 ans jusqu’à 60 H/679. Il se convertit à l’islam le jour de la conquête de la Mecque et fit partie des Tulaqâ’. Pendant le califat d’Abû Bakr, il fut présent dans la conquête de Shâm et dans le califat de ‘Umar, il fut l’émir de Jordanie et puis de Shâm.

Pendant la révolte contre ‘Uthmân, bien que ce dernier demanda de l’aide à Mu’âwîya, il ne le secourut pas.

Pendant le califat de l’Imam Ali (a), Mu’âwîya commença la bataille de Siffîn contre l’Imam, sous prétexte de venger la mort de ‘Uthmân. Après le martyre de l’Imam Ali (a), il fit un pacte de paix avec l’Imam Hasan (a) et choisit Damas comme capitale de son gouvernement. Pendant son califat, il essayait d'étendre son territoire et de conquérir les pays de l’Ouest et de l’Afrique du Nord et de renforcer son pouvoir dans les pays conquis. Il transforma le califat à la dynastie héréditaire et fit tout son possible pour exiger l’allégeance pour son fils, Yazîd. Aussi, il refoula plusieurs fois, les chiites et les Khawârij.

Sa généalogie

Abû Abd ar-Rahmân Mu’âwîya est le fils d’Abî Sufyân, Sakhr b. Harb b. ‘Umayya b. Abd Shams b. Abd Manâf b. Qusayy.

Sa mère est Hind, fille de ‘Atabat b. Rabî’at b. Abd Shams b. Abd Manâf. [1]

Sa naissance

Il est né en 605 (cinq ans avant la révélation du Prophète (s) ).

A l’époque du Prophète (s)

D’après les rapports que nous possédons aujourd'hui, il faisait partie des Tulaqâ’ qui se convertirent à l’islam le jour de la conquête de la Mecque. [2] Certains croient qu’il se convertit secrètement. [3] D’après certains rapports, il faisait partie des hommes de lettres qui transcrivait la révélation divine. [4] Le Prophète (s) le maudit et pria contre lui qu’il ne soit jamais rassasié. [5]
Dans les sources, il y a beaucoup de hadiths inventés qui le complimentent. [6] Parmi les beaux-frères du Prophète (s) (les frères des épouses du Prophètes), seulement Mu’âwîya était appelé Khâl al-Mu’minîn (l’oncle des croyants), par le fait qu'il était le frère de ‘Umm Habîba, une des épouses du Prophète (s). [7]

A l’époque de trois premiers califes

Imams et califes
Imam Ali (a)
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L'année 23 avant l'islam-40 H
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Durée de l'Imamat: de 11 H à 40 H
Abû Bakr


Umar b. Khattâb


Uthmân b. 'Affân
Imam Hasan (a)
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3-50 H
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Durée de l'Imamat: de 40 à 50 H
Abû Bakr
Umar b. Khattâb
Uthmân b. 'Affân
Imam Ali (a)
Mu'âwîya 41-61 H
Imam Husain (a)
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4-61 H
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Durée de l'Imamat: de 50 à 61 H
Abû Bakr
Umar b. Khattâb
Uthmân b. 'Affân
Imam Ali (a)
Imam Hasan (a)
Mu'âwîya
Yazîd b. Mu'âwîya
Imam Sajjâd (a)
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38-95 H
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Durée de l'Imamat: de 61 à 95 H
Imam Ali (a)
Imam Hasan (a)
Mu'âwîya
Yazîd b. Mu'âwîya
Mu'âwîya b. Yazîd
Marwân b. Hakam
Abd al-Malik b. Marwân
Walîd b. Abd al-Malik
Imam Bâqir (a)
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57-114 H
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Durée de l'Imamat: de 95 à 114 H
Mu'âwîya
Yazîd b. Mu'âwîya
Mu'âwîya b. Yazîd
Marwân b. Hakam
Abd al-Malik b. Marwân
Walîd b. Abd al-Malik
Sulaymân b. Abd al-Malik
Umar b. Abd al-Azîz
Yazîd b. Abd al-Malik
Hishâm b. Abd al-Malik
Imam Sâdiq (a)
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82-148
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Durée de l'Imamat: de 114 à 148 H
Abd al-Malik b. Marwân
Walîd b. Abd al-Malik
Sulaymân b. Abd al-Malik
Umar b. Abd al-Azîz
Yazîd b. Abd al-Malik
Hishâm b. Abd al-Malik
Walîd b. Yazîd
Walîd b. Abd al-Malik
Ibrâhim b. Walîd
Marwân b. Muhammad
Abu al-Abbâs Saffâh
Mansûr Dawânîqî
Imam Kâzim (a)
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128-183
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Durée de l'Imamat: de 148 à 183 H
Marwân b. Muhammad
Abu al-Abbâs Saffâh
Mansûr Dawânîqî
Muhammad Mahdi Abbasî
Hâdî Abbess
Hârûn ar-Rashîd
Imam Ridâ (a)
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148-203
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Durée de l'Imamat: de 183 à 203 H
Mansûr Dawânîqî
Muhammad Mahdi Abbasî
Hâdî Abbess
Hârûn ar-Rashîd
Amîn Abbâsî
Ma'mûn Abbâsî
Imam Jawad (a)
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195-220
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Durée de l'Imamat: de 203 à 220 H
Amîn Abbâsî
Ma'mûn Abbâsî
Al-Mu'tasîm bi Allah
Imam Hâdî (a)
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212-254
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Durée de l'Imamat: de 220 à 254 H
Ma'mûn Abbâsî
Al-Mu'tasîm bi Allah
Al-Wâthiq bi Allah
Mutawakkil
Muntasir
Musta'în
Mu'tazz
Imam Hasan Askarî (a)
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232-260
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Durée de l'Imamat: de 255 à 260 H
Mutawakkil
Muntasir
Musta'în
Mu'tazz
Muhtadî
Mu'tamid
Imam Mahdî (a)
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255-...
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Durée de l'Imamat: de 260 à ...
Califes jusqu'à la fin de l'Occultation mineure
Mu'tazz
Muhtadî
Mu'tamid
Mu'tadid
Muktafî
Muqtadir
Qâhir
Râdî


Il rapporta des hadiths d’Abû Bakr, de ‘Umar, de ‘Uthmân et de ‘Umm Habîba. [8] Il participa à la bataille de Yamâma et puis, il alla, accompagné de son frère, Yazîd à Shâm. [9] Son frère, Yazîd, fut le commandeur de l’armée, envoyée par Abû Bakr. [10] Après la mort de son frère et à l’époque de ‘Umar, Mu’âwîya fut l’émir de Shâm. La tolérance de ‘Umar envers Mu’âwîya a étonné plusieurs historiens. [11]
D’après Hasan Basrî, pendant le califat de ‘Umar, Mu’âwîya se préparait pour son gouvernement. [12] ‘Umar confia Shâm entièrement à Mu’âwîya. [13] Mu’âwîya disait qu’il avait obtenu le califat grâce à son statut auprès de ‘Umar. [14] En réponse des critiques contre Mu’âwîya, ‘Uthmân disait :

« Comment puis-je le déposer alors qu’il est choisi par ‘Umar ». [15]

‘Uthmân déporta à Shâm certains compagnons qui n’étaient pas d’accord avec son califat, comme Abû Dhar. Mais Mu’âwîya les fit sortir de Shâm par peur de leur influence sur les musulmans de Shâm. [16]
Les habitants de Shâm étaient tellement sous l’influence de Mu’âwîya qu’ils croyaient que la famille du Prophète (s) ne fut que les Omeyyades. [17] Mu’âwîya disait :

« Nous sommes de la descendance du Prophète (s) ». [18]

Il essayait d’élever son statut religieux parmi son peuple en répandant ses mérites comme : le fait qu’il était un homme de lettres qui transcrivait la révélation divine et l’oncle des croyants. Il se fit servir par certains narrateurs du hadith pour inventer des hadiths sur ses mérites et pour les répandre parmi les musulmans. [19]

Révolte contre ‘Uthmân

Dès le début de la révolte contre ‘Uthmân, Mu’âwîya essaya d’en profiter en fonction de ses intérêts. Une fois, il demanda à ‘Uthmân d’aller à Shâm pour être en sécurité, mais ‘Uthmân ne l’accepta pas. [20] Lorsque les opposants encerclèrent la maison de ‘Uthmân, Mu’âwîya préféra l’assassinat de ‘Uthmân, c’est pourquoi il ne l’a pas secouru. Fort encerclé, ’Uthmân apprit la mauvaise intention de Mu’âwîya et lui envoya une lettre dans laquelle il le blâma fortement. [21]
Après l’assassinat de ‘Uthmân, Mu’âwîya se présenta comme son héritier et se révolta contre l’Imam Ali (a) sous le prétexte de venger sa mort de l’Imam. Dans une lettre qu’il a envoyée à l’Imam Ali (a), il parla de l’assassinat de ‘Uthmân qui se fit d’une façon injuste et se présenta comme son héritier. [22]
Après l’assassinat de son mari, la femme de ‘Uthmân alla à Shâm. Mu’âwîya lui demanda le mariage, mais elle ne l’accepta pas. [23]

A l’époque de l’Imam Ali (a)

Effort de l’Imam pour déposer Mu’âwîya

Au début de son califat, l’Imam Ali (a) dit au représentant de Mu’âwîya:

« Dis à Mu’âwîya, ni les gens ni moi, nous ne sommes satisfaits de son gouvernement ». [24]

Avant la bataille de Jamal, Mu’âwîya écrivit une lettre à Zubayr et lui dit :

« J’ai exigé l’allégeance des gens de Shâm pour toi. Si tu arrives à conquérir l’Irak, tu n’auras pas de problèmes de nos côtés ».

En lisant cette lettre, Zubayr fut très satisfait et rassuré. [25] Il tentait également d’attirer les membres du Conseil qui avaient choisi ‘Uthmân comme calife, vers lui-même pour avoir plus d’influence dans la communauté musulmane. [26]
L’Imam Ali (a) voulut envoyer Abd Allah b. Abbas comme calife de Shâm. Il envoya une lettre à Mu’âwîya, mais ce dernier envoya une lettre vide à l’Imam et son représentant lui dit :

« Le peuple de Mu’âwîya croit que c’est toi l’assassin de ‘Uthmân. Il ne sera satisfait que lorsqu’il te tue ». [27]

Mu’âwîya profitait de la bataille de Jamal et de l’opposition entre l’Imam Ali (a) et ‘Âïcha, Talha et Zubayr pour prouver que ‘Uthmân était tué par l’Imam Ali (a). [28] Après la bataille de Jamal, l’Imam Ali (a) resta en Irak, car il savait que Mu’âwîya se préparait pour le combattre. A part Shâm, les gens des autres villes avaient prêté l’allégeance à l’Imam Ali (a). L’Imam essaya plusieurs fois de le convaincre, mais Mu’âwîya ne lui obéissait pas en disant qu’il était choisi par ‘Umar b. Khattâb. [29]
Mu’âwîya demanda à l’Imam Ali (a) de lui confier le gouvernement de Shâm et de l’Egypte et qu’il reste leur calife même après le décès de l’Imam. Ce fut sa condition pour prêter l'allégeance à l’Imam. En réponse, l’Imam lui dit :

« Je ne prendrai jamais comme aides, ceux qui s'égarent ». [30]

Dans un discours, Mu’âwîya dit aux gens :

« Pourquoi Ali aurait la priorité dans le califat ? Si les gens de Hedjaz lui ont prêté le serment d’allégeance, les gens de Shâm ont fait la même chose avec moi. Hedjaz et Shâm sont pareils ».

Dans une lettre, il écrivit les mêmes paroles à l’Imam Ali (a) et dit :

« Le Hedjaz gouvernait le Shâm tant qu’il suivait la justice et la vérité. Mais maintenant qu’il l'a abandonnée, c'est le Shâm qui gouverne le Hidjaz ». [31]

En sa réponse, l’Imam (a) dit :

« Tu me parle du gouvernement de Shâm sur Hijâz. Montre moi un homme de Quraysh que le conseil accepte et qui mériterait le Califat! si tu prétend cela, tu verras que les Muhâjirun et les Ansâr s'y opposeront. L'allégeance avec moi fut généralisée et tout le monde a prêté le serment d’allégeance à moi, on ne peut pas y revenir ». [32]

Bataille de Siffîn

Article connexe : La bataille de Siffîn.

Comme les lettres de l'Imam adressées à Mu'awîya n’eurent pas de résultat, l’Imam Ali (a) se prépara pour le Jihad. L’Imam appela d’abord les compagnons les plus importants du Prophète (s), puis il fit un discours et appela tout le monde au Jihad. [33] Cette bataille eut lieu lors d'un mois de Safar durant la 37ème année de l'hégire dans un lieu nommé Siffîn. Au cours de la bataille, lorsque l’armée de Mu’âwîya allait être vaincue, les soldats de ce dernier mirent le Coran sur les lances. De ce fait, certains soldats de l’armée de l’Imam Ali (a) arrêtèrent de combattre.
Enfin, ils choisirent deux arbitres et la bataille de Siffîn prit fin sans aucun résultat. [34]

Après la bataille de Siffîn

Après la bataille de Nahrawân, l’Imam Ali (a) essaya de réunir les musulmans pour combattre Mu’âwîya, mais peu de musulmans le joignirent. L’Imam effectuait des discours pour le leur reprocher et exprimer sa déception.[35] Dans un discours, il dit :

« Je suis pris par des gens qui ne m’obéissent pas quand je leur donne un ordre, et qui ne me répondent pas quand je les appelle ». [36]

Mu’âwîya avait conscience de la faiblesse des Irakiens dans le combat contre lui. Donc, il commença à envahir violemment les territoires sous la gouvernance de l’Imam Ali (a) pour l'affaiblir et pour ouvrir la voie de la conquête de l'Irak. Il disait que ses agressions feraient peur aux gens de l'Irak, attireraient donc vers lui ceux qui avaient peur du conflit, et donneraient du courage à ceux qui étaient sur le point de désistement [37]

Les attaques de l’armée de Shâm

L'attaque contre l’Egypte

L’Egypte fut le premier pays que l’armée de Shâm envahit. Qays b. Sa’d, l’émir de l’Egypte, joignit l’Imam Ali (a) dans la bataille de Siffîn. Après cette bataille, Muhammad b. Abî Bakr fut l’émir de l’Egypte. Lorsque l’état de l’Egypte devint perturbé, l’Imam envoya Mâlik al-Ashtar comme l’émir de ce pays. Mu’âwîya, étant conscient du fait que Mâlik était en route pour l’Egypte, programma et effectua son empoisonnement. Il avait promis le califat de l'Egypte à ‘Amr b. ‘Âs. Après le martyre de Mâlik al-Ashtar, il envoya donc ‘Amr b. ‘Âs, accompagné d’une armée très nombreuse. Kanânat b. Bishr sortit de son côté de la ville accompagné de deux mille soldats pour combattre ‘Amr b. ‘Âs, mais ce fut en vain, son armée fut vaincue et lui-même, tué.
De ce fait, les Égyptiens s’éloignèrent de Muhammad b. Abî Bakr. Le commandeur de l’armée de Shâm, Mu’âwîya b. Khudayj le trouva, le décapita et brûla son corps. [38] De cette manière, Mu’âwîya réussit à conquérir l’Egypte et à partir de ce moment-là, et ‘Amr b. ‘Âs y gouverna jusqu’à sa mort en l’an 43 H.

L'attaque contre Bassora

‘Amr b. ‘Âs conseilla à Mu’âwîya d’envoyer Abd Allah b. ‘Âmir al-Hadramî à Bassora pour réunir des partisans et conquérir cette ville, sous prétexte de venger la mort de ‘Uthmân. Abd Allah b. ‘Âmir réunit les gens de la tribu Banû Tamîm. Dahhâk b. Abd Allah al-Hilâlîle critiqua et défendit l’Imam Ali (a), mais la majorité des gens présents supportèrent Abd Allah b. ‘Âmir. Mu’âwîya demanda à Abd Allah b. ‘Âmir de faire confiance à la tribu de Mudar. De ce fait, il y eut une discorde entre les deux tribus Mudar et ‘Azud.

L’Imam Ali (a) envoya Zîyâd b. Dabî’a de la tribu de Tamîm, à Bassora pour parler avec les gens de sa tribu et les convaincre à ne pas obéir à Mu’âwîya. Il réussit à convaincre certains hommes de sa tribu. A ce moment-là, les Khawârij le tuèrent. L’Imam envoya Jârîyat b. Qudâma avec 50 personnes de la tribu Tamîm à Bassora. Il récita la lettre de l’Imam aux chiites. Ce combat aboutit à la défaite des gens de Banû Tamîm. [39]

L'attaque contre l’Irak

Mu’âwîya envoya Dahhâk b. Qays en Irak et lui ordonna de ravager les tous les territoires sur son chemin, d’assassiner les partisans d’Ali (a). Dahhâk arriva à Kûfa et s’empara des biens des gens et attaqua la caravane des pèlerins. L’Imam Ali (a) envoya Hujr b. ‘Adîyy accompagné de 4 000 soldats pour arrêter Dahhâk. Il trouva ce dernier à Tadmur, et le combattit. Dix-neuf soldats de Shem et deux compagnons de Hijr firent tués lors de ce combat, et Dahhâk réussit à s’enfuir dans la nuit.
Sous l’ordre de Mu’âwîya, une autre armée, en ayant Nu’mân b. Bashîr comme le commandeur, attaqua ‘Ayn at-Tamr près de l’Euphrate. Ils se luttèrent, mais enfin, la bataille prit fin avec la fuite de Nu’mân b. Bashîr. [40]
Mu’âwîya envoya de nouveau une armée à Dawmat al-Jandal pour recueillir la Zakat des gens de cette endroit. Mais elle affronta l’armée de l’Imam Ali (a) , sous le commandement de Mâlik b. Ka’b, et fut obligée de revenir à Shâm. [41]
Mu’âwîya envoya de nouveau, Sufyân b. ‘Awf, accompagné d’une armée de 6 000 soldats pour attaquer la ville Anbâr. Du fait que l’armée de l’Imam ne fut pas nombreuse, l’armée de Mu’âwîya s’empara des biens de la ville et et agressa des habitants de Anbâr. [42]

L'attaque contre le Hedjaz

Au cours du pèlerinage de l’an 39 H, Mu’âwîya envoya Yazîd b. Shajara, accompagné d’une armée, à la Mecque pour inviter les gens da la ville à faire allégeance avec lui (Mu’âwîya). L’Imam Ali (a) aussi y envoya de son côté, Ma’qil b. Pays Rîyâhî, accompagné d’une armée. Ces deux armées ne se luttèrent pas, mais en revenant à Shâm, Ma’qil captiva quelques soldats de Mu’âwîya, puis il les échangèrent contre les captif de l'Irak. [43]

L’attaque de Busr b. ‘Artâh contre Hedjaz et Yémen, fut l’un des crimes les plus violents de Mu’âwîya. Ce dernier avait donné l’ordre de tuer les chiites où qu’ils se trouvent. Après la discorde en Irak, les partisans de ‘Uthmân au Yémen, se soulevèrent contre ‘Ubayd Allah b. Abbas, le calife de Yémen et demandèrent le secours de Mu’âwîya. Busr entra d’abord à Médine et n’ayant pas assez de force d'armée, Abû Ayyûb al-Ansârî s’en enfuit. Busr brûla sa maison et força les gens de prêter allégeance à Mu’âwîya et mit Abû Hurayra comme calife de Médine. Ensuite, il quitta la Médine et alla à la Mecque et à Taëf. Sur la route, il tua un groupe des chiites. Par peur de ses crimes, les gens de la Mecque se dispersèrent. Bush captiva l’épouse de ‘Ubayd Allah b. Abbas, et décapita ses enfants. Puis, il alla à Najrân et tua le père de l'épouse de ‘Ubayd Allah b. Abbas, ‘Abd Allah b. Abd al-Madân.

Après ces crimes au Hedjaz, Busr alla au Yémen. Certains chiites essayèrent de se défendre, mais plusieurs furent tués. Il décapita également une centaine de chiites d'origine iranienne. Il se rendit ensuite à Hadhramut, où il y avait beaucoup de chiites. En entendant la nouvelle des crimes de Busr, l’Imam Ali (a) envoya Jârîya b. Qudâma, accompagné d’une armée, afin de mettre fin aux crimes de Busr, mais lorsqu’il arriva à la Mecque, Busr avait déjà quitté la ville.

Il est rapporté que l’Imam Ali (a) était tombé en martyre avant l'arrivée de Jârîya à Kûfa. A son arrivée, il prêta alors son allégeance à l’Imam Hassan (a). [44]

L'instauration du califat des Omeyyades

Après le martyre de l’Imam Ali (a), les gens de Shâm prêtèrent le serment d’allégeance à Mu’âwîya, à Jérusalem, et le nommèrent ‘Amîr al-Mu’minîn (prince des croyants). [45]

Mu’âwîya se rendit ensuite à Kûfa. Accompagné d’une armée de 12 000 soldats, l’Imam Hasan (a) quitta Kûfa pour Madâ’in. Lorsqu’il arriva à Sâbat, il douta de la fidélité de ses partisans à cause du fait que Mu’âwîya avait réussi d'attirer certains commandeurs de son armée. Ce fut à ce moment-là que l’Imam décida de se retirer du combat, d'accepter un pacte de paix avec Mu’âwîya et de lui laisser le pouvoir et le califat.

L’Imam Hasan (a) accepta le traité de paix avec Mu’âwîya à condition qu'après ce dernier, le califat revienne à nouveau l’Imam. suite à ce traité, Mu’âwîya rentra à Kûfa en tant que calife de la communauté musulmane, et l'Imam Hassan et l'Imam Husayn lui ont fait l'allégeance. Du fait que les gens se réunirent, l’entourèrent et lui prêtèrent le serment d’allégeance (sauf les Khawârij), on nomma cette année, l’année du rassemblement (‘Âm al-Jamâ’a). [46]
En mentionnant les répressions de Mu’âwîya à partir de ce moment-là, Jâhiz dit qu’il faudrait nommer cette année, l’année de discorde, de l’injustice et de crime au lieu de l’année de rassemblement. Ce fut l'année où l'Imamat et la succession prophétique se transforma en règne et en gouvernance héréditaire d'une dynastie puissante, furieuse et injuste [47]
Le califat de Mu’âwîya fut le premier califat qui, au sein des révoltes et des discordes intérieures de la communauté musulmane, put atteindre le pouvoir par la force et la ruse. [48] Mu’âwîya avoua lui-même qu’il obtint le califat non pas par l'affection et l'amitié auprès des gens, mais par la force et par l'épée. [49]
La dynastie des Omeyyades gouverna pendant 91 ans (de 41 H à 132 H) et eut 14 califes dont le premier fut Mu’âwîya et le dernier fut Marwân b. Muhammad Ja’dî.

Les efforts de Mu'âwîya avant le califat

Mu’âwîya avait annoncé en public que son désaccord avec l’Imam Ali (a) n'était pas pour le pouvoir. Il écrivit à Zubayr avant la bataille de Jamal, et le rassura en lui disant :

« Les gens de Shâm ont prêté allégeance à toi. Si tu arrives à conquérir l’Irak, tu n’auras aucun problème à Shâm ».

Pour choisir le calife des musulmans, il avait d'abord abordé l'idée de la mise en place d'un "Conseil des musulmans ". Il tentait d’attirer des chefs de Quraysh, participants à ce conseil, pour en profiter dans ses politiques et dans la direction de ses objectifs. Dans une lettre, adressée à l’Imam Ali (a), il lui parle de ce sujet. [50]

D’après certains rapports, au début, les gens lui prêtèrent allégeance en tant que Amîr (prince) et non pas Amîr al-Mu'minîn (prince des croyants), titre attribué à l'Imam Ali. Mais, ce fut après le martyre de l’Imam Ali (a) qu'il réclama le califat et se baptisa « Amîr al-Mu’minîn (prince des croyants) ». [51] Du fait qu’il faisait partie des la catégorie appelée Tulaqâ’ [52], il ne pouvait pas facilement s'accorder le statut de Calife. Il essayait alors d’effacer ce stigmate du passé. Il se faisait nommer à Shâm « Khâl al-Mu’minîn (l’oncle des croyants) » et « Kâtib al-Wahy (l’homme de lettres du Coran) »afin de remédier son identité, compenser son passé et se faisant valoriser par ses deux titres. [53]

Ses stratégies politiques

Le traité de paix avec l’Imam Hasan (a) fut la fin du califat et le début de la dynastie Omeyyades. Mu’âwîya présenta Damas comme la capitale de son gouvernement. D’une part, il se comportait d’une meilleure façon avec les chefs et les hommes importants de l’Arabie et leur offrait des cadeaux, d’autre part, il choisit des gouverneurs tyrans pour vaincre ses opposants et il rendit sa dynastie, héréditaire. [54]

Son usage des principes religieux pour consolider son pouvoir

Mu'âwîya déclarait qu’il atteignit le pouvoir grâce à la volonté de Dieu. Car Dieu seul est le Tout Puissant et que tout est dans la main de Dieu. [55] Il avait dit aussi :

« Mon califat est un ordre des ordres divins, et un décret des décrets de Dieu ». [56]

En réponse à l’opposition de ‘Aïcha sur la succession du fils de Mu’âwîya, ce dernier dit :

« C’est le décret et la volonté divins et on n’a pas de libre arbitre face à la volonté divine ». [57]

D’après certains rapports, Aïcha fut assassinée par Mu’âwîya. [58] Zîyâd b. ‘Abîh, l’émir de Bassora et de Kûfa, fit un discours en disant :

« Ô hommes ! Nous vous défendrons et nous gouvernerons grâce au pouvoir que Dieu nous a accordé ». [59]

Ainsi, Yazîd dit dans son premier discours :

« Mon père était un des serviteurs d’Allah. Il l’a honoré et lui a accordé le califat. Maintenant, c’est à nous qu’Allah a confié le califat ». [60]

Le fils d’Uthmân critiqua la succession de Mu’âwîya par son fils Yazid en lui disant :

« C’était grâce à mon père que tu as atteint le pouvoir ».

Mu’âwîya lui répondit :

« C’est Allah qui nous a accordé le califat ». [61]

Il parait que Mu’âwîya aimait bien se faire appeler Mulk (roi) :

« Je suis le premier des rois » (ana awwal al-mulûk). [62]

Malgré l'attribution divine à son pouvoir au début, et une fois bien assis sur le trône du calife, il considérait le système royale uniquement comme un système politique, et expliquait que la religiosité des gens ne le regardait pas. Il disait qu’il n’interviendrait pas dans la vie spirituelle des gens et dans tout ce qui concerne la religion. Dans un discours, il dit : 

« Par Allah, je ne combats pas pour appeler les gens à la prière, au jeûne, au pèlerinage et à la Zakat. Vous savez bien tout ce que vous devez faire. Je vous ai combattus pour régner sur vous. Dieu m'a accordé ce pouvoir, alors que vous, vous n’en étiez pas satisfaits ». [63]

Ses inventions de Hadith

Il avait deux méthodes pour inventer ou falsifier des hadiths, en ordonnant aux narrateurs :

  • La première était d'inventer et falsifier des hadiths qui complimentaient lui-même et certains adversaires des Ahl al-Bayt (a) [64]
  • La deuxième était de les falsifier contre les mérites des Ahl al-Bayt (a) [65]

Il existe tellement de hadiths inventés ainsi sur les mérites de Mu’âwîya que même un savant comme Ibn Taymîyya, l’a avoué. [66]

Ses politiques de gouvernement

Mu’âwîya avait une capacité importante de gestion et d'administration. Il mit en place des systèmes bureaucratiques importants en profitant également du système du gouvernement de l'empire d'Iran et celui de Rome. Il demanda l’aide à certains chrétiens (comme Sergent b. Mansûr romain) qui faisaient partie du gouvernement de Rome pour gérer le sytème économique et financier de la communauté musulmane. Il fonda un bureau de sceau pour les lettres secrètes, afin d’empêcher toute altération dans les lettres et que personne ne soit au courant de leurs contenus, sauf le calife. Aussi, il fonda avec un investissement financier important, un bureau de lettre et de poste pour accélérer l’envoie des lettres et faciliter la communication entre le calife et ses agents. A travers ce bureau, il envoyait et recevait des lettres secrètes et espionnait ses gouverneurs.

Les événements politiques intérieur de l’époque de Mu’âwîya

Les Khawârij

Malgré la dureté des émirs du gouvernement de Mu’âwîya contre les Khawârij, ces derniers ne cessaient pas de se révolter contre le calife. Mu’âwîya avait une haine envers eux. Les Khawârij croyaient que Mu’âwîya s’était égaré et n’était plus dans le chemin de l’islam. C’est pourquoi Mu’âwîya décida de les combattre. En même temps, il y eut une division parmi les Khawârij concernant les sujets théologiques. Cela causa la faiblesse et la défaite de leur armée devant Mu’âwîya.

En l’an 43 H, Mustawrid b. ‘Alqama, dirigea la plus grande révolte des Khawârij contre Mu’âwîya. Mughayra b. Shu’ba, l’émir de Kufa les combattit et les dispersa. Enfin, la révolte aboutit à la dispersion des Khawârij. Ils souhaiteraient attirer les gens de Kûfa, mais ces derniers préféraient les combattre plutôt que les joindre.

Les Khawârij de Kûfa restèrent silencieux pendant 15 ans, mais en l’an 58 H, Hayyân b. Zabyân se révolta de nouveau et ils furent tous tués. Les Khawârij de Bassora se soulevaient de temps en temps aussi. Pendant le gouvernement de Ibn ‘Âmir, Zîyâd b. ‘Abîh et ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, ils se révoltèrent plusieurs fois, mais ‘Ubayd Allah b. Zîyâd qui était très sévère à leur égard, se mit à tuer certains d’entre eux, à déporter ou à mettre en prison, d’autres.
En dehors de l’Irak, Mu’âwîya n’avait pas de problème politique particulier et il n’y eut pas de révoltes considérables.

Les chiites

Les chiites furent certainement des ennemis de Mu’âwîya. Afin d’éloigner les chiites du pouvoir et de empêcher toute révolte, Mu’âwîya décida de se comporter d’une façon très sévère avec eux.

Premièrement: Propagation de la haine envers l’Imam Ali (a)
Pendant des années, Mu’âwîya et les gouverneurs Omeyyades, tentèrent de présenter l’Imam Ali (a) comme un sanguinaire tyran et de fonder la haine envers lui parmi les musulmans. Tous ceux qui montaient en chaire pour le prêche, devaient injurier d’abord l’Imam Ali (a).
Ils inventèrent même des hadiths contre les mérites de l’Imam Ali (a) pour renforcer la haine des gens envers l’Imam. [67] Au fur et à mesure, l’insulte de l’Imam Ali (a) devint une sunna parmi les musulmans et cela continua 60 années durant, jusqu’à l’époque de ‘Umar b. ‘Abd al-Azîz, qui l’interdit.
On demanda à Marwân b. Hakam la raison des insultes envers l’Imam Ali (a). Il répondit :

« Le gouvernement des Omeyyades ne persistera que par les injures envers Ali (a) ». [68]

Mu’âwîya croyait qu’il faut éduquer les enfants à détester Ali (a) et qu'il faut que les jeunes grandissent avec cette haine et que personne ne rapporte de ses mérites. [69] Mu’âwîya donna 400 000 dinars à Samura b. Jundab pour qu’il invente un hadith en disant que le verset coranique qui parle d’un « ardent disputeur » [70], a été révélé à propos de l’Imam Ali (a). [71] Aussi, il demanda à plusieurs compagnons du Prophète (s) et à leurs partisans (Tâbi’în), comme Abû Hurayra, ‘Amr b. ‘Âs, Mughayra b. Shu’ba, ‘Urwa b. Zubayr, d’inventer des hadiths contre l’Imam Ali (a).

A la fin de ses prêches, Mu’âwîya maudissait l’Imam Ali (a) et destituait ceux qui ne le faisaient pas dans leur travail. Il avait tellement effrayé les gens que personne n’osait nommer son fils, Ali.
Deuxièmement : le martyre de Hujr b. ‘Adîy et ses partisans

Lorsque Mughayra et certains d’autres maudissaient l’Imam Ali (a), Hujr b. ‘Adîy et ‘Amr b. Hamiq Khuzâ’î et leurs partisans se tenaient debout et commençaient à maudire Mu’âwîya et ses partisans. Ensuite, Mughayra, Zîyâd b. ‘Abîh, devint le gouverneur de Kûfa et commença à les arrêter. ‘Amr b. Hamiq Khuzâ’î et ses partisans s’enfuirent à Mossoul, mais Hujr b. ‘Adîy et 13 hommes de ses partisans furent arrêtés et envoyés auprès de Mu’âwîya.
Zîyâd les envoya auprès de Mu’âwîya avec une lettre dans laquelle il avait écrit :

« Ils se comportent contre la communauté musulmane et évitent de maudire Ali (a) et attribuent des mensonges aux émirs ».

Avant leur arrivée à Damas, lorsqu’ils arrivèrent à un endroit, nommé, Mark ‘Adhrâ’, Mu’âwîya ordonna de les décapiter. En entendant cette nouvelle, l’Imam Husayn (a) écrivit une lettre à Mu’âwîya en le blâmant pour le crime qu’il avait fait sur Hujr et ses partisans. [72]
‘Âicha aussi le blâma fort et lui dit :

« Certains de mon peuple seront tués dans un endroit, nommé ‘Adhrâ’. Allah et les gens des cieux se fâcheront pour cet événement ». [73]

D’après Hasan al-Basrî, Mu’âwîya eut 4 qualités dont chacune suffit pour son égarement et sa perte dans les deux mondes, à savoir :

  1. Il s’empara du califat par force, alors qu’il y avait plusieurs compagnons du Prophète (s) qui méritaient le califat.
  2. Il choisit son fils, Yazîd, comme son successeur, alors qu’il fut un libertin et un buveur corrompu.
  3. Il considéra Zîyâd b. Abîh comme son frère, alors que ce dernier fut né de l’adultère.
  4. Il assassinat Hujr b. ‘Adîy. [74]

La répression des chiites

Mu’âwîya ne cessait de réprimer, torturer et assassiner les chiites à Kûfa. Lorsque Zîyâd b. ‘Abîh atteignit le califat à Kûfa, certains chiites ne lui prêtèrent pas le serment d’allégeance. Il coupa alors la main de 80 chiites et en tua de nombreux.
D’après Ibn ‘A’tham :

« Zîyâd b. ‘Abîh s’acharnait contre les chiites et les tuait où qu’ils fussent. Il coupait les jambes et les mains des gens et les rendait aveugles. Mu’âwîya, lui-même avait aussi tué plusieurs chiites. Zîyad appelait les chiites à la mosquée de Kûfa et les forçait à insulter l’Imam Ali (a) ».

Mu’âwîya avait donné l’ordre de tuer les chiites, même les non-chiites qui aimaient Ali (a).

Exiger l’allégeance à Yazîd

Le fait d’exiger l’allégeance à Yazîd causa les critiques contre Mu’âwîya et certains commencèrent à l’opposer. Il préférait fonder une dynastie héréditaire. [75] Du fait que les arabes de la Péninsule Arabique ne connaissaient pas bien le système héréditaire, la fondation d’un tel système eut besoin de beaucoup d’efforts. Mu’âwîya croyait que ses successeurs doivent être des Omeyyades et que Shâm doit rester la capitale. [76]
D’après un célèbre rapport, ce fut Mughayra b. Shu’ba qui le proposa à Mu’âwîya. [77] Par contre, Zîyâd b. ‘Abîh n’était pas d’accord. Il croyait que Yazîd ne méritait pas le califat, car il était un homme faible et ne savait pas bien gouverner. [78]

Avant le traité de paix avec l’Imam Hasan (a), Mu’âwîya accepta l’opinion de Zîyâd et évita de présenter Yazîd comme son successeur. Puis, il se mit à assassiner ses opposants illustres afin de tout préparer pour la succession de son fils.
D’après Abû al-Faraj dans le livre Maqâtil at-Tâlibîyyîn :

« Lorsque Mu’âwîya décida d’exiger l’allégeance des gens à Yazîd, il usa des ruses et programma l'assasinat (par l'empoisonnement) de l’Imam Hasan (a) et de Sa’d b. Abî Waqqâs. Ce fut ainsi que quelques jours plus tard, tous les deux sont morts ». [79]

D’après d’autres narrations, il tua même ‘Âïcha pour la même raison. [80]

Les obstacles devant la succession de Yazîd

Les obstacles les plus importants devant la succession de Yazîd furent les suivants :

Pour convaincre les chefs de Hedjaz, Mu’âwîya écrivit une lettre à Marwân b. Hakam lui demandant de se renseigner sur l’opinion des gens concernant sa succession, sans citer le nom de Yazîd. Quand il reçut la réponse positive de la part des gens, il donna l’ordre à Marwân d’informer les gens de la succession de son fils, Yazîd. Aussi, il donna l’ordre aux émirs des villes de complimenter Yazîd dans leurs discours et réunions.
Désormais, plusieurs groupes de différentes villes se rendirent à Shâm pour prêter le serment d’allégeance à Yazîd. Après peu de temps, Mu’âwît apprit que les gens de Médine étaient contre la succession de Yazîd. [81]
Marwân informa Mu’âwîya que l’Imam Husayn (a), ’Abd Allah b. ‘Umar et Abd Allah b. Zubayr n’accepteraient pas la succession de son fils. [82] Ces derniers croyaient que si le califat est héréditaire, ils en sont plus dignes que Yazîd. Au début, Mu’âwîya se montra d'abord indulgent [83] et essaya d'attirer de plus en plus de gens et plusieurs poètes comme 'Aqiba Asadî, Abdallah b. Himâm Silûlî, amglré leur haine conte Yazid, en leur faisant des dons et des générosités.
En l’an 56 H, Mu’âwîya annonça en publique la succession de son fils, Yazîd et les gens de Shâm fêtèrent cet événement d'élection. [84] Afin d’empêcher toute révolte de la part des gens de Hedjaz, Mu’âwîya alla à Médine. Lorsqu’il y arriva, ses opposants quittèrent la Médine et se rendirent à la Mecque, mais le reste des gens de Médine prêtèrent le serment d’allégeance à Yazîd. En voyant cet acte de la part des opposants, Mu’âwîya se fâcha et décida de s’acharner contre eux. Ils les retrouva à la Mosquée al-Harâm, à côté de la Ka’ba, et leur parla dans cet endroit pour les convaincre. Ibn Zubayr se mit à parler en tant que porte-parole des opposants et annonça leur opposition. Leur négociation n’aboutit donc à rien.
Mu’âwîya, furieux, les menaça de punitions sévères et les força à prêter le serment d’allégeance à Yazîd. Ils firent enfin tous obligatoirement l'allégeance à Yazîd, sauf l’Imam Husayn (qui était à Médine) et Abd Allah b. Zubayr. [85]
  • Préparation de Yazîd pour le califat
Pour préparer son fils Yazîd, au califat, Mu’âwîya l’envoya à la tête d’une armée, à Rome. Aussi, il envoya Ibn Abbas, Ibn ‘Umar, Ibn Zubayr et Abû Ayyûb Ansârî en compagnie de son fils.
Il essayait ainsi de présenter son fils Yazîd, aux gens comme un courageux combattant (mujâhid). [86]

Ses politiques étrangères

Contrairement à l’époque de trois premiers califes, Mu’âwîya ne conquit pas beaucoup de territoires. Il tentait de rendre les iraniens, musulmans et de renforcer sa dynastie. De ce fait, il envoya des dizaines de milliers des arabes pour s’installer à Khurâsân (en Iran). Au lieu de conquérir des nouveaux territoires, il préférait propager l’islam vers les territoires orientaux et renforcer ses politiques et sa dynastie.

La réaction des Abbassides

Ce fut seulement en l’an 211 H, que Ma’mûn, le septième calife abbasside, annonça la dissociation de Mu'awîya et de ceux qui admiraient Mu’âwîya, et même mit en place des règlements pour interdire cet acte, et des sanctions pour ceux qui l'effectuaient.

Voir aussi

Références

  1. Mawsû’at Hayât as-Sahâba min Kutub at-Turâth, v 5-6 p 3478
  2. Târîkh Damishq, v 1 p 349
  3. ‘Usd al-Ghâba, Ibn Athîr, v 4 p 433
  4. Sîyar ‘A’lâm an-Nubalâ’, Dhahabî, v 3 p 122
  5. Musnad Tayâlisî, numéro 2746
  6. Al-Fawâ’id al-Majmû’a fil ‘Ahâdîth al-Mawdû’a, Shawkânî, p 403-407
  7. Târîkh Damishq, Ibn ‘Asâkir, v 59 p 103
  8. Fath al-Bârî, Ibn Hajar, v 8 p 105
  9. Futûh al-Buldân, Baladhurî, p 173
  10. Ar-Rasâ’il as-Sîyâsîyya, Jâhiz, p 344
  11. Mukhtasar Târîkh Damishq, v 25 p 24
  12. Tathbît Dalâ’il an-Nubuwwa, p 593
  13. Ar-Rasâ’il as-Sîyâsîyya, Jâhiz, p 344
  14. Al-Aqd al-Farîd, v 1 p 15
  15. Ansâb al-Ashrâf, Baladhurî, v 4 p 550
  16. Tabaqât al-Kubrâ, Ibn Sa’d, v 4 p 229
  17. Murûj adh-Dhahab, Mas’ûdî, v 3 p 33
  18. Mukhtasar Târîkh Damishq, v 11 p 87
  19. Mukhtasar Târîkh Damishq, v 25 p 5-16
  20. Al-Kâmil fi at-Târîkh, v 3 p 157
  21. Ansâb al-Ashrâf, Baladhurî, v 4 p 19
  22. Al-Ghârât, p 70
  23. Balâghât an-Nisâ’, p 139
  24. Ar-Rasâ’il as-Sîyâsîyya, Jâhiz, p 345-346
  25. ‘A’yân ash-Shî’a, ‘Amîn, v 3 p 12
  26. Al-Imâmat wa as-Sîyâsa, Ibn Qutayba, v 1 p 121
  27. Ansâb al-Ashrâf, Baladhurî, v 2 p 211-212
  28. Târîkh Khulafâ’, Ja’farîyân, v 2 p 278
  29. Futûh al-Buldân, Baladhurî, v 2 p 380
  30. Waq’at Siffîn, p 52
  31. Al-Futûh, v 2 p 429-430
  32. Waq’at Siffîn, p 58
  33. Waq’at Siffîn, p 110
  34. Târîkh Ya’qûbî, v 2 p 188
  35. Nahj al-Balâgha, sermons: 39, 131, 180
  36. Nahj al-Balâgha, sermon: 39
  37. Al-Ghârât, traduction persane, p 176
  38. Al-Ghârât, v 1 p 276-289
  39. Al-Ghârât, v 2 p 374-412
  40. Al-Ghârât, v 2 p 445
  41. Al-Ghârât, v 2 p 459
  42. Al-Ghârât, v 2 p 463
  43. Al-Ghârât, v 2 p 504
  44. Tarikh-é Khulafâ, Ja’farîyân, p 332
  45. Al-Imâma wa as-Sîyâsa, Ibn Qutayba, v 1 p 163
  46. Târîkh Ya’qûbî, v 2 p 123; Al-Bidâya wa an-Nihâya, Ibn Kathîr, v 8 p 16
  47. Risâlat al-Jâhiz fî Banî ‘Umayya, p 124
  48. Dolat-é Amawîyân, Muhammad Suhayl Taqûsh, Traduction : Judakî, p 19
  49. Al-‘Aqd al-Farîd, Ibn Abd Rabbih, v 4 p 81
  50. Al-Imâma wa as-Sîyâsa, Ibn Qutayba, v 1 p 121
  51. Ansâb al-Ashrâf, Baladhurî, v 5 p 161
  52. Au cours de la conquête de la Mecque, les mécréants de cette ville devinrent captifs. Donc, ils furent obligés de se convertir à l’islam. A ce moment-là le Prophète (s) les libéra en leur disant : « Partez ! Vous êtes les libérés (Tulaqâ’) »
  53. Dolat-é Amawîyân, Muhammad Suhayl Taqûsh, p 22
  54. Dolat-é Amawîyân, Muhammad Suhayl Taqûsh, p 18
  55. Hayât as-Sahâba, KânDihlawî, v 3 p 63
  56. Mukhtasar Târîkh Damishq, Ibn Manzûr, v 9 p 85
  57. Al-Imâma wa as-Sîyâsa, Ibn Qutayba, v 1 p 205
  58. As-Sirât al-Mustaqîm, v 3 p 48
  59. Al-Futûh, Ibn A’tham Kûfî, v 4 p 180
  60. Al-Imâma wa as-Sîyâsa, Ibn Qutayba, v 1 p 225
  61. Al-Imâma wa as-Sîyâsa, Ibn Qutayba, v 1 p 214
  62. Târîkh Ya’qûbî, v 2 p 232
  63. Sharh Nahj al-Balâgha, Ibn Abi al-Hadîd, v 16 p 46
  64. Al-Fawâ’id al-Majmû’a, fil ‘Ahâdîth al-Mawdû’a, Shawkânî, p 403-407
  65. Sharh Nahj al-Balâgha, Ibn Abi al-Hadîd, v 4 p 63
  66. Minhâj as-Sunna an-Nabawîyya, Ibn Taymîyya, v 7 p 371
  67. Sharh Nahj al-Balâgha, Ibn Abi al-Hadîd, v 4 p 63
  68. Ansâb al-Ashrâf, Balâdurî, v 2 p 184
  69. Sharh Nahj al-Balâgha, Ibn Abi al-Hadîd, v 4 p 57
  70. Sourate al-Baqara, v 204
  71. Sharh Nahj al-Balâgha, Ibn Abi al-Hadîd, v 4 p 361
  72. Akhbâr at-Tiwâl, Dinwarî, p 223-224
  73. Al-Jâmi’ as-Saghîr, Suyûtî, v 2 p 61
  74. Al-Kâmil fi at-Târîkh, Ibn ‘Athîr, v 3 p 487
  75. Al-‘Âlam al-Islâmi fi al-‘Asr al-Amawî, ‘Abd ash-Shâfî, p 121
  76. Dolat-é ‘Amawîyân, Taqûsh, p 33
  77. Târîkh Tabarî, v 5 p 301
  78. Târîkh Tabarî, v 5 p 302
  79. Maqâtil at-Tâlibîyyîn, v 1 p 13
  80. At-Tarâ’if fî Ma’rifat Madhâhib at-Tawâ’if, v 2 p 503
  81. Al-Kâmil, Ibn Athîr, v 3 p 250
  82. Al-Kâmil, Ibn Athîr, v 3 p 250
  83. Târîkh Khalifat b. Khayyât, v 1 p 199
  84. Al-Kâmil, Ibn Athîr, v 3 p 249
  85. Al-Kâmil, Ibn Athîr, v 3 p 251
  86. Târîkh Ya’qûbî, v 2 p 229