Quatre Représentants

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Les quatre Représentants (en arabe : النواب الأربعة) sont les quatre intermédiaires entre l'Imam al-Mahdi (a) et les chiites pendant son occultation mineure qui dura près de soixante-dix ans. On les appelle également les Nuwwâb Khâss (n. pluriel, singulier = nâ'ib / wakil / safîr).

Les quatre représentants (nuwwâb Arba'a) étaient des anciens compagnons loyaux et fiables des Imams qui ont été successivement en contact avec les adeptes du douzième Imam de la part de celui-ci, et transmettaient les messages respectifs entre l'Imam et ses chiites.

Début des activités des quatre Représentants

Comme on le sait, selon les sources chiites imamites, Muhammad b. al-Hasan al-'Askarî al-Mahdi (a), a eu, alors qu'il était encore un tout petit enfant, une première Occultation en 60 H./874 a.c., occultation qui dura près de 70 ans, et pendant laquelle l'Imam caché communiqua avec ses fidèles par l'intermédiaire de quatre Représentants (safîr, nâ'ib, wakîl). C'est ce qu'on appelle "la première Occultation" (al-ghaybat al-ûlâ) ou bien "l'Occultation mineure" (al-ghaybat as-sughrâ)[1].

Puis, vers 329 H./941a.c., commença "la seconde Occultation" (al-ghaybat aththâniya), ou "l'Occultation majeure" (al-ghaybat al-kubrâ). Celle-ci dure toujours et ne se terminera qu'à la fin du Temps (âkhir az-zamân) lorsque l'Imam al-Mahdi (a) réapparaitera pour établir la Justice sur la terre)[2].

Pendant l'Occultation mineure, l'Imam caché communiquait avec ses fidèles par l'intermédiaire des quatre représentants [3].

Responsabilités des quatre Représentants

A regarder de plus près les textes anciens, on se rend compte que l'essentiel de l'activité des Représentants consistait à faire respecter les préceptes canoniques parmi les fidèles, à percevoir et distribuer les impôts légaux, à faire parvenir les questions de l'ordre religieux de ces derniers à l'Imam Caché et en retour à rendre publiques les réponses autographes de l'Imam, enfin à convaincre les fidèles en proie à la perplexité et à la confusion - il s'agit de la période dite de la hayra - en accomplissant des "miracle"[4].

Présentation des quatre Représentants

Les quatre Représentants (nâ'ib) de l'Imam Caché sont les suivants :

Othman b. Sa'îd al-'Amrî

Article connexe : Othman b. Sa'îd al-'Amrî.

Il fut le premier Représentant (nâ'ib khâss) de l'Imam al-Mahdi (a) (de 260 H./874 à 267h. (?)/880(?). Il était un des compagnons très proches de quatre Imams à savoir Imam Muhammad al-Jawâd (a), Imam al-Hâdî (a), Imam al-Hasan al-'Askarî (a) et Imam al-Mahdi (a). Il a été nommé comme le na'ib al-Khâss (le représentant particulier) de l'Imam Caché (a) à partir du début de l'imamat de celui-ci.

'Uthmân b. Sa'id, pratiqué résolument la taqiya (la dissimulation pieuse), et donc il pratiqué le rôle du vendeur de l'huile afin de dissimuler sa responsabilité religieuse et d'échaper ainsi à la surveillance des autorités. Ce fut pour cette raison qu'on le connaissait sous le nom de Samman (vendeur de l'huile)[5].

Abû Ja'far Muhammad b. Othman al-'Amrî

Il fut le fils du premier Représentant, et le nâ'ib de l'Imam caché de 267 H./880 à 305 H./917a.c. Il devint le représentant de l'Imam caché après la mort de son père par une décision de la part de l'Imam lui-même.

Un parole est rapportée de l'Imam al-Mahdi (a) qui dit :

"'Amri et son fils me sont proches et fiables. Tout ce qu'ils transmettent c'est de ma part, tout ce qu'ils disent est de moi. Ecoutez-les et suivez-les puisqu'ils sont deux personnes de ma confiance"[6].

Abu al-Qâsim al-Husayn b. Rûh an-Nawbakhtî

Il fut le troisième nâ'ib khâss (Représentant particulier) de l'Imam Caché de 305 H./917a.c. à 326 H./937a.c. ; un proche compagnon de Muhammad b. 'Uthmân al-'Amri à Bagdad.

Durant les derniers jours de sa vie, ce dernier le présenta comme son remplaçant de la part de l'Imam, à la présence des savants chiites bien réputés de Bagdad comme Abu 'Ali b. Humam, Abu Abd Allah b. Muhammad al-Kâtib, Abu Sahl b. 'Ali Nawbakhti, etc. Il fut le Représentant de l'Imam pendant 21 ans.

Il fut également un des proches compagnons de l'Imam al-'al-'Askarî

Abu al-Hasan Ali b. Muhammad as-Sumarî

Article connexe : Ali b. Muhammad as-Samurî.

Abu al-Hasan Ali b. Muhammad as-Sumarî fut le dernier nâ'ib de l'Imam caché qui fut chargé de cette responsabilité par l'Imam caché lui-même à travers son nâ'ib précédant, Husayn b. Rûh. Il eut cette responsabilité pendant trois ans, de 326 H./937 à 329h./941a.c.

Mission des Quatre Représentants

La mission des Quatre représentants de l’Imam al-Mahdi (a), était sans aucun doute assujettie aux directives de l’Imam en personne et tournait au tour de ses indications. Raison pour laquelle il est important de connaitre leurs activités selon les manuscrits autographes promulgués par l’Imam al-Mahdi (a), même si beaucoup d’entre elles ne nous sommes pas parvenus.

Et par conséquent nous pouvons distinguer la mission qui était conférée aux Quatre représentants suivant les titres qui suit :

Faire face à l’extrémisme

Ce qui est important à noter concernant tous les Imams (a), est qu’ils étaient très attentifs, et ils guettaient tout mouvement intellectuel chez les chiites notamment les mouvements extrémistes, qui ont réussi à pénétrer et se diffuser de façon progressive et durable au sein des chiites imamites, profitant des subventions données par certaines personnalités se disant appartenir au clan proche des Imams (a).

Parmi ces personnes on peut citer [[Muhammad b. Nusayr] fondateur de la secte Nusayrîya (en arabe :فرقة النصيرية), dont son extrémisme est apparu à l’époque de l’Imam al-Hâdî (a). Cheikh at-Tûsî dit :

« Muhammad b. Nusayr an-Numayrî faisait partie des compagnons de Abi Muhammad Al Hasan b. Ali (a), et lorsque ce dernier décéda, il prétendu la place de Abi Ja’far Muhammad b. ‘Othman, comme étant le représentant de l’Imam des temps - al-Mahdi (a). Mais Dieu – Tout Puissant – a dévoilé Sa vérité en mettant au grand jour devant tout le monde son abjuration et son ignorance, puis Abi Ja’far Muhammad b. ‘Othman l’a maudit et s’est affranchi de lui et s’est interdit de le rencontrer » [7]

Sa’d b. Abd Allah a dit :

« Muhammad b. Nusayr an-Numayrî prétendait être un Messager de Dieu et un prophète, et que c’était Ali b. Muhammad qui l’avait envoyé, il croyait à la réincarnation et prétendait que Abi al-Hasan (a) était un Dieu…. »[8]

On cite aussi parmi les extrémistes Muhammad b. Ali Shalmaghânî qui était au début un des rapporteurs des hadiths imamites et un mandataire des Imams (a), il a même des ouvrages sur ceux-ci.

Il s’est illustré lorsque Husayn b. Roh l’a annoncé en tant que personne crédible et digne de confiance auprès des Bani Bastâm (بني بسطام), alors il en a profité pour propager ses fausses croyances, d’autant plus que la conjoncture politique lui était favorable car Bagdad était la scène de plusieurs complots et que Husayn b. Rûh était sous surveillance et donc dans l’obligation de se tenir loin des regards, puis il s’est déclaré le mandataire de l’Imam al-Mahdi (a).

À la fin de l’année 312 H, l’Imam (a) sorti son autographe concernant Shalmaghânî, puis il l’a remis à Husayn b. Rûh qui était en prison qui l’a remis lui-même à Abû Hamam et lui a demandé de propager son contenu auprès de tous les chiites.[9]

Remédier aux doutes et aux soupçons à l’encontre de l’Imam al-Mahdi (a)

Parmi les missions les plus importantes qui incombaient les quatre représentants de l’Imam al-Mahdi (a) était de lever les doutes et les soupçons des esprits des gens et de répondre aux suspicions qui se sont jetés sur la question de l’Imam al-Mahdi (a); chose qui était très claire et évidente lors du vivants de ces représentants jusqu’à la fin de l’occultation mineure, où beaucoup de questions étaient soulevées à ce sujet.

On trouve parmi ces questions la polémique dont Cheikh Tûsî a relevée, concernant l’existence de l’Imam al-Mahdi (a), lorsqu’il dit : « Ibn Abi Ghanem Qazwini s’est disputé avec un groupe de chiite sur la descendance de Abi Muhammad - Imam al-Hasan al-'Askarî (a) -, Ibn Abi Ghanem prétendait qu’Abi Muhammad (a) est décédé sans laisser de descendance, alors ils écrivirent un texte expliqant leur divergence et l’envoyèrent au représentant de l’Imam.

La réponse leur est parvenue par un écrit de sa propre main où il disait :

« Que Dieu nous préserve et vous-même de toute aberrance et de toute tentation et qu’Il nous accorde l’esprit de certitude et qu’Il nous garde et vous-même de la mauvaise reconversion, il m’est parvenu les doutes de certains d’entre vous, concernant leurs croyances, et leurs confusion sur la vérité de leurs maîtres et tuteurs… avez- vous cru que Dieu a aboli Sa religion en coupant le lien entre Lui et Ses créatures ? Oh que non! ceci ne s’est jamais produit et ne se produira jamais jusqu’à la fin des temps, et que l’ordre de Dieu – gloire à Lui – apparaitra même s’ils – les mécréants – sont réticents. Puis le défunt– l’Imam al-'Askarî (a) – est parti satisfait tout en se conformant à la méthode de ses pères (a), et nous sommes ses légataires universels, nous portons sa connaissance et c’est nous qui lui succédons et prenons sa place, et quiconque nous concurrence sera considéré comme despote et pécheur… ». Tout en précisant l’importance de l’Occultation et la nécessité que l’Imam (a) soit loin des regards des despotes.[10]

Lorsque Ja’far a prétendu à la succession de son frère al-Hasan al-'Askarî (a) et que c’était lui l’Imam après son frère, le manuscrit autographe – de l’Imam Mahdi (a) – sorti réfutant ces affirmations en indiquant les arguments démentant ses prétentions.[11]

Parmi ces manuscrits autographes on trouve celui rapporté par Muhammad b. Ibrahim b. Mahziyar dans le livre « al-Irshâd »[12]

Puis on trouve d’autres écrits où l’Imam (a) avait banni, de manière radicale, toute suspicion sur son existence, avec quelques réponses sur des questions jurisprudentielles.

Organisation du réseau des mandataires

La constitution du réseau des mandataires et des médiateurs avec l’ensemble des chiites a pris forme environ à l’époque de l’Imam Al-Bâqir (a), puis cela a continué avec les autres Imams (a), jusqu’à l’occultation mineure où tous contacts directs de l’Imam al-Mahdi (a) avec les mandataires étaient coupés et le seul lien qui existait, était avec son mandataire particulier – le représentant – que lui-même avait désigné.

Les livres spécialisés dans « Mahdawîyya », par exemple : al-Ghayba de Cheikh Tûsî et ‘Kamal ad-Din’ de Cheikh as-Sadûq, ont suffisamment parlé de nombreux mandataires des Imams dans différents endroits comme Samarra, Egypte, Hedjaz, Ray, Qom, Ahwaz, …etc.

Non-révélation de l’endroit de l’imam

D’après les livres des récits et les livres historiques, on peut déduire que l’Imam al-Mahdi (a) se déplaçait souvent entre l’Iraq, La Mecque et Médine, et que personne ne connaissait l’endroit où il se trouvait à l’exception de son représentant particulier.

Bien sûr, il se peut que certaines personnes ont eu l’honneur privilège de le rencontrer, comme c’était le cas de Muhammad b. Ahmad Qatane, mais la règle générale qui était appliquée était que les représentants ne dévoilent sans aucun prétexte son lieu d’existence.

On a comme témoignage à ceci ; lorsqu’on demanda à Abou Sahle Ismaïl b. Ali Nawbakhti la raison pour laquelle le Cheikh Ibn Rûh a été choisi pour la représentation de l’Imam et non pas lui, il répondit qu’Ibn Rûh était très discipliné et gardait le secret, qualité que je ne posséde pas.[13]

Voir aussi

Références

  1. Muhammad Ali, Amir-Mu'izzî, 2007, p.245
  2. Muhammad Ali, Amir-Mu'izzî, 2007, p.245
  3. Muhammad Ali, Amir-Mu'izzî, 2007, p.272
  4. Muhammad Ali, Amir-Mu'izzî, 2007, p.272
  5. Tûsî, al-Ghayba, p. 354
  6. la Shaykh al-Tûsî, al-ghaybat, p.219
  7. Tûsî, Al Ghayba, N° hadith : 361,p 398.
  8. Tûsî, Al Ghayba, N° hadith : 371,p 398.
  9. Tûsî, Al Ghayba, p 248 ; Kamel Sayyid, Shams Wara’e Sahab, p 302-303.
  10. Tûsî, Al Ghayba, p 173-174.
  11. Tûsî, Al Ghayba, p 174-176.
  12. Koulayni, T1, p 176
  13. Cheikh Tûsî, p 255

Bibliographie

  1. Amir-Mu'izzî, Muhammad Ali, 2007, Le guide divin, Paris, Verdier.
  2. Cheikh Sadûq, Kamal Dine wa Tamma Ni’ma, Qom, maison Hadith, 1380.
  3. Cheikh Tûsî, Muhammad b. al-Hasan, Al Ghayba, Qom , maison Ma’arif islamiya, 1411 H.‘Alama Majlissi, Bihar Anwar, Téhéran, édition Islamiya, 1363 H.
  4. Husayn, Jassem, Histoire politique de l’occultation du 12ème Imam (arabe), édition Amir Kabir, Téhéran, 1385 H.
  5. Kulayni, Muhammad b. Ya’coub, Ussûl Kafi, Téhéran, maison Kotob islamiya, 1388 H.
  6. Sadr, Sayyid Muhammad, Tarikh Ghayba, Beyrouth, edition Ta’arof, 1412 H.