Shimr b. Dhi al-Jawshan

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Shimr b. Dhi al-Jawshan
Surnom(s) Abû Sâbigha
Titre(s) Âmirî, Dibâbî, Kilâbî
Décès 66 H
Pays de résidence Irak
Famille
Généalogie Shimr b. Shurahbîl (Dhi al-Jawshan) b. A'war b. 'Amr
Père Shurahbîl (Dhu al-Jawshan)

Informations religieuses
Rôles importants

Compagnon de l'Imam Ali (a)

Les successeurs du Prophète (s)

L'Imam AliL'Imam HassanL'Imam Hussayn
L'Imam SajjadL'Imam BaqirL'Imam Sadiq
L'Imam KadhimL'Imam RidhaL'Imam Jawad
L'Imam HadiL'Imam Hassan Al-AskariL'Imam Mahdi

Shimr b. Dhi al-Jawshan (en arabe : شِمر بن ذی‌الجَوْشَن) fut l’un des Tâbi’ûn (disciples des compagnons du Prophète (s)) et le chef de la tribu de Hawâzin. Il est l’une des personnes les plus détestables parmi les Chiites, en raison de son rôle dans la tragédie de Karbala.

Au début, Shimr fut l'un des compagnons de l'Imam Ali (a), mais plus tard, il devint l’un des ennemis de l'Imam (a) et de sa famille. Il joua un rôle important dans la tragédie de Karbala, comme : la machination pour martyre de Muslim b. 'Aqîl, insistant pour commencer la bataille contre l’Imam al-Husayn (a) au jour de Achoura, le commandeur de l'aile gauche de l'armée de Umar b. Sa'd, l’assassin de l’Imam al-Husayn (a), l’attaque contre les tentes de la famille de l'Imam (a) et l'essai pour assassiner l’Imam as-Sajjâd (a).... C’est pourquoi Shimr est maudit dans la Zîyârat al-Achoura.

Généalogie

Shimr b. Shurahbîl (Dhi al-Jawshan) b. A'war b. 'Amr, connu sous le surnom d’Abû Sâbigha, fut l'un des Tâbi'ûn et des chefs de la tribu de Hawâzin, du clan de Banû Âmir b. Sa'sa'a et de la famille de Dibâb b. Kilâb[1].

Le nom de son père fut Shurahbîl b. A'war b. 'Amr, connu sous le nom de Dhu al-Jawshan[2]. D’après certains rapports, son nom fut Jawshan b. Rabî’a.

Le Prophète Muhammad (s) invita Shurahbîl à l'islam, mais il ne l’accepta pas. pourtant, après la conquête de la Mecque et la défaite des polythéistes, il se convertit à l'islam[3].

Son titre

Dans certaines sources, il est nommé : « Âmirî, Dibâbî[4] ou Kilâbî[5] ».

Naissance

Il n’y a pas d’informations précises sur la date de sa naissance.[6]

Biographie

Au début, Shimr fut l'un des compagnons de l'Imam Ali (a) et l’accompagna dans la bataille de Siffin. Dans une bataille avec Ad’ham b. Muhriz al-Bâhilî (l'un des soldats de Châm), il subit une blessure grave sur son visage[7] mais, plus tard, il s'éloigna de l'Imam et devint l’un des ennemis vengeurs pour lui et sa famille. Lorsque Hujr b. 'Adi, (l'un des compagnons du Prophète (s) et de l’Imam Ali (a)), fut en prison, Shimr fut l'une des personnes qui témoignèrent faussement que Hujr fut un apostat et un rebelle[8]. Dans la tragédie de Karbala, il joua un rôle important dans l'assassinat de l'Imam al-Husayn (a).

Son rôle dans l’événement de Karbala

Quand Muslim b. 'Aqîl alla à Koufa en l’an 60 H, en tant que représentant de l'Imam al-Husayn (a), Shimr obtint une commission de la part de 'Ubayd Allah b. Zîyâd pour disperser les gens d’autour de Muslim. Shimr fit un discours dans lequel, il appela Muslim b. 'Aqîl comme rebelle et avertit les gens de Koufa de l'arrivée de l'armée de Châm (Damas)[9].

Après l’entrée de l’Imam al-Husayn (a) à Karbala, 'Umar b. Sa'd, le commandeur de l'armée de Koufa, voulut trouver une solution pacifique pour éviter le conflit[10], mais Shimr encouragea ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, qui semblait être enclin à l'intention de 'Umar b. de Sa'd, de se battre contre l'Imam[11].

Dans l'après-midi du neuvième jour de Muharram, 61 H, Shimr avec une armée de 4 000 soldats et une lettre menaçante de la part d’Ibn Zîyâd pour Umar b. Sa’d arriva à Karbala. Quand 'Umar b. Sa'd vit cette lettre, il critiqua Shimr pour se détruire les chances de la paix, cependant, 'Ubayd Allah accepta le commandement de Umar b. Sa’d pour exiger l’allégeance de l'Imam al-Husayn (a) ou pour se battre contre lui et Shimr devint un commandeur de son armée[12].

Shimr fut de la même tribu qu’Umm al-Banîn, la mère de Abbas b. Ali (a). Ce fut pour cette raison, qu’à l’après-midi de Tâsû'â, il s'approcha du camp de l'Imam al-Husayn (a) et s'adressa à Abbas et à ses frères en tant que neveux et leur proposa un safe-conduite de la part de ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, mais ils le refusèrent et restèrent avec l’Imam al-Husayn (a)[13].

Jour de Achoura

Article connexe : Achoura.

Au matin du jour de Achoura, Shimr devint le commandeur de l'aile gauche de l’armée de 'Umar b. Sa'd[14]. Lorsque Shimr s’approcha des tentes de l'Imam al-Husayn (a), et fut confronté à un fossé et au feu autour des tentes, il manqua le respect envers l'Imam (a)[15]. Il coupa également le discours de l'Imam (a) à l'armée de Koufa sur les excellences de sa famille et sur les paroles du Prophète (s) à propos d’avoir amitié pour les Ahl al-Bayt (a). Mais Habîb b. Muzâhir le réfuta très fort[16].

Une autre fois, quand Zuhayr b. Qayn commença son discours pour conseiller les gens de Koufa et les inviter à soutenir l’Imam al-Husayn (a), Shimr lui lança une flèche et l’insulta[17].

Quand 'Abd Allah b. 'Umayr al-Kalbî mourut en martyre, Shimr ordonna à son esclave de tuer la femme d'Abd Allah qui fut assise à côté du corps de son mari[18] et après une bataille difficile, captiva et tua Nâfi’ b. Hilâl, l’un des compagnons courageux de l’Imam al-Husayn (a), alors que ses deux bras furent cassés.[19]

Lorsque la plupart des compagnons de l'Imam al-Husayn (a) moururent en martyre et l’armée des ennemis attaqua contre les tentes de l’Imam al-Husayn (a), Shimr entra sa lance dans la tente de l'Imam al-Husayn (a) et s'écria, demandant le feu pour brûler la tente et tout ce qui était dedans.

L'Imam (a) le maudit, et même son ami, Shabath b. Rib’î le blâma.[20] Une autre fois, à l’après-midi du jour de Achoura, avant le martyre de l’Imam al-Husayn (a), Shimr voulut attaquer les tentes de l’Imam (a), mais l'Imam (a) l'empêcha et Shimr retourna[21].

Assassinat de l’Imam al-Husayn (a)

Shimr ordonna à ses soldats de lancer des flèches, sur le corps de l'Imam al-Husayn (a)[22], puis sous son ordre, tous ces soldats attaquèrent l’Imam (a). Certains d'entre eux, y compris : Sinân b. Anas et Zur’at b. Sharîk mirent fin à la vie de l'Imam (a).[23]

Il y a de différents rapports sur l’assassinat de l'Imam al-Husayn (a). Selon al-Wâqidî, ce fut Shimr qui le fit et ensuite écrasa le corps de l'Imam par son cheval[24]. Selon certains rapports, il s'est assis sur la poitrine de l'Imam (a) et le décapita[25].

Après le martyre de l’Imam al-Husayn (a) et après avoir brûlé les tentes, Shimr eut l'intention d'assassiner l’Imam as-Sajjâd (a), mais certains l'empêchèrent[26].

Il est dit qu’il fut comme un homme lépreux et laid[27].

Au jour de Achoura, l’Imam al-Husayn (a) dit à Shimr : " Le Messager d'Allah (s) dit la vérité qu'il voyait un chien noir et blanc, en buvant le sang de mes Ahl al-Bayt (a) ". Dans certaines phrases de la Zîyârat d'Achoura, Shimr est présenté comme un homme maudit[28].

Après le jour de Achoura

Au 11 Muharram 61 H, 'Umar b. Sa'd ordonna à ses soldats de décapiter les martyrs de Karbala. Shimr et certaines commandeurs de l’armée apportèrent les têtes des martyrs, chez ‘Ubayd Allah b. Zîyâd à Koufa[29].

Les tribus qui participèrent à la bataille de Karbala, partagèrent les têtes pour se rapprocher d'Ibn Zîyâd. La tribu de Hawâzin, sous le commandement de Shimr, apportèrent 20 têtes[30] et selon Ibn Tâwûs,[31] 12 têtes, chez Ibn Zîyâd.

‘Ubayd Allah b. Zîyâd, sous l’ordre de Yazid b. Muawiya, ordonna à Shimr d'apporter la tête de l'Imam al-Husayn (a) et celles des martyrs de Karbala à Châm[32]. En arrivant là-bas, Shimr prononça des paroles insultantes sur l’Imam Husayn (a) et d’autres martyrs de Karbala[33].

Après le retour des Ahl al-Bayt (a) à Médine, Shimr retourna à Koufa. Il est dit que dans cette période, il faisait la prière et demandait à Dieu le pardon, mais il justifiait toujours ses crims disant qu'il obéissait à ses califes[34].

Mort

Dans la Révolte de Mukhtâr ath-Thaqafî en l’an 66 H, Shimr participa à la bataille contre lui. Dans la bataille de Jabbânat as-Sabî’, al-Mukhtâr put vaincre Shimr et autres commandeurs Omeyyades[35] mais, Shimr s'enfuit et sortit de Koufa.

Al-Mukhtâr envoya un groupe avec son esclave (Zirbî) pour le chasser, mais Shimr tua ce dernier[36] et s’enfuit à un village, nommé Sâtîdamâ. Peu de temps après, il s'installa dans un village appelé Kiltânîya qui se trouvait entre Shûsh et le village de Saymira[37].

Il envoya une lettre à Mus’ab b. Zubayr et dit qu’il est prêt pour faire la guerre contre al-Mukhtâr, mais certains soldats d’al-Mukhtâr le trouvèrent, le tuèrent et envoyèrent sa tête à al-Mukhtâr. Al-Mukhtar envoya la tête de Shimr à Muhammad b. Hanafîyya[38].

Son Statut chez les sunnites

Shimr rapporta les hadiths de son père et Abû Is’hâq al-Subay'î rapporta de Shimr. Cependant, dans les sources sunnites, Shimr est parmi ceux qui ne sont pas acceptés des transmissions. Il est mentionné qu'il fut parmi les assassins de l'Imam al-Husayn (a) et c’est pour cette raison qu’il ne méritait pas de rapporter des hadiths[39].

Références

  1. Ibn ‘Abd Rabbih, Ahmad b. Muhammad, al-’Aqd al-Farîd, vol 3, p 318-320
  2. Fîrûz Abâdî, al-Qâmûs al-Muhît, sous le mot Jawshan
  3. Ibn Sa’d, Muhammad b. Sa’d, at-Tabaqât al-Kubrâ, vol 6, p 47-48
  4. Ibn ‘Asâkir, Târîkh Madîna Damîshq, vol 23, p 186
  5. Al-Balâdurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 482
  6. Ibn Sa’d, Muhammad b. Sa’d, at-Tabaqât al-Kubrâ, vol 6, p 46
  7. Minqarî, Nasr b. Mudâhim, Vaq’at as-Siffin, p 267-268
  8. Tabarî, Muhammad b. Jarîr,, Târîkh at-Tabarî, vol 5, p 269-270
  9. Abû Mikhnaf, Lût b. Yahyâ, Waq’at at-Taf, p 123-124
  10. Cheikh al-Mufîd, al-Irshâd, vol 2, p 87-88
  11. Abû Mikhnaf, Lût b. Yahyâ, Waq’at at-Taf, p 187-188
  12. Al-Balâdurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 483
  13. Al-Balâdurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 483-484
  14. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 487
  15. Abû Mikhnaf, Lût b. Yahyâ, Waq’at at-Taf, vol 9, p 205
  16. At-Tabarî, Muhammad b. Jarîr, Târikh at-Tabarî, vol 5, p 524
  17. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 488-489
  18. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 493
  19. Tabarî, Muhammad b. Jarîr, Târikh at-Tabarî, vol 5 , p 441-442
  20. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 493
  21. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 499
  22. Cheikh al-Mufîd, al-Irshâd, vol 2, p 111-112
  23. Al-Balâdurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 500
  24. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 512
  25. Al-Khârazmî, Muwaffaq b. Ahmad, Maqtal al-Husayn, vol 2, p 41-42
  26. Ibn Sa’d, Muhammad b. Sa’d, at-Tabaqât al-Kubrâ, vol 5 , p 212
  27. Tabarî, Muhammad b. Jarîr, Târikh at-Tabarî, vol 6, p 53
  28. Inb Qûlawayh, Kâmil az-Zîyârât, p 329
  29. Al-Balâdurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 503
  30. Al-Balâdurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 504
  31. Sayyid b. Tâwûs, al-Luhûf ‘Alâ Qatlâ at-Tufûf, p 62-63
  32. Tabarî, Muhammad b. Jarîr, Târîkh at-Tabarî, vol 5, p 460
  33. Ad-Dînawarî, Abû Hanîfa, al-Akhbâr at-Tiwâl, p 260
  34. Ibn ‘Asâkir, Târîkh Madînat Damîshq, vol 23, p 189
  35. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 6, p 18 et 29
  36. Al-Balâdurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 6, p 69
  37. Tabarî, Muhammad b. Jarîr, Târîkh at-Tabarî, vol 6, p 52
  38. Dînawarî, Abû Hanîfa, al-Akhbâr at-Tiwâl, p 305
  39. Adh-Dhahabî, Muhammad b. Ahmad, Mizân al-I’tidâl fî Naqd ar-Rijâl, vol 2, p 280