Verset al-Amânat

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Le verset al-Amânat (en arabe : آية الأمانة) est 72e verset de la sourate al-Ahzab. Ce verset se réfère d’un Dépôt divin qu’Allah proposa aux cieux, à la terre et aux montagnes, ils n’arrivèrent pas à le garder, mais l’Homme l’accepta et le garda.

D’après les exégèses du Coran chiites, le terme « Amânat (dépôt) » dans ce verset veut dire : la religion, la wilayat divine et la wilayat du Prince des croyants, l’Imam Ali (a). D’après la plupart des exégètes du Coran, ce verset blâment ceux qui ne respectent pas ce Dépôt.

Texte du verset

« إِنَّا عَرَضْنَا ٱلْأَمَانَةَ عَلَى ٱلسَّمَٰوَٰتِ وَٱلْأَرْضِ وَٱلْجِبَالِ فَأَبَيْنَ أَن يَحْمِلْنَهَا وَأَشْفَقْنَ مِنْهَا وَحَمَلَهَا ٱلْإِنسَٰنُ إِنَّهُۥ كَانَ ظَلُومًا جَهُولًا »
« Nous avons proposé le Dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes, mais ils refusèrent de s’en charger et ils s’en effrayèrent. Alors que l’Homme s’en est chargé, car il est injuste et ignorant de toute loi »
Traduction du Coran, Régis Blachère et celle de Jean Grosjean

Terme « Amânat »

Les exégètes du Coran ne sont pas unanimes sur le sens du terme « Amânat » et sur ce qu’il veut dire exactement.

Exégèse historique

Certains exégètes du Coran interprétèrent le terme « Amânat » d’après certains récits historiques et trouvèrent que le Dépôt concerne l’histoire d'Abel et Caïn.

D’après eux, du fait que le Prophète Adam (a) fut ordonné de la part de Dieu de faire le Tawâf autour de la Ka’ba, il voulut confier sa famille et ses enfants comme dépôt auprès du ciel ou de la terre. Mais ils n’acceptèrent pas. Donc, il fut obligé de les confier à son fils Caïn. Ce dernier ne respecta pas le Dépôt et trahit son serment. Donc, dans ce verset il est considéré comme injuste et ignorant.[1]

Exégèse des sunnites

D’après les exégètes sunnites, le terme « Amânat » s’agit des prescriptions et des proscriptions divines. Car tout comme le Dépôt que tout le monde doit respecter, ils sont obligatoires de respecter les prescriptions et les proscriptions divines.[2]

Parmi les ulémas chiites, cheikh at-Tabrisî déclara la même opinion sur l’exégèse de ce verset.[3]

D’après cette interprétation, Allah confia d’abord Sa religion aux cieux, à la terre et aux montagnes, mais ils ne supportèrent pas de s’en charger. Mais l’Homme l’accepta, mais il ne le respecta pas et trahit son Seigneur. Donc, l’Homme est injuste envers lui-même et ignorant envers les ordres de son Seigneur.[4]

Certains exégètes déclarèrent que « Amânat » signifie dans ce verset : la prière, le pèlerinage, le Zakat et le jeûne. Car si nous ne les effectuons pas, nous avons trahi notre Seigneur.[5]

Exégèse chiite

D’après les exégètes, les théologiens et les narrateurs chiites « Amânat » concerne la Wilayat et l’Imamat des Imams.[6]

Les hadiths, rapportés par les Imams confirment cette idée.[7]

D’après ‘Allâma Tabâtabâ’î, le terme « Amânat » dans ce verset concerne la Wilayat divine. D’après lui, Allah soutient Lui-même un homme qui porte ce Dépôt et qui le respecte. Il croit que la Wilayat des Imams sont sous la Wilayat divine.[8]

Exégèse gnostique

D’après les ulémas dans la Gnose, le terme « Amânat » peut se référer à : Al-‘Aql (la raison), la Connaissance divine[9], le mystère de l’Unicité divine, les secrets divins, la lumière de Muhammad (s)[10]

En tout cas, les exégèses gnostiques ne sont pas contre les autres hypothèses, proposées par les exégètes du Coran.

Que veut dire « La proposition d’al-Amânat aux cieux et à la terre » ?

Il y a plusieurs opinions sur la signification du fait qu’Allah proposa le Dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes :

  • Ce verset parle d’une façon figurée (métaphore) et Allah nous donne juste un exemple ou une imagination.[11]
  • Ce verset veut montrer la valeur de ce Dépôt et son statut auprès d’Allah et qu’il est plus précieux que les cieux et la terre.[12]
  • Ce verset parle d’un vrai événement qui avait eu lieu dans le passé, dans lequel, Allah avait proposé ce Dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes.[13]

La plupart des exégètes du Coran qui suivent une méthode gnostique croient que ce verset parle d’un événement qui avait sûrement eu lieu. Car, d’après eux, le monde entier et toute la création a une sorte de perception. Donc, un tel événement leur semble tout à fait réel. Certains versets coraniques confirment cette idée, disant que toute la création divine est accordée de la perception.[14]

D’après le sens de ce verset, les cieux et la terre eurent peur d’accepter un tel Dépôt. D’après un hadith, lorsque Allah le proposa aux cieux et à la terre, ils Lui répondirent :

« Ô Allah, nous pourrions accepter ce Dépôt s’il n’y aurait ni de récompense ni de châtiment. Mais s’il y en a, nous n’arriverons pas à le supporter ».

D’après un hadith de l’Imam Ali (a), ils n’acceptèrent pas, car ils eurent peur du châtiment divin. Mais l’Homme qui fut ignorant et injuste l’accepta.[15]

Compliment ou un blâme ?

Il y a une question très importante sur ce verset, disant qu’enfin, il complimente l’Homme ou le blâme ? En réponse à cette question, il y a trois opinions :

  • La plupart des exégètes du Coran croient que ce verset complimente certains Hommes et blâme les autres. L’Homme qui porte ce Dépôt et qui en reste fidèle est respecté par Dieu, mais les autres qui ne le respectent pas, sont ignorants et injustes. La preuve pour cette idée et le verset suivant qui déclare le but de cette proposition, disant que ceci ne fut que pour le but de distinguer les croyants des hypocrites.
  • D’après un groupe d’exégètes du Coran, ce verset est considéré comme un compliment pour l’Homme et montre son statut considérable auprès d’Allah. D’après cette opinion, même le fait d’être ignorant et injuste, est un compliment. Donc, l’Homme est injuste, car il dépasse de toute limite et arrive à Allah et est ignorant, il ignore tout sauf Allah.

Références

  1. Tabarî, Tafsîr at-Tabarî, v 22 p 40 - 41
  2. Ibn ‘Arabî, Ahkâm al-Qur’ân, v 3 p 1588 - 1589 ; Âlûsî, Rûh al-Ma’ânî, v 22 p 96
  3. At-Tabrisî, Majma’ al-Bayân, v 3 p 98
  4. At-Tabarî, Tafsîr at-Tabarî, v 22 p 38 - 39
  5. Ar-Râzî, Rûh al-Jinân, v 1 p 784
  6. Tabrisî, Majma’ al-Bayân, v 3 p 98
  7. Râzî, Rûh al-Jinân, v 1 p 783 - 784
  8. Tabâtabâ’î, Al-Mîzân, v 16 p 533
  9. Nasafî, Al-Insân al-Kâmil, p 252
  10. Haydar al-Âmolî, Jâmi’ al-Asrâr, v 1 p 19
  11. Tabrisî, Majma’ al-Bayân, sous le verset 72 de la sourate al-Ahzâb
  12. ‘Âmilî, Tafsîr al-‘Âmilî, v 7 p 198
  13. Tabrisî, Majma’ al-Bayân, sous le verset 72 de la sourate al-Ahzâb
  14. Ibn ‘Arabî, Futûhât al-Makkîyya, v 2 p 77
  15. Nahj al-Balâgha, sermon 199