Eau de kurr

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L'eau de kurr (en arabe : الماء الکُرّ) ou l'eau d'une quantité égale à al-kurr (al-kor) ou l'eau de grande quantité est une certaine quantité d'eau pure (Mutlaq) qui purifie les choses souillées. Cette eau reste pure au contact de la souillure à moins qu’elle ne subisse un changement dans sa couleur, dans son goût, ou dans son odeur.

L’Imam as-Sâdiq (a) a dit : « Si une eau est d’une quantité égale à al-kor, alors rien ne pourra la souiller ».[1]

L’eau d’une quantité égale à al-kor ne peut pas être souillée, à moins qu’elle ne subisse un changement dans sa couleur, dans son odeur, ou dans son goût. Quant à l’eau d’une quantité inférieure à al-kor, elle devient impure au contact de la souillure même si elle n’a pas subi un changement.

La quantité d'eau al-kurr

Il y a plusieurs avis juridiques sur la quantité de l'eau de kor. Selon l'avis juridique le plus répandu: l'eau de kor, c'est l'eau qui remplit un récipient de trois et demi empans cubes (3,5 empans de long, de large et de hauteur), soit de 42,875 empans cubes. La précaution juridique est de s'en tenir à cet avis, bien que l'opinion juridique de certains jurisconsultes professe qu'il suffise que la quantité de l'eau atteigne 36 empans cubes pour considérer cette eau comme eau de kor.[2] Certains d'autres disent qu'il suffise de trois empans cubes soit de 384 ou 377 litres.[3]

Quelques préceptes

  • Si une impureté originelle (essentielle), telle que l'urine, le sang, ou une impureté accidentelle, c'est-à-dire quelque chose de propre devenu impur (najis), tombe dans une telle eau (kor) et que celle-ci acquiert l'odeur, la couleur et le goût de ladite impureté, elle devient à son tour impure, mais si elle n'acquiert ni l'odeur, ni la couleur, ni le goût de l'impureté, elle ne devient pas impure.[4] Par exemple si un cadavre impur tombe dans l'eau de grande quantité, l'eau restera pure, mais si l'odeur de l'eau vient à changer à cause du cadavre, alors l'eau deviendra impure.
  • Il est à noter que, l'eau restera pure même si elle change une ou plus de ses trois caractéres (couleur, saveur, odeur) à cause de son utilisation répétée ou pour d'autres raisons sauf en cas d'impureté.
  • Les vêtements et les autres objets de ce genre, en purifiant avec l'eau de petite quantité doivent être essorer afin que l'impureté en sorte. Toutefois, si on les purifie avec l'eau de grande quantité il n'est pas nécessaire de l'essorer sauf si l'impureté persiste, on devra alors, l'essorer pour en faire sortir l'impureté.
  • La couleur de l'impureté (jaune, rouge ou autre) qui persiste sur le vêtement après le lavage, n'empêche pas sa purification et il est considéré comme pur.
  • Lorsqu'un chien boit dans un récipient, celui-ci devient impur, alors on doit l'essuyer avec de la terre mouillée, puis le purifier une fois avec l'eau de kor ou deux fois avec l'eau de petite quantité. Mais, si un chien touche un récipient avec une patrie de son corps, on devra le purifier une fois avec l'eau de kor ou trois fois avec l'eau de petite quantité sans avoir besoin de le frotter avec de la terre. Et si un chien lèche un autre objet que le récipient comme le corps ou le vêtement de quelqu'un, on les purifiera une fois avec l'eau de kor ou de petite quantité et essorer les vêtements, sans avoir besoin de les frotter avec de la terre.

Si on ne sait pas si une eau est en petite quantité ou kor

Il y a trois cas :

  • On sait qu’elle était d’une quantité égale à al-kor, mais maintenant on hésite à croire qu’elle a toujours le même volume, car on pense qu’elle a peut-être diminué. Selon la règle al-istishâb, ont devra la considérer comme une eau d’une quantité égale à al-kor. C’est-à-dire, si un objet impur est lavé dans cette eau-là, il deviendra pur; et si cette eau-là entre en contact avec une souillure, elle restera pure.
  • On sait qu’elle était d’un volume inférieur à al-kor, et maintenant on hésite à croire qu’elle a toujours le même volume, car on pense qu’une autre eau s’est peut-être ajoutée à elle. Toujours selon la règle al-istishab, on devra la considérer comme une eau d’une quantité inférieure à al-kor. C’est-à-dire, si un objet impur est lavé dans cette eau-là, il restera impur; et si cette eau-là entre en contact avec une souillure, alors elle deviendra impure.
  • Si on n’a aucune idée sur son état précédent, alors on ne pourra la considérer ni comme une eau d’un volume inférieur à al-kor, ni comme celle d’un volume égale à al-kor. Dans ce cas, si on lave un objet souillé dans cette eau-là, elle restera pure tant qu’elle n’aura pas subi un changement, car il est probable que l’eau en question soit d’un volume égal à al-kor, c’est-à-dire il est probable que cette eau-là soit pure; et selon la règle at-tahâra (la règle de la pureté), cette même probabilité est suffisante pour considérer cette eau-là comme une eau pure. De même, la règle al-istishâb exige que l’on considère tout objet souillé qui sera lavé dans cette eau-là comme un objet impure. Il n’y a aucune contradiction entre la pureté de l’eau et l’impureté de l’objet lavé, car dans le cas présent, l’objet de la règle at- tahara est l’eau, tandis que l’objet du la règle al-istishâb est l’objet souillé.[5]

Voir aussi

Références

  1. Cheikh al-Hurr al-ʻÂmilî, Al-Wasâ’il, v 1 p 158
  2. Sîstânî, Tawzîh al-Masâ'il, Article 22
  3. Al-Khoî, Tawzîh al-Masâ'il, Article 10
  4. Sîstânî, Tawzîh al-Masâ'il, Article 22
  5. Muhammad-Jawâd Maghnia, Le fiqh de l'Imam as-Sâdiq (a.s), v 1 p 33