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Brouillon:Hadith de Shadd ar-Rihâl

De wikishia

Hadith de Shadd ar-Rihâl (en arabe : حديث شد الرحال) est un hadith rapporté du Prophète Muhammad (s) portant sur la vertu de la Mosquée sacrée, de la mosquée du Prophète et de la mosquée al-Aqsa. Les chiites ainsi que la majorité des sunnites divergent avec les wahhabites quant à son interprétation. Le terme « Shadd ar-Rihâl » se traduit en français : « se mettre en route » ou « entreprendre un voyage ». Dans ce hadith, le Prophète Muhammad (s) dit : on ne se met en route que vers trois mosquées : la Mosquée sacrée (al-Masjid al-Harâm), la Mosquée du Prophète (al-Masjid an-Nabî) et la Mosquée al-Aqsa.

Selon la lecture wahhabite, il est interdit et considéré comme une innovation (al-Bid‘a) de voyager vers tout autre lieu que ces trois mosquées, même dans le but de visiter la tombe du Prophète Muhammad (s). En revanche, du point de vue des savants chiites et de la plupart des érudits sunnites, cette interprétation est incompatible avec la Sunna du Messager de Dieu (s) ainsi qu’avec la pratique des Sahaba. D’après les chiites et la majorité des sunnites, le sens du hadith est que ces trois mosquées jouissent d’une supériorité sur les autres lieux de culte, ce qui justifie qu’elles puissent constituer une destination de voyage. Toutefois, ce hadith ne concerne pas les voyages entrepris à des fins de pèlerinage, de visite pieuse, de commerce ou d’autres motifs similaires.

Ce hadith est rapporté dans des sources sunnites. Dans les sources chiites, un hadith analogue est rapporté de l’Imam Ali (a), dans laquelle le nom de la mosquée al-Aqsa est remplacé par celui de la mosquée de Koufa. De nombreux ouvrages ont été consacrés à l’étude de ce hadith et à la question de la visite de la tombe du Prophète Muhammad (s), parmi lesquels « Shadd ar-Rihâl ilâ Zîyârat an-nabî (s) wa Âlih (a) » (le voyage vers la visite du Prophète (s) et de ses Ahl al-Bayt (a)), de l’Ayatollah Ja‘far Subhânî, le Marja‘ chiite du XXIe siècle.

Texte et statut du hadith

لا تُشَدُّ الرِّحَالُ إِلَّا إِلَى ثَلاَثَةِ مَسَاجِدَ: المَسْجِدِ الحَرَامِ، وَ مَسْجِدِ الرَّسُولِ(ص)، وَ مَسْجِدِ الأَقْصَى
Le Prophète Muhammad (s) dit : « On ne se met en route que vers trois mosquées : la Mosquée sacrée (al-Masjid al-Harâm), la Mosquée du Prophète (al-Masjid an-Nabî) et la Mosquée al-Aqsa. »
Al-Bukhârî, Sahîh Al-Bukhârî, v. 2, p. 60, 1422 H.

Le hadith de Shadd ar-Rihâl (se mettre en route ou entreprendre un voyage) est une parole rapportée du Prophète Muhammad (s) à laquelle le wahhabisme se réfère pour considérer comme illicite le voyage entrepris dans le but de visiter la tombe du Prophète (s).[1] Ce hadith constitue l’un des sujets de controverse entre le chiisme et le wahhabisme.[2] Il est rapporté dans des sources sunnites, telles que « Sahîh al-Bukhârî »[3] et « Sahîh Muslim ».[4]

D’autres hadiths, rapportés dans les sources sunnites, présentent un contenu similaire à celui du hadith de Shadd ar-Rihâl.[5] Dans certains ouvrages sunnites, ces hadiths de même sens ont été regroupées dans un chapitre intitulé « Lâ Tushaddu ar-Rihâl » (لا تُشَدُّ الرِحال ; On ne se met pas en route).[6]

Dans les sources chiites, le hadith de shadd ar-Rihâl diffère de la version rapportée par les sunnites : il n’est pas attribué au Prophète Muhammad (s), mais à l’Imam Ali (a), et le nom de la mosquée al-Aqsa y est remplacé par celui de la mosquée de Koufa.[7] Par ailleurs, un hadith rapporté de l’Imam ar-Ridâ (a) affirme : « On ne se met en route vers aucune tombe, sauf vers nos tombes (Ahl al-Bayt). »[8]

Interprétation wahhabite

Ibn Taymyîya et Ibn Bâz, parmi les savants wahhabites, s’appuient sur le hadith de Shadd ar-Rihâl pour considérer comme illicite le fait d’entreprendre un voyage dans le but de visiter des tombes, y compris la visite de la tombe de l’Envoyé de Dieu Muhammad (s). Dans certains cas, ils qualifient même cette pratique d’innovation (al-Bid‘a) et d’acte assimilé au polythéisme.[9] Selon eux, sur la base de ce hadith, il n’est permis de préparer un voyage que pour se rendre dans les trois mosquées : la Mosquée sacrée (al-Masjid al-Harâm), la Mosquée du Prophète (al-Masjid an-Nabî) et la Mosquée al-Aqsa.[10]

Le Comité permanent des fatwas d’Arabie saoudite (la plus haute instance officielle de délivrance des avis juridiques religieux dans ce pays) considère, en s’appuyant sur ce hadith, que le voyage entrepris dans l’intention de visiter la tombe du Prophète (s) n’est pas licite et le qualifie d’innovation.[11]

Les opposants à cette interprétation estiment toutefois qu’elle est incompatible avec d’autres données historiques.[12] Par examples, selon ce qui est rapporté dans les livres « Sahîh al-Bukhârî »[13] et « Sahîh Muslim »,[14] le Messager d’Allah (s) se rendait à la mosquée de Qubâ’ le samedi. D’autres recherches rapportent également de nombreux exemples du comportement des Compagnons, montrant qu’ils entreprenaient des voyages dans le but de visiter certains lieux à caractère religieux.[15]

Instrumentalisation politique du hadith

Le hadith de Shadd ar-Rihâl a également été utilisé à des fins politiques. Ainsi, Abd al-Malik b. Marwan, le cinquième calife omeyyade, se serait appuyé sur ce hadith pour dissuader les gens de se rendre à La Mecque afin d’accomplir le pèlerinage, et les aurait contraints à accomplir les rites du hadj à Bayt al-Maqdis, autour du Dôme du Rocher.[16]

D’après al-Ya‘aûbî, l’historien du IIIe siècle de l’hégire, cette mesure était motivée par la crainte de Abd al-Malik b. Marwan de voir les gens prêter allégeance à Abd Allah b. az-Zubayr.[17]

Point de vue des chiites et des sunnites non wahhabites

Les chiites,[18] ainsi que de nombreux savants sunnites non wahhabites,[19] se sont opposés à l’interprétation d’Ibn Taymîyya du hadith de Shadd ar-Rihâll. As-Shahîd al-Awwal, le juriste chiite du VIIIe siècle de l’hégire, a qualifié cette opinion, dans son ouvrage « adh-Dhikrâ », d’affirmation infondée et dépourvue de preuve.[20]

Selon certains juristes chiites, ce hadith indique que les autres mosquées, en dehors des trois mentionnées, sont équivalentes du point de vue du mérite, et que voyager dans le but d’accomplir la prière dans une mosquée située dans une autre ville ne présente aucun avantage particulier par rapport à la mosquée du lieu de résidence.[21]

La majorité des savants sunnites tels qu’an-Nawawî,[22] al-Ghazâlî,[23] Mullâ Ali al-Qârî al-Hanafî,[24] Shams ad-Dîn adh-Dhahabî,[25] al-Jassâs,[26] Ibn al-‘Âbidîn (le juriste hanafite),[27] az-Zarqânî (le juriste malikite)[28] et Ibn Qudâma (le juriste hanbalite)[29] estiment que le hadith de Shadd ar-Rihâl n’implique nullement l’interdiction de la visite des tombes, en particulier celle du Prophète Muhammad (s), mais qu’il vise uniquement à mettre en évidence la supériorité des trois mosquées.

Les savants musulmans de l’Inde, en réponse à une question portant sur la licéité de la visite de la tombe du Prophète (que la paix soit sur lui), l’ont jugée non seulement permise, mais également porteuse d’une grande récompense spirituelle.[30] D’après le rapport d’al-Mâlikî, l’auteur de l’ouvrage « az-Zîyâra an-Nabawîyya », cette fatwa a été approuvée par les savants de La Mecque, de Médine, d’al-Cham ainsi que par certains érudits d’al-Azhar.[31]

D’après l’Ayatollah Ja‘far Subhânî, le juriste et le théologien chiite du XXIe siècle, aucun lieu de culte autre que les trois mosquées mentionnées dans le hadith ne possède un mérite particulier justifiant qu’il devienne à lui seul une destination de voyage. Mais, les voyages entrepris dans le but de la visite pieuse ne sauraient être considérés comme illicites.[32]

Monographie

Le livre « Shadd ar-Rihâll ilâ Zîyârat an-Nabî (s) wa Âlih (a) » (le voyage vers la visite du Prophète (s) et de ses Ahl al-Bayt (a)) de l'Ayatollah Ja‘far Subhânî constitue une réfutation de la lecture proposée par Ibn Taymîyya du hadith de Shadd ar-Rihâl. »

Des ouvrages indépendants ont été consacrés au hadith de Shadd ar-Rihâl et à la question de la visite de la tombe du Prophète Muhammad (s)[33] ; parmi eux figurent notamment :

  • « Shadd ar-Rihâll ilâ Zîyârat an-Nabî (s) wa Âlih (a) bayna al-Awhâm al-Wahhâbîyya wa Haqâ’iq al-islâm » (se mettre en route pour visiter le Prophète (s) et ses Ahl al-Bayt (a) : entre les illusions wahhabites et les vérités de l’islam) est un ouvrage de l’Ayatollah Ja‘far Subhânî, le Marja‘ chiite, rédigé à la ville de Qom et publié en 2012 en 120 pages.[34]
  • « Ar-Radd ‘alâ Ibn Taymiyya fî ash-Shafâ‘a wa az-Zîyâra wa al-Istighâtha » (la réponse à Ibn Taymiyya sur l’intercession, la visite pieuse et le recours (à Allah, au Messager de Dieu et aux Ahl al-Bayt)) est un ouvrage de l’Ayatollah Sayyid Ali Husaynî Mîlânî, le juriste et le théologien chiite du XXIe siècle, qui critique non seulement la position d’Ibn Taymiyya concernant ce hadith, mais également ses vues sur l’intercession (ash-Shafâ‘a) et ma question d’at-Tawassul. Le livre a été publié à Qom en 2014 et compte 103 pages.[35]
  • « Shifâ’ as-Siqâm fî Zîyâra Khayr al-anâm » (la guérison des malades par la visite du meilleur des hommes) est un ouvrage écrit par Taqî ad-Dîn as-Subkî, le savant shaféite du VIIIe siècle de l’hégire, en réfutation des positions d’Ibn Taymiyya. Il a été publié à Hyderabad (Inde) en 1419 H.[36]
  • « Az-Zîyâra an-Nabawîyya bayn al-Bid‘îyya wa ash-Shar‘îyya » (la visite prophétique entre innovation et légitimité) de Muhammad al-‘Alawî al-Mâlikî, le savant sunnite malikite. Le livre a été publié en 2000 aux Émirats arabes unis, et compte 2000 pages.[37]

Références

  1. Duvaysh, Fatâwâ al-Lujnah, v. 1, p. 286, 1416 H.
  2. Hasan, al-Munâẓirât, v. 4, p. 279, 1427 H.
  3. Al-Bukhârî, Sahîh Al-Bukhârî, v. 2, p. 60, 1422 H.
  4. Ibn al-Hajjâj, Sahîh Muslim, Dâr Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî, v. 2, p. 1014 H.
  5. Ibn al-Hajjâj, Sahîh Muslim, Dâr Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî, v. 2, p. 1014 ; Ibn Hibbân, Sahîh Ibn Hibbân, v. 4, p. 509, 1414 H ; Tabarânî, Musnad al-Shâmîyyîn, v. 4, p. 120, 1405 H.
  6. Ibn al-Hajjâj, Sahîh Muslim, Dâr Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî, v. 2, p. 1014.
  7. Cheikh As-Sadûq, Man Lâ Yahduruhu al-Faqîh, v. 1, p. 231, 1413 H ; Cheikh As-Sadûq, al-Khisâl, v. 1, p. 143, 1362 Sh.
  8. Cheikh As-Sadûq, al-Khisâl, v. 1, p. 144, 1362 Sh.
  9. Ibn Taymîyya, Minhâj as-Sunna, v. 2, p. 440, 1406 H ; Ibn Bâz, Fatâwâ Nûr ‘alâ al-Darb, Mu’assisa al-Cheikh Ibn Bâz al-Khayriyya, v. 1, p. 185.
  10. Ibn Taymîyya, Minhâj as-Sunna, v. 2, p. 440, 1406 H ; Ibn Bâz, Fatâwâ Nûr ‘alâ al-Darb, Mu’assisa al-Cheikh Ibn Bâz al-Khayriyya, v. 1, p. 185.
  11. Duvaysh, Fatâwâ al-Lajnah, v. 1, p. 286, 1416 H.
  12. At-Tabasî, Rawâfid al-Îmân ilâ ‘Aqâ’id al-Islâm, p. 103, 1423 H.
  13. Al-Bukhârî, Sahîh Al-Bukhârî, v. 2, p. 61, 1422 H.
  14. Ibn al-Hajjâj, Sahîh Muslim, Dâr Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî, v. 2, p. 1017 H.
  15. Subhânî, Shadd ar-Rihâl..., p. 26-31, 1391 Sh.
  16. Al-Ya‘qûbî, Târîkh Al-Ya‘qûbî, Dâr Sâdir, v. 2, p. 261.
  17. Al-Ya‘qûbî, Târîkh Al-Ya‘qûbî, Dâr Sâdir, v. 2, p. 261.
  18. Shahîd Al-Awwal, Tadhkirat al-Fuqahâ’..., v. 3, p. 110, 1419 H ; Subhânî, Fî Ẓilâl at-Tawhîd, p. 282-283, 1421 H.
  19. Al-Qastalânî, Irshâd as-Sârî, v. 2, p. 595, 1431 H ; An-Nâbulsî, al-Hadra al-Insîyya, p. 129, 1411 H ; Al-Khafâjî, Nasîm ar-Rîyâd, v. 3, p. 514, 1326 H ; Subhânî, Shadd ar-Rihâl..., p. 31-45, 1391 Sh.
  20. Shahîd Al-Awwal, Tadhkirat al-Fuqahâ’..., v. 3, p. 111, 1419 H.
  21. Shahîd Al-Awwal, Tadhkirat al-Fuqahâ’..., v. 3, p. 110, 1419 H ; Subhânî, Fî Ẓilâl at-Tawhîd, p. 282-283, 1421 H.
  22. An-Nawawî, Sahîh Muslim ma‘a Sharh al-Imâm An-Nawawî, v. 9, p. 167-168, 1392 H.
  23. Al-Ghazâlî, Ihyâ’ ‘Ulûm ad-Dîn, v. 2, p. 149, 1432 H.
  24. Al-Hirawî al-Qârî, Mirqât al-Mafâtîh, v. 2, p. 589, 1422 H.
  25. Adh-Dhahabî, Sîyar A‘lâm an-Nubalâ’, v. 9, p. 368, 1414 H.
  26. Al-Jassâs, Ahkâm al-Qur’ân, v. 1, p. 295, 1415 H.
  27. Ibn ‘Âbidîn, Radd al-Muhtâr, v. 2, p. 627, 1412 H.
  28. Az-Zarqânî, Sharh az-Zarqânî, v. 1, p. 396-397, 1424 H.
  29. Ibn Qudâma, al-Mughnî, v. 2, p. 195, 1388 H.
  30. Al-Mâlikî, az-Zîyârat an-Nabawîyya, Dâr Jawâmi‘ al-Kalam, p. 127.
  31. Al-Mâlikî, az-Zîyârat an-Nabawîyya, Dâr Jawâmi‘ al-Kalam, p. 130-131.
  32. Subhânî, Fî Ẓilâl at-Tawhîd, p. 282-283, 1421 H.
  33. Ahmadi, “‘Takk Nigârîhâyi ‘Âlimâni Ahli Sunnat dar Tabyîni Fadîlati Ziyârati Payâmbar (S)”’ ; Dargâhî, “‘Mashrû‘îyati Shadd Rihâl barâyi Zîyârati Qubûr’”, p. 8-9.
  34. Subhânî, Shadd ar-Rihâl..., Shinâsnâmiyi Kitâb, 1391 Sh.
  35. Husaynî Mîlânî, ar-Radd ‘alâ Ibn Taymîyya fî al-Shafâ‘a wa al-Zîyâra wa al-Istighâtha, Shinâsnâmiyi Kitâb, 1393 Sh.
  36. Subkî, Shifâ’ as-Saqâm..., Shinâsnâmiyi Kitâb, 1419 H.
  37. ‘Alawî al-Al-Mâlikî, al-Ziyâra an-Nabawîyya bayn al-Bida‘îyya wa ash-Shar‘îyya, Shinâsnâmiyi Kitâb, 2000 M.

Bibliographie

  • ‘Alawî al-Mâlikî, al-Ziyâra an-Nabawîyya bayn al-Bida‘îyya wa ash-Shar‘îyya, al-Majma‘ al-Thaqâfî, 2000 M.
  • Adh-Dhahabî, Sîyar A‘lâm an-Nubalâ’, Mu’assasat ar-Risâla, 1414 H.
  • Ahmadi, “‘Takk-Nigârîhâyi ‘Âlimâni Ahli Sunnat dar Tabyîni Fazîlati Ziyârati Payâmbar (s)”’, Mîqât al-Hajj, No. 94, Winter 1394 Sh.
  • Al-Bukhârî, Sahîh al-Bukhârî, Dâr Tawq al-Najâh, 1422 H.
  • Al-Ghazâlî, Ihyâ’ ‘Ulûm ad-Dîn, Dâr al-Minhâj, 1432 H / 2011 M.
  • Al-Hirawî al-Qârî, Mirqât al-Mafâtîh, Dâr al-Fikr, 1422 H.
  • Al-Khafâjî, Nasîm ar-Rîyâd, Dâr al-Fikr, 1326 H.
  • Al-Mâlikî, al-Ziyâra an-Nabawîyya fî Daw’ al-Kitâb wa as-Sunna, Dâr Jawâmi‘ al-Kalam.
  • Al-Qastalânî, Irshâd as-Sârî li-Sharh Sahîh al-Bukhârî, Dâr al-Fikr, 1431 H.
  • Al-Ya‘qûbî, Târîkh Al-Ya‘qûbî, Dâr Sâdir.
  • An-Nâbulsî, al-Hadra al-Insîyya, al-Masâdir, 1411 H.
  • An-Nawawî, Sahîh Muslim ma‘a Sharh al-Imâm An-Nawawî, Dâr Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî, 1392 H.
  • At-Tabasî, Rawâfid al-Îmân Ilâ ‘Aqâ’id al-Islâm, Dâr al-Walâ’, 1423 H.
  • Az-Zarqânî, Sharh az-Zarqânî, Maktabat al-Thaqâfa ad-Dîniyya, 1424 H.
  • Cheikh as-Sadûq, al-Khisâl, Daftar Intishârât Islâmiyya, 1362 Sh.
  • Cheikh as-Sadûq, Man Lâ Yahduruhu al-Faqîh, Daftar Intishârât Islâmiyya, 1413 H.
  • Dargâhî, “‘Mashrû‘îyati Shadd Rihâl barâyi Ziyârati Qubûr’”, Mîqât al-Hajj, No. 101, Autumn 1396 Sh.
  • Duvaysh, Fatâwâ al-Lajnah al-Dâ’ima li al-Buhûth al-‘Ilmiyya wa al-Iftâ’, Riydh, 1416 H.
  • Hasan, al-Munâẓarât, Dâlîl Mâ, 1427 H.
  • Husaynî Mîlânî, ar-Radd ‘alâ Ibn Taymîyya fî al-Shafâ‘a wa az-Zîyârat wa al-Istighâtha, al-Haqâ’iq, 1393 Sh.
  • Ibn ‘Âbidîn, Radd al-Muhtâr ‘alâ Durar al-Mukhtâr, Dâr al-Fikr, 1412 H.
  • Ibn al-Hajjâj, Sahîh Muslim, Dâr Ihyâ’ al-Turâth al-‘Arabî.
  • Ibn Bâz, Fatâwâ Nûr ‘alâ al-Darb, Mu’assisa al-Cheikh Ibn Bâz al-Khayriyya.
  • Ibn Hibbân, Sahîh Ibn Hibbân, Mu’assasat al-Risâla, 1414 H.
  • Ibn Qudâma, al-Mughnî, Maktabat al-Qâhirah, 1388 H.
  • Ibn Taymîyya, Minhâj as-Sunna an-Nabawîyya fî Naqd Kalâm al-Shî‘a al-Qadariyya, Jâmi‘at al-Imâm Muhammad ibn Sa‘ûd al-Islâmiyya, 1406 H.
  • Jassâs, Ahkâm al-Qur’ân, Dâr al-Kutub al-‘Ilmiyya, 1415 H.
  • Shahîd Al-Awwal, Dhîkrâ al-Shî‘a fî Ahkâm al-Sharî‘a, Mu’assasat Âl al-Bayt (a) li Ihyâ’ at-Turâth, Edition 1, 1419 H ; Subhânî, Shadd ar-Rihâl..., 1391 Sh.
  • Subhânî, Fî Ẓilâl at-Tawhîd, Mash‘ar, 1421 H.
  • Subhânî, Shadd ar-Rihâl Ilâ Ziyârat al-Nabî wa Âlih (a), Mu’assasat al-Imam as-Sâdiq (a), 1391 Sh.
  • Subkî, Shifâ’ as-Saqâm fî ziyârat Khayr al-Anâm (s), No Place, 1419 H.
  • Tabarânî, Musnad al-Shâmiyyîn, Mu’assasat ar-Risâla, 1405 H.