Le verset de Wa in yakâd

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Le verset Wa in yakâd calligraphié en nasta'liq

Le verset de Wa in yakâd (en arabe : آیة وإن یکاد) est une formule pieuse, constituée de deux versets coraniques, à savoir les versets 51 et 52 de la Sourate al-Qalam. Il est nommé également le verset contre "le mauvais oeil". Les interprétations, considèrent que ce verset correspond les attaques des mécréants contre le Prophète (s), après avoir entendu le Coran.

Les versets

Voici le texte des deux versets 51 et 52 de la Sourate al-Qalam (68, La Plume) :

(۵۱)وَإِن یکادُ الَّذِینَ کفَرُ‌وا لَیزْلِقُونَک بِأَبْصَارِ‌هِمْ لَمَّا سَمِعُوا الذِّکرَ‌ وَیقُولُونَ إِنَّهُ لَمَجْنُونٌ

(۵۲)وَمَا هُوَ إِلَّا ذِکرٌ‌ لِّلْعَالَمِینَ

Traduction :

Peu s’en faut que ceux qui mécroient ne te transpercent par leurs regards, quand ils entendent le Coran, ils disent : «Il est certes fou!» (51)

Et ce n’est qu’un Rappel, adressé aux mondes ! (52)[1]

Le sens des versets

Le mécontentement des mécréants

En arabe, le mot in (ان), sans le shidda, est l'abrégé du mot inna (إنّ). Et le mot "zalaq" signifie la déviation, et au pluriel signifie faire périr ou tuer. Ainsi le sens du verset est cela : en effet ceux qui sont restés mécréant, quand ils ont entendu le Coran, ils tentèrent à t'écraser par leurs "regards", c'est à dire te tuer par leur mauvais oeil. [2]

Certains exégètes ont dit que le sens de ce verset revient au fait que quand (les mécréants) entendaient la lecture du Coran du Prophète, ils le regardaient avec la haine et l'hostilité, comme s'ils voulaient le tuer avec leurs regards fixés. [3]

Et le fait de lui attribuer la folie ("Il est certes fou!") lorsqu'ils entendaient sa lecture du Coran, montre que ces gens pensaient que le Coran était des incitations sataniques. C'est pour cette raison qu'en réponse, Dieu leur dit  : "Et ce n’est qu’un Rappel, adressé aux mondes!"

Le mauvais oeil

D'après l'avis des exégètes, le sens de l'expression "لَیزْلِقُونَک بِأَبْصَارِ‌" revient à l'effet négatif du mauvais oeil. On peut considérer cela comme un effet psychologique, mais on ne dispose pas de raison rationnelle ni pour le prouver ou ni pour le réfuter. Pour cette raison, la position des savants chiites est qu'il n'y a aucune raison pour le réfuter; et vu quelques faits étonnants qui peuvent être en rapport avec le mauvais oeil, et vu qu'il y a aussi des narrations et hadiths rapportés à ce propos, ils ne disent pas que cela relève d'une croyance superstitieuse.

L'usage du verset dans la culture populaire

L'usage de la formule dans la fabrication des enseignes et des objets

Dans la culture populaire chiite, ce verset est inscrit ou calligraphié sur divers objets que l'on voit souvent accrochés au murs. Comme nous l'avons mentionné plus haut, il est utilisé traditionnellement contre le mauvais oeil ou contre la jalousie.

Parmi les savants chiites, certains comme l'ayatollah Muttahari (rationnaliste) sont contres cette pratique. Il disait qu'il n'y a aucune source chiite qui prouve que ce verset a de tel pouvoir! D'après lui de prouver que le mauvais oeil existe ou pas est une question, et de croire que ce verset puisse éloigner ce mauvais oeil en est une autre. Il dit qu'on ne devrait pas inventer quelque chose qui ne nous parvient pas du Prophète et des Imams. D'après lui, les gens l'ont créé parce qu'ils en avaient besoin[4].

Précisons également que tel usage de ce verset est très courant notamment parmi les chiites de l'Iran.

Le verset Wa in yakâd calligraphié sur un pendentif

Voir aussi

Bibliographie

  • Allâmeh Tabâtabâ'ï, Tafsîr Al-Mizân (la traduction persane), vol. 19
  • Mûsavî Âmulî, Seyed Muhsin, "Sar-dar neveshteh hâ-ye Qor'ân" in : Beshârat, n° 65, Khordâd et Tîr 1387 (Juin et juillet 2008)
  • Muttaharî, Murtadâ., Majmû'-e Âthâr, vol. 27
  • Su'ayrî, Muhammad b. Muhammad. (?), Jâmi' al-Akhbâr, al-Matba'at al-Haydariya, Najaf

Références

  1. Traduction : Muhammad Hamidullah
  2. Tafsîr Almizân, vol.19, p. 648
  3. Tafsîr Almizân, vol.19, p. 648
  4. Muttaharî, Majmû'e Âthâr, vol. 27, p. 631-632