Yûsuf (le prophète)

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Yûsuf (a) (en arabe : یوسف (ع)) ou Joseph (a) fut le prophète (Nabî) et est un personnage important dans le Coran et la Bible hébraïque. Il fut également le roi et le fils du prophète Ya’qûb (a) (Jacob) et l'histoire de sa vie est racontée en détail dans la sourate Yûsuf (a) du Coran.

Les frères de Yûsuf (a) le jetèrent dans un puits d’eau, mais il fut sauvé et vendu pour esclave à ’Azîz de l’Egypte (Putiphar dans le Bible). Grâce au don d'interpréter les songes, Yûsuf (a) fut aimé par 'Azîz et devint le gouverneur ou le Malik du pays.

L’aventure de Yûsuf (a) et Zouleïkha, la femme de ’Azîz, est parmi les histoires les plus populaires du Coran. Zouleïkha fut fascinée par la beauté de Yûsuf (a) et tenta de le séduire à plusieurs reprises, mais Yûsuf (a) repoussa ses avances. Zouleïkha, déçue, complota contre lui et Yûsuf (a), accusé de ne pas être loyal envers ’Azîz, fut emprisonné.

Biographie

Yûsuf (a) fut le fils du prophète Ya’qub (a), un des prophètes de Banî Israël[1], le petit fils du prophète Is'hâq (a) (Isaac), le deuxième enfant du prophète Abraham (a) et sa mère fut Râhîl[2].

Il eut 11 frères[3] et parmi eux, seulement Binyâmîn (Benjamin) fut son frère germain (de même parents).[4] Yûsuf (a) fut le cadet de ses frères sauf Binyâmîn, le dernier enfant.[5]

Il fut le petit-fils d’Is’hâq (a) (Isaac) qui était le deuxième enfant du prophète Ibrâhîm (a).[6]

L'histoire de la jalousie des frères de Yûsuf (a) et leur complot de le jeter dans un puits d’eau est racontée dans le Coran. Un jour, Yûsuf (a) fit un rêve dans lequel onze étoiles ainsi que la lune et le soleil prosternent devant lui. Lorsqu’il raconta son songe à son père Ya’qûb (a), ce dernier lui ordonna de ne pas révéler son rêve à ses frères de peur qu’ils lui fassent du tort par quelques ruses et complots.[7]

Selon les versets coraniques, les fils de Ya'qûb (a) disaient que Yûsuf (a) et son frère sont plus aimés de Ya'qûb (a) qu'eux et que leur père est vraiment dans un tort évident.[8] Un jour, les enfants demandèrent à Ya’qûb (a) de les laisser emmener avec eux leur frère Yûsuf (a) pour aller jouer dans le désert.[9]

Une fois loin de leur maison, ils jetèrent Yûsuf (a) dans un puits d’eau, mais un peu plus tard, une caravane qui était en route pour l’Egypte le sortit.[10] Au retour à la maison, il dirent à Ya’qûb (a) qu’ils négligèrent de bien surveiller Yûsuf (a) et dans un moment d’inattention, le loup le dévora.[11] Le Coran indique que Ya'qûb (a) ne crut pas leur histoire[12]. Mais à cause de la douleur de la séparation de Yûsuf (a), il pleura tant qu’il devint aveugle.[13]

Après avoir sauvé Yûsuf (a) du puits, la caravane l'emmena en Égypte pour le vendre telle une marchandise. On rapporte que ’Azîz, le grand intendant d’Egypte l'acheta et Yûsuf (a) entra ainsi dans la famille de ’Azîz.[14] Plus tard, Zouleïkha, la femme de ’Azîz qui désirait Yûsuf (a) essayea de le séduire en lui faisant des avances ; ce qui ne sied pas à l’état et la position de Yûsuf (a) et il la donc repoussa.

Les rumeurs sur cette aventure se répandirent dans la ville et un groupe de femmes se mirent à blâmer Zouleïkha. Afin de se justifier, elle organisa une soirée et invita toutes les femmes d'Égypte, les servits des fruits et remit un couteau à chacune. Elle appela ensuite Yûsuf (a) d’entrer dans la réunion. Lorsque ce dernier entra, les femmes séduites par son charme et sa beauté, se coupèrent le doigt.[15]

Après avoir repoussé les avances de Zouleïkha, Yûsuf (a) fut jeté en prison par ses ruses[16]. Finalement, grâce au testament d'un des serviteurs du roi d'Égypte, son innocence fut prouvée et il fut libéré de prison.

Après sa libération, Yûsuf (a) qui possédait le don d’interpréter les songes, interpréta le rêve amas du roi d'Égypte et calma son esprit agité[17] et c’est ainsi qu’il prit une position d'autorité et de confiance chez le roi et parvint au pouvoir[18].

Il est rapporté que durant cette période, la famine s'abattit sur toute la région de Canaan et amène les populations à venir en Égypte pour s'approvisionner. Les frères de Yûsuf (a) vinrent également en Egypte pour recevoir du blé ; Yûsuf (a) accueillit ses frères de bonnes manières et leur donna sa tunique pour qu’ils la remettent à Ya’qûb (a). Ce dernier l’appliqua sur le visage et recouvre sa vue. [19]

Selon al-Mas’ûdî, Yûsuf (a) se maria et eut deux fils nommés Afrâ’îm, le père de Yûshaʿ b. Nûn (a), et Mîsha.[20]

Yûsuf (a) dans les livres sacrés

Vu son importance et sa popularité, l’histoire de Yûsuf (a) est racontée dans les livres sacrés tels que le Coran, la Torah, etc.

Ahsanu al-Qisas dans le Coran

Le nom de Yûsuf (a) est mentionné 27 fois dans le Coran et la douzième sourate prit ce nom. Le Coran décrit cette histoire sous le terme d'Ahsanu al-Qisas qui signifie la meilleure des histoires[21] et la raconte en détail.

Cette histoire commence par l'adolescence de Yûsuf (a) et se poursuit par l’aventure de le jeter dans le puits, sa vente à ‘Azîz, l’aventure de Zouleïkha et de Yûsuf (a), son emprisonnement, la rencontre avec ses frères et les touchantes retrouvailles de Binyâmîn et de son père. Dans le Coran, cette histoire finit par le règne de Yûsuf (a) sur l’Égypte.[22]

Dans son livre d'exégèse du Coran, Tafsîr al-Mîzân, Sayyid Muhammad Husayn Tabâtabâ’î constate que le Coran, présente Yûsuf (a) en tant que symbole de chasteté et le serviteur sincère de Dieu et mentionne que non seulement il ne commit pas d’acte interdit (al-Harâm), mais Il n’avait même pas l'intention de la commettre.[23] Dans une autre sourate du Coran, Dieu appelle Yûsuf (a) un des Muhsinîn (des bienfaiteurs).[24]

La prophétie de Yûsuf (a) débuta en Égypte [25], et il régna pendant 72 ans[26] et posséda le règne et la prophétie en même temps. Il poursuit la voie de son père et de ses ancêtres et il constata lui-même :

‘‘ j’ai suivi la voie de mes ancêtres, Ibrâhîm (a), Is’hâq (a) et Ya'qûb (a) et il ne méritait pas pour nous de prier pour autre chose que Dieu unique[27].

À cette époque-là, les discussions sur la magie et l'interprétation des songes furent augmentées et ce fut l’un des moyens dont Yûsuf (a) se servait pour la propagation du monothéisme.[28]

Tark al-Awlâ (Abandonner le meilleur)

Article connexe : Tark al-Awlâ .

Lorsque Yûsuf (a) était en prison, il interpréta le rêve d’un prisonnier qui fut un des proches du roi de l’Égypte et il lui annonça la nouvelle de sa libération. Yûsuf (a) lui demanda une faveur et lui dit:

rappelle mon innocence auprès du roi.

Mais le Satin détourna son attention et il oublia la parole de Yûsuf (a). Yûsuf (a) resta ainsi emprisonné pour quelques années. Certaines exégètes du Coran considèrent l’acte de Yûsuf (a) en tant que Tark al-Awlâ qui veut dire faire quelque chose de bien et renoncer ce qu’il est meilleur de faire. Ils croient qu’il n’est pas digne pour les prophètes (a) et ceux qui sont au plus haut rang d’at-Tawhîd de faire appel aux biens de ce bas monde.[29]

D'autres attribuent cet oubli à Dieu et expliquent que Yûsuf (a) demanda secours à autre que Dieu Suprême, car le Satin lui avait fait oublier le souvenir de Dieu. Allâma Tabâtabâ’î et un autre groupe d'exégètes rejettent cette opinion et constatent que le Satin ne peut jamais pénétrer aux pensées des prophètes(a).[30]

Colère de Ya’qûb (a) contre Yûsuf (a)

Les histoires racontées sur la vie de Yûsuf (a) dans le Coran et le Torah sont presque pareilles. Il n’y que quelques différences. Selon le Torah, lorsque Yûsuf (a) raconta son rêve de prosternation de la lune et du soleil à ses frères, ils le jalousèrent ; il raconta le même songe à son père Ya’qûb (a) et il se mit en colère et lui dit :

‘‘’Est-ce que moi, ta mère et tes frères nous nous prosternons devant toi ?’’[31]

Il est également raconté dans le Torah qu’un jour Ya’qûb (a) dit à Yûsuf (a) qu’il avait décida de lui envoyer chercher ses frères dans le désert pour qu'il voie si les moutons et eux allaient bien ; i l’envoya et lorsque les frères le virent seul dans le désert, complotèrent de le jeter dans le puits.[32]

Yûsuf dans les hadiths

Certains événements de la vie de Yûsuf (a) furent mentionnés dans les hadiths chiites, par exemple ses prières dans le puits[33] et son imploration aux As'hâb al-Kisâ' (a).[34]

Dans un autre hadith, l’Imam al-Bâqir (a) mentionna la prophétie de certains prophètes surtout Yûsuf (a) et ses ancêtres et constate que Palestine est une terre bénie, car c’est le lieu de naissance de Yûsuf (a) et de ses ancêtres et une terre abondante, mais elle n’a pas de bons citoyens[35]) Il n’est également pas recommandé dans les hadiths chiites d’enseigner la Sourate Yûsuf aux filles.[36]

Décès et le lieu de sépulture

Yûsuf (a) vécut 120 ans. Lorsqu’il agonisa, Dieu lui révéla qu'il devait confier la lumière et la sagesse de sa prophétie à Babarz b. Lâwi b. Ya'qûb. Puis Yûsuf (a) convoqua Babarz, fils de Lâwî (Lévi) ainsi que les gens d’Âl-Ya'qûb, 80 hommes à ces jours-là, et leur dit que bientôt un groupe l'emporterait sur eux et qu’ils subiraient une punition sévère. Jusqu'à ce que Dieu les aiderait par l'un des fils de Lévi, appelé Moïse (a).[37]

Après le décès de Yûsuf (a), chaque groupe voulut enterrer son corps dans son voisinage. Afin d’éviter le conflit, Il fut enterré en Egypte dans une boîte en marbre au fond du Nil. Après de nombreuses années, Moïse (a) le sortit de cet endroit [38] et l'enterra en Palestine.[39]

Référances

  1. Khurramshâhî Bahâ’iddîn, Dânishnâmi-yi Qur’ânî, vol 2, p 2379, Téhéran, Édition Dûstân Nâhîd,1377 HS
  2. Al-Qummî, Ali b. Ibrâhîm, Tafsîr al-Qummî, vol 1 p 339, Édition Dâr al-Kitâb, Qom, 1404 H
  3. Al-Kulaynî, Muhammad b. Ya’qûb, Usûl al-Kâfî, vol ii, p 51, 1369 HS, Téhéran
  4. Mufaddal b. Umar, Tawhîd al-Mufaddal, p 19, Traduction d’al-‘Allama al-Majlisî, 1379 HS
  5. Jazâyirî, Ni’matalla b. Abdullah, Dâstân-i Piyâmbarân, p 249, Édition Hâd,1380 HS
  6. Khurramshâhî Bahâ’iddîn, Dânishnâma-yi Qur’ânî, vol ii, p 2379, Téhéran, Édition Dûstân Nâhîd,1377 HS
  7. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 40
  8. Le Coran, Sourate Yusuf, Verset 8
  9. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 12
  10. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 12
  11. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 14
  12. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 18
  13. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 84
  14. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 21
  15. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 31
  16. Jazâyirî, Ni’matalla b. Abdullah, Dâstân-i Piyâmbarân, p 276, Édition Hâd, 1380 HS
  17. Jazâyirî, Ni’matalla b. Abdullah, Dâstân-i Piyâmbarân, p 278, Édition Hâd, 1380 HS
  18. Mas’ûdî, Ali b. Husayn, Isbât al-Wasîyya, p 49, Téhéran, Édition al-Islâmîyya, 1362 HS
  19. Le Coran, Sourate Yûsuf, verset 93, Khurramshâhî Bahâ’iddîn, Dânishnâma-yi Qurânî, vol 2, p 2379, Téhéran, Éditions Dûstân Nâhîd, 1377 HS
  20. Al-Mas’ûdî, Ali b. al-Husayn, Isbât al-Wasîyya, p 74, Téhéran, Édition al-Islâmîyya, 1362 HS
  21. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 3
  22. (Le Coran, Sourate Yûsuf, Versets 8-100
  23. Le Coran, Sourate Yûsuf, Verset 51, Tabâtabâ’î, Sayyid Muhammad Husayn, Traduction de Tafsîr al-Mîzân, vol xxi, p 172, 1374 HS, Édition Intishârât-i Islâmi, Qom
  24. Le Coran, Sourate al-’An’âm, verset 84
  25. Cheikh as-Sadûq, Muhammad b. Ali, al-Khisâl, vol i, p 417
  26. Al-Mas’ûdî, Ali b. Husayn, al-Isbât al-Wasîyya, p 49, Téhéran, Édition al-Islâmîyya, 1362 HS
  27. Le Coran, Sourate Yûsuf, verset 38
  28. Jazâyirî, Ni’mat Alla b. Abd Allah, Dâstân-i Piyâmbarân, p 279, Édition Hâd, 1380 HS; Le Coran, Sourate Yûsuf, versets 21 et 101
  29. Makârim Shîrâzî, Nâsir, Tafsîr Nimûna, vol ix, p 414, Téhéran, Dâr al-Kitâb al-Islâmîyya, 1374 HS
  30. Tabâtabâ’î, Sayyid Muhammad Husayn, Traduction de Tafsîr al-Mîzân, vol xxi, p 246, 1374 HS, Édition Intishârât-i Islâmi, Qom ; Makârim Shîrâzî, Nâsir, Tafsîr Nimûna, vol ix, p 414, Téhéran, Dâr al-Kitâb al-Islâmiyya, 1374 HS
  31. Tabâtabâ’î, Sayyid Muhammad Husayn, Traduction de Tafsîr al-Mîzân, vol xxi, p 357, 1374 HS, Édition Intishârât-i Islâmi, Qom
  32. Tabâtabâ’î, Sayyid Muhammad Husayn, Traduction de Tafsîr al-Mîzân, vol xxi, p 246, 1374 HS, Édition Intishârât-i Islâmi, Qom
  33. Ibn Tawûs, Al-Mujtanî min Ad-Du’â’ al-Mujtabâ, p 30, Qom, 1411 H
  34. Dîyâ’âbâdî, Muhammad, Tafsîr Sourate Yûsuf, pp 72-77, Téhéran, 1388 HS
  35. Jazâyirî, Ni’mat Allah b. Abd Allah, Dâstân-i Payâmbarân, p 391, Édition Hâd, 1380 HS
  36. Burûjirdî, Âqâ Husayn, Manâb’i Fiqh-i Shî’a, vol xxv, p 571, Téhéran,,1386 H,
  37. Al-Mas’ûdî, Ali b. Husayn, al-Isbât al-Wasîyya, p 74, Téhéran, Édition al-Islâmîyya, 1362 HS
  38. Al-Mas’ûdî, Ali b. Husayn, al-Isbât al-Wasîyya, p 75, Téhéran, Édition al-Islâmîyya, 1362 HS
  39. Yâqut al-Himawî, Ma’jam al-Buldân, vol I, p 748, 1995 C