Brouillon:Invocation Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak
Invocation Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak (en arabe :دعاء اللهم عرفني نفسك) également connu sous le nom d’invocation al-Ma ‘rifa (en arabe : دعاء المعرفة ou Invocation de la connaissance), est une invocation rapportée de l’Imam Ja‘far as-Sâdiq (a). Il a recommandé de la réciter afin de préserver la religion et la foi durant la période de l’Occultation de l’Imam al-Mahdi (a). Le terme « Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak » se traduit en français : Mon Dieu, fais-Toi connaître à moi.
Selon le contenu de cette invocation, la connaissance du Prophète Muhammad (s) repose sur la connaissance de Dieu, et la connaissance des Imams (a) dépend de la connaissance du Prophète (s). De même, la véritable connaissance de la religion n’est possible qu’à travers la connaissance de l’Imam. Cette invocation est rapportée dans les sources chiites avec différentes chaînes de transmission, et le terme « Hujjat » (Argument) qui y apparaît est compris comme désignant le douzième Imam des chiites, l’Imam al-Mahdi (a).
Une version plus longue de cette prière a également été rapportée par l’un des représentants particuliers de l’Imam al-Mahdi (a). Sayyid b. Tâwûs a insisté sur sa récitation le vendredi après-midi à l’époque de l’Occultation. Certains savants considèrent la version abrégée comme faisant partie de cette version plus longue.
Présentation et importance
L’invocation « Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak » (Mon Dieu, fais-Toi connaître à moi), également appelée l’invocation al-Ma‘rifa (l’invocation de la connaissance),[1] est rapportée de l’Imam Ja‘far as-Sâdiq (a).[2] Cette invocation est recommandée pour la préservation de la foi durant la période importante de l’Occultation,[3] et l’Imam as-Sâdiq (a) a insisté sur la constance dans sa récitation.[4] De même, des savants tels que l’Ayatollah Bahjat (décédé en 1430 h)[5] et l’Ayatollah Mîrzâ Jawâd Malikî Tabrîzî (décédé en 1343 h)[6], parmi les ulémas chiites, ont conseillé de la réciter après les prières.
Sayyid b. Tâwûs, le savant chiite du XIIe siècle de l’hégire, a également souligné l’importance de réciter cette prière le vendredi après-midi.[7] Les chiites ont accordé une attention particulière à cette prière durant la période de l’Occultation,[8] et dans certaines mosquées d’Iran, elle est récitée après les prières quotidiennes.
Sources et chaîne de transmission de l’invocation
L’invocation « Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak » (Mon Dieu, fais-Toi connaître à moi) a été transmise sous deux formes : une version abrégée et une version plus longue.[9]
La version abrégée est rapportée de l’Imam Ja‘far as-Sâdiq (a) par Zurâra, et figure, avec différentes chaînes de transmission, dans des sources de hadith des IVe et Ve siècles de l’hégire, telles que « al-Kâfî » d’al-Kulaynî,[10] « al-Ghayba » d’an-Nu‘mânî,[11] « Kamâl ad-Dîn » de Cheikh as-Sadûq[12] et « al-Ghayba » de cheikh at-Tûsî.[13]
La version plus longue, quant à elle, est rapportée par l’un des représentants particuliers de l’Imam al-Mahdi (a). Elle est consignée dans des ouvrages tels que Kamâl ad-Dîn[14] et Misbâh al-Mutahajjid de cheikh at-Tûsî.[15] Cheikh Abbas Qummî a également mentionné cette version plus longue dans le livre « Mafâtîh al-Jinân ».[16] Selon les recherches de l’Encyclopédie de l’Imam al-Mahdi (a), la version abrégée constitue une partie de cette version plus longue.[17]
Par ailleurs, en raison de sa transmission par l’intermédiaire des quatre représentants particuliers, cette prière est classée parmi les at-Tawqî‘ de l’Imam al-Mahdi (a),[18] et elle lui est attribuée.[19]
Chaîne de transmission
D’après l’Ayatollah Sâfî Gulpayigânî, le Marja‘ chiite du XXe et XXIe siècles, cette invocation a été rapportée à travers de nombreuses chaînes de transmission par des spécialistes de hadith chiites tels qu’al-Kulaynî, cheikh as-Sadûq, an-Nu‘mânî, cheikh at-Tûsî et Sayyid b. Tâwûs.[20] L’ensemble de ces chaînes, rapportées de l’Imam as-Sâdiq (a), est considéré comme authentique.[21]
Contenu
Le contenu de l’invocation « Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak » repose sur deux axes principaux : premièrement, la véritable connaissance d’Allah, du Prophète Muhammad (s) et des Imams (a) n’est possible que par la grâce et l’assistance divines ; Deuxièmement, ces formes de connaissance sont interdépendantes et s’enchaînent logiquement les unes aux autres.[22] Ainsi, la connaissance du Prophète (s) est conditionnée par la connaissance de Dieu, la connaissance des Imams (a) dépend de celle du Messager de Dieu (s),[23] et la connaissance de la religion authentique ne peut être atteinte que par la connaissance de l’Imam (a).[24]
L'Ayatollah Jawâdî Âmulî, le savant chiite du XXIe siècle, considère cette invocation non comme une simple demande, mais comme une preuve théologique visant à mettre en lumière le lien rationnel entre le monothéisme, la prophétie et l’Imamat.[25] De son côté, l’Ayatollah Sâfî Gulpayigânî, en tenant compte du contexte historique de l’invocation, identifie le mot « Hujjat » (Argument) mentionnée en elle à l’Imam al-Mahdi (a) et estime que l’objectif de cette invocation est de solliciter une connaissance stable et durable, ainsi qu’une protection contre l’égarement durant la période de l’Occultation.[26]
Dans cette invocation, celui qui la récite possède déjà un certain degré de connaissance de Dieu, du Prophète (s) et de l’Imam (a) ; par conséquent, la demande de « connaissance » adressée à Dieu renvoie à l’une de ces trois significations :
- La stabilité et la permanence dans cette connaissance,
- L’accès à des degrés plus élevés de compréhension et de connaissance,
- L’obtention d’une grâce particulière permettant une connaissance plus profonde.[27]
Texte de la traduction
Selon un hadith rapporté par Zurâra de l’Imam Ja‘far as-Sâdiq (s), al-Qâ’im (l’Imam Mahdi (a)) connaîtra, avant son Parousie, une période d’Occultation destinée à préserver sa vie. Dans ce hadith, l’Imam as-Sâdiq (a) évoque certaines caractéristiques particulières de l’Imam Mahdi (a), comme : il est une personne dont la naissance a été mise en doute, un groupe a nié son existence, et son avènement est attendu. Puis, en réponse à la question de Zurâra : « que dois-je faire si je vis cette époque ? » ; l’Imam (a) lui recommande de réciter constamment l’invocation suivante :
اللَّهُمَّ عَرِّفْنِی نَفْسَکَ فَإِنَّکَ إِنْ لَمْ تُعَرِّفْنِی نَفْسَکَ لَمْ أَعْرِفْ نَبِيَّکَ اللَّهُمَّ عَرِّفْنِی رَسُولَکَ فَإِنَّکَ إِنْ لَمْ تُعَرِّفْنِی رَسُولَکَ لَمْ أَعْرِفْ حُجَّتَکَ اللَّهُمَّ عَرِّفْنِی حُجَّتَکَ فَإِنَّکَ إِنْ لَمْ تُعَرِّفْنِی حُجَّتَکَ ضَلَلْتُ عَنْ
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Allâhumma, ‘Arrifnî Nafsaka fa-innaka in lam Tu‘arrifnî Nafsaka lam A‘rif Nabîyyak. Allâhumma, ‘Arrifnî Rasûlaka fa-innaka in lam Tu‘arrifnî Rasûlaka lam A‘rif Hujjataka. Allâhumma, ‘Arrifnî Hujjataka fa-innaka in lam Tu‘arrifnî Hujjataka Dalaltu ‘an Dînî.
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Mon Dieu, fais-Toi connaître à moi, car si Tu ne Te fais pas connaître à moi, je ne connaîtrai pas Ton Prophète. Mon Dieu, fais-moi connaître Ton Messager, car si Tu ne me le fais pas connaître, je ne connaîtrai pas Ton Argument. Mon Dieu, fais-moi connaître Ton Argument, car si Tu ne me le fais pas connaître, je m’égarerai de ma religion.
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Cheikh Al-Kulaynî, al-Kâfî, vol 1, P 337, hadîth 5, 1407 H ; Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 342–343, 1395 H.
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Références
- ↑ Muhammadî Riyshahrî, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî, vol 5, P 414–415 ; vol 6, P 260, 1393 SH ; Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 63, 1392 SH ; Muhammadî Riyshahrî, Sharh Ziyârat Jâmi‘i Kabîra, P 304, 1390 SH.
- ↑ Cheikh Al-Kulaynî, al-Kâfî, vol 1, P 337, 1407 H.
- ↑ Muhammadî Riyshahrî, Sharh Ziyârat Jâmi‘i Kabîra, P 304, 1390 SH.
- ↑ Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 342, 1395 H.
- ↑ «‘Aksnivisht Ma‘rifat bi Nûrânîyyat Ahl al-Bayt (a)», Markaz Tanzîm wa Nashr Âthâr Ayatollah Bahjat.
- ↑ Muhammadî Riyshahrî, Sharh Ziyârat Jâmi‘i Kabîra, P 305, 1390 SH.
- ↑ Sayyid Ibn Tâwûs, Jamâl al-Usbû‘, P 521, 1330 H.
- ↑ Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 20, 1392 SH.
- ↑ Muhammadî Riyshahrî, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî, vol 6, P 270, 1393 SH.
- ↑ Cheikh Al-Kulaynî, al-Kâfî, vol 1, P 337, hadîth 5 ; P 342, hadîth 29, 1407 H.
- ↑ An-Nu‘mânî, Kitâb al-Ghayba, P 116, 1397 H.
- ↑ Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 342–343, 1395 H.
- ↑ Cheikh At-Tûsî, Kitâb al-Ghayba, P 334, 1411 H.
- ↑ Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 512–515, 1395 H.
- ↑ Cheikh At-Tûsî, Mis bâh al-Mutahajjid, vol 1, P 411–416, 1411 H.
- ↑ Al-Qummî, Mafâtîh al-Jinân, Nashr Usva, du‘â’ septième (annexes), P 588.
- ↑ Muhammadî Riyshahrî, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî, vol 6, P 270–271, 1393 SH.
- ↑ Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 512, 1395 H.
- ↑ Al-Kaf‘amî, al-Balad al-Amîn, P 306, 1418 H. ; Muhammadî Riyshahrî, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî, vol 6, P 270–271, 1393 SH.
- ↑ Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 21, 1392 SH.
- ↑ Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 21, 1392 SH.
- ↑ «Allâhumma ‘Arrifnî Hujjatak», Pâygâh Ittilâ‘riasânî Daftar Ayatollah Shabîrî Zanjânî.
- ↑ «Jalasiyi Dars Akhlâq (1394/7/9)», Daftar Marja‘iyyat ; «IntizârFaraj az Bihtarîn ‘Ibâdât Ast», Daftar Marja‘iyyat.
- ↑ «Du‘â’yi Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak Kumak Mikunad ki Bifahmîm Biyn Ghadîr wa Saqîfa Chi Farqî Ast», Daftar Marja‘iyyat.
- ↑ «IntizârFaraj az Bihtarîn‘Ibâdât Ast», Daftar Marja‘iyyat ; «Du‘â’yi Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak…», Daftar Marja‘iyyat.
- ↑ Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 108 et 124, 1392 SH.
- ↑ Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 95–96, 102–103 et 108, 1392 SH.
Bibliographie
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- «Du‘âyi Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak Kumak Mikunad ki Bifahmîm Biyn Ghadîr wa Saqîfa Chi Farqî Ast», Daftar Marja‘iyyati ‘Ilmî wa Dînîyi Ayatollah Jawâdî Âmulî, date de publication : 22 Ordîbehesht 1396 SH, date de consultation : 3 Tîr 1403 SH.
- «Intizâri Faraj az Bihtarîn‘Ibâdât Ast», Daftar Marja‘iyyati ‘Ilmî wa Dînîyi Ayatollah Jawâdî Âmulî, date de publication : 29 Ordîbehesht 1395 SH, date de consultation : 3 Tîr 1403 SH.
- «Jalasiyi Darsi Akhlâq (1394/7/9)», Daftar Marja‘iyyati ‘Ilmî wa Dînîyi Ayatollah Jawâdî Âmulî, date de consultation : 3 Tîr 1403 SH.
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- Cheikh At‑Tûsî, Muhammad b. Hasan, al‑Ghayba, éd. et corr. par ‘Abbâd Allâh Tehrânî & Ali Ahmad Nâsikh, Qom : Dâr al‑Ma‘ârif al‑Islâmiyya, 1ʳᵉ éd., 1411 H.
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- Fâtimînîyâ, Sayyid ‘Abd Allâh, Farhangi Intizâr ; Sharhi Du‘âyi Mashhûri Ghaybati Hazrat Mahdî (a), Téhéran : Mu’assasayi Rasâ’il, 1ʳᵉ éd., 1375 SH.
- Muhammadî Riyshahrî, Muhammad, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî (a.j.) bar Pâyiyi Qur’ân, Hadîth wa Târîkh, en collab. avec Sayyid Muhammad Kâzim Tabâtabâ’î, trad. par ‘Abd‑al‑Hâdî Mas‘ûdî, Qom : Dâr al‑Hadîth, 1ʳᵉ éd., 1393 SH.
- Muhammadî Riyshahrî, Muhammad, Sharh Ziyârat Jâmi‘i Kabîra yâ Tafsîri Qur’âni Nâtiq, Qom : Dâr al‑Hadîth, 3ᵉ éd., 1390 SH.
- Sâfî Gulpâyigânî, Lotf Allâh, Ma‘rifat Hujjat Khudâ (Sharh Du‘âyi Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak), Qom : Daftar Tanzîm wa Nashr Âthâr Ayatollah Sâfî Gulpâyigânî, 1392 SH / 1435 H.
- Sayyid Ibn Tâwûs, Ali b. Mûsâ, Jamâl al‑Usbû‘ bi Kamâl al‑‘Amal al‑Mashrû‘, Qom : Dâr ar‑Radhî, 1330 H.