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Brouillon:Invocation Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak

De wikishia
Invocation Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak
Autres nomsInvocation al-Ma‘rifa
ThèmeRelation entre la connaissance de Dieu, du Prophète et de l'Imam
Émise parImam as-Sâdiq (a)
RapporteurZurârat b. A‘yan
Sources chiites


Invocation Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak (en arabe :دعاء اللهم عرفني نفسك) également connu sous le nom d’invocation al-Ma ‘rifa (en arabe : دعاء المعرفة ou Invocation de la connaissance), est une invocation rapportée de l’Imam Ja‘far as-Sâdiq (a). Il a recommandé de la réciter afin de préserver la religion et la foi durant la période de l’Occultation de l’Imam al-Mahdi (a). Le terme « Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak » se traduit en français : Mon Dieu, fais-Toi connaître à moi.

Selon le contenu de cette invocation, la connaissance du Prophète Muhammad (s) repose sur la connaissance de Dieu, et la connaissance des Imams (a) dépend de la connaissance du Prophète (s). De même, la véritable connaissance de la religion n’est possible qu’à travers la connaissance de l’Imam. Cette invocation est rapportée dans les sources chiites avec différentes chaînes de transmission, et le terme « Hujjat » (Argument) qui y apparaît est compris comme désignant le douzième Imam des chiites, l’Imam al-Mahdi (a).

Une version plus longue de cette prière a également été rapportée par l’un des représentants particuliers de l’Imam al-Mahdi (a). Sayyid b. Tâwûs a insisté sur sa récitation le vendredi après-midi à l’époque de l’Occultation. Certains savants considèrent la version abrégée comme faisant partie de cette version plus longue.

Présentation et importance

L’invocation « Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak » (Mon Dieu, fais-Toi connaître à moi), également appelée l’invocation al-Ma‘rifa (l’invocation de la connaissance),[1] est rapportée de l’Imam Ja‘far as-Sâdiq (a).[2] Cette invocation est recommandée pour la préservation de la foi durant la période importante de l’Occultation,[3] et l’Imam as-Sâdiq (a) a insisté sur la constance dans sa récitation.[4] De même, des savants tels que l’Ayatollah Bahjat (décédé en 1430 h)[5] et l’Ayatollah Mîrzâ Jawâd Malikî Tabrîzî (décédé en 1343 h)[6], parmi les ulémas chiites, ont conseillé de la réciter après les prières.

Sayyid b. Tâwûs, le savant chiite du XIIe siècle de l’hégire, a également souligné l’importance de réciter cette prière le vendredi après-midi.[7] Les chiites ont accordé une attention particulière à cette prière durant la période de l’Occultation,[8] et dans certaines mosquées d’Iran, elle est récitée après les prières quotidiennes.

Sources et chaîne de transmission de l’invocation

L’invocation « Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak » (Mon Dieu, fais-Toi connaître à moi) a été transmise sous deux formes : une version abrégée et une version plus longue.[9]

La version abrégée est rapportée de l’Imam Ja‘far as-Sâdiq (a) par Zurâra, et figure, avec différentes chaînes de transmission, dans des sources de hadith des IVe et Ve siècles de l’hégire, telles que « al-Kâfî » d’al-Kulaynî,[10] « al-Ghayba » d’an-Nu‘mânî,[11] « Kamâl ad-Dîn » de Cheikh as-Sadûq[12] et « al-Ghayba » de cheikh at-Tûsî.[13]

La version plus longue, quant à elle, est rapportée par l’un des représentants particuliers de l’Imam al-Mahdi (a). Elle est consignée dans des ouvrages tels que Kamâl ad-Dîn[14] et Misbâh al-Mutahajjid de cheikh at-Tûsî.[15] Cheikh Abbas Qummî a également mentionné cette version plus longue dans le livre « Mafâtîh al-Jinân ».[16] Selon les recherches de l’Encyclopédie de l’Imam al-Mahdi (a), la version abrégée constitue une partie de cette version plus longue.[17]

Par ailleurs, en raison de sa transmission par l’intermédiaire des quatre représentants particuliers, cette prière est classée parmi les at-Tawqî‘ de l’Imam al-Mahdi (a),[18] et elle lui est attribuée.[19]

Chaîne de transmission

D’après l’Ayatollah Sâfî Gulpayigânî, le Marja‘ chiite du XXe et XXIe siècles, cette invocation a été rapportée à travers de nombreuses chaînes de transmission par des spécialistes de hadith chiites tels qu’al-Kulaynî, cheikh as-Sadûq, an-Nu‘mânî, cheikh at-Tûsî et Sayyid b. Tâwûs.[20] L’ensemble de ces chaînes, rapportées de l’Imam as-Sâdiq (a), est considéré comme authentique.[21]

Contenu

Le contenu de l’invocation « Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak » repose sur deux axes principaux : premièrement, la véritable connaissance d’Allah, du Prophète Muhammad (s) et des Imams (a) n’est possible que par la grâce et l’assistance divines ; Deuxièmement, ces formes de connaissance sont interdépendantes et s’enchaînent logiquement les unes aux autres.[22] Ainsi, la connaissance du Prophète (s) est conditionnée par la connaissance de Dieu, la connaissance des Imams (a) dépend de celle du Messager de Dieu (s),[23] et la connaissance de la religion authentique ne peut être atteinte que par la connaissance de l’Imam (a).[24]

L'Ayatollah Jawâdî Âmulî, le savant chiite du XXIe siècle, considère cette invocation non comme une simple demande, mais comme une preuve théologique visant à mettre en lumière le lien rationnel entre le monothéisme, la prophétie et l’Imamat.[25] De son côté, l’Ayatollah Sâfî Gulpayigânî, en tenant compte du contexte historique de l’invocation, identifie le mot « Hujjat » (Argument) mentionnée en elle à l’Imam al-Mahdi (a) et estime que l’objectif de cette invocation est de solliciter une connaissance stable et durable, ainsi qu’une protection contre l’égarement durant la période de l’Occultation.[26]

Dans cette invocation, celui qui la récite possède déjà un certain degré de connaissance de Dieu, du Prophète (s) et de l’Imam (a) ; par conséquent, la demande de « connaissance » adressée à Dieu renvoie à l’une de ces trois significations :

  • La stabilité et la permanence dans cette connaissance,
  • L’accès à des degrés plus élevés de compréhension et de connaissance,
  • L’obtention d’une grâce particulière permettant une connaissance plus profonde.[27]

Texte de la traduction

Selon un hadith rapporté par Zurâra de l’Imam Ja‘far as-Sâdiq (s), al-Qâ’im (l’Imam Mahdi (a)) connaîtra, avant son Parousie, une période d’Occultation destinée à préserver sa vie. Dans ce hadith, l’Imam as-Sâdiq (a) évoque certaines caractéristiques particulières de l’Imam Mahdi (a), comme : il est une personne dont la naissance a été mise en doute, un groupe a nié son existence, et son avènement est attendu. Puis, en réponse à la question de Zurâra : « que dois-je faire si je vis cette époque ? » ; l’Imam (a) lui recommande de réciter constamment l’invocation suivante :

اللَّهُمَّ عَرِّفْنِی نَفْسَکَ فَإِنَّکَ إِنْ لَمْ تُعَرِّفْنِی نَفْسَکَ لَمْ أَعْرِفْ نَبِيَّکَ اللَّهُمَّ عَرِّفْنِی رَسُولَکَ فَإِنَّکَ إِنْ لَمْ تُعَرِّفْنِی رَسُولَکَ لَمْ أَعْرِفْ حُجَّتَکَ اللَّهُمَّ عَرِّفْنِی حُجَّتَکَ فَإِنَّکَ إِنْ لَمْ تُعَرِّفْنِی حُجَّتَکَ ضَلَلْتُ عَنْ
Allâhumma, ‘Arrifnî Nafsaka fa-innaka in lam Tu‘arrifnî Nafsaka lam A‘rif Nabîyyak. Allâhumma, ‘Arrifnî Rasûlaka fa-innaka in lam Tu‘arrifnî Rasûlaka lam A‘rif Hujjataka. Allâhumma, ‘Arrifnî Hujjataka fa-innaka in lam Tu‘arrifnî Hujjataka Dalaltu ‘an Dînî.
Mon Dieu, fais-Toi connaître à moi, car si Tu ne Te fais pas connaître à moi, je ne connaîtrai pas Ton Prophète. Mon Dieu, fais-moi connaître Ton Messager, car si Tu ne me le fais pas connaître, je ne connaîtrai pas Ton Argument. Mon Dieu, fais-moi connaître Ton Argument, car si Tu ne me le fais pas connaître, je m’égarerai de ma religion.
Cheikh Al-Kulaynî, al-Kâfî, vol 1, P 337, hadîth 5, 1407 H ; Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 342–343, 1395 H.

Références

  1. Muhammadî Riyshahrî, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî, vol 5, P 414–415 ; vol 6, P 260, 1393 SH ; Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 63, 1392 SH ; Muhammadî Riyshahrî, Sharh Ziyârat Jâmi‘i Kabîra, P 304, 1390 SH.
  2. Cheikh Al-Kulaynî, al-Kâfî, vol 1, P 337, 1407 H.
  3. Muhammadî Riyshahrî, Sharh Ziyârat Jâmi‘i Kabîra, P 304, 1390 SH.
  4. Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 342, 1395 H.
  5. «عکس نوشت معرفت به نورانیت اهل‌بیت(ع)» (Image-texte : La connaissance de la luminosité des Ahl al-Bayt (a)), Markaz Tanzîm wa Nashr Âthâr Ayatollah Bahjat.
  6. Muhammadî Riyshahrî, Sharh Ziyârat Jâmi‘i Kabîra, P 305, 1390 SH.
  7. Sayyid Ibn Tâwûs, Jamâl al-Usbû‘, P 521, 1330 H.
  8. Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 20, 1392 SH.
  9. Muhammadî Riyshahrî, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî, vol 6, P 270, 1393 SH.
  10. Cheikh Al-Kulaynî, al-Kâfî, vol 1, P 337, hadîth 5 ; P 342, hadîth 29, 1407 H.
  11. An-Nu‘mânî, Kitâb al-Ghayba, P 116, 1397 H.
  12. Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 342–343, 1395 H.
  13. Cheikh At-Tûsî, Kitâb al-Ghayba, P 334, 1411 H.
  14. Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 512–515, 1395 H.
  15. Cheikh At-Tûsî, Mis bâh al-Mutahajjid, vol 1, P 411–416, 1411 H.
  16. Al-Qummî, Mafâtîh al-Jinân, Nashr Usva, du‘â’ septième (annexes), P 588.
  17. Muhammadî Riyshahrî, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî, vol 6, P 270–271, 1393 SH.
  18. Cheikh as-Sadûq, Kamâl ad-Dîn, vol 2, P 512, 1395 H.
  19. Al-Kaf‘amî, al-Balad al-Amîn, P 306, 1418 H. ; Muhammadî Riyshahrî, Dânishnâmiyi Imâm Mahdî, vol 6, P 270–271, 1393 SH.
  20. Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 21, 1392 SH.
  21. Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 21, 1392 SH.
  22. «اللهم عرفنی حجتک» (Ô Allah, fais-moi connaître Toi-même), Pâygâh Ittilâ‘riasânî Daftar Ayatollah Shabîrî Zanjânî.
  23. «انتظار فرج از بهترین عبادت‌هاست» (L’attente de la Parousie de l'Imam al-Mahdi (a) fait partie des meilleures adorations), Daftar Marja‘iyyat ; «Intizâr Faraj az Bihtarîn ‘Ibâdât Ast», Daftar Marja‘iyyat.
  24. «جلسه درس اخلاق (۱۳۹۴/۷/۹)» (Séance de cours d’éthique), Daftar Marja‘iyyat.
  25. «انتظار فرج از بهترین عبادت‌هاست» (L’attente de la Parousie de l'Imam al-Mahdi (a) fait partie des meilleures adorations), Daftar Marja‘iyyat ; «Du‘â’yi Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak…», Daftar Marja‘iyyat.
  26. Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 108 et 124, 1392 SH.
  27. Sâfî Gulpâyigânî, Ma‘rifat Hujjat Khudâ, P 95–96, 102–103 et 108, 1392 SH.

Bibliographie

  • «اللهم عرفنی حجتک» (« Ô Allah, fais-moi connaître Ta Preuve »), site du bureau de l’Ayatollah Shabîrî Zanjânî, consulté le 24 février 2026.
  • «انتظار فرج از بهترین عبادت‌هاست» (L’attente de la Parousie de l'Imam al-Mahdi (a) fait partie des meilleures adorations), Bureau de la Marja‘iyyat scientifique et religieuse de l’Ayatollah Jawâdî Âmulî, mis en ligne le 18 mai 2016, consulté le 24 février 2026.
  • «جلسه درس اخلاق (۱۳۹۴/۷/۹)» (Séance de cours d’éthique – 9 Mehr 1394), Bureau de la Marja‘iyyat scientifique et religieuse de l’Ayatollah Jawâdî Âmulî, consulté le 24 février 2026.
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  • Al‑Qummî, Cheikh ‘Abbâs, Kulliyât Mafâtîh al‑Jinân, Qom : Nashr Usva, s. d.
  • An‑Nu‘mânî, Muhammad b. Ibrâhîm, Kitâb al‑Ghayba, éd. et corr. par Ali‑Akbar Ghafârî, Téhéran : Nashri Sadûq, première edition., 1397 H.
  • Cheikh Al‑Kulaynî, Muhammad b. Ya‘qûb, al‑Kâfî, éd. et corr. par Ali‑Akbar Ghafârî & Muhammad Âkhundî, Téhéran : Dâr al‑Kutub al‑Islâmiyya, 4ᵉ éd., 1407 H.
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  • Cheikh At‑Tûsî, Muhammad b. Hasan, al‑Ghayba, éd. et corr. par ‘Abbâd Allâh Tehrânî et Ali Ahmad Nâsikh, Qom : Dâr al‑Ma‘ârif al‑Islâmiyya, première edition., 1411 H.
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  • Muhammadî Riyshahrî, Muhammad, Sharh Ziyârat Jâmi‘i Kabîra yâ Tafsîri Qur’âni Nâtiq, Qom : Dâr al‑Hadîth, 3ᵉ éd., 1390 SH.
  • Sâfî Gulpâyigânî, Lotf Allâh, Ma‘rifat Hujjat Khudâ (Sharh Du‘âyi Allâhumma ‘Arrifnî Nafsak), Qom : Daftar Tanzîm wa Nashr Âthâr Ayatollah Sâfî Gulpâyigânî, 1392 SH / 1435 H.
  • Sayyid Ibn Tâwûs, Ali b. Mûsâ, Jamâl al‑Usbû‘ bi Kamâl al‑‘Amal al‑Mashrû‘, Qom : Dâr ar‑Radhî, 1330 H.