Abu Sufyan

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Abu Sufyan
Nom(s) Sakhr b. Harb b. Umayyat b. 'Abd ash-Shams b. 'Abd Manâf
Surnom(s) Abu Sufyan
Naissance 10 ans avant 'Âm al-Fîl
La Mecque
Décès 30 H
Pays de résidence La Mecque, La Médine
Âge 93 ans
Famille
Généalogie La Mecque
Père Harb b. Umayyat b. 'Abd ash-Shams b. 'Abd Manâf
Mère Safîyya, fille de Hazn b. Bujayr b. Huzam
Enfant(s)

Muawiya Yazid ‘Utba

Umm Habîba

Informations religieuses
Conversion à l'islam 8 H (629 C)
Rôles importants Chefs de Quraysh, Ennemi du Prophète (s),

Les successeurs du Prophète (s)

L'Imam AliL'Imam HassanL'Imam Hussayn
L'Imam SajjadL'Imam BaqirL'Imam Sadiq
L'Imam KadhimL'Imam RidhaL'Imam Jawad
L'Imam HadiL'Imam Hassan Al-AskariL'Imam Mahdi

Sakhr b. Harb b. Umayyat b. 'Abd ash-Shams b. 'Abd Manâf (en Arabe: صَخر بن حَرب بن اُمَی‍ـَّة بن عبدالشمس بن عبدمَناف ), connu sous le nom d’Abu Sufyan (en Arabe: اَبوسُفیان), est l'un des hommes arabes célèbres dans l'histoire de l’époque des débuts de l’islam. Il est l'un des plus éminents dirigeants de la tribu Quraychite et cousin éloigné du Prophète Muhammad (s).

Lorsque le Prophète (s) débuta son invitation à l'islam, Abu Sufyan devint l’un des ennemis les plus obstinés du Prophète (s). Il eut un rôle actif contre le Prophète (s) surtout dans les Batailles de Badr, d’Uhud et d’Al-Khandaq, mais il embrassa l'islam en 8 H et fut nommé gouverneur de Najrân par le Prophète (s).

Il adopta une politique d’apaisement envers les deux premiers califes et soutint le califat de Uthman. Son fils, Muawiya joua un rôle signifiant en politique au cours du premier siècle AH. et fonda la Dynastie Omeyyades.

Naissance et généalogie

Sakhr b. Harb b. Umayyat b. 'Abd ash-Shams b. 'Abd Manâf, aussi connu sous le nom d’Abu Sufyan, il fut parfois appelé avec son autre titre, Abû Handala[1]. Il est lié au Prophète (s) dans son troisième ancêtre (Abd manâf). La date exacte de sa naissance n'est pas claire, mais selon certains rapports, il naquit dix ans avant ’Âm al-Fîl (l'Année de l'Éléphant) / 560 C[2].

Sa mère fut Safîyya, fille de Hazn b. Bujayr b. Huzam. Son père, Harb, fut le chef des Omeyyades et leur commandant dans la bataille de Fijâr[3].

Enfants

Abu Sufyan eut beaucoup d'enfants. le plus célèbre d’entre eux fut Muawiya qui avait un rôle signifiant en politique au cours du premier siècle AH et fondit la Dynastie Omeyyades.

Yazid, l’un de ses fils aussi, fut nommé commandant de l'armée et plus tard gouverneur par Umar. 'Utba était autre fils qui participa à la bataille de Jamal avec Aïcha et fut nommé au poste de gouverneur d'Egypte par Muawiya[4].

L’une de ses filles s'appelait Umm Habîba et avait migré vers Habacha. Quand elle retourna à Médine, le Prophète (s) l'épousa[5].

Personnalité politique et sociale

Bien qu’Abu Sufyan soit un personnage célèbre de l'histoire des débuts de l'islam, sa vie en particulier avant l'islam n’est pas bien claire. Quelques indications des historiens montrent qu'il fut probablement l'un des nobles de Quraychites avant l'islam et qu’il fut un marchand[6]. Ibn Habîb[7] dit qu'il fut l'un des chefs Quraychites. Il fut l'une des autorités de Quraych et l'une des quatre personnes dont ses ordres furent influents au cours de Jâhiliyya (l’âge de l’ignorance)[8].

Avec le début de l'invitation à l'islam par le Prophète (s), Abu Sufyan devint l'un de ses ennemis obstinés ; cependant, certains croient que son inimitié avec le Prophète (s) fut moins sévère que les autres dirigeants de Quraych, comme Abu Jahl et Abu Lahab[9].

Bien qu'il embrasse l'islam après la libération de La Mecque, les discours qui lui furent attribués dans le cas de Radda, montrent son désir et l'attraction à la religion précédente[10]. Ibn Habîb[11] affirme qu’il fut l'un des païens de Quraych.

Abu Sufyan rapporta également quelques hadiths du Prophète (s)[12].

Guerre contre le Prophète (s)

Bataille de Badr

Article connexe : La bataille de Badr.

Au cours de la deuxième année suivante après l'émigration du Prophète (s) de La Mecque à Médine, Abu Sufyan conduisait une caravane commerciale en revenant de Cham (La Syrie), Le Prophète (s) décida d’attaquer cette caravane. Abu Sufyan rusa. Il envoya d’une part, une lettre demandant l’aide aux Quraychites de La Mecque et en même temps changea de voie et ramena la caravane à La Mecque en toute sécurité. Bien que la caravane ait évité, du péril mais, Abu Jahl s’est mis en colère de la menace du Prophète (s) et décida de ne pas rentrer à La Mecque afin de combattre contre le peuple de Yathrib. Ainsi, à l'aide d'une nouvelle force venant de La Mecque, Abu Jahl combattit contre l'armée des musulmans[13].

Le Quraych fut vaincu dans la bataille de Badr ; Hanzala, le fils d'Abu Sufyan fut tué et son autre fils, 'Amr fut captivé mais, il fut libéré plus tard[14].

Incendier les palmiers de Médine

La défaite de Badr fut trop poids pour Quraych à supporter, par conséquent, ils décidèrent de combattre encore une fois contre le Prophète (s) et les musulmans de Médine. Abu Sufyan, accompagné de deux cents cavaliers, marcha vers Médine. Lors de la négociation avec Sallam b. Mishkam, le chef de Banû Nadîr, deux hommes furent envoyés à Médine, incendièrent les palmiers de Ûrayd et prirent la fuite. Le Prophète (s) alla à la poursuite d’Abu Sufyan, mais il réussit à s’échapper[15].

Bataille d'Uhud

Article connexe : La bataille d'Uhud.

En 3 H (625 C), Abu Sufyan mena une énorme armée à Médine avec l'espoir de se venger des musulmans[16]. Près de Médine, près du Mont Uhud, une forte bataille éclata et les musulmans furent vaincus. Certaines des élites musulmanes comme Hamza, l’oncle du Prophète (s), furent martyrisées. Après la guerre, Abu Sufyan monta la colline, et après avoir loué les idoles, promit au Prophète (s) une autre bataille au Badr[17].

L’année suivante le Prophète (s) alla à Badr, mais Abu Sufyan convainquit les Quraychites de retourner à La Mecque avant d'arriver à Badr[18].

Bataille de Khandaq

Article connexe : La bataille de la tranchée.

Avec l’aide des Juifs de Médine, Abu Sufyan organisa la bataille de Khandaq en 5 H (627 C)[19]. Son armée et ses alliés furent vaincus et Médine resta en sécurité[20].

Traité de Paix Hudaybîyya

Un an après la bataille de Khandaq, le Traité de Paix Hudaybîyya fut exécuté entre le Prophète (s) et ses ennemis. Pourtant, deux ans plus tard, Quraych le rompit. Abu Sufyan alla à Médine pour présenter personnellement des excuses, mais il fut ignoré et ses excuses ne furent pas acceptées.
Bien que Abu Sufyan n'ait joué aucun rôle évident dans le Traité de Paix Hudaybîyya, avant la libération de La Mecque, Il fut choisi par les polythéistes en tant que délégué pour aller à La Mecque et négocier l'extension du Traité ; il fut ignoré et retourné à La Mecque sans résultat[21].

Conversion à l’islam

Enfin, après beaucoup d'hostilité et de nombreuses guerres contre le Prophète (s), Abu Sufyan embrassa l'islam en 8 H (629 C), lors de la libération de La Mecque avec l'intermédiation de Abbas b. 'Abd al-Muttalib (l’oncle paternel du Prophète (s) ). Abu Sufyan alla chez le Prophète (s) et accepta l'islam[22] et le Prophète (s) déclara sa maison en tant qu’un refuge sécuritaire[23].

Dès lors, Abu Sufyan et sa famille devinrent des musulmans[24]. La même année, Abu Sufyan commanda un groupe de guerriers dans la bataille de Hunayn. À la fin de la guerre, le Prophète (s) donna à Abu Sufyan et à ses enfants une plus grande part du butin de la guerre[25].

Selon certains récits, le Prophète (s) nomma Abu Sufyan au poste de gouverneur de Najrân[26]. Mais cette déclaration n’est pas unanime parmi tous les historiens[27].

Il est dit qu’Abu Sufyân perdit un de ses yeux dans la bataille de Tâ’if[28]. Après cet événement, le Prophète (s) l’envoya à Ta'if pour recueillir des dons de bienfaisance[29].

Relation avec les trois califes

Selon certaines narrations, lors du décès du Prophète (s), Abu Sufyan fut le gouverneur de Najrân[30]. Il alla à La Mecque et resta là-bas un certain temps, puis il alla à Médine et y demeura.

Califat d'Abu Bakr

Article connexe : Abû Bakr.

Après qu’Abu Bakr eut atteint le califat, Abu Sufyan probablement, complota contre lui, car il semblait insatisfait qu’un homme d’une tribu inférieure devint le calife[31].

Néanmoins, il participa à la bataille de Yarmûk[32] qui fut commandé par son fils Yazid et encouragea l'armée musulmane à combattre et à montrer sa stabilité.

Il est dit qu’il perdit son autre œil dans cette bataille[33].

Califat de Umar

Article connexe : Umar.

Certains suggèrent qu’Abu Sufyan avertit son fils Muawiya de s'opposer à Umar et lui conseilla de le suivre[34]. Il semble qu’Abu Sufyan ait commis certaines erreurs pendant le califat de 'Umar et fut averti par lui.

Califat de Uthman

Article connexe : Uthman.

Quand Uthman fut choisi comme calife, Abu Sufyan alla chez lui et dit aux Omeyades présents :

Maintenant que la sphère du califat est tombée dans vos mains, tournez-la entre vous-même et ne la perdez pas[35].

Décès

Nous n’avons pas accès à beaucoup d’informations sur la date de sa mort. Selon, al-Waqidi[36], il est mort cinq ans avant l’assassinat de Uthman en 30 H ( 651 C), mais les années 31 H (652 C) à 33 H (654 C) furent également signalées[37].

Abu Sufyan dans le cinéma et dans la télévision

Des films cinématographiques et des séries télévisées ont été réalisés en Iran et aux autres pays dont Abu Sufyan était un des personnages. Certains de ces films et de ces séries sont :

Al-Rawlah (film) réalisé par Mustafa Aqqâd. L'acteur égyptien Hamd Ghayth a interprété le rôle d'Abu Sufyan. Panâhandi va Sîâh Sipîd (téléfilm), réalisé par Muhammad Taqîi Ansârî. Hassan Juharchî a interprété le rôle d'Abu Sufyan. Muhammad (film) réalisé par Majid Majidi. Daryûch Farhang a interprété le rôle d'Abu Sufyan.

Voir aussi

Références

  1. Al-Wâqidî,Muhammad b. 'Umar, et Marsden Jones, al-Maghazi, vol. 2, p. 817
  2. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.4, p. 13
  3. Isfahânî, Abû-Alfaraj, al-Aghânî vol. 6, p. 34 et Ibn Ghudâma Muqaddasî, Abd Allah b. Ahmad, at-Tabyîn fî Ansâb al-Qurashiyyîn, p. 202
  4. Ibn Qutayba, Abd Allah b. Muslim, al-Ma'ârif, p 344- 345
  5. Ibn Sa'd, Muhammad at-Tabaqât al-Kubrâ, vol.8, p. 96
  6. Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Futûh, p.129
  7. Ibn Habîb, Muhammad, Al-Munammaq î Akhbâr Quraysh , p. 368
  8. Ibn 'Abd al-Birr, Yûsuf b 'Abd Allah, al-Istî'âb, vol. 2, p. 715
  9. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ; Ansâb al-Ashrâf, vol.1, p. 124
  10. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ; Ansâb al-Ashrâf, vol.1, p. 13
  11. Ibn Habîb, Muhammad. Al-Munammaq fî Akhbâr Quraysh, p388
  12. al-Bukhari, Sahih al-Bukhâri, vol.1, p. 91; Vol.2, p. 108
  13. 'Urwat b. Al-Zubayr, Maghâzî Rasûl Allâh, p. 131-137
  14. Ibn Hishâm, Abd al-Malik, as-Sîrat an-Nabwîya, vol. 2, p. 305-306
  15. Ibn Ishâq, Muhammad, as-Sîyar, pp. 310-312 et Al-Wâqidî, al-Maghâzî,vol. 1, p.18 et Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf,vol. 1, p. 310
  16. Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf,vol. 1, p. 312
  17. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.1, p. 327; Ibn Is'hâq, Muhammad, as-Sîyar, pp. 333-4; Ibn Hishâm, Abd al-Malik, as-Sârat an-Nabawîya, vol.3, pp. 99-100
  18. Ibn Hishâm, as-Sirat an-Nabawîya, vol 3, p220-221
  19. Ibn Hishâm, as-Sirat an-Nabawîya, vol 3, p 225-226
  20. Al-Balâdhurî, Ahmah b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol 1, p 343-345
  21. Ibn Hishâm, as-Sirat an-Nabawîya, vol 4, p 27-29
  22. Wâqidî, Muhammad b. 'Umar, Al-Waqidî, al-Maghâzî, vol.2, pp. 817-818
  23. Al-Wâqidî, al-Maghâzî, vol.2, pp. 817-8; Ibn Hishâm, as-Sîrat an-Nabawîya, vol.4, p. 46
  24. Al-Kalbî, Hishâm b. Muhammad, Jamharât an-Nasab, p. 49
  25. Al-Wâqidî, Muhammad b. 'Umar, al-Maghâzî, vol.2, pp. 944-5; At-Tabarî, Târîkh Tabarî, vol.1, p. 1679
  26. Ibn 'Abd al-birr, al-Estî'âb, vol. 2, p. 714
  27. Ibn-i Hajar, 'Asqalânî, al- Asâba fî Tamyyîz as-Sahâba, vol.3, p. 333
  28. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.4, p 8
  29. Ibn Qutayba, Abd Allah b. Muslim, al- Imamat wa as-Siyasa, Ma'ârif, p. 344 ; Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.1, p. 530
  30. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.4, pp. 7,12 et Al-Kalbî, Hishâm b. Muhammad, Jamharât an-Nasâb, p. 49
  31. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.1, p529, 588 et At-Tabaî, Muhammad b. Jarîr, Târikh Tabaî, vol.1, p. 1827
  32. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.4, p11 et Ibn Athîr, Usd al-Ghâba, Ali b. Muhammad, vol.2, p. 13
  33. At-Tabaî, Muhammad b. Jarîr, Târikh Tabaî, vol.1, p. 2101
  34. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.4, p.9
  35. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.4, p.12 et Isfahânî, Abu al-Faraj, al-Aghânî, vol 6, p 356
  36. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.4, p.13
  37. Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, vol.4, p.9 et Tabarî, Muhammad b. Jarîr, Târîkh at-Tabarî