Sayyid Muhammad Kâzim Tabâtbâ'î Yazdî

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Sayyid Muhammad Kâzim Tabâtbâ'î Yazdî (en persan : سيد محمد كاظم الطباطبائی يزدی) (1248-1337 H) est l'un des jurisconsultes chiites et l'auteur du livre al-'Urwat al-Wuthqâ, qui est devenu un marja' après le décès de Sayyid Muhammad Hasan Shîrâzî. Il était un opposant au mouvement constitutionnel. Sayyid Yazdî a publié une fatwa, selon laquelle les musulmans doivent défendre leur patrie contre l'attaque de l'Italie contre la Libye, l'attaque de l'Angleterre contre l'Irak et l'attaque de la Russie contre l'Iran.

Muhammad Bâqir an-Najafî et Mirzâ Muhammad Hasan Shîrâzî étaient parmi les professeurs de Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî, et certains de ses élèves incluent : Muhammad Husayn Kâshif al-Ghitâ', Âqâ Dîyâ' Irâqî, Sayyid Abd al-Husayn Sharaf ad-Dîn, Hasan Ali Nukhudakî Isfahânî, Sayyid Muhammad Taqî Khwansârî, Sayyid Muhsin al-Amîn et Âqâ Buzurg Tihrânî.

Le livre de 'Urwat al-Wuthqâ de Sayyid Yazdî est l'un des livres les plus célèbres dans les séminaires et de nombreuses explications et marges sont écrites sur ce livre.

Biographie

Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî est né dans le village de Kisnavîya à Yazd en Iran.[1] Son père Sayyid Abd al-'Azîm était fermier. Sa lignée remonte à Sayyids Tabâtabâ'î et à l'Imam al-Hasan al-Mujtabâ (a).[2] Il existe des différences quant à l'année de naissance de Sayyid Muhammad Kâzim : Selon le livre A'yân ash-Shî'a[3] il est né en l'an 1247 H. Ali Davânî dans le livre Nahdat Rawhânîyûn Iran, citant de sa famille, a déclaré l'année 1248 H comme l'année de sa naissance.[4]

Sayyid Muhammad Kâzim est décédé d'une pneumonie le 28 Rajab 1298 H et a été enterré dans la mosquée 'Imrân b. Shâhîn dans le sanctuaire de l'Imam Ali (a).[5] Les chiites et les sunnites ont pleuré son décès en Irak. En Iran, Ahmad Shah était également présent à son assemblée finale.[6]

Sayyid Abd al-'Azîz Tabâtabâ'î Yazdî (1308-1374 H), bibliographe et spécialiste dans la codicologie, est son petit-fils.[7]

Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî s'est marié à Nadjaf. Ses enfants sont : Sayyid Ali, Sayyida Zahra, Sayyid Hasan, Sayyid Mahmûd,[8] Sayyid Asad Allah[9] et Sayyid Muhammad, qui est l'auteur des livres Sahâ'ifat al-Abrâr bi Wadâ'if al-Ashâr et Risâlatun fî Fadl al-Kutub wa Iqtinâ'ihâ[10]. Il a joué un rôle de leader, dans la lutte des nomades contre les forces britanniques à Ahvaz en Iran.[11]

Vie scientifique

Education

Sayyid Muhammad Kâzim était fermier pendant un certain temps ; Mais plus tard, il s'est tourné vers des études scientifiques.[12] En l'an 1256 de l'Hégire lunaire, il a commencé à étudier les cours préparatoires au séminaire à l'école Muhsinîyya ou Duminâr à Yazd en Iran.[13] Quatre ans plus tard, il est allé à Mechhed pour poursuivre ses études et a suivi le cours du niveau supérieur du séminaire. Il a également étudié l'astronomie et les mathématiques.

En l'an 1265 H, il a émigré à Ispahan[14] et s'est installé à l'école de Sadr et a suivi les cours de Cheikh Muhammad Bâqir an-Najafî pour obtenir de lui la permission de faire l'ijtihad.[15]

En l'an 1281 H, il est allé à Nadjaf avec la permission et l'introduction de Muhammad Bâqir an-Najafî Isfahânî[16] et s'est installé à l'école de Sadr à Nadjaf. L'arrivée de Sayyid à Najaf a coïncidé avec le décès de cheikh Murtadâ al-Ansârî et le transfert d'al-Marja'îyya à Mîrzâ ash-Shîrâzî. Après un certain temps, il est devenu l'imam de la prière de la congrégation dans la cour de 'Alawî.[17]

Après que Mîrzâ ash-Shîrâzî soit allé à Samarra, Sayyid Kâzim est resté à Nadjaf et a commencé à enseigner les sciences du séminaire jusqu'à ce qu'il atteigne al-Marja'îyyat.[18]

Position scientifique

Selon les rapports du livre A'yân ash-Shî'a, environ deux cents personnes sont participées dans le cercle de l'enseignement de Sayyid Yazdî.[19] Muhsin al-Amîn l'a présenté comme jurisconsulte, lexicographe et écrivain, et dit que son livre al-'Urwat al-Wuthqâ était si important que quiconque voulait être en position d'al-Marja'îyyat a écrit un scolie à ce sujet.20] Muhammad Gharavî a présenté Sayyid Kâzim Yazdî comme une mer de connaissances et de recherche et spéciale dans les sciences rationnelles et narratives dans son livre Ma'a 'Ulamâ' an-Najaf al-Ashraf. Il a également eu la présence d'esprit sur toutes les branches de la jurisprudence et les sources de hadiths.[21]

Sayyid Mûsâ Shubiyrî a raconté à travers Âqâ Dîyâ' Irâqî que Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî était plus savant que Âkhûnd Khurâsânî, et la raison en était les efforts et la précision de Sayyid Yazdî dans la jurisprudence.

Marja'îyyat

Sayyid Muhammad Kâzim Tabâtabâ'î Yazdî a atteint la position d'al-Marja'îyyat en l'an 1312 H, après le décès de Mîrzâ ash-Shîrâzî. À cette époque, Âkhûnd Khurâsânî et cheikh Muhammad Tâhâ Najaf faisaient partie des Marja' (autorités) chiites vivantes et, après leur décès, Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî est devenu la seule marja' de son temps.[23]

Professeurs

Elèves

Le nombre d'd'élèves de Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî, comme il est indiqué dans les articles de son congrès de commémoration, est mentionné comme 350 personnes[34] ; mais, selon une autre recherche, ses étudiants étaient au moins 750.[35] Certains de ses étudiants sont :

Certains ont considéré cheikh Abd al-Karîm Hâ'irî et Sayyid Husayn Burûjirdî comme des élèves de Sayyid Kâzim Yazdî, mais selon Sayyid Mûsâ Shubayrî, cette affirmation est fausse et les deux étaient en fait des élèves d'Âkhûnd Khurâsânî.

Œuvres

Abu al-Hasanî a mentionné dans son livre Farâtar az Rawish Âzmûn wa Khatâ (Au-delà de la méthode d'essais et erreurs), 25 oeuvres sur la jurisprudence et principes la jurisprudence pour Muhammad Kâzim Yazdî. Son livre le plus important et le plus célèbre est al-'Urwat al-Wuthqâ. Ce livre a pris une place centrale dans les discussions argumentatives jurisprudentielles pour les érudits, les marja' et les jurisconsultes, et des dizaines de commentaires et d'annotations ont été écrits à son sujet. Son importance est telle que l'auteur est appelé Sâhib al-'Urwa (propriétaire d'al-'Urwa).

Point de vue politique

On dit que Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî avait moins d'activités politiques que d'autres Marja' contemporains tels qu'Âkhûnd Khurâsânî. Ses activités politiques se limitaient principalement à l'émission de télégrammes et à la rédaction de déclarations. Cependant, en raison de sa position en tant que Marja' Taqlîd, même cette quantité d'activités était très importante.

Certains des activités politiques de Sayyid Kâzim Yazdî sont :

Soutenir la société Isâmîyya

En l'an 1316 H, certains gens religieux ont fondé la société islamique à Ispahan en Iran pour lutter contre la pénétration économique étrangère. Sayyid Muhammad Kâzim Tabâtabâ'î Yazdî, avec d'autres érudits tels qu'Âkhûnd Khurâsânî, Mîrzâ Husayn Nûrî, Sharîf Isfahânî et Sayyid Ismâ'îl Sadr, ont soutenu cette société en écrivant une marge sur le livre Libâs at-Taqwâ, qui avait été écrit pour soutenir cette entreprise et encourager les gens à acheter des produits nationaux, l'a confirmé.[44]

Fatwa contre le colonialisme italien, russe et britannique

En réaction à l'occupation de la Libye par les forces italiennes et à l'attaque des forces russes et britanniques contre l'Iran, Sayyid Kâzim Yazdî a émis une fatwa en l'an 1329 H, dans laquelle il considérait que tous les musulmans, - qu'ils soient Arabes ou Iraniens -, étaient tenus de se préparer à repousser les infidèles des terres islamiques.

Déclaration de Jihad contre l'Angleterre

Pendant la Première Guerre mondiale et avec l'occupation de l'Irak par les forces britanniques, Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî, accompagné de savants tels que Mîrzâ Muhammad Taqî Shîrâzî et cheikh ash-Sharî'a Isfahânî, a déclaré le jihad contre les Anglais. Dans ce jihad contre les Anglais, son fils, Sayyid Muhammad, était tombé en martyre.

Mouvement constitutionnel

Pendant la Révolution constitutionnelle en Iran, Sayyid Yazdî était en accord avec cheikh Fadl Allah Nûrî et considérait que le soutien au Parlement était conditionné par la conformité totale de ses décisions avec les normes islamiques. Lorsque cheikh Fadl Allah s'est réfugié dans le sanctuaire de Abd al-'Azîm al-Hasanî, Sayyid Yazdî l'a fortement soutenu.

Après la dissolution du Parlement et lorsque Âkhûnd Khurâsânî a fait de grands efforts pour relancer le Mouvement constitutionnel, Sayyid Yazdî a émis une fatwa déclarant l'illégitimité du mouvement pour empêcher sa renaissance.

Activités sociales

Il est dit que Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî était attentif à l'aménagement des villes et des villages, et a construit des mosquées, des bains publics et des caravansérails. Il s'est également intéressé à la construction d'édifices scientifiques. Le plus célèbre séminaire de Nadjaf, désormais connue sous le nom de Madrasa Sayyid (école de Sayyid), était construit grâce à ses efforts.

Il a également fondé un lieu d'hébergement pour les pèlerins dans le quartier d'al-'Amâra à Nadjaf, appelé Khân az-Zâ'irîn, qui est devenu une école en 1384 H.

Commémoration

Le 14 mars en l'an 2013 C, afin de commémorer la personnalité de Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî, un congrès intitulé « Congrès international de Sâhib al-'Urwa » a été organisé à Qom en Iran. Certains érudits et personnalités d'Iran, d'Irak et d'autres pays ont participé à ce congrès.

Voir aussi

Références

  1. Al-Amîn, A'yân ash-Shî'a, vol 10, p 43, 1403 H
  2. Al-Amîn, A'yân ash-Shî'a, vol 10, p 43, 1403 H
  3. Al-Amîn, A'yân ash-Shî'a, vol 10, p 43, 1403 H
  4. Baghr Afshân, Sayyid Muhammad Kâzim Yazdî, Faqîh Dûrandîsh, p 23, 1376 SH
  5. Al-Amîn, A'yân ash-Shî'a, vol 10, p 48, 1403 H
  6. Al-Amîn, A'yân ash-Shî'a, vol 10, p 43, 1403 H
  7. Sharîf Râzî, Ganjîni Dânishmandân, vol 9, p 231, 1370 SH
  8. Mûsavî Durûdî, Zindigînâmi Mukhtasar va Sâl Shumâr Fa'âlîyathâyi 'Ilmî..., p 198
  9. Sharaf ad-Dîn, Ma'a Mawsû'ât Rijâl ash-Shî'a, vol 3, p 360, 1411 H
  10. Âqâ Buzurg Tihrânî, vol 15, p 8, 1403 H
  11. Sharaf ad-Dîn, Ma'a Mawsû'ât Rijâl ash-Shî'a, vol 3, p 360, 1411 H