Brouillon:Porter une bague
Porter une bague (en arabe :التَخَتُّم) fait partie des traditions du Prophète Muhammad (s) et est considéré comme l’un des signes du croyant. De nombreux hadiths soulignent l’importance de cette pratique.
Du point de vue de fiqh, cette tradition comporte des préceptes spécifiques. Ainsi, porter une bague en agate, en particulier pendant la prière, est recommandé. En revanche, le port d’une bague en or est interdit aux hommes et entraîne également la nullité de la prière. De plus, porter une bague sur laquelle sont gravés le nom de Dieu ou des versets du Coran est déconseillé (al-Makrûh) lors de se purifier après avoir fait ses besoins (al-Istinjâ’) et des rapports conjugaux. Enfin, pour la personne en état d’al-Ihrâm[Note 1], le port d’une bague dans un but d’ornement est interdit.
Place et importance
Le port de la bague fait partie des traditions du Prophète Muhammad (s) et, selon les hadiths, il est considéré comme l’un des signes du croyant[1] et du chiite.[2] Dans l’ouvrage de hadith « Wasâ’il ash-Shî‘a », plus de 80 hadiths ont été rassemblés au sujet de l’importance et des préceptes de conduite liées à cette tradition.[3]
Ce thème est également souligné dans des sources éthiques telles que le livre « Hilyat al-Muttaqîn » d’al-‘Allâma al-Majlisî, et les préceptes de fiqh qui s’y rapportent sont exposés dans les ouvrages de fiqh.[4]
Préceptes de fiqh
Pureté : Porter une bague sur laquelle sont gravés le nom d’Allah, des versets du Coran[5] ou les noms des Quatorze Infaillibles (a)[6] est déconseillé (al-Makrûh) lors de se purifier après avoir fait ses besoins ; et si cela entraîne la profanation et l’impureté de ces noms, cela devient interdit.[7] De même, lors des ablutions, il est recommandé de bouger la bague afin que l’eau atteigne la peau située en dessous ; si l’eau n’y parvient pas, il faut l’enlever.[8]

Prière : Porter une bague en agate pendant la prière est recommandé.[9] En revanche, l’usage d’une bague en or pour les hommes, que ce soit dans la prière ou en dehors, est interdit[10] et invalide la prière.[11] De plus, le port de bagues en fer,[12] en laiton ou en acier[13] est déconseillé. Selon l’avis de certains juristes, la prière accomplie avec une bague usurpée est également invalide.[14]
Hadj : Porter une bague en agate jaune est considéré comme l’un des actes recommandés lors du voyage du pèlerinage du hadj.[15] Selon la fatwa de certains jurisconsultes comme l’Ayatollah Khû’î, pour la personne en état d’al-Ihrâm, l’usage d’une bague à des fins d’ornement est interdit.[16] De même, selon l’avis de certains y compris l’imam Khomeiny, par précaution obligatoire[Note 2], le hadj accompli avec une bague impure (an-Najis) est invalide.[17]
Mariage : D’après al-Muhaqqiq al-Bahrânî, le juriste chiite du XIIe siècle de l’hégire, avoir des rapports conjugaux en portant une bague sur laquelle sont gravés le nom de Dieu ou des versets du Coran est déconseillé (al-Makrûh).[18]
Note
- ↑ L’état de consécration rituelle qui est obligatoire pendant l’accomplissement de pèlerinage
- ↑ La précaution ou en arabe al-Ihtîyât (الإحتياط) : le fait d'agir par précaution pour être sûr d'être libéré d'une obligation ; et la précaution obligatoire, par opposition à la précaution recommandée, est une forme de précaution dont le respect est obligatoire et nécessaire.
Références
- ↑ Cheikh Al-Kulaynî, Muhammad b. Ya‘qûb, Al-Kâfî, vol. 6, p. 468, 1407 H.
- ↑ Cheikh Al-Hurr Al-‘Âmilî, Muhammad b. Hasan, Hidâyat Al-Umma, vol. 2, p. 137, 1412 H. ; Al-'Allâma Al-Majlisî, Muhammad Bâqir, Hilyat Al-Muttaqîn, p. 38, 1388 SH.
- ↑ Cheikh Al-Hurr Al-‘Âmilî, Muhammad b. Hasan, Wasâ’il Ash-Shî‘a, vol. 5, pp. 76–99, 1409 H.
- ↑ Tabâtabâ’î Yazdî, Sayyid Muhammad Kâzim, Al-‘Urwat Al-Wuthqâ (édition annotée), vol. 2, p. 361, 1419 H.
- ↑ Al-Bahrânî, Yûsuf b. Ahmad, Al-Hadâ’iq An-Nâdira, vol. 2, p. 76, 1405 H.
- ↑ An-Najafî, Muhammad Hasan, Jawâhir Al-Kalâm, vol. 2, p. 72, 1404 H.
- ↑ An-Najafî, Muhammad Hasan, Jawâhir Al-Kalâm, vol. 2, p. 72, 1404 H
- ↑ An-Najafî, Muhammad Hasan, Jawâhir Al-Kalâm, vol. 2, p. 287, 1404 H
- ↑ Tabâtabâ’î Yazdî, Sayyid Muhammad Kâzim, Al-‘Urwat Al-Wuthqâ (édition annotée), vol. 2, p. 361, 1419 H.
- ↑ An-Najafî, Muhammad Hasan, Jawâhir Al Kalâm, vol. 41, p. 54, 1404 H.
- ↑ Al-‘Âmilî, Muhammad Jawâd, Miftâh Al-Karâma, vol. 5, p. 444, 1419 H.
- ↑ An-Najafî, Muhammad Hasan, Jawâhir Al-Kalâm, vol. 8, p. 264, 1404 H.
- ↑ Al-'Allâma Al-Majlisî, Muhammad Bâqir, Hilyat Al Muttaqîn, p. 38, 1388 SH.
- ↑ Al-‘Allâma Al-Hillî, Hasan b. Yûsuf, Tahrîr Al-Ahkâm, vol. 1, p. 196, 1420 H.
- ↑ Tabâtabâ’î Yazdî, Sayyid Muhammad Kâzim, Al-‘Urwat Al-Wuthqâ (édition annotée), vol. 4, p. 331, 1419 H.
- ↑ Al-Khû’î, Abû al-Qâsim, Mawsû‘at Al-Imâm Al-Khû’î, vol. 28, p. 452, 1418 H.
- ↑ Khomeynî, Rûh Allah, Tahrîr Al-Wasîla, vol. 1, pp. 429–430, Qom, Dâr Al-‘Ilm, s.d.
- ↑ Al-Bahrânî, Yûsuf b. Ahmad, Al-Hadâ’iq An-Nâdira, vol. 23, p. 138, 1405 H.
Bibliographie
- Al ‘Allâma Al Hillî, Hasan b. Yûsuf, Tahrîr Al Ahkâm Al Shar‘iyya ‘Alâ Madhhab Al Imâmiyya, Qom, Mu’assisiyi Imam as-Sâdiq (ʿa), 1420 H.
- Al ‘Âmilî, Sayyid Javâd b. Muhammad, Miftâh Al Karâma fî Sharh Qawâ‘id Al ‘Allâma, Qom, Daftari Intishârâti Islâmî (vabastih bi Jâmi‘iyi Mudarrisîni Howzihyi ‘Ilmîyiyi Qom), 1419 H.
- Al-'Allâma Al-Majlisî, Muhammad Bâqir, Hilyat Al Muttaqîn, Qom, Intishârâti Masjidi Muqaddasi Jamkarân, 1388 SH.
- Al Bahrânî, Yûsuf b. Ahmad, Al Hadâ’iq Al Nâdira fî Ahkâm Al ‘Itrat At Tâhira, Qom, Daftari Intishârâti Islâmî (Vâbasti bi Jâmi‘iyi Mudarrisîni Howzihyi ‘Ilmîyiyi Qom), 1405 H.
- Al Khû’î, Sayyid Abû al-Qâsim, Mawsû‘at Al Imâm Al Khû’î, Qom, Mu’assisiyi Ihyâ’i Âthâri Al Imâm Al Khû’î, 1418 H.
- An Najafî, Muhammad Hasan, Jawâhir Al Kalâm fî Sharh Sharâ’i‘ Al-Islâm, éd. critique par ‘Abbâs Qûchânî et Ali Âkhûndî, Biyrouth, Dâr Ihyâ’ At Turâth Al ‘Arabî, 7e éd., 1404 H.
- Ash Shahîd Al Awwal (Muhammad b. Makkî), Dhikrâ Ash-Shî‘a fî Ahkâm Ash Sharî‘a, Qom, Mu’assisiyi Âl Al Bayt (ʿa), 1419 H.
- Cheikh Al-Hurr Al ‘Âmilî, Muhammad b. Hasan, Hidâyat Al Umma ilâ Ahkâm Al A’imma – Muntakhab Al Masâ’il, Mashhad, Majma‘ Al Buhûth Al-Islâmîya, 1412 H.
- Cheikh Al-Hurr Al ‘Âmilî, Muhammad b. Hasan, Wasâ’il Ash-Shî‘a, Qom, Mu’assisiyi Âl Al Bayt (ʿa), 1409 H.
- Cheikh Al Kulaynî, Muhammad b. Ya‘qûb, Al Kâfî, Téhéran, Dâr Al Kutub Al-Islâmîyya, 1407 H.
- Khomeynî, Sayyid Rûh Allah, Tahrîr Al Wasîla, Qom, Mu’assisiyi Matbû‘âti Dâr Al ‘Ilm, 1re éd., s.d.
- Khûzânî, Muhammad Ibrâhîm, Risâlit Istihbâb At Takhattum bi al Yamîn, Ispahan, Markazi Tahqîqâti Râyâni’îyi Howzihyi ‘Ilmîyiyi Ispahan, 1429 H.
- Tabâtabâ’î Yazdî, Sayyid Muhammad Kâzim, Al ‘Urwat Al Wuthqâ fî mâ Ta‘umm bihi Al Balwâ (édition annotée), Qom, Daftari Intishârâti Islâmî (vabastih bi Jâmi‘iyi Mudarrisîni Howzihyi ‘Ilmîyiyi Qom), 1419 H.