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Brouillon:Siège des Banû Hachim dans Shi‘b Abî Tâlib

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Siège des Banû Hachim dans Shi‘b Abî Tâlib (en arabe :حصار بني هاشم في شعب أبي طالب) était un blocus total, économique, social et politique, imposé par les qurayshites contre le Prophète Muhammad (s) et les Banû Hachim, dans le but de forcer ceux-ci à arrêter l’appel islamique à La Mecque. Shi‘b Abî Tâlib était une vallée située à proximité de la Mosquée sacrée, derrière les monts de Safâ et Marwa, à l’entrée et dans l’intervalle entre le mont Abû Qubays et le mont Khandama. Sept ans après al-Bi‘tha, les polythéistes de La Mecque ont déclaré un boycott contre le Prophète Muhammad (s), Banû Hachim et les musulmans. Ils recoururent donc à la Vallée connue sous le nom de Shi‘b Abî Tâlib pendant trois ans sous blocus. Conformément à un accord rédigé par les chefs de la tribu de Quraysh, toute relation commerciale, mariage et interaction sociale avec les assiégés a été coupée.

Ce boycott dura trois ans et leur imposa de nombreuses épreuves et de grandes souffrances. Selon les sources historiques, le Messager de Dieu (s) annonça que le pacte fut rongé par des termites et que seul le nom d’Allah y est resté intact. Après la vérification et la confirmation de cet événement, le blocus prit fin.

Raisons du blocus et son contexte

Selon le rapport d’Ibn Sa‘d, l’historien sunnite, l'accueil chaleureux de Najâshî, le roi d'Éthiopie aux musulmans provoqua la colère des polythéistes de Quraysh, qui décidèrent d'assassiner l’Envoyé de Dieu Muhammad (s). Les chefs de Quraysh rédigèrent un pacte à la main de Mansûr b. ‘Akrama et, en l’ont affiché à la Kaaba, jurant de respecter ses termes.[1]

Dispositions du pacte

Selon ce pacte, toute transaction commerciale, relation sociale et mariage avec les partisans du Prophète Muhammad (s) était interdite. La seule condition pour lever le blocus était la reddition du Prophète (s) aux Quraysh afin de le tuer. Ce pacte fut exécuté par la signature de presque tous les grands hommes des Quraysh, à l’exception de Mut’im b. ‘Adî[2] ; ainsi tout nouvel arrivant à La Mecque fut également empêché de commercer avec les Banû Hâchim ; en cas d’infraction, ses biens étaient confisqués.[3]

Etat des Banû Hachim pendant le blocus

Le guide suprême d’Iran, l’Ayatollah Khamenei : Shi‘b Abî Tâlib est une période très difficile de l’histoire du début de l’islam. L’appel public du Prophète (s) avait commencé, et progressivement, les habitants de La Mecque, en particulier les jeunes et les esclaves, se sont ralliés à lui. Les figures majeures du camp tyrannique, comme Abû Lahab, Abû Jahl et d’autres, ont constaté qu’il ne leur restait aucune autre solution que d’expulser le Prophète (s) et tous ceux qui étaient autour de lui hors de La Mecque. Ils l’ont fait, et les musulmans se sont réfugiés par contrainte dans la vallée d’Abî Tâlib … À La Mecque, les journées ont été chaudes et les nuits infiniment froides, c’est-à-dire dans des conditions presque insupportables. Ils ont vécu pendant trois ans dans ces déserts. Combien ils ont souffert de la faim, combien de difficultés ils ont endurées, combien de peines ils ont traversées, Dieu seul le sait. L’une des périodes les plus difficiles pour le Prophète a été là. Pendant cette période, la responsabilité du Prophète ne se limitait pas à la direction d’une communauté : il devait également pouvoir défendre ses actions devant ceux qui souffraient. Dans ces circonstances, le rôle de Fatima Zahra (a) a été celui d’une mère, d’une conseillère et d’une infirmière pour le Prophète. C’est là qu’on a dit qu’elle était « Umm Abîhâ » (la mère de son père).[4]

En réaction à la pression des qurayshites, les Banû Hachim, à l’exception d’Abû Lahab et de sa famille, se réunirent à l’invitation d’Abû Talib dans la vallée d’Abî Tâlib, une vallée située en périphérie de La Mecque.[5]

Les musulmans n’étaient autorisés à quitter la vallée pour acheter et vendre que pendant les jours du hadj.[6] Ibn Sa‘d rapporte que le blocus commença au mois de Muharram de la septième année de l’hégire[7] et dura trois[8] ou quatre ans.[9]

Ce blocus fut marqué par la dureté et le manque, et la faim toucha fortement les assiégés.[10] Les qurayshites empêchèrent toute provision d’atteindre les Banû Hachim. Cependant, certaines personnes leur apportaient secrètement des quantités limitées de nourriture aux assiégés. Hakîm b. Hizâm,[11] le neveu de Sayyida Khadidja (a), Abu al-‘Âs b. ar-Rabî‘[12] (le gendre du Prophète Muhammad (s))) et Hishâm b. ‘Amr transportaient la nuit du blé et de la dattes sur des chameaux et les laissaient près de la vallée.[13] L’Imam Ali (a) mentionna la souffrance des musulmans dans la vallée d’Abî Tâlib dans sa lettre à Muawiya.[14]

Stratégie des musulmans face au siège

Lors du siège dans Shi‘b Abî Tâlib (une vallée nommée Abî Tâlib), les musulmans résistèrent aux pressions de la tribu de Quraych en utilisant diverses stratégies. La richesse de Sayyida Khadidja (a) était la principale source de financement pour les assiégés.[15] De plus, la prescription de l’aumône et de la zakat renforça également en tant que mécanisme de coopération et de soutien internes.[16] Aussi, certains polythéistes apportèrent de la nourriture secrètement, motivés par les liens de parenté tribale[17] ; les sanctions étaient également enfreintes secrètement par certains musulmans, dont le Prince des commandeurs Ali (a).[18]

Abû Talib (l’oncle du Prophète Muhammad (s)) prit des mesures de sécurité pour protéger le Prophète (a), notamment en désignant des gardes[19] et en changeant chaque nuit l’endroit où il dormait.[20]

Cette période se déroula grâce au renforcement de la spiritualité par la révélation des versets contenants des récits coraniques,[21] à la stabilité des dirigeants c’est-à-dire le Messager de Dieu (s) et Abû Talib,[22] et à la formation d’une solidarité sociale parmi les musulmans.[23] La patience et l'unité des musulmans provoquèrent des divisions parmi les chefs des Quraych, aboutissant finalement à l'échec du siège.[24]

Fin du siège

Au cours de la dixième année de l’hégire après la prophétie, l’opposition d’Abû Jahl à l’envoi de provisions à Sayyida Khadidja (a) par Hakîm b. Hizâm suscita les protestations et les reproches de certains notables de Quraysh.[25] Cet événement conduisit progressivement au regret d’un groupe de polythéistes et à leur soutien envers les Banû Hachim. En protestant contre l’inégalité des conditions de vie entre les tribus, un certain nombre de signataires du pacte décidèrent de l’annuler. Selon le rapport d’Ibn Hishâm, l'historien sunnite, lors de l’examen du document, ils constatèrent que des termites avaient détruit tout le texte du pacte à l’exception de la formule « Bismika Allâhumma » (en Ton nom, ô Allah).[26] D’après un autre rapport, le Prophète Muhammad (s) fut informé par révélation que le pacte avait été rongé.[27] Abû Talib proposa à Quraysh que, si cette information s’avérait exacte, le blocus prenne fin, et que, dans le cas contraire, il livrerait le Prophète (s). Après la confirmation de la véracité des propos du Messager d’Allah (s), le siège fut levé.[28]

Références

  1. Ibn Sa‘d, at-Tabâqât al-Kubrâ, vol 1, p. 163, 1410 H.
  2. Ibn Al-Kathîr, al-Bidâya wa an-Nihâya, vol 3, pp. 84–86, 1407 H ; Ibn Sa‘d, at-Tabâqât al-Kubrâ, vol 1, p. 163, 1410 H.
  3. 3. Tabarsî, A‘lâm al-Warâ, Mu’assasa Âl al-Bayt, vol 1, p. 126.
  4. https://farsi.khamenei.ir/newspart-index?tid=2096
  5. Al-Miqrîzî, Imtâ‘ al-Asmâ‘, vol 1, p. 44, 1420 H.
  6. Tabarsî, A‘lâm al-Warâ, Mu’assasa Âl al-Bayt, vol 1, p. 127.
  7. Ibn Sa‘d, at-Tabâqât al-Kubrâ, vol 1, p. 163, 1410 H.
  8. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 1, p. 234, 1417 H.
  9. Tabarsî, A‘lâm al-Warâ, Mu’assasa Âl al-Bayt, vol 1, pp. 127–128.
  10. Tabarsî, A‘lâm al-Warâ, Mu’assasa Âl al-Bayt, vol 1, p. 127 ; Qâ’idân, Târîkh Va Âthâri Islâmî Makki Va Madîni, p. 114, 1381 SH.
  11. Ibn Hishâm, as-Sîra an-Nabawîyya, vol 1, p. 354.
  12. Tabarsî, A‘lâm al-Warâ, Mu’assasa Âl al-Bayt, vol 1, p. 128.
  13. Ibn Hishâm, as-Sîra an-Nabawîyya, vol 1, p. 354.
  14. Nasr b. Muzâhim, Waq‘at as-Siffîn, section 2, p. 89, 1404 H.
  15. Al-Ya‘qûbî, Târîkh al-Ya‘qûbî, Nashr Dâr Sâdir, vol 2, p. 31 ; ‘Âmilî, as-Sahîh Min Sîrat an-Nabî al-A‘zam, Dâr al-Hâdî, vol 3, p. 196.
  16. Qâsimzâdi et Ahmadvand, «Vâkâvî Muhâsiri Iqtisâdî Va Ijtimâ‘îyi Payâmbar Akram (s) Va Piyruvânash Dar Shi‘b Abî Tâlib», p. 63.
  17. Ibn Al-Kathîr, al-Bidâya Wa an-Nihâya, Dâr al-Fikr, vol 3, p. 88.
  18. Iskâfî, al-Mi‘yâr Wa al-Muwâzana, p. 89, 1402 H.
  19. Tabarsî, A‘lâm al-Warâ, Mu’assasa Âl al-Bayt, vol 1, p. 126.
  20. Ibn Abî al-Hadîd, Sharh Nahj al-Balâgha, vol 14, p. 64.
  21. Sayyid Husaynzâdi Yazdî et Sharîfzâdi, «Sîriyi Payâmbar Akram (s) Dar Muqâbili Bâ Tahdîdhâyi Iqtisâdî», p. 11.
  22. Ibn Al-Kathîr, al-Bidâya Wa an-Nihâya, Dâr al-Fikr, vol 3, p. 84.
  23. Zargarinizhâd, Târîkh Sadr Islâm ('Asr Nubuwwat), pp. 281–282, 1384 SH.
  24. Sayyid Husaynzâdi Yazdî et Sharîfzâdi, «Sîriyi Payâmbar Akram (s) Dar Muqâbili Bâ Tahdîdhâyi Iqtisâdî», p. 11.
  25. Ibn Hishâm, as-Sîra an-Nabawîyya, Dâr al-Ma‘rifa, vol 1, p. 353.
  26. Ibn Hishâm, as-Sîra an-Nabawîyya, Dâr al-Ma‘rifa, vol 1, pp. 374–376.
  27. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 1, p. 234, 1417 H.
  28. Ibn Sa‘d, at-Tabâqât al-Kubrâ, vol 1, p. 164, 1410 H.

Bibliographie

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  • Al-Balâdhurî, Ahmad b. Yahyâ, Ansâb al-Ashrâf, Beyrouth, Dâr al-Fikr, 1417 H.
  • Al-Miqrîzî, Ahmad b. Ali, Imtâ‘ al-Asmâ‘ Bi Mâ Li an-Nabî Min al-Ahwâl Wa al-Amwâl Wa al-Hafada Wa al-Matâ‘, Chercheur Muhammad ‘Abd al-Hamîd Numaysî, Beyrouth, Dâr al-Kutub al-‘Ilmîyya, 1420 H.
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  • Ibn Al-Kathîr, Ismâ‘îl b. ‘Umar, al-Bidâya Wa an-Nihâya, Beyrouth, Dâr al-Fikr, 1407 H.
  • Ibn Hishâm, ‘Abd al-Malik, as-Sîra an-Nabawîyya, Chercheur Mustafâ as-Saqqâ, Ibrâhîm al-Abyârî Wa ‘Abd al-Hafîz Shalabî, Beyrouth, Dâr al-Ma‘rifa, s.d.
  • Ibn Sa‘d, Muhammad, at-Tabâqât al-Kubrâ, Chercheur Muhammad ‘Abd al-Qâdir ‘Atâ, Beyrouth, Dâr al-Kutub al-‘Ilmiyya, Première Édition, 1410 H.
  • Iskâfî, Muhammad b. ‘Abd Allâh, al-Mi‘yâr Wa al-Muwâzana Fî Fazâ’il al-Imam Amîr al-Mu’minîn Ali b. Abî Tâlib (a) Wa Bayân Afdalîyyatih ‘Alâ Jamî‘ al-‘Âlamîn Ba‘d al-Anbîyâ’ Wa al-Mursalîn, Chercheur Muhammad Bâqir Mahmûdî, 1402 H.
  • Ja‘farîyân, Rasûl, Âthâri Islâmî Makki Va Madîni, Téhéran, Nashr Mash‘ar, Neuvième Édition, 1387 SH.
  • Qâ’idân, Asghar, Târîkh Va Âthâryi Islâmî Makki Va Madîni, Téhéran, Nashr Mash‘ar, Quatrième Édition, 1381 SH.
  • Qâsimzâdi, Iftikhâr et Fâtima Ahmadvand, « Vâkâvî Muhâsiriyi Iqtisâdî Va Ijtimâ‘îyi Payâmbar Akram (s) Va Payravânash Dar Shi‘b Abî Tâlib », Târîkh Va Sîra Ahl al-Bayt, No. 4, Automne–Hiver 1399 SH.
  • Sayyid Husaynzâdi Yazdî, Sa‘îd ; Muhammad Javâd Sharîfzâdi, «سیره پیامبر اکرم(ص) در مقابله با تهدیدهای اقتصادی» (La conduite du Noble Prophète (psl) face aux menaces économiques), Iqtisâd Islâmî, n° 62, 2016.
  • Shahîdî, Sayyid Ja‘far, Târîkh Tahlîlî Islâm, Téhéran, Markaz Nashr Dânishgâhî, 1390 SH.
  • Tabarsî, Fadl b. Hasan, A‘lâm al-Warâ Bi-A‘lâm al-Hudâ, Qom, Mu’assasa Âl al-Bayt (a) Liyihyâ’ al-Turâth, s.d.
  • Zargarinizhâd, Ghulâm Husayn, Târîkh Sadr Islâm (Asr Nubuwwat), Téhéran, Intishârât Samt, Troisième Édition, 1384 SH.