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Brouillon:Verset 102 de la sourate an-Nisâ’

De wikishia

Verset 102 de la sourate an-Nisâ’ (en arabe : آية 102 من سورة النساء) décrit la prière de la peur (Salât al-Khawf), qui doit être accomplie en collective sur le champ de bataille face à l’ennemi. Lors d’une des batailles, le Prophète Muhammad (s) se mit en prière avec ses forces avant le début du combat. Les ennemis virent alors cette occasion propice pour attaquer et décidèrent de frapper lors de la prière suivante. C’est à ce moment que l’archange Gabriel descendit et révéla ce verset au Messager de Dieu (s). Le Prophète (s) divisa alors ses forces en deux groupes : l’un accomplissait la prière, tandis que l’autre assurait la protection.

D’après ce verset, l’imam dirigeant la prière de la peur accomplit une seule prière de deux Rak‘a. Le premier groupe fait la première Rak‘a en collective derrière l’imam, et la seconde Rak‘a individuellement et rapidement, avant d’échanger leur place avec le groupe chargé de la protection. Le second groupe se joint ensuite à l’imam qui est en deuxième Rak‘a : ils accomplissent la première Rak‘a en collective avec l’imam, puis la seconde individuellement.

Le verset 102 de la sourate an-Nisâ’ est interprété comme un enseignement selon lequel les musulmans doivent persévérer dans la prière, même sur le champ de bataille. L’Ayatollah Makârim Shîrâzî, l’exégète chiite du Coran du XXIe siècle, souligne dans l’exégèse de ce verset que, bien que la prière collective n’est pas obligatoire, elle fait partie des actes recommandés sur lesquels l’insistance est grande, et ce verset en témoigne.

Texte du verset

وَإِذَا كُنْتَ فِيهِمْ فَأَقَمْتَ لَهُمُ الصَّلَاةَ فَلْتَقُمْ طَائِفَةٌ مِنْهُمْ مَعَكَ وَلْيَأْخُذُوا أَسْلِحَتَهُمْ فَإِذَا سَجَدُوا فَلْيَكُونُوا مِنْ وَرَائِكُمْ وَلْتَأْتِ طَائِفَةٌ أُخْرَى لَمْ يُصَلُّوا فَلْيُصَلُّوا مَعَكَ وَلْيَأْخُذُوا حِذْرَهُمْ وَأَسْلِحَتَهُمْ وَدَّ الَّذِينَ كَفَرُوا لَوْ تَغْفُلُونَ عَنْ أَسْلِحَتِكُمْ وَأَمْتِعَتِكُمْ فَيَمِيلُونَ عَلَيْكُمْ مَيْلَةً وَاحِدَةً وَلَا جُنَاحَ عَلَيْكُمْ إِنْ كَانَ بِكُمْ أَذًى مِنْ مَطَرٍ أَوْ كُنْتُمْ مَرْضَى أَنْ تَضَعُوا أَسْلِحَتَكُمْ وَخُذُوا حِذْرَكُمْ إِنَّ اللَّهَ أَعَدَّ لِلْكَافِرِينَ عَذَابًا مُهِينًا
« Et quand tu te trouves parmi eux [sur le champ de bataille], et que tu diriges pour eux la Prière, qu'un groupe d'entre eux se mette [à la Prière] en ta compagnie muni de leurs armes, lorsque [les hommes de ce groupe] ont terminé la prosternation, qu'ils prennent leurs postes loin de vous (face à l'ennemi); que le deuxième groupe qui n'a pas [encore] prié vienne prier avec toi, muni de ses moyens de défense et de ses armes, [car] les impies [iniques] aimeraient vous voir négliger vos armes et vos bagages pour fondre sur vous tout d'un coup. Nul grief contre vous, si vous posez vos armes lorsque vous êtes gênés par la pluie ou [lorsque vous êtes] malades, mais portez vos moyens de défense. Dieu a réservé aux impies [obstinés] un châtiment humiliant [à cause de leurs injustices et d'avoir corrompu leurs cœurs et ceux des autres]. »
Sourate an-Nisâ', le verset 102

Verset concernant la prière en temps de guerre

Le verset 102 de la sourate an-Nisâ’ parle de la prière de la peur (Salat al-Khawf),[1] qui se fait en collective.[2] Ce verset est lié aux versets précédents qui traitaient du djihad.[3] Selon les versets antérieurs, l’obligation de la prière n’est pas levée en raison du voyage ou du djihad,[4] seule le nombre de Rak‘a est réduit.[5] Ce verset explique la manière d’accomplir la prière de la peur,[6] à savoir que le Prophète Muhammad (s) divisa les troupes en deux groupes et la prière fut récitée en collective.[7]

Circonstance de la révélation

Selon la circonstance de la révélation rapportée dans le livre « Tafsîr al-Qummî » pour le verset 102 de la sourate an-Nisâ’, le Prophète Muhammad (s), accompagné des musulmans, avait l’intention de se rendre à La Mecque pour accomplir al-‘Umra. Les mécréants de Quraysh envoyèrent un groupe pour s’opposer à eux. Le Messager de Dieu (s), avec les musulmans, se tint pour la prière du midi, et les ennemis, voyant une opportunité, décidèrent d’attaquer au moment de la prière suivante. Ce verset fut révélé, et sur sa base, l’Envoyé d’Allah (s) divisa les musulmans en deux groupes : un groupe pour la prière et l’autre pour la protection.[8] Certains autres exégètes du Coran chiites[9] et également des exégètes sunnites rapportèrent la même circonstance de la révélation avec de légères différences.[10]

Certains savants chiites comme cheikh at-Tûsî (d. 460 h)[11] et ‘Allâma al-Majlisî (d. 1110 h),[12] ainsi que certains savants sunnites comme at-Tabarî, l’historien du IIIe siècle de l’hégire,[13] et Ali b. Ahmad al-Wâhidî, le savant du Ve siècle de l’hégire,[14] rapportèrent que cette circonstance de la révélation était liée à la bataille de ‘Usfân, et que le verset avait été révélé lors de ce combat. Certains mentionnèrent que cet événement fut également la raison de la conversion à l’islam de Khalid b. al-Walîd,[15] car il comprit que seul Allah pouvait avoir informé le Prophète (s) de leurs intentions.[16]

Prière de la peur

L’un des cas nécessitant la prière de la peur est la présence d’une peur ou d’une terreur intense, ou d’un engagement violent avec l’ennemi, où il n’est pas possible d’accomplir la prière en respectant toutes ses parties et conditions.[17] Lors d’une guerre, les combattants sont divisés en deux groupes pour accomplir la prière de la peur en collective.[18] La prière de la peur en collective se fait de deux manières :

  • L’imam (celui qui dirige la prière) fait une prière de deux Rak‘a. Le premier groupe suit l’imam pour la première Rak‘a, puis à la deuxième Rak‘a, l’imam reste afin que le groupe puisse accomplir la deuxième Rak‘a individuellement et terminer leur prière. Ensuite, le deuxième groupe suit l’imam jusqu’à at-Tashahhud de l’imam. L’imam attend alors à at-Tashahhud jusqu’à ce que le groupe termine sa deuxième Rak‘a et le rejoigne pour achever la prière.[19] Cette prière est également appelée Dhât ar-Riqâ‘.[20]
  • L’imam fait deux prières de deux Rak‘a : une première fois pour accomplir sa prière obligatoire avec le premier groupe, et une deuxième fois pour accomplir une prière recommandée avec le deuxième groupe. Cette pratique est fondée sur l’avis des juristes qui considèrent qu’il est permis de faire une prière obligatoire derrière l’imam qui fait une prière recommandée.[21]

Nécessité de porter une arme pendant la prière

Le verset 102 de la sourate an-Nisâ’ ordonne aux deux groupes de personnes priant de garder leur arme avec eux pendant la prière.[22] Si, en raison de la pluie ou d’une maladie, ils ne peuvent pas tenir leur arme, il leur est permis de la poser par terre, mais il est recommandé de ne pas négliger la prudence.[23] Certains interprétèrent le terme « arme » comme incluant les moyens de protection, tels que l’armure et le bouclier.[24]

Mise en valeur de l’importance de la prière collective

Le verset 102 de la sourate an-Nisâ’ a été considéré comme allant au-delà de la simple exposition d’un précepte de fiqh relatif à la prière de la peur.[25] L’Ayatollah Makârim Shîrâzî, l’exégète du Coran chiite du XXIe siècle, souligne dans son commentaire de ce verset que, bien que la prière collective n’est pas obligatoire, elle fait partie des actes recommandés sur lesquels l’accent est fortement mis ; et que ce verset, en prescrivant explicitement la prière collective même sur le champ de bataille, témoigne de son importance.[26] Certains exégètes coraniques déduisirent de ce verset que la prière collective est instituée même en temps de guerre, fût-ce avec une seule Rak‘a, ce qui souligne encore davantage la valeur et l’importance de la prière collective.[27]

Références

  1. Cheikh As-Sadûq, Man lâ Yahduruhu al-Faqîh, vol. 1, p. 463, 1413 H.
  2. Mughnîyyah, Al-Kâshif, vol. 2, p. 425, 1424 H.
  3. Al-Qurtubî, Al-Jâmi‘ li Ahkâm al-Qur’ân, vol. 5, p. 364, 1364 SH.
  4. Al-Qurtubî, Al-Jâmi‘ li Ahkâm al-Qur’ân, vol. 5, p. 364, 1364 SH.
  5. Fakhr Ar-Râzî, Mafâtîh al-Ghayb, vol. 11, p. 204, 1420 H.
  6. Makârim Shîrâzî, Tafsîri Nimûni, vol. 4, p. 100, 1374 SH.
  7. Mughnîyyah, Al-Kâshif, vol. 2, p. 425, 1424 H.
  8. Qummî, Tafsîr al-Qummî, vol. 1, p. 150, 1404 H ; ‘Arûsî Huwayzî, Tafsîr Nûr ath-Thaqalayn, vol. 1, p. 544, 1415 H.
  9. ‘Arûsî Huwayzî, Tafsîr Nûr ath-Thaqalayn, vol. 1, p. 544, 1415 H.
  10. Tha‘labî Nîshâbûrî, Al-Kashf wa al-Bayân, vol. 3, p. 375, 1422 H.
  11. Cheikh At-Tûsî, At-Tibyân fî Tafsîr al-Qur’ân, Beyrouth, vol. 3, p. 311.
  12. Al-'Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol. 20, p. 175, 1403 H.
  13. At-Tabarî, Jâmi‘ al-Bayân fî Tafsîr al-Qur’ân, vol. 5, p. 164, 1412 H.
  14. Wâhidî, Asbâb Nuzûl al-Qur’ân, p. 182, 1411 H.
  15. Al-'Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol. 20, p. 175, 1403 H.
  16. Cheikh At-Tûsî, At-Tibyân fî Tafsîr al-Qur’ân, Beyrouth, vol. 3, p. 311.
  17. Cheikh At-Tûsî, Al-Mabsût, vol. 1, pp. 164, 167, 1387 H.
  18. Mudarrisî, Min Hudâ al-Qur’ân, vol. 2, p. 169, 1419 H.
  19. Muhaddith Al-Hillî, Sharâ’i‘ al-Islâm, vol. 1, pp. 120–121, 1408 H.
  20. An-Najafî, Jawâhir al-Kalâm, vol. 14, p. 169, 1404 H.
  21. An-Najafî, Jawâhir al-Kalâm, vol. 14, pp. 163–164, 1404 H.
  22. Cheikh at-Tabarsî, Majma‘ al-Bayân fî Tafsîr al-Qur’ân, vol. 3, pp. 156–157, 1372 SH.
  23. Cheikh at-Tabarsî, Majma‘ al-Bayân fî Tafsîr al-Qur’ân, vol. 3, p. 157, 1372 SH.
  24. Al-Kâshânî, Minhaj as-Sâdiqîn fî Ilzâm al-Mukhâlifîn, vol. 3, p. 103, 1336 SH.
  25. Sayyid Qutb, Fî Zilâl al-Qur’ân, vol. 2, p. 748, 1412 H.
  26. Makârim Shîrâzî, Tafsîri Nimûni, vol. 4, pp. 102–103, 1374 SH.
  27. Qarâ’atî, Tafsîri Nûr, vol. 2, p. 146, 1383 SH.

Bibliographie

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  • Al-'Allâma al-Majlisî, Muhammad Bâqهr, Bihâr al-Anwâr, Beyrouth, Dâr Ihyâ’ at-Turâth al-‘Arabî, deuxième edition, 1403 H.
  • Al-Kâshânî, Mullâ Fath Allâh, Tafsîr Manhaj as-Sâdiqîn fî Ilzâm al-Mukhâlifîn, Téhéran, Librairie Muhammad Hasan ‘Ilmî, 1336 SH.
  • Al-Qurtubî, Muhammad b. Ahmad, Al-Jâmi‘ li Ahkâm al-Qur’ân, Téhéran, Intishârâti Nâsir Khusruw, première edition, 1364 SH.
  • An-Najafî, Muhammad Hasan, Jawâhir al-Kalâm fî Sharh Sharâ’i‘ al-Islâm, correcteur ‘Abbâs Qûchânî et Ali Âkhûndî, Beyrouth, Dâr Ihyâ’ at-Turâth al-‘Arabî, 7th ed., 1404 H.
  • At-Tabarî, Muhammad b. Jarîr, Jâmi‘ al-Bayân fî Tafsîr al-Qur’ân, Beyrouth, Dâr al-Ma‘rifah, 1412 H.
  • At-Turâth al-‘Arabî, première edition, 1422 H.
  • Cheikh As-Sadûq, Man lâ Yahduruhu al-Faqîh, chercheur et correcteur Ali Akbar Ghaffârî, Qom, Daftari Intishârâti Islâmî, deuxième edition, 1413 H.
  • Cheikh at-Tabarsî, Fadhl b. Hasan, Majma‘ al-Bayân fî Tafsîr al-Qur’ân, introduction de Muhammad Jawâd Balâghî, Téhéran, Nâsir Khusruw, troisième edition, 1372 SH.
  • Cheikh At-Tûsî, Muhammad b. Hasan, Al-Mabsût, Téhéran, al-Maktabah al-Murtadawiyyah li-Ihyâ’ al-Âthâr al-Ja‘fariyyah, 1387 H.
  • Cheikh At-Tûsî, Muhammad b. Hasan, At-Tibyân fî Tafsîr al-Qur’ân, introduction de Cheikh Âqâ Buzurg Tihrânî, chercheur Ahmad Qusayr ‘Âmilî, Beyrouth, Dâr Ihyâ’ at-Turâth al-‘Arabî, s. d.
  • Fakhr Ar-Râzî, Abû ‘Abd Allâh Muhammad b. ‘Umar, Mafâtîh al-Ghayb, Beyrouth, Dâr Ihyâ’ at-Turâth al-‘Arabî, troisième edition, 1420 H.
  • Makârim Shîrâzî, Nâsir, Tafsîri Nimûni, Téhéran, Dâr al-Kutub al-Islâmiyyah, première edition, 1374 SH.
  • Mudarrisî, Sayyid Muhammad Taqî, Min Hudâ al-Qur’ân, Téhéran, Dâr Muhibbî al-Husayn, première edition, 1419 H.
  • Mughniyyah, Muhammad Jawâd, Tafsîr al-Kâshif, Téhéran, Dâr al-Kutub al-Islâmiyyah, première edition, 1424 H.
  • Muhaddith Al-Hillî, Najm ad-Dîn Ja‘far b. Hasan, Sharâ’i‘ al-Islâm, Qom, Mu’assisiyi Ismâ‘îliyân, 1408 H.
  • Qâdî Nu‘mân Al-Maghribî, Da‘â’im al-Islâm wa Dhikr al-Halâl wa al-Harâm wa al-Qadâyâ wa al-Ahkâm, chercheur et correcteur Âsif Faydî, Qom, Mu’assasat Âl al-Bayt ‘alayhim as-salâm, deuxième edition, 1385 H.
  • Qarâ’atî, Muhsin, Tafsîri Nûr, Téhéran, Markazi Farhangîyi Darshâyî az Qur’ân, 11th ed., 1383 SH.
  • Qummî, Ali b. Ibrâhîm, Tafsîr al-Qummî, chercheur et correcteur Sayyid Tayyib Mûsavî Jazâ’irî, Qom, Dâr al-Kitâb, troisième edition, 1404 H.
  • Sayyid Qutb, Ibrâhîm Husayn Shâdhilî, Fî Zilâl al-Qur’ân, Beyrouth, Qâhirah, Dâr ash-Shurûq, dix septième edition, 1412 H.
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  • Wâhidî, Ali b. Ahmad, Asbâb Nuzûl al-Qur’ân, chercheur Kamâl Basîûnî Zaghâlûl, Beyrouth, Dâr al-Kutub al-‘Ilmiyyah, première edition, 1411 H.