Purificateurs

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Les purificateurs ou al-Mutahhirât (en arabe : المُطَهِّرات) est une expression juridique pour les choses qui purifient les objets impurs.

L'eau est l'un des purificateurs les plus importants. La purification du corps et du vêtement est obligatoire pour celui qui veut faire la prière ou faire le tour (Tawâf) obligatoire de la Kaâba. La purification de l’endroit de prière, des mosquées et des sanctuaires du prophète (s) et des Imams (a.s) est aussi obligatoire.

De même, il est interdit de manger une chose devenue impure.

Définition

Sens littéraire

al-Mutahhirât (sing. al-Mutahhir) signifie le purificateur, vient de la racine (T.h.R) en signifiant la purification.

Le sens linguistique de la purification est la propreté et le fait d’être exempt de toute souillure (matérielle ou immatérielle).

Al-Mutahhirât dans la terminologie jurisprudentielle

Par l’expression al-mutahhir (le purificateur), les jurisconsultes désignent tout ce qui purifie les choses souillées. Les jurisconsultes sont unanimes à dire que toute chose pure devient impure lorsqu’elle entre en contact avec l’impureté, mais à condition que l’impureté ou la chose pure soit humide lors du contact.

Versets Coraniques

Dieu a dit dans le Coran : « Et tes vêtements, purifie-les ».[1] , Et Il a dit aussi : « Dieu aime ceux qui se repentent et Il aime ceux qui se purifient ».[2]

An-najis et Al-mutanajjis

An-najis (l’Impureté) est une chose qui est par essence impure (comme le chien, le porc, l’urine…), et qui ne pourra jamais devenir pure. Al-mutanajjis (comme une main souillée d’urine) est une chose qui est par essence pure, et qui est devenue impure à la suite d’un contact avec une impureté.

Impuretés matérielles et immatérielles

Avec les mots al-khabath et al-hadath, les jurisconsultes désignent respectivement la souillure matérielle et la souillure immatérielle.

Les impuretés matérielle s'applle al-khabath et elles sont en nombre de dix :

Le sang L’urine Les matières fécales Le sperme Le cadavre Le chien Le porc Le Vin La bière Les Infidèles

Les impuretés immatérielle s'applle al-hadath. Celui-ci divise en deux parties :

  • Al-hadath al-asghar (l’impureté mineure qui correspond à l’état d’une personne après l’excrétion de l’urine, ou après avoir lâché des vents,…). Pour se purifier de cet acte, il faut faire ses ablutions.
  • Al-hadath al-akbar (l’impureté majeure qui correspond à l’état d’une personne après avoir eu des rapports sexuels, ou à l’état d’une femme qui a eu ses règles,…). La purification de cet acte doit se faire par la prise d’un bain rituel.

Il y a une différence entre al-khabath et al-hadath. si, par exemple, on veut enlever al-khabath (tel que le lavage d’un vêtement souillé) on n’aura pas besoin de le faire dans l’intention de se rapprocher de Dieu, alors que si on veut faire ses ablutions pour enlever al-hadath, cette intention sera indispensable.

Certains ont dit : « Dans le cas d’al-khabath, la purification concerne uniquement le corps, et c’est pour cela qu’il n’est pas nécessaire d’avoir l’intention de se rapprocher de Dieu lors de l’enlèvement d’al-khabath. Par contre, lorsqu’on veut enlever al-hadath, cette intention est indispensable car, dans ce cas-là, la purification concerne à la fois le corps et l’âme. » [3]

Purificateurs

Il y a onze choses qui rendent pur ce qui est impur. Les choses considérées comme purificatrices par la loi islamiques sont :

1) Eau

Si on veut purifier une chose souillée avec de l’eau, on devra d’abord enlever an-najâsa (l’impureté). Il n’y aura pas de problème si la couleur de l’impureté, son odeur, ou son goût restent après l’enlèvement de l’impureté et après le lavage.

Pour qu’une eau puisse purifier une chose souillée, il faut qu’elle soit pure, et il ne faut pas qu’elle soit une eau mélangée.

2) Sol

Les jurisconsultes ont dit qu’on peut purifier la plante du pied et la partie inférieure de la chaussure en les frottant contre le sol, ou en marchant jusqu’à ce que l’impureté disparaisse.

Al-Halabî a dit : « J’ai dit à l’Imam as-Sâdiq (a) : « Pour me rendre à la mosquée, je dois passer par une ruelle où les gens urinent. Que devrai-je faire si mes pieds deviennent humides en marchant sans chaussures dans cette ruelle-là? » Et l’Imam (a) m’a dit :

« Après avoir marché dans cette ruelle-là, marches-tu sur une terre sèche?» J’ai dit : « oui ». Alors l’Imam (a) a dit : « [donc], il n’y a pas de mal; [car] les terres se purifient les unes les autre ».» [4]

3) Soleil

les jurisconsultes disent que le soleil purifie les choses immobiles comme les immeubles, les portes, les arbres, les fruits qui sont sur l’arbre, les plantes (avant de les arracher) et les choses fixées au sol.

4) Transformation (al-Istihâla)

Si une chose impure se transforme en une autre chose (comme la transformation du vin en vinaigre, ou la transformation des excréments en terre ou en cendres ou du chien en sel après être tombé dans une saline), elle deviendra pure.

5) Transfert (al-Intiqâl)

Si le sang d'un animal faisant partie de la catégorie de ceux dont le sang jaillit quand on sectionne leur artère, est transféré dans le corps d'un autre animal dont le sang ne jaillit pas quand on tranche son artère (par exemple, le transfert du sang humain dans le corps d'un moustique), il devient pur.

6) Enlèvement des impuretés externes des animaux, et internes de l'homme

S'il y a du sang sur le dos d'un animal ou dans le nez d'un homme, dès que an-najâsa disparaît du corps de l’animal ou du nez d'un homme, ceux-ci deviennent purs. C’est-à-dire, on n’aura pas besoin de les purifier avec de l’eau ou avec une autre chose.

7) Appartenance ou dépendance (at-Taba‘iyya)

C'est le fait qu'une chose impure devienne pure à la suite de la purification d'une autre chose, impure, dont elle dépend. Par exemple, si un infidèle se convertit à l'Islam, ses enfants sont purifiés par suite de la purification de leur père, résultant de sa conversion à l'Islam.

Lorsque quelqu'un lave une chose avec de l'eau, ses mains qui sont lavées en même temps que la chose en question se purifient en même temps qu'elle.

8) Islam

Si un incroyant professe l'Islam en disant "Ash-hadu an lâ ilâha illallâh wa ash-hadu anna Mohammadan Rasûl-ullâh" (J'atteste qu'Il n'y a de Dieu qu'Allah et j'atteste que Mohammad est Son Messager), - c'est-à-dire que s'il reconnaît l'Unicité d'Allah et la Mission du Prophète de l'Islam, dans n'importe quelle langue - il devient musulman, et dès lors, son corps, sa sueur, sa salive et son mucus deviennent purs. Toutefois, s'il y a une quelconque impureté sur son corps au moment où il embrasse l'Islam, il est nécessaire qu'il en soit purifié avec de l'eau. Et même si l'impureté originelle avait été enlevée avant qu'il embrasse l'Islam, il doit, par précaution obligatoire purifier l'emplacement de l'impureté avec l'eau.

9) Istibrâ’ de l'animal qui mange an-najis

L'excrément et l'urine d'un animal qui a l'habitude de manger des matières fécales humaines sont impurs et peuvent être purifiés en soumettant l'animal à l'istibrâ’, c'est-à-dire en l'empêchant de manger des impuretés et en lui donnant une nourriture pure pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus être considéré comme animal mangeur d'impuretés. Par exemple pour le chameau (pendant 40 jours); la vache (20 jours); la chèvre et le mouton (10 jours); les volatiles d'eau (5 à 7 jours); le poulet (3 jours).

10) Absence d'un musulman

Lorsque le corps, les vêtements, les ustensiles domestiques ou le tapis d'un musulman, ainsi que toute autre chose se trouvant en sa possession deviennent impurs et que, par la suite, ce musulman s'absente, les choses en question peuvent être considérées comme pures si l'on présume qu'il a pu les purifier (pendant son absence).

11) Sortie du sang d'un animal en quantité normale

Si un animal dont la chaire est liclte est abattu conformément aux prescriptions de la Loi islamique et que le sang sort de son corps en quantité normale, le sang qui y reste est pur.[5]

Quelques préceptes

  • Les jurisconsultes chiites sont unanimes à dire que le tannage ne purifie pas le cuir impur.
  • Il est interdit de manger ou de boire, ainsi que de faire manger et boire à d'autres, quelque chose qui est devenu impur.
  • La loi islamique oblige les musulmans à purifier la mosquée et le Coran (lorsque ceux-ci sont souillés), car Dieu les a déclarés sacrés.
  • Si une personne mange ou boit quelque chose d'impur en ignorant qu'il est impur, ou qu'elle accomplit la prière en portant un vêtement impur en ignorant qu'il est impur, il n'est pas nécessaire que des tierces personnes lui en fassent la remarque.
  • Le jus de raisin devient illicite lorsqu'il est porté à ébullition. Toutefois, s'il bout si longtemps sur le feu qu'il n'en reste que le tiers, il devient licite. Néanmoins, le jus de raisin ne devient pas impur par le fait de l'ébullition.


Références

  1. Sourate al-Mouddathir, (s :74 / v :4)
  2. Sourate al-Baqara, (s :2 / v222)
  3. Muhammad-Jawâd Maghnia, Le fiqh de l'Imam as-Sâdiq (a), vol 1, p 23
  4. Cheikh al-Hurr al-ʻÂmilî, Al-Wasâ’il, vol 3, p 459
  5. Sîstânî, Tawzîh al-Masâ'il (Le guide pratique du musulman), Edité et traduit par Abbas Ahmad Al-Bostani, Articles 97, 108, 111, 112