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Porter le noir

De wikishia

Porter le noir (en arabe : لَبسُ السّواد) signifie porter des vêtements noirs et recouvrir les lieux de la couleur noire en signe de deuil. Chez les chiites, cette pratique est courante depuis les débuts de l'islam. Il existe différentes preuves dans les hadiths des Infaillibles (a) qui confirment cette tradition.

Les juristes chiites considèrent le port du noir pendant les deuils des grandes figures religieuses comme un exemple du respect envers les shoses sacrées divines, et donc recommandée. Ils estiment que la réprobation du vêtement noir mentionnée dans certains hadiths concerne les cas autres que le deuil. Certains juristes écrivirent des ouvrages indépendants prouvant la recommandation du port du vêtement noir lors du deuil des Ahl al-Bayt (a) et des grandes figures religieuses.

Le vêtement noir est également considéré comme un symbole de la dynastie abbasside. Certains historiens estiment que l'attrait des Abbassides pour l'étendard et les vêtements noirs visait à se poser en champions vengeant les souffrances infligées aux Ahl al-Bayt du Prophète Muhammad (s) sous les Omeyyades, dans le but de rallier les amis et les chiites des Imams (a) à leur cause. Certains expliquèrent l'existence de hadiths des Imams (a) interdisant le port du noir comme une volonté d'empêcher les Abbassides d'en tirer parti abusivement.

Couleur noire, symbole de deuil et d’être Sayyid

Le port de vêtements noirs est considéré comme une pratique signifiant conventionnellement le deuil et l'affliction chez les gens. C'est pourquoi les chiites et les amis des Ahl al-Bayt (a) revêtent des habits noirs pendant les périodes de deuil des grandes figures religieuses, en particulier lors des commémorations de l'Imam al-Husayn (a), et recouvrent aussi de noir les portes et les murs.[1]
Certains chercheurs chiites déduisirent de la recommandation de l'Imam as-Sâdiq (a) de porter le vêtement noir pour une femme endeuillée de son mari,[2] et de l'allusion à la fête de Ghadîr comme jour d'abandon du vêtement noir,[3] que les Imams (a) validèrent effectivement cette caractéristique naturelle de la couleur noire comme représentant l'affliction et la tristesse.[4]

Une autre caractéristique attribuée à la couleur noire est la majesté, la noblesse et la supériorité. C'est sur la base de cette caractéristique que le Prophète Muhammad (s) et les Ahl al-Bayt (a) portaient le turban noir dans certaines occasions particulières comme l’Aid de Ghadîr. Et le turban des Sayyids (les descendants du Prophète (s)) est également noir en suivant leur exemple.[5]

Rituels liés au vêtement noir de deuil

La cérémonie traditionnelle liées aux porteurs du vêtement noir dans le deuil de l'Imam al-Husayn (a) à Téhéran, Iran.

Pendant les jours de deuil, les personnes endeuillées revêtent des vêtements noirs lors d'une cérémonie particulière avec des rituels spécifiques. Ils recouvrent également les portes et les murs des lieux de draps noirs généralement décorés de poésies de lamentation, de phrases religieuses, des noms des Ahl al-Bayt (a) et des martyrs de Karbala. En Iran, cette cérémonie est appelée « Sîyâh Pûshân » (سیه پوشان ; les personnes porteurs du vêtement noir).[6]

Recommandation du port du vêtement noir lors du deuil des grandes figures religieuses

Porter des vêtements noirs pour le deuil des grandes figures religieuses est considéré comme une pratique recommandée dans le chiisme. De nombreux juristes religieux émirent des fatwas en ce sens, par respect pour les choses sacrées divines.[7] Des fatwas sont sollicitées auprès de plusieurs Marja‘ chiites (référence religieuse) comme les Ayatollahs Sayyid Ali Khamenei, Sayyid Ali Sistani, Makârim Shîrâzî, Sâfî Gulpaygânî et Wahîd Khurâsânî, qui jugèrent le port du vêtement noir lors du deuil des Ahl al-Bayt (a) comme un acte recommandé. Dans la pratique, de nombreux oulémas portaient également des vêtements noirs pendant les jours de deuil. L'Ayatollah Mar‘ashî Najafî demanda dans son testament que son habit noir porté durant les mois Muharram et Safar soit enterré avec lui.[8]

Cependant, il y a des hadiths rapportés concernant la réprobation du port du vêtement noir.[9] Sur cette base, les juristes considérèrent le port du vêtement noir pendant la prière ou de manière générale comme répréhensible.[10] Mais les ils déclarent que malgré la véracité des hadiths exprimant cette réprobation, en raison d'autres cas de comportements ou paroles des Ahl al-Bayt (a) indiquant leur approbation du port du vêtement noir pendant le deuil, et par respect pour les choses sacrées de la religion, le port du vêtement noir est exclu de cette règle de réprobation.[11]

Les savants chiites écrivirent des ouvrages expliquant la recommandation (istihbab) du port du noir lors des deuils des grandes figures religieuses, y compris le livre « Irshâd al-‘Ibâd ilâ Istihbâb Labs as-Sawâd ‘alâ Sayyid ash-Shuhadâ’ wa al-A’immat al-Amjâd » (le guide des serviteurs vers la recommandation de porter le vêtement noir pour le Maître des martyrs l’Imam al-Husayn et les Imams glorieux) en langue arabe.[12]

Fiche signalétique du livre « Irshâd al-‘Ibâd ilâ Istihbâb Lubs as-Siwâd ‘alâ Sayyid ash-Shuhadâ’ wa al-A’immat al-Amjâd » (le guide des serviteurs vers la recommandation de porter le vêtement noir pour le Maître des martyrs l’Imam al-Husayn et les Imams glorieux), écrit par Sayyid Ja‘far at-Tabâtabâ’î al-Hâ’irî.

Historique du port du vêtement noir

La couleur noire est considérée comme la couleur du deuil et du chagrin dans de nombreuses cultures et civilisations.[13] Dans l'ancienne Perse également, cette couleur symbolisait le deuil.
Différentes preuves furent apportées montrant que la couleur noire était également la couleur du deuil chez les Arabes.[14] PAr exemple, en Irak et dans de nombreuses autres régions, le vêtement noir était un signe de deuil dès les premiers siècles de l'hégire.[15]

Tradition du Prophète Muhammad (s) et des Imams (a)

L'ensemble des rapports sur ce sujet montre que le Messager de Dieu (s) et les Imams (a) portaient des vêtements de deuil noirs lors du décès de leurs proches, et qu'une telle tradition était répandue parmi eux et leurs disciples.[16]

Par exemple, Zaynab, la fille d’Umma Salama, porta des vêtements de deuil noirs pendant trois jours après le martyre de Hamzat b. Abd al-Muttalib, et l’Envoyé d’Allah (s) la réconforta.[17] De même, le noble Prophète (s) recommanda à Asmâ’ bt. ‘Umays de porter des habits de deuil noirs pendant trois jours après le martyre de son mari Ja‘far b. Abî Talib.[18]
Selon le livre « Sharh Nahj al-Balâgha » par Ibn Abi al-Hadîd, l'Imam al-Hasan al-Mujtabâ (a) se présenta vêtu de noir parmi les gens après le martyre du Commandeur des croyants Ali (a).[19]
Cheikh as-Sadûq, dans le livre « ‘Uyûn Akhbâr ar-Ridâ (a) », décrit les chiites qui accompagnaient les funérailles de l'Imam al-Kâzim (a) comme portant des habits noirs.[20]

Selon ‘Allâma al-Majlisî dans le livre « Bihâr al-Anwâr », après que Yazid eut libéré les captifs de Karbala, toutes les femmes de Banî Hâshim portèrent des vêtements noirs et pleurèrent l'Imam al-Husayn (a) pendant sept jours à Cham.[21] Cheikh al-Kulaynî dans le livre « al-Kâfî » raconte un rapport décrivant les vêtements de l'Imam as-Sajjâd (a) comme étant noirs.[22] Selon le livre « Mahâsin al-Barqî », après le martyre de l'Imam al-Husayn (a), les femmes de Banî Hâshim portèrent des noirs pour faire leur deuil et l'Imam as-Sajjâd (a) leur préparait à manger.[23] Ce hadith est considéré comme le plus solide en termes de chaîne de transmission et de signification.[24]

Culture courante du port de vêtements noirs pendant la Grande Occultation

Selon les rapports historiques, la culture du port de vêtements noirs était répandue chez les chiites pendant la Grande Occultation. Sous la dynastie Bouyide, il était courant de tenir des cérémonies de deuil pour les Ahl al-Bayt (a) en portant des habits noirs.[25] D’après le livre « al-Kâmil fi at-Târîkh », la première commémoration chiite officielle pour l'Imam al-Husayn (a) eut lieu en 352 h / 964 c sur ordre de Mu‘izz ad-Dawla ad-Daylamî, où il fut ordonné aux femmes de se décoiffer et de se noircir le visage.[26] Le livre « Adab at-Taff » cite un poème d'un poète du 5e siècle de l'Hégire faisant référence au port du vêtement noir pour le deuil de l'Imam al-Husayn (a).[27]

La cérémonie de deuil pour l'Imam al-Husayn (a) en portant des vêtements longs noirs à l'époque Qajare à Téhéran, Iran.

Parmi les ancêtres des Chahs safavides, il y avait un homme nommé al-Khâja Ali. Ce dernier était surnommé al-Khâja Ali Sîyâhpûsh (porteur le vêtement noir), car il portait constamment des vêtements noirs lors des commémorations de l'Imam al-Husayn (a).[28]
Pietro Della Valle, un voyageur italien qui visita Ispahan sous les Safavides en 1027 h / 1618 c, décrit également les gens vêtus de noir pendant les jours de deuil du mois de Muharram.[29]

Le Comte de Gobineau, l’écrivain français, décrit les vêtements des émirs, ministres et fonctionnaires de l'époque qajare pendant les jours de deuil comme étant noirs et sombres.[30]
Charles James Wills, le médecin anglais en Iran sous les Qajars, rapporte aussi que le vêtement officiel du deuil pendant les mois de Muharram et Safar à cette époque était le noir, et que la plupart des gens commençaient à porter du noir dès le début du mois de Muharram.[31]

Vêtements noirs des abbassides

Certains chercheurs attribuent l'origine du port de vêtements noirs aux partisans d'Abû Muslim al-Khurâsânî. Apparemment, ils furent les premiers après l'islam à se révolter sous la bannière noire et à se faire appeler les « Musawwada » (vêtus de noir).[32]

Les Abbassides se soulevèrent avec le symbole du drapeau et des vêtements noirs prétendant mensongèrement venger les martyrs des Ahl al-Bayt (a).[33] Certains historiens pensent que le choix de la couleur noire comme emblème abbasside n'était qu'une expression de tristesse et de regret pour les souffrances des Ahl al-Bayt du Prophète (s), afin de rallier les chiites.[34]

Selon Jurji Zaydan (décédé en 1332 h / 1914 c), le port du vêtement noir devint tellement formel chez eux que quiconque voulait rencontrer le calife devait porter par-dessus tous ses vêtements un manteau noir pour couvrir tous ses autres vêtements.[35]
Certains expliquèrent l'interdiction du noir par les Imams (a) dans certains hadits[36] comme une volonté d'éviter la ressemblance avec les Abbassides et leur appropriation abusive.[37]

Il y avait des différences entre le port du vêtement noir chez les chiites et les Abbassides :

  • Les chiites portaient des vêtements noirs pendant des périodes spécifiques pour le deuil, alors que les Abbassides avaient adopté le vêtement noir comme tenue officielle et permanente.[38]
  • Le port du vêtement noir par les chiites était entièrement volontaire et pour exprimer leur amour et leur affliction intérieure pour les Ahl al-Bayt (a), contrairement aux Abbassides qui l'imposaient avec des sanctions en cas de désobéissance.[39]
  • Le port du vêtement noir par les Abbassides suivait des règles et formes, alors que rien de tel n'existait chez les chiites.[40]

Références

  1. Porter noir, Réseau culturel Mozn.
  2. Ibn Hayyûn, Da‘â’im al-Islâm, vol 2, p 291
  3. Sayyid ibn Tâwûs, Iqbâl al-A‘mâl, vol 1, p 464
  4. Porter noir, Réseau culturel Mozn.
  5. Abu al-Hasanî, Sîyâh Pûshî dar Sûg A’immiyi Nûr, p 32 - 37
  6. Mazâhirî, Farhang Sûg Shî‘î, p 292
  7. Mazâhirî, Farhang Sûg Shî‘î, p 291
  8. Mar‘ashî Najafî, Farâzhâ’î az Wasîyyat Nâmi, p 21
  9. Cheikh al-Hurr al-‘Âmilî, Wasâ’il ash-Shî‘a, vol 4, p 382 - 386
  10. Ad-Daylamî, Al-Marâsim fî al-Fiqh al-Imâmî, p 63 ; Cheikh at-Tûsî, Al-Khilâf, vol 1, p 506 ; Cheikh at-Tabrisî, Al-Mu’talaf min al-Mukhtalaf Bayn A’immat as-Salaf, vol 1, p 177 ; Al-Muhaqqiq al-Hillî, Al-Mu‘tabar fî Sharh al-Mukhtasar, vol 2, p 93 ; ‘Allâma al-Hillî, Tadhkirat al-Fuqahâ, vol 2, p 500 ; Bârûtîyân, Pîrâhan Kabûd, p 62 - 64
  11. At-Tabâtabâ’î al-Hâ’irî, Irshâd al-‘Ibâd ilâ Istihbâb Labs as-Sawâd, p 24 - 40 ; Ayatollah Tabrîzî, Risâlat Mukhtasara fî Labs as-Sawâd, p 20 ; Al-Gharbâwî, Al-Qawl as-Sadîd fî Labs as-Sawâd, p 48 - 70
  12. At-Tabâtabâ’î al-Hâ’irî, Irshâd al-‘Ibâd ilâ Istihbâb Labs as-Sawâd, Identifiant du livre
  13. Al-Bustânî, Dâ’irat al-Ma‘ârif : Qâmûs ‘Âm li Kull Fann wa Matlab, vol 6, p 710 - 712
  14. Auteur inconnu, Akhbâr ad-Dawlat al-‘Abbâsîyya wa fîhi Akhbâr al-‘Abbâs wa Waladih, p 247
  15. Faqîhî, Âli Bûyi, Nukhustîn Silsiliyi Qudratmand Shî‘a, p 809
  16. Porter noir, Réseau culturel Mozn.
  17. Az-Zamakhsharî, Al-Fâ’iq fî Gharîb al-Hadîth, vol 2, p 154
  18. Ibn Manzûr, Lisân al-‘Arab, vol 1, p 473
  19. Ibn Abi al-Hadîd, Sharh Nahj al-Balâgha, vol 16, p 22
  20. Cheikh as-Sadûq, ‘Uyûn Akhbâr ar-Rizâ, vol 1, p 100
  21. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 45, p 196
  22. Cheikh al-Kulaynî, Al-Kâfî, vol 6, p 449
  23. Al-Barqî, Al-Mahâsin, vol 2, p 420
  24. Abu al-Hasanî, Sîyâh Pûshî dar Sûg A’immiyi Nûr, p 116
  25. Al-Maqdisîyy, Ahsan at-Taqâsîm fî Ma‘rifat al-Aqâlîm, vol 2, p 545 ; Kabîr, Âli Bûyi dar Baghdâd, p 312
  26. Ibn al-Athîr al-Jazarî, Al-Kâmil fi at-Târîkh, vol 8, p 549
  27. Javâd Shubbar, Adab at-Taff, vol 3, p 268
  28. Mazâhirî, Farhang Sûg Shî‘î, p 291
  29. Della Valle, Voyages de Pietro Della Valle, Traduction en persan par Shu‘â‘ ad-Dîn Shafâ, p 123
  30. De Gobineau, « Shukûh Ta‘zîyi dar Irân », p 357
  31. Wills, Târîkh Ijtimâ‘î ‘Ahd Qâjârîyi, p 265
  32. Mazâhirî, Farhang Sûg Shî‘î, p 290
  33. Ibn ’A‘tham, Al-Futûh, vol 8, p 319
  34. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 3, p 264 ; Mûsawî Husaynî, Nazhat al-Jalîs, vol 1, p 316 ; Al-‘Âmilî, Al-Hayât as-Sîyâsîyya li al-Imâm ar-Ridâ, vol 1, p 62 ; Mazâhirî, Farhang Sûg Shî‘î, p 290 ; Mazâhirî, Farhang Sûg Shî‘î, p 290
  35. Zaydân, Târîkh at-Tamaddun al-Islâmî, p 5, 609
  36. Cheikh al-Kulaynî, Al-Kâfî, vol 6, p 449
  37. Abu al-Hasanî, Sîyâh Pûshî dar Sûg A’immiyi Nûr, p 195 - 200 ; Mazâhirî, Farhang Sûg Shî‘î, p 290 ; Bârûtîyân, Pîrâhan Kabûd, p 38 - 39 ; Al-Gharbâwî, Al-Qawl as-Sadîd fî Labs as-Sawâd, p 55 - 56
  38. Abu al-Hasanî, Sîyâh Pûshî dar Sûg A’immiyi Nûr, p 189 - 190
  39. Abu al-Hasanî, Sîyâh Pûshî dar Sûg A’immiyi Nûr, p 190
  40. Abu al-Hasanî, Sîyâh Pûshî dar Sûg A’immiyi Nûr, p 191

Bibliographie

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