'Ubayd Allah b. Zîyâd

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‘Ubayd Allah b. Zîyâd (en arabe : عبيد الله بن زياد بن ابيه), connu sous le nom Ibn Zîyâd (33 H - 67 H), fut un des commandants des Omeyyades et un des responsables de la tragédie de Karbala et du martyre de l’Imam Husayn (a). ‘Ubayd Allah fut l’émir de Bassora et en l’an 60 de l’Hégire, après les révoltes à Koufa, Yazid b. Muawiya le nomma comme l’émir de Koufa et lui confia la neutralisation de la révolte de l’Imam Husayn (a). En l’an 65 H, il réussit à réprimer la révolte des Tawwâbîn. Du fait de son mauvais rôle dans la tragédie de Karbala, il est une des personnes les plus détestées parmi les chiites duodécimains.

Généalogie

Abû Hafs ‘Ubayd Allah b. Zîyâd b. Abîh, naquit d’une mère esclave, nommée Marjâna.[1] Certains lient sont identité uniquement à sa mère (cela fait allusion à la méconnaissance de son père, et donc l'impureté de sa mère dans sa conception) et l’appellent Ibn Marjâna, pour l’humilier.
D'après des sources, son père, Zîyâd b. Abîh, fut un des commandants Omeyyades et un homme réputé dur contre les révoltes dans les régions islamiques. Il y a de différents avis sur la généalogie de Zîyâd b. Abîh, et en général on dit que son père est inconnu. C'est pour cela qu'il a été appelé Ibn Abîh - c'est à dire le fils de son père. Il est dit qu’Abu Sufyan considérait Zîyâd (père de ‘Ubayd Allah) le fruit de son adultère avec Sumayya. Ce fut pour cette raison que Muawiya b. Abi Sufyan considérait Zîyâd comme son frère.[2]

Particularités

D’après certaines sources, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd faisait de l’adultère.[3] Il est dit que ‘Ubayd Allah fut un homme dur, impitoyable et imprudent. Les sources de biographies le considérèrent comme un orgueilleux.[4]
D’après les rapports, en supprimant les kharidjites à Bassora, il fit preuve d’une violence étonnante.[5]

Statut politique

Dans les sources, on ne parla pas de sa jeunesse et s’il avait à ce moment-là, de la responsabilité dans le gouvernement ou non. Mais, d’après les chercheurs, le moment où son père, Zîyâd b. Abîh fut l’émir de Koufa et de Bassora, ‘Ubayd b. Zîyâd travaillait dans le gouvernement.[6]

A l’époque de Muawiya

Après la mort de Zîyâd, Muawiya nomma ‘Ubayd Allah comme gouverneur de Khorassan.[7] En l’an 55, 56 ou 57 H, il déposa ‘Ubayd Allah du gouvernement de Khorassan et le nomma comme émir de Bassora.[8]
A Bassora, il s’affronta avec les kharidjites. En l’an 58 H, les kharidjites atteignirent au sommet de leurs révoltes. Donc, ‘Ubayd Allah les réprima violemment et en tua de nombreuses personnes.[9]

A l’époque de Yazid Ier ibn Muawiya

Après la mort de Muawiya en l’an 60 H, son fils, Yazid décida de déposer ‘Ubayd Allah du gouvernement de Bassora, mais apparemment l’état social et politique de Bassora et de Koufa ne le permirent pas de réaliser son intention. Lorsque l’Imam Husayn (a) commença sa révolte et envoya Muslim b. ‘Aqîl à Koufa, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd fut nommé comme émir de Koufa pour s’affronter avec les partisans de l’Imam Husayn (a).[10]

Son rôle dans la tragédie de Karbala

Répression de la révolte de Muslim b. ‘Aqîl

En l’an 60 H, les gens de Koufa déclarèrent qu’ils prêteront le serment d’allégeance à l’Imam al-Husayn (a). Donc, ils attendaient l’arrivée de l’Imam à Koufa. Au même temps, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, couvrit son visage et entra à Koufa.
Les gens le prirent pour l’Imam al-Husayn (a) et l’accueillirent. Dès qu’il s’installa dans le palais de Koufa, il envoya des agents à la recherche du représentant de l’Imam al-Husayn (a), Muslim b. ‘Aqîl.[11] Aussi, il alla dans la mosquée de Koufa, fit un discours et menaça sérieusement les opposants de Yazid b. Muawiya.[12]

D’après Ya’qûbî, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd et Hânî b. ‘Urwa se connaissaient. Donc, ce dernier, qui fut à ce moment-là malade, apprit que ‘Ubayd Allah lui rendra bientôt visite. De ce fait, il proposa à Muslim b. ‘Aqîl d’assassiner ‘Ubayd Allah lorsque ce dernier vient lui rendre visiter.[13] Mais, Muslim n’accepta pas cette idée.[14]

D’après Tabarî, peu de temps après son arrivée à Koufa, ‘Ubayd Allah arrêta Muslim b. ‘Aqîl et Hânî b. ‘Urwa, les décapita et envoya leurs têtes à Yazid b. Muawiya.[15]

Envoie de son armée pour combattre l’Imam Husayn (a)

Après avoir menacé les gens de Koufa, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd envoya Hurr b. Yazid ar-Rîyâhî et lui ordonna d’empêcher al-Husayn (a) de s'avancer, et de camper dans un endroit où il y a de l’eau. Puis, il envoya Umar b. Sa’d b. Abî Waqqâs, accompagné d’une armée vers l’Imam al-Husayn (a).[16]

Umar b. Sa’d s’était préparé pour le gouvernement de Ray (Téhéran). Mais, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd lui ordonna de combattre l’Imam al-Husayn (a), ou de le convaincre de faire allégeance avec Yazid. Au début, Umar b. Sa’d ne voulait pas accepter, mais Ubayd Allah lui dit qu’il n’atteindra le gouvernement de Ray, s’il ne combat pas Husayn b. Ali (a).[17]

Après avoir rencontré l’Imam al-Husayn (a), Umar b. Sa’d envoya une lettre à ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, lui disant qu'al-Husayn (a) veut pas retourner, donc, il n’y a pas besoin de le combattre. Apparemment, au début, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd fut content de cette nouvelle, mais Shimr b. Dhi al-Jawshan le dissuada et l’encouragea à combattre l’Imam al-Husayn (a).
Donc, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd écrivit une lettre à Umar b. Sa’d, lui disant que si al-Husayn (a) fait l’allégeance, il faut l’amener à Koufa, mais s’il ne le fait pas, il faut l’attaquer. Aussi, il dit à Umar b. Sa’d que s’il ne veut pas combattre al-Husayn (a), il enverra Shimr comme commandant de son armée.[18]

Captiver la famille de l’Imam Husayn (a)

Article connexe : Captifs de Karbala.

Après le martyre de l’Imam al-Husayn (a) et la tragédie de Karbala, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd ordonna de captiver la famille de l’Imam et de l’emmener à Koufa. Les sources historiques citent ce que subit la famille de l’Imam (a) à Koufa. La discussion entre Zaynab bt. Ali (a) et ‘Ubayd Allah b. Zîyâd est très connue parmi les événements rapportés dans les sources historiques.

Manque de respect à la tête de l’Imam Husayn (a)

Lorsque les captifs furent auprès de ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, on apporta la tête de l’Imam al-Husayn (a) dans le palais. D’après certains rapports, ‘Ubayd Allah frappa les dents et les lèvres de l’Imam al-Husayn (a) par un bâton, sans aucun respect. En voyant cela, Zayd b. Arqam, un compagnon du Prophète (s) qui y fut présent, pleura et dit :

« Enlève ce bâton des lèvres d'al-Husayn (a). Je jure par Allah ; j’ai vu plusieurs fois le Prophète (s) embrasser ces lèvres ».

‘Ubayd Allah se fâcha contre lui et dit :

« Que Dieu te fasse pleurer ! Pourquoi pleures-tu ? Pour la conquête divine ? Je jure par Allah, si tu n’étais pas vieux et que je ne savais pas que tu perds la raison, je t'aurais décapité ».

En entendant cette parole, Zayd b. Arqam quitta le palais de ‘Ubayd Allah.[19]

Discussion de Zaynab bt. Ali (a) et ‘Ubayd Allah

D’après les sources, lorsque les captifs entrèrent dans le palais de ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, Zaynab (s), habillée de vêtements déchirés et poussiéreux, s’assit dans un coin sans regarder ‘Ubayd Allah et sans le saluer. ‘Ubayd Allah b. Zîyâd lui demanda trois fois : « Qui es-tu ? », mais Zaynab bt. Ali (a) ne lui répondit pas.

Enfin, une personne lui dit :

« Elle est Zaynab (a), la fille d’Ali b. Abi Tâlib (a) ».

Du fait que ‘Ubayd Allah n’eut pas de réponse de la part de Zaynab (a), se fâcha fortement. Il dit alors à Zaynab (a) :

« Louange à Allah, Qui a découvert votre vrai visage et montra aux gens vos mensonges ».

Zaynab (a) lui répondit :

« Louange à Allah, Qui nous a honorés grâce à Son Prophète (s) et nous a débarrassés de toute souillure. Allah découvre le vrai visage de celui qui fait des péchés et qui ment et nous ne le sommes pas ».

‘Ubayd Allah lui dit :

« As-tu vu ce que Dieu a fait avec vous ? »

Zaynab (a) répondit :

« De la part d’Allah, je n’ai vu que la beauté. Allah a destiné pour notre famille d’être martyrisé. Et nos hommes se dépêchèrent bravement vers le champ de bataille. Allah vous réunira au Jour Dernier et vous jugera. A ce moment-là, tu verras qui sera heureux ? Que ta mère te perde, ô fils de Marjâna ! »

‘Ubayd Allah b. Zîyâd se fâcha et décida de tuer Zaynab (a), mais ‘Amr b. Hurayth le dissuada. Donc, ‘Ubayd Allah dit à Zaynab (s) :

« Allah m’a apaisé par l’assassinat de ton frère tyran et celui de vos partisans ».

Zaynab (s) lui répondit :

« Par Allah ! Tu as tué mon Maître. Tu as coupé les branches de ma famille. Si c'est cela qui t’apaise, oui, que tu en sois apaisé ».

Ibn Zîyâd dit :

« Elle parle comme son père, poétique et éloquent ».[20]

Après la mort de Yazîd

Allégeance avec Marwân b. Hakam

Lorsque 'Abd Allah b. Zubayr atteignit le pouvoir à Médine, Marwân b. Hakam décida d’aller chez lui et de lui prêter le serment d’allégeance. Mais il rencontra ‘Ubayd Allah b. Zîyâd sur la route et ce dernier l’empêcha de faire l’allégeance avec 'Abd Allah b. Zubayr.
‘Ubayd Allah b. Zîyâd encouragea Marwân b. Hakam de se prétendre calife et lui permit d’être la première personne qui lui prêtera le serment d’allégeance. De ce fait, Marwân retourna chez lui et ‘Ubayd Allah alla à Damas et exigea l’allégeance avec Marwân.

Là, les partisans de Marwân combattirent contre ses opposants et ‘Ubayd Allah b. Zîyâd devint le commandeur des cavaleries de Marwân.[21]

Pendant le califat de Marwân, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd fut à Damas. Lorsque Sulaymân b. Surad al-Khuzâ’î se révolta pour venger la mort de l’Imam al-Husayn (a), Marwân envoya ‘Ubayd Allah b. Zîyâd pour réprimer Tawwâbîn et lui permit de lui confier l’autorité sur l’Irak à condition qu'il neutralise Sulaymân et ses partisans.[22]

Quand ‘Ubayd Allah arriva près de l’Euphrate, il fut informé de la mort de Marwân (65 H/685), mais il ne s’arrêta pas.

Répression de Tawwâbîn

Article connexe : Révolte de Tawwâbîn.

Enfin, aux derniers jours du mois de Jumâdâ al-Ûlâ, 65 H, dans un endroit, nommé ‘Ayn al-Warda, l’armée de ‘Ubayd Allah et celle des Tawwâbîn s’affrontèrent. Suite à cette bataille, Sulaymân et ses partisans furent tués.[23]

Affrontement avec l’armée de Mukhtâr

Article connexe : Révolte de Mukhtâr.

Après la répression des Tawwâbîn, ‘Ubayd Allah commença à exiger l’allégeance avec lui-même. Au début, il ne se rendait pas à Koufa (qui fut sous l’autorité de Mukhtâr ath-Thaqafî), mais enfin, il attaqua Bassora qui fut sous l’autorité des partisans de Mukhtar.
Les soldats de Mukhtâr battirent en retraite, allèrent à Tikrit et informèrent Mukhtâr de l’attaque de ‘Ubayd Allah b. Zîyâd. Mukhtâr envoya une armée et réprima l’armée, envoyée par ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, le 10 Dhu al-Hijja 66 H.[24]

Mort

Après la victoire de l’armée, envoyée par Mukhtâr ath-Thaqafî, ‘Ubayd Allah b. Zîyâd attaqua lui-même l’armée de Mukhtâr et les obligea de battre en retraite. Mukhtâr envoya Ibrâhîm b. Mâlik al-Ashtar, accompagné d’une armée.
Ibrâhîm voulait arriver au champ de la bataille avant l’arrivée de ‘Ubayd Allah b. Zîyâd en Irak. Donc, il s’affronta avec l’armée de Châm dans un endroit près de Mossoul. Enfin, l’armée de ‘Ubayd Allah subit une grande défaite et lui et ses partisans furent tués dans le mois de Muharram 67 H.

Avis des chiites sur ‘Ubayd Allah b. Zîyâd

Le fait de combattre l’Imam al-Husayn (a) et de jouer le rôle le plus important dans la tragédie de Karbala fit de ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, une personnalité détestable parmi les musulmans. Suite à la tragédie de Karbala, les gens de Koufa eurent la haine envers lui.
D’après les sources, au cours du premier discours de ‘Ubayd Allah dans la mosquée de Koufa, 'Abd Allah b. ‘Afîf se tint debout et le contredit.[25]

Du fait de son rôle important dans la tragédie de Karbala, le nom de ‘Ubayd Allah b. Zîyâd est cité dans beaucoup de texte de Zîyârat, notamment le célèbre texte de Zîyârat de Achoura, comme une personne détestable et maudite.[26]

Voir aussi

Références

  1. Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, v 4 p 75
  2. Ibn Abd al-Birr, Al-Istî’âb, v 2 p 525
  3. Cheikh al-Mufîd, Al-Ikhtisâs, p 73
  4. Ziriklî, Al-A’lâm, v 4 p 193
  5. Dinwarî, Akhbâr at-Tiwâl, p 269 - 270 ; Tabarî, Târîkh at-Tabarî, v 7 p 185 - 187
  6. Ibn Miskiwayh, Tajârib al-Umam, v 2 p 28
  7. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, v 7 p 166 - 167
  8. Ya’qûbî, Târîkh Ya’qûbî, v 2 p 237 ; Tabarî, Târîkh at-Tabarî, v 7 p 172
  9. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, v 7 p 185 - 187
  10. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, v 7 p 228
  11. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, vol 7, p 229
  12. Abu al-Faraj al-Isphahânî, Maqâtil at-Tâlibîyyîn, vol 1, p 97
  13. Ya’qûbî, Târîkh Ya’qûbî, vol 2, p 243
  14. Abu al-Faraj al-Isphahânî, Maqâtil at-Tâlibîyyîn, vol 1, p 98 - 99
  15. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, vol 7, p 229 - 231
  16. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, vol 7, p 308
  17. Ibn Sa’d, At-Tabaqât al-Kubrâ, vol 5, p 168 ; Dinwarî, Akhbâr at-Tiwâl, vol 1, p 253
  18. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, vol 7, p 315 - 316
  19. Cheikh al-Mufîd, Al-Irshâd, vol 2, p 114 - 115
  20. Cheikh al-Mufîd, Al-Irshâd, v 2 p 115 - 116
  21. Ibn Sa’d, At-Tabaqât al-Kubrâ, vol 5, p 40 - 42
  22. Ya’qûbî, Târîkh Ya’qûbî, v 2 p 257
  23. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, vol 7, p 557 - 560
  24. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, v 8 p 643, 646, 649, 707, 713
  25. Tabarî, Târîkh at-Tabarî, vol 7, p 373 - 374
  26. Ibn Qûlawayh, Kâmil az-Zîyârât, p 176