Imam al-Husayn (a)

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L'Imam Husayn (a)
Description de cette image, également commentée ci-après

Le mausolée de l'Imam Husayn (a) à Karbala

Le troisième Imam des chiites
Surnom(s) Abâ 'Abd Allah
Titre(s)
  • Sayed Shabâb Ahl al-Jannat
  • Sayed ash-Shuhadâ'
Naissance Le 3 Cha'bân 3 H/625
à Médine
Martyre Le 10 Muharram 61 H/680
Karbala
Pays de résidence Médine, Kûfa
Sépulture Karbala
Âge 57 ans
Famille
Généalogie b. 'Alî b. Abî Tâlib b. 'Abd al-Muttalib b. Hâshim
Père L'Imam 'Alî (a)
Mère Fâtima Az-Zahrâ (a)
Frère(s) L'Imam Hasan (a) , Abal Fadhl Al-Abbâs (a)
Sœur(s) Zaynab Al-Kubrâ (a) , Umm Kulthûm
Femme(s)
  • Shahrbânû
  • Rubâb
  • Laylâ
  • Umm Ishâq
  • Sulâfa
Enfant(s)


Imamat
Califes contemporains
  • Mu'awîya
  • Yazîd b. Mu'awîya
Combats
  • Le combat de l'Imam Hasan (a) contre Mu'awîya
  • Le combat qui eut lieu à Karbala, contre Yazîd
Compagnons
  • Muslim b. Awsaja
  • Anas b. Hârith
  • Habîb b. Mudhâhir
  • Nâfi' b. Hilâl
  • Et vers 90 personnes des fidèles
Hadiths Plus de 950 hadiths

Les Imams des chiites

L'Imam 'Alî (a)L'Imam Hasan (a) • L'Imam Husayn (a)
L'Imam Sajjâd (a)L'Imam Bâqir (a)L'Imam Sâdiq (a)
L'Imam Kâzim (a)L'Imam Ridâ (a)L'Imam Javâd (a)
L'Imam Hâdî (a)L'Imam Hasan al-Askarî (a)L'Imam Mahdî (a)

Imam al-Husayn (a) (en arabe : الإمام الحسين عليه السلام), Husayn b. 'Alî b. Abî Tâlib (الحسين بن علي بن أبي طالب), surnommé Abâ 'Abd Allah est le troisième Imam des chiites. Il naquit en quatrième année de l'Hégire à Médine, et mort en martyre en 61ème année de l'Hégire à Karbala. Il est le deuxième fils de l'Imam 'Alî (a) et Fâtima az-Zahrâ (a), et le deuxième petit-fils du Prophète (s), ainsi qu'un des cinq membres immaculés de la famille du Prophète (s) (ahl al-Bayt (a)).

Il était un des compagnons de l'Imam Hasan (a) durant son Imamat et même après le martyre de son frère, il resta fidèle à son traité de paix avec le gouvernement de Mu'âwîya jusqu'à la mort de ce dernier. Après Mu'âwîya, il ne fit pas l'allégeance avec Yazîd b. Mu'âwîya, et ne l'a pas reconnue comme légitime.

Yazîd insista sur l’émir de Médine d’exiger l’allégeance à l’Imam Husayn (a) ou de le tuer. Le 27 de Rajab en l’an 60 de l’Hégire, l’Imam Husayn (a) alla à la Mecque. Puisque les gens de Kûfa lui avaient envoyé plusieurs invitations lui demandant d’accepter le gouvernement, il décida d’aller vers Kûfa. Mais Ubayd Allah ibn Zîyâd, l’envoyé de Yazîd, arriva avant l’Imam (a) à Kûfa. alors l’Imam (a) ne put pas y entrer.
Enfin, dans un combat entre l’Imam Husayn (a) et l’armée de Ubayd Allah ibn Zîyâd, qui eut lieu à Karbala, le 10 Muharram en l’an 61 de l’Hégire, l’Imam (a) et tous ses compagnons (environ 72 personnes) moururent en martyre.

Après cette tragédie, le reste des compagnons de l’Imam (a) et sa famille furent captifs et on les ramena à Kûfa et à Shâm (Syrie).

Pendant des siècles, cette tragédie influençait le comportements de plusieurs musulmans et plusieurs chiites. Aussi, plusieurs révolutions et combats contre l’injustice en relèvent.

Chaque année, les chiites font preuve de deuil sur le martyre de l'Imam Husayn (a) en se lamentant et en se manifestant.

Présentation

Sa généalogie

La lignée de l'Imam Husayn (a) est ainsi : Husayn b. 'Alî b. Abî Tâlib b. Abd al-Muttalib b. Hâshim. Son père le Commandeur des croyants, l'Imam 'Alî (a), est le premier Imam des chiites, et sa mère est Fâtima az-Zahrâ (a) la fille du Prophète (s).

Husayn est le deuxième enfant de l'Imam 'Alî (a) et Fatima az-Zahrâ (a). Ses frères sont: l'Imam Hasan (a) (le deuxième Imam des chiites), Muhammad, Abbâs et Umar.

Sa naissance

Le lieu de la naissance de l'Imam Husayn (a) est Médine. L'année de sa naissance, d'après certains savants et historiens, est la troisième année de l'Hégire. Mais selon la majorité des érudits dans le hadith et des historiens, est la quatrième année de l'Hégire. A propos du jour de sa naissance, il y a des divergences. Par contre, la plupart des historiens le considère le troisième jour du mois de Sha'bân.
Après sa naissance, le Prophète (s) choisit Umm Al-Fadl, l'épouse de 'Abbâs b. 'Abd al-Muttalib comme la nourrice de Husayn (a). Donc, l'Imam Husayn (a) et Qutham b. 'Abbâs étaient les frères de lait.

Son appellation

Le mot "Husayn" vient du nom "Hasan" qui signifie "bon". D'après les récits chiites, le Prophète (s) le nomma Husayn selon l'ordre divin, avant qu'autre nom soit choisi pour lui. Il dit ensuite : " J'ai reçu l'ordre de nommer ces fils qui sont les miens, Hasan et Husayn". "Aron, nomma ses deux fils Shubbar et Shubayr, et moi je nomme mes deux fils, Hasan et Husayn, aux mêmes noms qu'Aron nomma ses fils".

Ces deux noms : Hasan et Husayn sont des noms célestes qui n'avaient pas d'antécédents auparavant.

Selon certaines narrations sunnites, l'Imam 'Alî (a) dit: "Je ne nomme pas mon fils tant qu'il y a le Prophète Muhammad (s)"

Ses surnoms

Le surnom de l'Imam Husayn (a) est Abâ 'Abd Allah. Le Prophète (s) lui donna ce surnom dès sa naissance. Cela pouvait être à cause d'un fils de l'Imam Husayn (a) qui s'appelait 'Abd Allah. Abâ 'Abd Allah signifie: le père des serviteurs d'Allah. Certains croient que ce surnom n'est pas parce qu'il avait un fils, appelé 'Abd Allah, ça vient plutôt de sa signification. Ça veut dire, si le soulèvement de l'Imam Husayn (a) n'était pas, tout le monde oublierait Allah et il n'y aurait plus des serviteurs d'Allah. C'est pourquoi il est surnommé le père des serviteurs d'Allah. "Abû 'Alî", Abû ash-Shuhadâ (le père des martyrs), "Abû al-Ahrâr" (le père de ceux qui sont libres intérieurement) et "Abû al-Mujâhidîn" (le père de ceux qui luttent sur le chemin de Dieu) sont ses autres surnoms.

Ses titres

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L'Imam Husayn (a) a de nombreux titres. Certains d'entre eux sont communs avec ceux de son frère l'Imam Hasan (a). comme Sayyid Shabâb Ahl al-Jannat (le Maître des jeunes résidents dans le Paradis). Parmi les titres particuliers de l'Imam Husayn (a) on peut mentionner : Zakîy, Tayyib, Vafîy, Sayyid, Mubârak, Nâfi', Ad-Dalil 'Alâ Zât Allah, Rashîd, At-Tâbi' li Mardât Allah.

Ibn Talhi Shâfi'î, pense que Zakîy est son titre le plus connu, mais il précise que son titre Sayyid Shabâb Ahl al-Jannat est le plus important.

Dans certains hadiths, il est surnommé Shahîd (Martyr), ou Sayyid ash-Shuhadâ' (Maître des Martyrs).

Ses femmes et ses enfants

Ses femmes

  1. Shahrbânû fille de Yazdgird, le roi de Perse (selon certains historiens), et la mère de l'Imam as-Sajjâd (a).[1]
  2. Rubâb, fille d'Imra' al-Qays. Elle était une femme très sage avec un meilleur comportement.[2] Elle avait deux enfants de l'Imam Husayn (a), 'Abd Allah ('Alî Asghar) qui était un nourrisson quand il mourut en martyre à Karbala, et Sukayna. 'Abd Allah fut tué lorsqu'il était dans les bras de l'Imam Husayn (a) par la flèche des ennemis.[3] Rubâb était présente à Karbala et fut amené vers Shâm (Syrie). [4]
  3. Laylâ fille d'Abî Murrah b. 'Urvat b. Mas'ûd Thaqafî.[5] 'Alî Akbar, le grand fils de l'Imam Husayn (a) était son fils.[6]
  4. Umm Is'hâq. Elle était d'abord la femme de l'Imam Hasan (a). Mais après son martyre, elle s'est mariée avec l'Imam Husayn (a)[7]. Selon Shaykh al-Mufîd, elle avait une fille de l'Imam Husayn (a) qui s'appelait Fâtîma.[8]
  5. Sulâfa, de la tribu de Qudâ'a qui avait un fils de l'Imam Husayn (a) qui s'appelait Ja'far.[9]

Ses enfants

Les sources anciennes ont cité les noms de quatre fils et de deux filles pour l'Imam Husayn (a)[10] mais les sources précédentes ont cité les noms de six fils et de trois filles.[11]

Voici les noms de ses enfants avec les noms de leurs mères:

  1. 'Alî Akbar le grand fils de l'Imam Husayn (a), fils de Laylâ.
  2. 'Alî b. Husayn, 'Alî Awsat, le quatrième Imam des chiites, connu sous le nom de Zayn al-'Âbidîn (l'ornement des adorateurs), son titre est Sajjâd et Abû Muhammad. Sa mère est Shahrbânû fille de Yazdgird, le roi de Perse.
  3. 'Abd Allah b. Husayn, ou 'Abd Allah Radî'(nourrisson) surnomé 'Alî Asghar, martyr de Karbala. Sa mère est Rubâb.
  4. Ja'far b. Husayn, mort lorsque l'Imam (a) était en vie. Sa mère est une femme de la tribu de Qudâ'a. Il n'a pas de descendance.
  5. Fâtîma, la fille aînée de l'Imam (a). Sa mère est Umm Ishâq fille de Talha.
  6. Sukayna bint al-Husayn, la fille cadette de l'Imam (a). Sa mère est Rubâb.

A part ces six enfants, on voit les noms de deux autres fils et une fille dans les sources, qui s'appellent: 'Alî Asghar, Muhammad et Zaynab.[12] Ibn Talha ach-Chafi'î écrivit que l'Imam (a) avait dix enfants, mais il n'en a cité que neuf.[13] Aussi, dans certaines sources précédentes, on est rapporté le nom d'une fille de l'Imam Husayn (a) sous le nom de Ruqayya.[14]

Son Martyre

L'Imam Husayn (a) mourut en martyre le dixième jour du mois de Muharram (le jour de 'Ashûrâ), de l'année 61H. Le lieu de son martyre est le champ de Niynavâ (Karbala) en Iraq actuel. Diverses sources considèrent le jour de son martyre vendredi, samedi, dimanche ou lundi. Mais la version la plus célèbre est que ce fut un vendredi. En même temps, Abû al-Faraj Isphahânî écrit que les historiens sont unanimes sur le fait que ce jour fut un lundi, mais il argumente d'après des calcules mathématiques des calendriers, que cela ne peut pas être correct.

Les historiens ont des avis divergents concernant son âge à la fin de sa vie. Certains le considèrent 56 ans et 5 mois, d'autres 57 ans et 5 mois, ou 58 ans.

Son rôle avant l'Imamat

A l'époque du Prophète (s)

L'Imam Husayn (a) avait 7 ans au moment du décès du Prophète (s). Cependant, il participa aux certains évènements importants de l'époque du Prophète (s). Parmi ces évènements, on peut mentionner Mubâhala(L’ordalie) avec les chrétiens de Najrân, la désignation de Ahl al-Kisâ' (des membres immaculés de la famille du Prophète (s)), l'Allégeance avec le Prophète (s) où il a été pris comme témoins dans la correspondance.

Ibn Sa'd[15] a mentionné l'Imam Husayn (a) comme faisant parti du dernier et cinquième rang des compagnons du Prophète (s), qui était petit au moment de son décès et qui n'a pas assisté à aucune bataille à côté du Prophète (s).

Il était toujours très aimé par le Prophète (s) et recevait des attentions très particulières de sa part. Il est rapporté du Prophète (s):

ِانَّ الحَسَنَ و الحُسینَ سَیِّدا شَبابِ اَهلِ الجَنّةِ Traduction: "Hasan et Husayn sont des maîtres des jeunes du Paradis".[16]

Il les aimait tellement que, quand Hasan et Husayn entraient dans la mosquée, le Prophète (s) parfois laissait son prêche incomplet, descendait, les accueillait et les embrassait.[17]

Anas b. Mâlik rapporte :

"Lorsqu'on demanda au Prophète (s) lequel parmi les Ahl al-Bayt, il préférait? Il répondit : Hasan et Husayn".[18]

A l'époque des trois califes

L'Imam Husayn (a) passa presque 25 ans de sa vie sous le califat de trois califes : Abûbakr, 'Umar, 'Uthmân. Il eut 7 ans au début de l'époque du premier calife, 9 ans au début du califat de 'Umar et 19 ans quand 'Uthmân prit le califat.

Abûbakr

La période du califat d'Abûbakr était une époque très particulière pour la Famille du Prophète (Ahl al-Bayt (a)). Ils (les membres immaculés de la famille du Prophète (s)) étaient, durant cette époque, d'un côté en deuil et très tristes par le décès du Prophète (s), d'autre côté, ils étaient sous la pression causée par les enjeux et conflits liés du passage du pouvoir.

Il est rapporté que les premiers jours de cette période, l'Imam Husayn (a) accompagnait dans la nuit son frère, l'Imam Hasan (a), sa mère, Fâtîma (a) et son père, l'Imam 'Alî (a), de maison en maison pour voir les gens du "Badr", afin de se récupérer leur droit évident concernant la succession du Prophète (s).[19]

'Umar

Nous n'avons pas beaucoup de renseignements à propos de l'Imam Husayn (a) durant le califat de 'Umar. Cela peut être interprété par sa participation au silence de son père et à la retraite qu'il avait pris du pouvoir et de la politique durant cette époque.

Il est rapporté dans certaines sources qu'au début du califat de 'Umar, l'Imam Husayn (a) entra un jour à la mosquée. lorsque 'Umar était en train de faire son discours, assis sur la chaire du Prophète (s). l'Imam Husayn (a) monta la chaire et lui dit: "Descends de la chaire de mon père et mets toi sur celle de ton père!". 'Umar, étonné de cette parole, dit: "Mon père n'a jamais eu de chaire!". Il le mit ensuite à côté de lui-même[20].

'Uthmân

L'Imam Husayn (a) eut 19 ans, lorsque 'Uthmân prit le pouvoir. 'Uthmân bannit Abûdhar Ghifârî de Médine et l'envoya à Rabadha. Aussi, il donna comme ordre que personne ne devait l'accompagner. Alors, quand il quittait la ville, personne n'osait s'approcher de lui. Cependant, l'Imam Husayn (a) avec son père l'Imam 'Alî (a), son oncle 'Aqîl, ainsi que son frère l'Imam Hasan (a), son cousin 'Abd Allah b. Ja'far, et 'Ammâr Yâsir le rejoignirent et l'accompagnèrent. [21].

Plus tard, quand le peuple se révolta contre le troisième calife, 'Uthmân; l'Imam 'Alî (a), d'après certaines narrations, essayait de protéger 'Uthmân afin de protéger l'unité de la communauté musulmane. Il envoya ses enfants (Hasan et Husayn) à son secours. [22].

Le gouvernement de l'Imam 'Alî (a)

L'Imam Hasan (a) et l'Imam Husayn (a) participèrent à côté de leur père, aux batailles de Jamal, Siffîn et Nahravân.[23] Lors de la bataille de Siffîn, L'Imam Husayn (a) fit un discours pour encourager tout le monde à faire le djihad.[24]

Il est rapporté que l'Imâm 'Alî (a) a transmis à l'Imam Husayn (a), suite à l'Imam Hasan (a), la responsabilité des dons (mawqûfât).[25] Il est également rapporté que lors du martyre de son père, l'Imam 'Alî (a); l'Imam Husayn (a) fut absent (à Madâ'in afin d'effectuer une mission de la part de son père. Il apprit la nouvelle par une lettre de la part de son frère l'Imam Hasan (a)[26], et put ainsi participer à l'enterrement de son père.[27]

Le gouvernement de l'Imam Hasan (a)

Après le martyre du Commandeur des Croyants, 'Alî (a), le pouvoir, ainsi que l'Imamat fut transmis à l'Imam Hasan (a). La période de califat de l'Imam Hasan (a) fut six mois, et celle de son Imamat dix ans. L'Imam Husayn (a) fait tout de suite l'allégeance avec son frère. il fut un proche compagnon de lui et toujours à son côté. Il eut un rôle très important dans le camp de Nukhayla, ainsi qu'à Madâ'in et Sâbât pour réunir de l'armée.[28]

D'après certaines sources, quand l'Imam Hasan (a) fit le traité de paix avec Mu'âwîya, un groupe de dévoués d'Ahl al-Byat, demanda à l'Imam Husayn (a) de résister contre Mu'âwîya. Mais il soutint sérieusement son frère et resta fidèle envers son traité.[29] Quand Qays b. Sa'd lui demanda la raison, il lui exprima explicitement son avis. Ensuite, après conclure le contrat de paix, il accompagna son frère de Kûfa à Médine et s'y installa.[30]

De son Imamat à son martyre

Son Imamat

Après le martyre de l'Imam Hasan (a), en l'an 50 H/670, l'imamat fut transmis à l'Imam Husayn (a) et il était l'Imam jusqu'au 10 Muharram 61 H/680.

Les preuves de son Imamat

Le hadith de " ابنای هذان امامان قاما او قعدا " traduction : "Ces deux enfants qui sont les miens (Hasan et Husayn) sont Imams, qu'ils se révoltent ou se compromettent", est considéré comme une preuve de leur Imamat.

Par ailleurs, il existe de différents autres hadiths prophétiques dans lesquels le nombre exactes des Imams, ainsi que l'Imamat de chacun, comme: 'Alî, Hasan, Husayn, et neuf personnes de la descendance de Husayn b. 'Alî, sont mentionnés très clairement.[31]

Une autre preuve de l'Imamat de l'Imam Husayn (a), est le testament de l'Imam Hasan dans lequel, il conseille Muhammad Hanafîya de suivre, après lui, son frère Husayn.[32]

Le Shaykh al-Mufîd argumente, d'après ces preuves, que l'Imâmat de l'Imam Husayn (a) est claire et définitif, bien que l'Imam Husayn n'ait pas effectué son invitation publiquement à l'époque de Mu'âwîya. D'après le Shaykh al-Mufîd, cela fut en rapport avec des contraintes liées au pacte de paix de l'époque de son frère l'Imam Hasan (a) avec le gouvernement. Néanmoins, après la mort de Mu'âwîya et le terme du contrat de paix, Husayn b. 'Alî annonça son Imamat.[33]

La connaissance totale et absolue de la science divine est une condition de l'Imamat. Ce fut pour cette raison que l'Imam 'Alî (a) demanda à son fils, Husayn, de faire, comme son frère Hasan, un discours publique pour prouver ainsi son savoir révélé et empêcher les gens de Quraysh de le juger comme dénué de la connaissance divine [34]. D'autres récits témoignent de son statut scientifique très élevé auprès des gens qui lui demandaient des fatwas [35]. On se base également sur certaines paroles de l'Imam Husayn (a) lui-même [36], à propos de son Imamat, et de ses karamats et miracles comme preuve de son Imamat [37].

Le gouvernement de Mu'âwîya

l'Imam Husayn (a) fut la personne la plus compétente pour prendre la direction de la société après le martyre de son frère, l'Imam Hasan (a)[38]. Mais, comme nous l'avons mentionné plus haut, il resta fidèle au pacte que son frère avait conclu avec Mu'âwîya, et demeura silencieux malgré le fait que les gens sollicitèrent sa réaction (par des lettres adressées à lui) contre le gouvernement. Il n'a, néanmoins, jamais reconnu la légitimité du gouvernement de Mu'âwîya sur les musulmans et a toujours insisté sur la nécessité du djihad contre les oppresseurs.

Mu'âwîya redoutant la révolte de Husayn après le martyre de Hasan, lui demanda d'éviter le conflit. L'Imam Husayn (a) lui répondit par un rappel de sa fidélité envers le pacte signé par son frère; et répondit également à ceux qui sollicitaient sa réaction ainsi :

"Je n'ai pas aujourd'hui l'intention (de me révolter); que Dieu vous soit miséricordieux; restez calme chez vous et évitez les malentendus lorsque Mu'âwîya est en vie; le jour où Dieu lui voudra autre chose (la mort), je vous ferai part de ma pensée si je serai en vie à ce moment-là[39].

L'Imam Husayn (a) exprima, durant cette période, tantôt explicitement tantôt discrètement, les sentences et les préceptes de l'Imamat et du califat tout en expliquant les caractéristiques du calife juste. Son discours lors de la grande assemblée du pèlerinage (hajj) à Mina, et ses nombreuses réunions secrètes à la Mecque sont les exemples de ses démarches pédagogiques auprès des croyants.

Pendant ces dix années de l'imamat de l'Imam Husayn (a), de nombreuse correspondances ont été effectuées entre lui et Mu'âwîya. A travers ces lettre nous pouvons comprendre la position de l'Imam Husayn (a) contre Mu'âwîya. Il dénonçait et accusait, à travers ces lettres adressées à Mu'âwîya, sa moindre acte contradictoire aux préceptes islamiques, et le critiquait. Parmi ses accusations les plus graves nous pouvons citer la mise à mort en martyre de Hujr b. 'Adî, 'Amr b. Hamiq Khuzâ'î, ainsi que celle de Hadramî et ses compagnons.

Mu'âwîya fit un voyage à Médine afin de rencontrer les personnalités importantes de cette ville, y compris l'Imam Husayn (a), et demander leur allégeance et ainsi approuver le passage du pouvoir à son fils Yazîd. Il rendit alors visite à l'Imam Husayn (a) et essaya de lui parler de son objectif et lui demanda son accord. Mais l'Imam Husayn (a) n'hésita pas de le critiquer gravement, de mettre sérieusement en question les incompétences et les caprices de Yazîd et de l'avertir par impertinence de son idée. L'Imam Husayn (a) fut un des rares personnes à ne pas faire l'allégeance avec Yazîd ; il accusa même très sérieusement Mu'âwîya lors d'un discours public à ce propos.

la politique de Mu'âwîya contre l'Imam Husayn (a)

Mu'âwîya, tout comme les trois califes précédents, gardait un grand respect (en apparence) pour l'Imam; Et cela surtout parce qu'il était conscient de la place qu'il occupait auprès des gens de la Mecque et de la Médine. En même temps, il voyait très bien combien l'Imam Husayn (a) lui faisait des obstacles dans sa conduite de gouvernement et s'inquiétait constamment d'une révolte de sa part. Il pris donc, pour toutes ses raisons, une politique très flexible vis à vis de lui. Il ordonnait également à ces agents de le respecter et de ne pas lui poser de problème. Il le surveillait, par ailleurs et sans cesse, dans tous les aspects de sa vie, que ce soit de l'ordre privé ou public, en n'hésitait pas de le lui faire entendre afin de le contraindre dans ses éventuelles tentations de révolte.

Mu'âwîya avait conseillé à son fils, Yazîd, également de le craindre et de ne pas insister sur son allégeance.

Le gouvernement de Yazîd

Yazîd, avant la prise du pouvoir, avait une réputation péjorative à cause des ses excès dans les plaisirs mondain et ses états d'ivresse. Il était tellement excessif dans ses habitudes que même son père, Mu'âwîya, lui le reprochait et essayer de l'abstenir. Ainsi, afin de réparer l'image de son fils et le rendre légitime pour la prise de pouvoir, Mu'âwîya l'envoya en tant que responsable des pèlerins de Shâm à la Mecque, en 51ème année de l'Hégire. Mais Yazîd, ne put pas s'abstenir, lors de se voyage non plus, et exagéra encore dans la consommation du vin, il se rendit également aux réunions de plaisir mondains dès son retour à Médine.

Yazîd a prit, en 52ème année de l'Hégire, le chemin de Rome, accompagné de l'armée de Shâm, sous l'ordre de son père, Mu'awîya. La troupe de Shâm prenait le chemin vers les territoires romains, tandis que Yazîd et sa femme, Umm Kulthûm, s'arrêtèrent à Deyr Murrân, pour afin d'orgie et de débauche. Ce fut à ce moment-là, qu'il fut informé que la troupe de l'Islam est attrapé par des maladies (le choléra et la variole), dans un endroit nommé Ghazqazuna, et qu'elle subit de lourdes pertes. En dépit de cela, et avec l'obscénité totale et en récitant des poésies, il exprima qu'il n'avait pas de crainte que les soldats souffrent de la variole et le choléra, et qu'ils meurent. Ces propos remonta même Mu'âwîya contre lui, et firent qu'il ordonna à Yazîd de rejoindre le camps de l'armée musulmane. Yazîd obéit son père avec l'amertume, rejoignit la troupe et alla avec eux à la conquête de Constantine. Mais ils ne put pas évidement conquérir cette ville et retournèrent. Des personnages importants comme Ibn 'Abbâs, 'Abd Allah b. Zubayr et Abû Ayyûb Ansarî furent présents dans cette bataille.

Malgré tous ces faits ainsi que la contestation de nombreux musulmans et personnages importants de la Mecque et Médine, Mu'âwîya insista sur la passation du pouvoir à Yazîd, et réussit enfin, en l'an 56 H, de prendre l'allégeance du peuple pour le gouvernement de Yazîd.

La condition socio-politique durant le gouvernement de Yazîd

La courte période de gouvernance de Yazîd b. Mu'âwîya, fut une période de fortes tensions. Durant son gouvernement de trois ans et quelques mois, il dépensa ses efforts surtout pour calmer les révoles et les guerres civiles dans la terre de l'Islam. La période de son gouvernement est très réputé par la forte oppression. Mas'ûdî écrit à ce propos :

" Le sîra (manière de gouverner) de Yazîd fit comme Pharaon, même pire, puisque ce dernier était plus juste à l'égard de son peuple, et plus loyal à l'égard de ses élites". Tandis que " Yazîd tua l'Imam Husayn (a), Ahl al-bayt, et leurs compagnons durant la première année de son gouvernement; il brisa la révérence de la mosquée de l'Envoyé de Dieu (s) à Médine durant la deuxième année de son gouvernement ; il attaqua et brula la Ka'ba durant la troisième année de son gouvernement"!

La réaction et la position de l'Imam Husayn contre Yazîd

Départ de Médine

Yazîd, après la mort de Mu’âwîya, à 15 Rajab en 60ème année de l’Hégire, prit le gouvernement. , à Damas. Yazîd vivait alors à Havârin. Il se rendit à Damas suite à la mort de son père, où les gens ont fait l'allégeance avec lui, et il donc écrit une lettre adressée à Walîd b. 'Ataba, le gouverneur de Médine en lui disant " ne relâche pas 'Abd Allah b. 'Umar, ni 'Abd Allah Zubayr jusqu'à obtenir leur allégeance avec moi".

Le gouverneur de Médine demanda le conseil de Marwân b. Hakam à ce propos. Ce dernier lui dit: " si tu veux entendre mon avis, les gens de Médine ne sont pas encore informés de la mort de Mu'âwîya, s'ils sont informés, ils entoureront Husayn et le fils de Zubayr, et de là déclenchera un grand conflit. Tandis que le fils de 'Umar, n'est pas un homme de révolte et de conflit, sauf si les hommes le sollicitent et lui demandent de califat".

Walîd envoya alors un messager auprès de 'Abd Allah b. Zubayr et Husayn b. 'Alî qui furent à la mosquée. Lors que l'envoyé leur donna le message, ils lui demandèrent de retourner chez le gouverneur. Ibn Zubayr dit ensuite à l'Imam Husayn (a): "pourquoi veut-il nous voir? qu'en penses-tu? l'Imam Husayn (a) lui répondit : "je pense que Mu'âwîya est mort, et Walîd voudrait ne demander l'allégeance". 'Abd Allah lui répondit : " moi aussi, je pense ainsi! que feras-tu alors?" l'Imam Husayn (a) répondit : " Je vais le voir! mais j'emmènerai des miens avec moi pour qu'il ne puisse pas m'attaquer, et au cas où le conflit sera grand, ils me protègeront". Ce fut ainsi. Quand Walîd lui demanda l'allégeance avec Yazîd. l'Imam Husayn (a) lui dit: " personne ne fait l'allégeance en cachette! invite tous les gens de la ville, ainsi que moi-même. Je vais voir ce qui se passera en public". Walîd lui dit : "d'accord! rentre alors sauf et sain". Alors que Marwân dit à Walîd: "ne le laisse pas ainsi partir! s'il part sans donner son allégeance, tu ne pourras plus jamais l'avoir. Tue-le, s'il n'accepte pas de faire l'allégeance! "

Ce propos remonta l'Imam Husayn b. 'Alî (a) qui lui dit: " Ni toi, ni lui, vous ne pouvez pas me tuer ainsi!"

L'Imam Husayn (a), et le fils de Zubayr, quittèrent ainsi Médine pour la Mecque, sans faire l'allégeance.

Les Lettres des habitants de Kûfa à l'Imam Husayn (a)

Pendant les jours où Damas s'inquiétait pour ceux de Hijâz qui ne faisaient pas l'allégeance avec Yazîd, à Kûfa la situation était encore beaucoup plus tendue. Les chiites de l'Imam 'Alî (a), qui avaient subi beaucoup de répressions durant les vingt années de gouvernement de Mu'âwîya, étaient très soulagés par la nouvelle de la mort de celui-ci. D'autre part, les kharijites qui avaient tué l'Imam 'Alî (a) et s'étaient ensuite éloignés de son fils, l'Imam Hasan (a), sans que Mu'âwyîa leur fasse la moindre attention, commencèrent à penser de régler la rancune qu'ils avaient du père (Mu'âwîya) par une vengeance auprès du fils (Yazîd).

La ville était ainsi en plein tension entre différents groupes. Les chiites de l'Imam 'Alî (a) se réunissaient souvent à la maison de Sulaymân b. Surad Khuzâ'î, et entendaient des discours. Sulaymân qui était un homme de longues expériences et avait constaté le changement d'avis de ces compatriotes à plusieurs reprise dans des situations politiques leur dit : " O gens! Si vous n'êtes pas sûr de votre avis, si vous avez peur, soyez claires et ne trompez pas les autres! ".

Tandis que les gens commencèrent dire en réponse : "Ah non! jamais de la vie! jamais de la vie! nous sommes prêtes à donner notre vie, nous signons le pacte avec notre sang, que nous renverserons Yazîd, et rendrons le pouvoir à Husayn b. 'Alî".

Ils écrivirent enfin une lettre à l'Imam Husayn (a):

" Merci à Dieu qui renversa ton ennemi oppresseur! Un ennemi qui tua les bons gens et les proches de Muhammad (s), et qui donna le pouvoir aux pires des gens. Celui qui distribua le trésor public entre les plus riches et les plus agresseurs! Aujourd'hui, il n'a y aucun obstacle pour ton gouvernement. Le gouverneur de cette ville, Nu'mân b. Bashîr, réside dans son château, loin de nous qui ne lui demandons jamais son conseil et n'assistons jamais à sa prière non plus" [40].

Non seulement cette lettre de la part de chiites pures et sincères, mais aussi de nombreuses autres (on parle des centaines de lettres), avaient été envoyé à Husayn b. 'Alî pour le solliciter.

En recevant tant de lettres, l'Imam Husayn (a) décida de leur répondre afin de ne pas les laisser dans l'attente. Il lui écrit une courte lettre :

" Je vous envoie mon cousin, Muslim, à qui je fais confiance, pour qu'il observe de près la situation de la ville et m'informe. Dans cas où ce que vous me faites savoir est vrai, je viendrai chez vous" [41].

Par ailleurs, certains partisans des Umayyades, écrivirent des lettres à Yazîd en lui demandant de leur envoyer un gouverneur compétant en arguant que Nu'mân b. Bashîr n'était pas un homme solide et fiable. Yazîd, réagit alors par accordant le gouvernement de Kûfa à 'Ubayd Allah b. Zîyâd, l'ancien gouverneur de Busera [42].

D'autre part, Muslim b. 'Aqîl arriva à Kûfa avec la lettre de l'Imam Husayn (a). Les gens de Kûfa l'accueillirent avec beaucoup de joie et d'enthousiasme. Lui, qui n'attendait pas autant d'exaltation de la part des gens, et qui d'ailleurs n'imaginait pas non plus que tant d'enthousiasme s'éteignent un jour, écrit à l'Imam Husayn (a) en disant : " les gens de Kûfa sont tous avec toi et t'attendent! Ce sera bien qui tu y viennes aussi tôt que possible" [43].

Le départ de l'Imam Husayn (a) vers l'Irak

L'Imam Husayn (a), recevant la lettre de Muslim, prit le chemin d'Irak accompagné par sa famille, ainsi qu'un group de ses compagnons.

'Ubayd Allah b. Zîyâd, également, prit le chemin de Kûfa, après avoir reçu l'ordre de Yazîd. Celui-ci savait bien comment traiter les gens de Kûfa, puisque son père fut longtemps gouverneur de cette ville. Après être arrivé à Kûfa, il commença à attirer le soutien des personnages importants de la ville, soit avec des récompenses ou des menaces ; et n'hésita pas de réprimer les contestateurs par leurs aides.

Il arrêta d'abord, Hânî b. 'Urwa qui se refugiait chez Muslim. En réaction, Muslim entra en conflit avec lui, avec de l'aide de ses partisans. Mais, ses partisans qui firent des centaines de milliers au départ, se sont dispersés et découragés au bout d'une seule journée, sans avoir été vraiment endommagés, ni avoir montré de vrai courage. De sorte que pour accomplir la prière du soir, Muslim était resté tout seul!

Suite à cela, on arrêta et tua Muslim, sous l'ordre de 'Ubayd Allah b. Zîyâd. Hânî fut décapité également, et son corps tiré au sol des foires de la ville, et montré au gens. Cela leurs fait peur, et les hommes importants de la ville se sont cachés dans le foyers comme si de rien n'était[44].

De l'autre côté, l'Imam Husayn (a) était en route vers Kûfa quand on lui donna la nouvelle du martyre de Hânî et de Muslim, ainsi que l'attitude désengagés de gens de Kûfa. Très bouleversé, il transmettra la nouvelle aux siens en leurs disant de retourner et de le quitter s'ils le souhaitaient.

Un part de ces compagnons repartirent, mais sa famille et quelques personnes les plus proches et les plus fidèles restèrent avec lui. En s'approchant à Kûfa, il se trouva confronté avec l'armée d'Ibn Zîyâd. Le chef de la troupe nommé Hurr b. Yazîd, de la tribu de Ryâh, lui boucha le route et le fit arrêté sur une terre nommée Karbala. Le gouverneur de Kûfa, étant informé de l'arrivé de Husayn près de Kûfa, envoya une autre armée, sous le commandement de 'Umar b. Sa'd à son encontre. Il tenta convaincre Husayn b. 'Alî pour tirer son allégeance avec Yazîd, mais en vain [45].

L'événement de Karbala

L'Imam Husayn (a) étant ferme dans son désaccord à l'égard du gouvernement de Yazîd, l'armée de 'Umar b. Sa'd entra en conflit avec lui, à Karbala, ce qui aboutit à une atroce guerre durant le dixième jours de Muharram de l'an 61 H.

L'Imam Husayn (a) essaya, même jusqu'au midi du dixième jour, de réveiller la conscience endormie des soldats de l'armée de Kûfa, avec ses discours et messages éclairants. Il essaya de leurs faire comprendre que c'était une dernière occasion pour eux de choisir une vie avec la liberté de conscience, et que s'ils rataient cette occasion, ils ne retrouveraient plus le chemin de béatitude, que s'ils le refusaient, ce qui les attendrait ne serait qu'une vie mesquine d'humiliation et de répression, etc..

Il reste des documents historiques de ces discours récités par l'Imam Husayn (a) durant ces heures et instants sensibles et de tension, qui sont considérés comme très précieux par les chiites. Une analyse de ces textes montrent surtout la grandeur de l'âme de l'Imam Husayn (a), sa dignité et sa liberté intérieure, ainsi que ses préoccupations profondes pour la communauté des musulmans pour les sauver de l'errance.

Voici un passage d'un de ses discours juste avant le commencement de l'événement de Karbala:

" O gens! ne vous précipitez pas! écoutez moi! ce que je veux, c'est votre bien aussi! je veux vous dire, pourquoi je suis venu sur votre territoire! si vous m'écoutez un peu, en étant juste et conscient, et ensuite si vous me donnez raison, cette guerre atroce qui va déclencher chaque instant, disparaitra! Si vous ne m'écoutez pas, et si vous ne voulez pas être justes et conscients, le dommage de cette guerre prendra votre propre sort ensuite. O gens! savez vous qui je suis? savez vous qui était mon père? est-il juste, d'après vous, de me tuer ainsi? vous parait-il juste de briser le respect de moi [et de la famille sacrale du Prophète] ainsi ? ne suis-je pas le fils de la fille de votre Prophète? ne suis-je pas l'héritier du Prophète et de son cousin, 'Alî, le premier homme musulman? n'avez pas vous déjà entendu cette parole du Prophète à propos de mon frère, Hasan, et moi? : " Ces deux fils, qui sont les miens, sont les seigneurs des jeunes de Paradis" ? si vous considérez ma parole comme juste, tant mieux, je jure devant Dieu que je n'ai jamais menti de ma vie; si vous considérez que je mens, il y a ici encore quelques-uns des compagnons du Prophète : Jâbir b. 'Abd Allah Ansârî, Abû Sa'îd Khudrî, Sahl Sâ'idî, Zayd b. Arqam, ًAnas b. Mâlik, vous pouvez leur demander, ils vont vous dire la vérité. O gens! par quelle autorisation voulez vous verser notre sang? ".

Il n'y a aucun doute que l'Imam Husayn (a) ne récita pas ces paroles pour se sauver, ni par la peur d'être tué. Puisque s'il voulait être sauvé de cette guerre, il avait bien eu cette possibilité quelques jours auparavant.

Ces paroles, au contraire, ressemblent aux rares paroles qui ont été exprimés, au cours de l'histoire, dans de semblables situations. Ce sont les paroles des hommes de Dieu ; les paroles des hommes qui voient leur mission dans l'apport de la conscience auprès des gens endormis et inconscients ; les paroles d'un homme qui souffre de l'ignorance de la masse, et qui essaye d'en sauver au moins quelques-uns [46].

Finalement la guerre déclencha. L'armée de Kûfa massacra l'Imam Husayn (a) ainsi que tous les hommes et jeunes qui l'accompagnaient, sauf l'Imam Sajjâd (a) qui était souffrant ; elle a captivé tous leurs femmes et enfants, et les a amené d'abord à Kûfa, ensuite à Shâm (la Syrie).

Les caractéristiques et les prééminences de l'Imam Husayn

(... la suite à paraitre prochainement ... )

Références

  1. Khadamât Mutaqâbil Islam wa Iran, Mutaharî, p 131-133
  2. A'yan ach-Chi'a, v 6 p 449
  3. Al-Irshâd, Shaykh al-Mufîd, v 2 p 135
  4. A'yan ach-Chi'a, v 6 p 449
  5. Târîkh Ya'qûbî, v 2 p 246
  6. Îmta' al-Asma', Mîqrizi, v 6 p 269
  7. Al-Âghânî, Isphahânî, v 21 p 78
  8. Al-Irshâd, v 2 p 135
  9. Al-Irshâd, v 2 p 135
  10. Al-Îrshâd, Shaykh al-Mufîd, v 2 p 135
  11. Dalâ'il al-Imamat, Tabarî, v 1 p 74
  12. Manâqib, Ibn Shahrâshûb, v 4 p 109
  13. Matâlib as-Su'ûl fi Manâqib Âl ar-Rasûl, v 2 p 69
  14. Rawda ash-Shuhadâ, v 1 p 389-390 et A'yân ach-Chi'a, v 7 p 34
  15. At-Tabaqât al-Kubrâ, v 6 p 399
  16. Sharh al-Akhbâr, v 3 p 74
  17. Musnad d'Ahmad b. Hanbal, v 5 p 354
  18. Sunan at-Tirmidhî, v 5 p 323
  19. Al-Imamat wa as-Sîyasa, Ibn Qutayba, v 1 p 29-30, Al-Ihtijâj v 1 p 75
  20. An-Namirî, 'Umar b. Shibha; Târîkh al-Madinah al-Munavvara, vol.3, p.799. Ibn Sa'd, Tabaqât al-Kubrâ, vol.1, p.394. Adh-Dhahabî, Târîkh al-Islâm wa wafayât al-Mashâhîr wa al-I'alâm, vol.5, p.100. Ibn Shahrâshûb, Al-Manâqib, vol.4,p.40. Al-Bagdadî, Târîkh Bagdad, vol.1, p. 152
  21. Al-Kâfî, v 8 p 207
  22. Ansâr al-Achrâf, v 3 p 216-217. Al-Bayda' wa at-Târîkh, Maqdîsi, v 5 p 706
  23. Ansâb al-Achrâf, Balâdharî, v 2 p 187, 213, 246, 323
  24. Waq'at as-Siffîn, Nasr b. Muzâhim, p 114, 115
  25. Nahj al-Balâgha, Lettre 24. Târîkh al-Madina al-Munawwara, v 1 p 227
  26. Ansâb al-Achrâf, Balâdharî, v 2 p 356-357
  27. Ansâb al-Achrâf, Balâdharî, v 2 p 355-356. Al-Imamat wa as-Siyasa, Ibn Qutayba, v 1 p 181
  28. Târîkh al-umam wa al-Mulûk, Tabarî, v 5 p 165
  29. Rijâl al-Kashshî, p 110
  30. Al-Bidaya wa an-Nihaya, Ibn Kathîr, v 8 p 19
  31. Kamâl ad-Dîne, v 1 p 257-258
  32. Al-Futûh, Ibn A'tham Kûfî, v 4 p 319. Al-Kâfî, v 1 p 301-302
  33. 'Î'lâm Al-Wara bi A'lam Al-Hudâ, Tabarsi, v 1 p 423
  34. As-Sadûq, Al-Amâlî, p. 425, ibid. At-Tawhîd, pp. 307-308
  35. Ibn Bâbiwayh, At-Tawhîd, pp.10-80; Ibn Asâkir, vol. 14, p.180; 183-184
  36. As-Sadûq, 'Uyûn Akhbâr ar-Rida, vol. 1, p. 68; Khazâz Rârî, pp. 230-234
  37. Hasan Tabarsî, 1417, vol.1, p.423; Saffâr al-Qummi, p. 291; Ibn Bâbiwayh, Kamâl ad-din wa Itmâm an-ni'ma, p. 537; Tûsî, 1401, vol.5, p.470; Qutb Râwandî, vol.1, pp. 245-246; Dalâ'il al-Imama, 181-183, 188-189; Ibn Asâkir, vol.14, p.82; Ibn Shahrâshûb, vol.4, p. 57, 59-60; Majlisî, vol.44, pp.185-186; Hâshim b. Sulaymân Bahrânî, vol. 2, pp. 89-230
  38. Shaykh al-Mufîd, Al-Irshâd, vol.2, p. 32; Ibn Shahrâshûb, Manâqib Âl abî Tâlib, vol. 4, p.87
  39. Al-Bulâzarî, Ansâb al-Ashfâf, Vol. 3, p. 152; Ad-Dinuri, Abû Hanifa Ahmad b. Dâwûd, Al-Akhbâr al-tawâl, p.222
  40. Shahîdî, Pas az panjâh sâl. pp. 113-114
  41. Shahîdî, Târîkh tahlîlî ye eslâm, p. 184
  42. Shahîdî, Târîkh tahlîlî ye eslâm, p. 184
  43. Shahîdî, Târîkh tahlîlî ye eslâm, p. 184
  44. Shahîdî, Târîkh tahlîlî ye eslâm, p. 184-185
  45. Shahîdî, Târîkh tahlîlî ye eslâm, p. 185
  46. Sahîdî, Pas az panjâh sâl, pp. 169-170