Le traité de paix de l'Imam Hasan (a)

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L'Imam Hasan Al-Mujtâba
Description de cette image, également commentée ci-après

Cimetière Baqi', à Médine, La tombe de l'Imam Hasan (as)

Le deuxième Imam des chiites
Surnom(s) Abou Mohammad
Titre(s) Sayed, Taqi, Tayyîb, Zaki, Sîbt
Naissance Le 15 Ramadan 3 H/625
Médine
Martyre Le 28 Çafar 50 H/670
Médine
Pays de résidence Médine, Koufa
Sépulture Médine, Cimetière Baqi'
Âge 46 ans (48 ans selon Chaykh Al-Mofid)
Famille
Généalogie b. Ali b. Abi Talib b. Abd Al-Muttalib b. Hachim
Père L'Imam Ali (as)
Mère Fatima Al-Zahra (a)
Frère(s) L'Imam Hussayn (as)
Sœur(s) Zaynab Al-Kubra
Femme(s)
  • Oum Bachir
  • Khawla
  • Oum Îshaq
  • Hafsa
  • Hînd
  • Ja'da
Enfant(s)
  • Zayd
  • Oum Al-Hasan
  • Oum Al-Hussayn
  • Hasan
  • Oumar
  • Qâssim
  • Abd Allah
  • Abou Bakr
  • Abd Al-Rahman
  • Hussayn
  • Talha
  • Fatima
  • Oum Abd Allah
  • Oum Salama
  • Ruqayya

Imamat
Durée 10 ans (40-50 H)
Début 40 H/660
Fin 50 H/670
Califes contemporains Mou'âwiya
Combats Jamal, Siffîn et le combat contre Mou'âwiya
Compagnons
  • Houjr b. Ouday
  • Roushayd Al-Hajari
  • Maytham Tammar
  • Habib b. Moudhahir
  • Asbagh b. Noubata
  • Soulaym b. Qays
  • Koumayl
Hadiths Plus de 1000 hadiths

Les Imams des chiites

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Le traité de paix de l’Imam Hasan (as) (en arabe: صلح الإمام الحسن عليه السلام), était un pacte de paix entre l’Imam Hasan (as), le deuxième imam des chiites et Mu’awiya b. Abi Sufyan. Ce dernier ne reconnut pas l’Imam Hasan (as) comme le calife des musulmans, refusa de lui faire allégeance et entama les hostilités contre lui. Après une bataille en l’an 41 H/661, le traité de paix eut lieu.

On ne connait pas toutes les raisons pour lesquelles l’Imam Hasan (as) accepta ce pacte. Il est rapporté que la trahison des commandants de l’armée de l’Imam Hasan, le souci de protéger la communauté islamique et les chiites de la guerre civile, ainsi que le danger des Khâridjites (Khawârij), auraient pu convaincre l’Imam de s’y résoudre. D’après les termes de ce traité, l’Imam Hasan (as) laissait le califat à Mu’awiya à certaines conditions. Par exemple, Mu’awiya ne devait pas désigner un successeur et comploter contre l’Imam Hasan (as). Mais Mu’awiya ne resta pas fidèle aux conditions de ce traité.

Le traité de paix

L'histoire du traité de paix

Depuis le traité de paix jusqu’à ce que le premier historien l’ait enregistré dans son écriture, il y avait 200 ans. Pendant ces deux siècles, les omeyyades et les abbassides et les autres groupes politiques faisaient tout leur possible pour altérer ce traité de paix en fonction de leur faveur et contre leurs opposants. Donc, pour bien comprendre ce qui se passait à cette époque-là, il faut observer tous les indices.[1]

D’après Tabari:

"Mu’awiya envoya une lettre vide à l’Imam Hasan (as), signée en-dessous pour que l’Imam écrive tout ce qu’il veut. Avant de la recevoir, l’Imam avait écrit ses conditions et les avait envoyées à Mu’awiya. Mais lorsqu’il reçut la lettre vide et signée de Mu’awiya, il ajouta encore certaines conditions, mais Mu’awiya ne les accepta pas".[2]

Ibn Athir a aussi rapporté cette narration.[3]
Shahidi a dit:

"Sans doute, ce furent les omeyyades qui inventèrent cette narration de telle façon ou y ajoutèrent des mensonges. Ceux qui ont recherché à propos de la vie de l’Imam Hasan (as) sans aucune rancune, savent bien qu’à part l’imamat que les chiites y croient, l’Imam Hasan (as) était un homme bienfaits avec les meilleures qualités. Lorsque l’Imam eut su que ce combat ne fera que couler le sang de plusieurs musulmans et que Mu’awiya gagnera, il accepta le traité de paix. Il n’était pas comme un commerçant qui, quand il voit qu’il y a plusieurs clients, il augmente le prix. Il faisait tellement preuve de qualités morales que même ses ennemis l’avouaient".[4]

Shahidi a dit aussi à propos de la parole de Tabari:

"Il est étonnant que Tabari ait choisi une narration de ce traité qui ressemble plus aux romans qu’aux narrations historiques réelles".[5]

Le contenu du traité de paix

Il y a plusieurs narrations chiites et sunnites à ce propos. Du fait de la divergence grave dans celles-ci, on ne peut pas bien découvrir le vrai contenu de ce pacte. Car dans un tel sujet politique très important dans le monde de l’islam, comme tous les événements politiques, chaque narrateur, rapporte seulement ce qui lui plaît et ne parle plus de ce qui est contre ses faveurs ou essaye d’inventer quelque narration pour se défendre.
Parmi les conditions mentionnées dans le traité, on peut rapporter celles qui sont plus authentiques:

  1. Mu’âwiya doit gouverner selon les ordres du Coran et de la sunna.
  2. Mu’âwiya doit arrêter d’insulter l’Imam Ali (as) et doit interdire ses partisans de le faire. (irchad v 2 p 14)
  3. Mu'âwiya ne doit pas élire aucun successeur.
  4. Il doit garantir la sécurité pour les partisans de l’Imam Ali (as) et ceux des Ah al-Bayt.
  5. Tous les musulmans doivent être en sécurité, quoique soit leur origine, leur racine et leur opinion concernant les Omeyyades. Et les soldats de Mu’âwiya doivent s’abstenir de s’acharner sur eux.[6]

Certains narrateurs ont ajouté une autre condition qui dit: « Mu’âwiya doit confier les impôts de Kufa et de Darabgard à l’Imam Hasan. Mais les gens de Bassora s’emparèrent de cet impôt ».[7]

Le temps et l’endroit du traité de paix

Le traité de paix fut signé à Maskin en Irak et en présence de plusieurs gens de Cham, on annonça le contenu du traité.[8] Il y a divergence concernant le temps où ce traité fut signé. On a rapporté trois dates pour ceci:

  1. Le mois de Rabi Al-Awwal 41 H/661
  2. Le mois de Rabi Al-Thani
  3. Le mois de Joumadâ Al-Oulâ[9]

Les opposants du traité de paix

Hujr b. Ouday, Ouday b. Hatam, Musayyîb b. Najaba, Malik b. Dhamrah, Sufyan b. Abi Layla, Bachir Hamédani, Sulayman b. Surad, Abd Allah b. Zubayr, Abu Saïd et Qays b. Sa’d faisaient partie de l’armée de l’Imam Hasan (as) et étaient contre le traité de paix. Leurs discussions avec l’Imam ont été rapportées dans les livres de l’histoire.[10] Certains historiens ont tenté de démontrer que l’Imam Husayn (as) était contre ce traité. Ils ont rapporté peu de narrations qui le confirment. Tandis qu’il y a assez de preuves qui prouvent que l’Imam Husayn (as) aussi appelait les gens à obéir à son frère, l’Imam Hasan (as).[11]

Par exemple:

  • Durant onze ans après le martyre de l’Imam Hasan (as), jusqu’à la mort de Mu’awiya, l’Imam Husayn (as) resta fidèle à ce traité.[12]
  • Certains des opposants du traité allèrent auprès de l’Imam Husayn (as) lui demandant d’être leur dirigeant. Mais l’Imam Husayn (as) refusa et les invita à obéir à l’Imam Hasan (as).[13]

Les raisons pour lesquelles l’Imam accepta le traité de paix

L’état de Koufa et des autres régions après le martyre de l’Imam Ali (as)

Du début de son califat, l’Imam Hasan (as) subit plusieurs difficultés, comme:

  1. L’état perturbé à Kufa
  2. L’absence des personnes dignes pour les charges de la responsabilité de diriger les différents domaines de la communauté islamique.
  3. Le gouvernement de Mu’awiya à Cham et ses oppositions contre l’Irak.
  4. Le manque d’une armée digne pour combattre contre Mu’awiya
  5. La crédulité de certains vrais chiites [14]

Les complots de Mou’awiya et ses partisans

A ce moment-là, les espions de Mu’awiya à Hejaz, Yémen, Égypte et même en Irak faisaient des complots contre le gouvernement de l’Imam Hasan (as) et incitaient les gens à faire la discorde. Ils commencèrent à soutenir les chefs des tribus et à leur donner des pots-de-vin. Ils essayaient de répandre partout que Mou’awiya était un homme de bien et il accorde des biens aux nécessiteux. Ils tuèrent certains chefs des tribus et diffusèrent sa nouvelle pour effrayer les irakiens. Ainsi, ils attaquaient les villes de la frontière d’Irak et s’emparaient des biens des gens.
Par tous ces moyens, Mu’awiya essayait de propager sa domination.[15]

L’attaque contre le camp de l’Imam et la faiblesse de ses soldats pendant le combat

Mu’awiya arriva en Irak et se campa à Maskin. A la fin de sa vie, l’Imam Ali (as) avait préparé une armée pour combattre Mu’awiya mais à cause de son martyre, il ne réussit pas. Quand même l’armée ne devait pas abandonner sa mission.
En tant que commandeur de l’armée de l’Imam, Qays b. Sa’d b. Îbada se prépara pour aller vers Cham et l’Imam Hasan (as) alla à Mada’în. Un jour, la nouvelle de la mort de Qays se répandit parmi les soldats de l’Imam et ils commencèrent à se révolter.[16] Ils attaquèrent le camp de l’Imam Hasan (as) et s’emparèrent de tout ce qui était dedans. Ils volèrent même le tapis sur lequel l’Imam s’asseyait. L’Imam Hasan (as) alla se réfugier dans un autre endroit, mais sur la route, ils attaquèrent encore et blessèrent la cuisse de l’Imam.
Mohammad b. Jarir Al-Tabari a dit:

« Le jour où on s’empara du camp de l’Imam, l’Imam alla chez Sa’d b. Mass’ud Al-Thaqafi (l’oncle de Moukhtar). Sa’d était l’émir de Mada’în de la part de l’Imam ».

Mokhtar dit à son oncle, Sa’d:

« Veux-tu gagner de l’argent et de la richesse? »

Sa’d lui dit: « Comment? »
Mokhtar lui répondit:

« Emprisonne Hasan, livre-le à Mou’àwiya et prends-lui tout ce que tu veux ».

Son oncle lui dit:

« Qu’Allah te maudisse! Comme tu es méchant! Comment puis-je livrer le petit-fils du Prophète (pslf) à son ennemi? »[17]


Ayatollah Khoî croit que cette narration n’est pas fiable. Même si on imagine qu’elle est authentique, il était possible que Mokhtar veuille tester son oncle.[18] Sayed Mohsen Amin aussi a la même opinion.[19]
Mokhtar est celui qui, après 25 ans, dirigea le mouvement des chiites contre les omeyyades. Il est probable que la narration ci-dessus soit inventée pour gâter le visage de Mokhtar dans l’histoire.[20]

Se protéger lui-même et les chiites fidèles

La majorité des chiites intimes de l’Imam Ali (as) avait été tuée au cours des combats Jamal, Sîffayn et Nahrawan. A l’époque de l’Imam Hasan (as) il n’en resta que peu nombreux. Si l’Imam voulait commencer un autre combat, en considérant la faiblesse de ses partisans irakiens, il ferait certainement un risque irrécupérable.
Abou Saïd Ouqaysa a dit: « Je suis allé chez l’Imam Hasan (as) et je lui ai dit: « Ô fils de l’Envoyé d’Allah, pourquoi tu as accepté ce traité alors que tu savais que c’est toi qui as le droit du califat? »
L’Imam m’a répondit: « Si je ne l’acceptais pas, personne de nos chiites ne resterait en vie et Mu’awiya les tuerait tous ».[21]
Après avoir accepté le traité de paix, un homme dit à l’Imam Hasan (as): Ô humiliant des croyants!
L’Imam lui dit: « Je ne suis pas humiliant des croyants, je les ai plutôt rendus honorables. Car lorsque j’ai vu que vous n’aviez pas assez de force pour combattre l’armée de Cham, j’ai abandonné le califat pour que vous et moi restions en vie ».[22]
Dans un autre hadith l’Imam dit:

« Par Allah, ce que j’ai fait, est mieux pour mes partisans que le lever et le coucher du soleil ».[23]


Il est rapporté qu’un jour, Houjr b. Ouday alla chez l’Imam et lui dit: « Tu as noirci le visage des croyants! »
L’Imam lui répondit:

« Tout le monde ne pense pas comme toi et ne cherche pas ce que tu cherches. Ce que j’ai fait, n’était que pour vous protéger ».[24]

Les gens n’ont pas secouru l’Imam Hasan (as)

« Il était évident pour l’Imam Hasan (as) que les gens l’abandonnèrent. Les kharidjites (khawârij) l’insultaient, le considéraient comme un polythéiste, regardaient son sang licite et s’emparèrent de ses biens. Il ne resta que peu nombreux des chiites fidèles de son père et de lui-même contre l’armée immense de Mu’awiya ». (Chaykh Al-Mofid)

Pour tester les gens, l’Imam Hasan (as) leur dit: « Si vous êtes prêts au combat, on rejette le traité de paix et en appuyant sur nos épées, on confie tout à Allah. Mais si vous aimez rester en vie, on accepte ce pacte pour gagner la sécurité. A ce moment-là, tous ceux qui étaient présents dans la mosquée signèrent le pacte de paix en s’écriant: « Al-Baqiyya, Al-Baqiyya (le reste, le reste).[25]
Chaykh Al-Môfid a dit dans son livre « Al-Îrshad »:

« Il était évident pour l’Imam Hasan (as) que les gens l’abandonnèrent. Les kharidjites (Khawârij) l’insultaient, le considéraient comme un polythéiste, regardaient son sang licite et s’emparèrent de ses biens. Il ne resta que peu nombreux des chiites fidèles de son père et de lui-même contre l’armée immense de Mu’awiya ».[26]

Sulaym b. Qays Al-Hîlali a dit: Quand Mu’awiya arriva à Kufa, l’Imam Hasan (as) se tint debout, monta en chaire et dit après la glorification d’Allah: « Par Allah, si les gens me prêtaient allégeance, m’obéissaient et me secouraient, le ciel leur accorderait la pluie et la terre leur offrirait sa bénédiction, et toi ô Mu’awiya! Tu ne pourrais jamais convoiter mon califat ».[27]
Aussi, l’Imam dit: « Si j’avais des secoureurs, je ne confierais jamais le gouvernement aux Omeyyades. Car le califat des musulmans est interdit aux Omeyyades ».[28]
L’Imam répondit à une personne qui lui reprochait: « Du fait que je n’avais pas assez de partisans, j’ai confié le gouvernement à Mu’awiya. Si j’avais des secoureurs, je le combattrais sans cesse ».[29]

Empêcher l’effusion de sang

En déclarant la raison du traité de paix, l’Imam Hasan (as) dit: « J’ai vu que je dois accepter les cessez-le-feu et que je dois agréer ce pacte de paix. Car empêcher l’effusion de sang est mieux pour vous. Je ne l’ai fait que pour votre sécurité et votre protection ».[30]
En réponse à la critique de Sulayman b. Sourad, l’Imam Hasan (as) dit: « Je vois des choses autre que ce que vous voyez. Je ne l’ai fait que pour empêcher l’effusion de sang ».[31]
Après avoir accepté le pacte de paix, Mu’awiya demanda à l’Imam Hasan (as) de participer aux combat contre les kharidjites (Khawârij). Mais l’Imam refusa sa demande et lui écrit: « Ô Mu’awiya, si je voulais combattre les musulmans, je le ferais d’abord contre toi. Mais pour l’intérêt de la communauté islamique et pour arrêter l’effusion de sang, je t’ai laissé ».[32]

Protéger l’islam

Une des raisons très importantes pour laquelle, l’Imam accepta ce traité, était « La protection de l’islam ». Parce que la communauté islamique était dans un état très compliqué et ce combat pourrait anéantir la religion entière. Ni les gens de Koufa ni ceux de Cham ne pourraient avoir des intérêts dans ce combat. Ce dernier pourrait justement tout préparer pour les romains qui voulaient attaquer la communauté islamique.
Ya’qoubi (un historien) a dit: « En l’an 41 H/661, Mou’awiya revint à Cham. Il fut informé que le roi de Rome s’est préparé avec une armée immense pour un combat contre les musulmans. Mou’awiya lui envoya son délégué et lui donna cent mille dinars pour les dissuader de commencer le combat ».[33]
En plus, les musulmans n’étaient pas dans un haut niveau de la croyance. Donc, le fait de continuer les combats, de faire couler le sang des musulmans et avoir toujours des difficultés à cause de ces batailles, pourraient affaiblir de plus en plus, leur croyance. C’est pourquoi l’Imam Hasan (as) dit: « J’ai eu peur qu’il ne reste aucun musulman sur terre. Donc, en acceptant le traité de paix, j’ai protégé la religion et la foi des musulmans ».[34]

La communauté islamique ressentait une énorme faiblesse à cause des batailles successives

Durant quarante ans et depuis l’immigration du Prophète (pslf) à Médine, les musulmans subirent plusieurs combats, contre les polythéistes de la Péninsule Arabique, les romains, les perses, certains pays voisins et même certaines batailles entre les musulmans, comme Nahrawan, Sîffayn et Jamal. De ce fait, il n’y avait plus d’efforts parmi les musulmans, pour commencer un nouveau combat. Sauf certains des vrais partisans des Ahl al-Bayt (as), les autres se contentaient de tout ce qui se passait. C’est pourquoi lorsque l’Imam Hasan (as) et ses proches suivants comme Qays b. Sa’d et Houjr b. Ouday, appelaient les gens au combat contre Mu’awiya, la majorité se détournèrent et rejetèrent leur demande.[35]

« Que sont étranges, les gens qui n’ont atteint aucun niveau de l’islam! Si je confie le califat à Mu’awiya, vous ne verrez jamais la délivrance sous l’autorité des Omeyyades. Par Allah, Il vous infligeront le pire châtiment ». (L'Imam Hasan (as))


L’Imam Hasan (as) dit à ceux qui lui avaient prêté allégeance:

« Si vous êtes sincères, venez à notre camp à Mada’în. Rejoignez-y-moi. L’Imam y alla avec peu nombreux de ses soldats, mais plusieurs de ceux qui avaient prêté allégeance, ne tinrent pas leur promesse ».[36]

En les critiquant, l’Imam Hasan (as) dit:

« Que sont étranges, les gens qui n’ont atteint aucun niveau de l’islam! Si je confie le califat à Mu’awiya, vous ne verrez jamais la délivrance sous l’autorité des Omeyyades. Par Allah, Il vous infligeront le pire châtiment ».[37]

Il dit aussi: « J’ai vu que plusieurs d’entre vous se sont détournés du combat et n’en avaient pas envie. Je ne vous oblige pas alors à faire ce dont vous n’avez pas envie ».[38]

Le danger des Khawarij

Abubakr Mohammad b. Abd Allah b. Arabi, l’auteur du livre « Ahkâm Al-Qur’ân » a dit:

« Une des raisons pour laquelle, l’Imam accepta la paix, était le fait que l’Imam Hasan (as) était entouré des kharidjites (Khawarij). Il vit que si il commence le combat contre Mu’âwiya et s’en occupe, les Khawarij commenceront de s’emparer des régions islamiques. Et si il commence un combat contre les kharidjites (Khawarij), Mu’âwiya commencera à s’emparer des régions islamiques ».[39]

Une armée discordante

Chaykh Al-Mofid a dit dans son livre Al-Îrshâd:

« L’armée de l’Imam comprenait n’importe quel groupe. Certains partisans de son père et de lui-même, certains kharidjites (Khawarij) qui ne voulaient que combattre contre Mu’âwiya par n’importe quel moyen, certains ne cherchaient que la révolte pour pouvoir obtenir plus de butins et certains joignirent l’Imam pour un fanatisme tribal, pas pour la religion ».

La discorde et la révolte, menaçaient toujours une telle armée.

« Quiconque fait confiance aux gens d’Irak sera vaincu. Car ils ne se mettent pas d’accord dans une pensée ou une intention. Ils n’ont pas une forte décision » dit l’Imam Hasan (as).[40]

Chaykh Al-Mofid a dit:

« L’Imam Hasan (as) n’avait aucune solution sauf accepter la paix et abandonner le combat. Car ses soldats n’avaient pas une forte croyance, ils virent le sang de l’Imam licite et voulaient même le livrer à Mu’âwiya. Le cousin de l’Imam, Ubaydullah b. Abbas, l’abandonna et joignit les ennemis. Généralement, ils s’attachèrent aux fioritures d’ici-bas et oublièrent la récompense divine ».[41]


Certains chefs des tribus qui faisaient partie de l’armée de l’Imam Hasan, écrivirent secrètement une lettre à Mou’âwiya en disant qu’ils lui sont soumis et en promettant que lorsque Mu’âwiya arrive à l’armée de l’Imam, ils lui livreront l’Imam ou le tueront ».[42]
Zayd b. Wahab Juhani a dit:

« Lorsque l’Imam était à Mada’în, blessé par l’épée de ses soldats, je suis allé chez lui et je lui ai dit: « Les gens sont indécis, qu’as-tu décidé? »

L’Imam m’a répondu: « Pour ceux qui se prétendent partisans des Ahl al-Bayt mais s’emparent de mes biens, me blessent et essayent de me tuer, Mu’âwiya est mieux que moi ».[43]

Après le traité de paix

« Ô toi qui insultes Ali! Je suis Hasan et mon père est Ali. Tu es Mu’âwiya et ton père est Sakhr. Ma mère est Fatima et ta mère est Hînd. Mon grand-père est l’Envoyé d’Allah et ton grand-père est Harb. Ma grand-mère est Khadijah et ta grand-mère est Qatila. Donc, qu’Allah maudisse celui qui est plus inconnu, d’une mauvaise descendance et celui qui est malfaiteur et a une ancienne hypocrisie dans son cœur! ». (L'Imam Hasan (as))

Après le pacte de paix, Mu’âwiya alla à Nukhayla, fit la prière du vendredi avec les gens et dit dans son discours:

« Je ne vous ai pas combattu pour que vous fassiez la prière, le pèlerinage, le jeûne ou que vous donniez la Zakat. Vous les ferez vous-même. Je vous ai combattu pour gouverner. Sachez bien que j’ai fait un traité de paix avec Hasan et j’ai accepté certaines conditions; mais maintenant je les rejette tous ».

Il alla ensuite à Kufa et y resta quelques jours pour que les gens lui prêtent le serment d’allégeance. Il monta en chaire et insulta l’Imam ‘Ali et l’Imam Hasan. L’Imam Husayn voulait lui répondre, mais l’Imam Hasan prit sa main et l’assit. Il se tint debout lui-même et dit:

« Ô toi qui insultes Ali! Je suis Hasan et mon père est Ali. Tu es Mu’âwiya et ton père est Sakhr. Ma mère est Fatima et ta mère est Hînd. Mon grand-père est l’Envoyé d’Allah et ton grand-père est Harb. Ma grand-mère est Khadijah et ta grand-mère est Qatila. Donc, qu’Allah maudisse celui qui est plus inconnu, d’une mauvaise descendance et celui qui est malfaiteur et a une ancienne hypocrisie dans son cœur! ».

Un groupe dans la mosquée dit: Amine.[44]
A propos des conditions dans ce traité, Mu’âwiya n’en tint pas compte. Il nomma son fils, Yazid comme son successeur et autorisa beaucoup de préceptes qu’Allah avait interdits. A son époque, on inventait beaucoup de hadiths. Il continua à insulter l’Imam Ali (as) pendant les prêches de la prière du vendredi, commanda d’emprisonner tous ceux qui faisaient partie des adeptes et des amoureux de l’Imam Ali (as) et de détruire sa maison. Il tenta plusieurs fois d’empoisonner l’Imam Hasan mais n’y parvint pas.[45] A la fin, il réussit à corrompre la femme de l’Imam pour qu’elle empoisonne son mari, l’Imam Hasan.[46]

Références

  1. Tarikh Tahlili Islam, Shahidi, p 160
  2. Tarikh Al-Rusul wa Al-Moluk, Tabari, v 7 p 2
  3. Al-Kamil fi Al-Tarikh, v 3 p 405
  4. Tarikh Tahlili Islam, Shahidi, p 160
  5. Tarikh Tahlili Islam, Shahidi, p 160
  6. Al-Îrshad, v 2 p 14. Ansâb Al-Achrâf, v 3 p 41. Al-Fôtouh, Ibn A'tham, v 4 p 291
  7. Al-Kamil, Ibn Athir, v 3 p 405
  8. Hayat Al-Hasan, Qurachi, 471
  9. Hayat Al-Hasan, Qurachi, 471
  10. Hayat Al-Hasan, Qurachi, p 499-507
  11. Sharh Nahjul Balagha, Ibn Abi Al-Hadid, v 16 p 23
  12. Hayat Fékri Imaman Shia, Ja'fariyan, p 157
  13. Ansab Al-Ashrâf, v 1 p 150
  14. Tarikh Tahlili Islam, Shahidi, p 158
  15. Tarikh Tahlili islam, Shahidi, p 158-159
  16. Tarikh Tahlili islam, Shahidi, p 159
  17. Al-Kamil fi Al-Tarikh, v 3 p 404
  18. Mu'jam Al-Rijâl, v 18 p 97
  19. A'yân Al-Chia, v 7 p 230
  20. Tarikh Tahlili islam, Shahidi, p 159
  21. Îlal Al-Chara'yî', Chaykh Al-Sadouq, v 1 p 211
  22. Bîhar Al-Anwar, v 75 p 287
  23. Bîhar Al-Anwar, v 44 p 19
  24. Tanzih Al-Anbiya, Sayed Al-Mortadha, p 170
  25. Al-Kamil fi Al-Tarikh, v 3 p 406
  26. Al-Îrshad, v 2 p 10
  27. Al-Îhtijaj, Tabarsi, v 2 p 289
  28. Al-Khara'îj wa Al-Jara'îh, Rawandi, v 2 p 576
  29. Al-Îhtijaj, Tabarsi, v 2 p 291
  30. Kashf Al-Goumma, Al-Îrbili, v 1 p 571
  31. Tanzih Al-Anbiya, Sayed Al-Mortadha, p 172
  32. Al-Kamil fi Al-Tarikh, v 3 p 409
  33. Tarikh Ya'qoubi, v 2 p 144-145
  34. Hayat Al-Hasan, p 35
  35. Al-Îrchad, v 2 p 6
  36. Al-Khara'îj wa Al-Jara'îh, v 2 p 574
  37. Al-Khara'îj wa Al-Jara'îh, v 2 p 576
  38. Akhbar Al-Tiwal,p 220
  39. Ahkam Al-Qur'an, Ibn Arabi, v 3 p 152
  40. Al-Kamil fi Al-Tarikh, v 3 p 407
  41. Al-Îrshad, v 2 p 10
  42. Al-Îrchad, v 2 p 9
  43. Al-Îhtijaj, Tabarsi, v 2 p 290
  44. Kashf Al-Ghoumma, v 2 p 341
  45. Hayat Al-Hasan, p 568,
  46. Al-Îrchad, v 2 p 13