Usûl al-Dîn

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Usûl al-Dîn (en arabe: أصول الدين ), les principes fondamentaux de la religion ou les piliers de la religion (par opposition aux Furû’ al-Dîn ou principes secondaires de la religion) constituent une expression qui vient du kalam et qui se rapporte à un ensemble de croyances sur lesquelles est basé l’islam. Tout musulman devrait croire en ces principes pour être considéré comme musulman. D'après la doctrine, la négation de chacun des principes fondamentaux de la religion est considérée comme un blasphème et son auteur méritera le châtiment.

Pour les chiites ces principes fondamentaux sont consitués de : Tawhîd (unicité de Dieu), Nubuwwah (Dieu transmet Ses Messages aux hommes par Ses Messagers/des prophètes) ‘Adl ( justice de Dieu), Imâmat (Dieu désigne aux hommes des guides divins, des gardiens qui désignent leurs successeurs avant leur mort) et [(Ma'âd]] (le Jugement Dernier et le Retour de l'homme à une vie autre); le devoir de chaque chiite est d'avoir foi en ces principes pour atteindre le parfait salut et la religion authentique. Cependant on peut établir une distinction entre les deux principes de ‘Adl et de Imâmat avec les autres principes qui pourraient être placer en second lieu parmi ces cinq principes, puisque celui qui rejette les trois premiers principes, ceux de Tawhîd, de Nubuwwah et de Ma'âd, ne sera absolument pas considéré comme musulman, alors que s’il rejette les deux derniers principes, le ‘Adl et de l'Imâmat, il ne sort pas de l’islam, mais du chiisme. Donc d'après les chiites, il s’éloignera de l’islam authentique. C’est pourquoi ces deux principes, le ‘Adl et l'Imâmat, sont considérés comme des principes particulière de l’école chiite.

La majeure partie des savants chiites pensent qu’en ce qui concerne les Usûl al-Dîn, contrairement à ce qui est le cas pour les Furû’ al-Dîn, on ne doit pas imiter une référence religieuse, mais au contraire, chaque personne doit réfléchir personnellement et indépendamment à ces principes avant de les accepter avec certitude (l'acceptation doit être certaine).

Le sens des Usûl al-Dîn

Usûl al-Dîn ou les principes fondamentaux de la religion (par opposition aux Furû’ al-Dîn ou principes secondaires de la religion) constitue une expression qui vient du kalâm et il se rapporte à un ensemble de croyances sur lesquelles est basé l’islam. De croire en ces principes est considéré comme une condition nécessaire pour être musulman.

Cette expression a deux emplois: le premier englobe toutes les croyances islamiques et se trouve en opposition avec les Furû’ al-Dîn. Dans ce sens, les Usûl al-Dîn sont considérés comme des questions idéologiques sur lesquelles il vient de réfléchir et les Furû’ al-Dîn, celles qui méritent d’être appliquées, qu’il soit parmi les actes recommandés ou méprisés.[1]

L’autre emploi concerne les trois ou cinq principes idéologiques à savoir Tawhîd, ‘Adl, Nubuwwah, Imâmat et Ma'âd. En général, Tawhîd, Nubuwwah et Ma'âd sont considérés comme les principes fondamentaux de la religion et les deux autres, ‘Adl et Imâmat, comme les principes idéologiques du chiisme duodécimain, mais ils sont appelés tous les Usûl al-Dîn.

Origine du terme

Ceux qui ont employé, pour la première fois, le terme de Usûl al-Dîn pour désigner ces croyances, considéraient que les connaissances théologiques comme la sunna (ou hadîth), la jurisprudence (ou fiqh) et l'exégèse ( ou tafsîr) étaient basés sur ces fondements. En d’autres termes, la théologie dépend de la véracité et la sincérité profonde des paroles et des actes Prophète ainsi que de la connaissance de ces fondements.[2]

En outre, les Usûl al-Dîn sont mis au point de manière à démarquer les frontières entre le chiisme et l’islam avec les autres religions et écoles doctrinales, ce qui veut dire qu’en acceptant l’unicité de Dieu (''tawhid''), la prophétie de Mohammad (Nubuwwah) et le Jugement Dernier (Ma'âd), une frontière se trace entre l’islam et les autres religions alors que le principe de l’Imâmat exclut les sunnites, et celui de la justice ('Adl), les autres sectes comme le Ash’arisme.

d'autres sens

Face à cette fameuse signification, l’expression de Usûl al-Dîn a trouvé, au cours de certaines périodes, une signification plus ample. A titre d’exemple, il était parfois employé pour désigner le kalâm.[3][4]

Usûl al-Dîn dans le Livre et dans la Tradition

L’expression de «Usûl al-Dîn» a été conçue par les spécialistes du kalam. Et il n'existe, ni dans le Coran, ni dans les hadîth, une répartition de connaissances religieuses de cette manière à savoir en Usûl (les principes premiers) et Furû’ (les principes secondaires).

Cependant il existe dans les hadîth, des allusions aux fondements de l’islam. Par exemple d’après un hadîth, il a été demandé à l’Imâm Sâdiq : «Quels sont les fondements [de la religion]? Et quelles sont les choses que tout le monde doit savoir et auxquelles personne ne peut manquer ? Quelles sont les choses dont l’abandon corrompt la foi de la personne et par conséquent ses œuvres ne seront pas admises par Dieu, et par contre les choses dont la connaissance et l’application renforcent la foi et font que l’œuvre soit admise par Dieu?»

Et l’Imâm répond: «Reconnaître l’Unicité Divine et la mission divine du Prophète, payer son impôt et se soumettre au gouvernement des descendants du Prophète et ce dernier jouit entre autre d’une place privilégiée.»[5]

Un autre hadîth rapporté de l’Imâm Bâqir considère cinq piliers pour l’islam à savoir : la prière, la zakât, le jeûne, le pèlerinage (hajj) et la wilâyat, le dernier étant plus important que les autres.[6] D’après ces hadîth rapportés des Imâms chiites, le rejet d’une partie des connaissances de l’islam signifie la négation de la religion et donc entraîne l’anathémisation, alors que le rejet d’une autre partie n’aurait pas la même conséquence.

la certitude ou le doute

Il n’existe pas de divergence sur le dogme qui consiste à l'obligation de croire en les principes fondamentaux de la religion. Mais il existe des divergence à propos de la question de : si cette foi doit être basée sur une connaissance certaine et une affirmation incontestable ou si il suffit d’avoir une connaissance incertaine. Les points de vue sont alors différents : la majorité des savants pense que la croyance en ces principes fondamentaux (les Usûl al-Dîn) doit être basée sur une connaissance incontestable et certaine et qu’une croyance mêlée d’incertitude n'est pas suffisante.

Cette idée se renforce par des versets Coraniques et des récits saints qui désapprouvent ceux qui suivent le doute. On peut citer les versets suivants comme exemple:

إِنَّ الظنّ لا یغنی مِنَ الحَقِّ شَیئاً : "Conjecturer ne sert à rien contre la Vérité" (la Sourate Jonas, verset: 36)

إِنْ یتَّبِعُونَ إِلاّ الظنّ : "Ils ne suivent que conjectures" (la Sourate Troupeaux, verset : 116)

إِنْ هُمْ إِلاّ یظُنُّون : "Ils ne font que conjecturer" (la Sourate Agenouillée, verset : 24)[7]

Face à ce point de vue, un groupe de chercheurs considèrent comme suffisant la sureté dans la foi en ces principes (Usûl al-Dîn), et estiment que la sureté procure à l’homme du sérénité et de la paix, et pour le Législateur, une connaissance fiable n’est rien que ce qui procure de la sérénité et de la quiétude.[8]

Par conséquent, ce qui est nécessaire dans la foi en les Usûl al-Dîn, c’est la confiance, ce qui est appelé la certitude coutumière. Pour la certitude coutumière, on ne rejette pas entièrement l’éventualité d’un cas opposé, mais puisque cette éventualité est faible on n’y attache tellement d’importance, contrairement à ce qui est le cas pour la certitude logique dans le sens particulier du terme où il est absolument impossible d’envisager le contraire.

Usûl al-Dîn: imitation ou vérification

Beaucoup de savants pensent qu’il n’est pas permis d’imiter une autre personne pour l'acceptation des Usûl al-Dîn et qu’au contraire l'acquisition d'une connaissance via la recherche par la personne même est exigeante. Il parait même qu’un consensus existe à ce sujet.[9]

Un des arguments avancés pour rejeter toute imitation dans les Usûl al-Dîn est le suivant :

"Soit l’imitateur est conscient de l'authenticité de la personne qu’il imite, soit non. S’il n’est pas conscient de son authenticité, et il pense que c'est probable qu'il fasse une erreur, il ne devrait pas l’imiter; puisque dans ce cas il imiterait les erreurs de ce deniers aussi. Mais s’il est certain que la personne qu'il imité est un sage authentique, dans ce cas il y a deux choix: soit cette conscience est improviste, soit elle approuvée par des épreuves. Le premier cas est considéré comme non avenue. Dans le second cas, soit la situation est obtenue par un autre moyen que l’imitation, soit par l'imitation. Dans ce dernier cas, le nombre de personnes à imiter pourrait être illimité. Alors la seule hypothèse logique est que la personne a comprenne la vérité du principe par ses propres preuves. Dans cette affaire il ne s’agit donc pas d’imitation, l’imitation est non avenue.[10]

Usûl al-Dîn dans le chiisme imâmîte

Les Usûl al-Dîn concernent en général trois choses : Tawhîd, Nubuwwah et Ma'âd ; mais il faut y ajouter l’‘Adl et l’Imâmat comme les principes du chiisme Imamite. Autrement dit, d’après cette idéologie, celui qui nie l’un des principes de la religion, sera considéré comme impie. Cependant s’il accepte les trois premiers, tout en rejetant le principe de [[‘Adâlat et de Imâmat, il ne sera pas considéré comme impie, mais il sera exclu du chiisme Imamite.[11]

Les cinq principes mentionnés pour l’ensemble des spécialistes du Kalam imâmites sont alors les suivants:

  1. Tawhîd : Reconnaître l’existence de Dieu et accepter qu’Il est Eternel sans avoir un commencement ni fin, et qu’Il est Existence Nécessaire par Soi-même. Confirmer les attributs positifs de Dieu, a savoir Puissance, Science et Existence ; Le considérer comme exempt des attributs négatifs comme Ignorance et Impuissance et admettre que les attributs de Dieu sont identiques à Son Essence et qu’aucun attribut n’excède Son Essence.
  2. ‘Adl : Reconnaître que Dieu est Juste et Sage, cela veut dire que Son œuvre n’est jamais inconvenable et qu’Il n'abandonne jamais les œuvres exigeantes. Dieu n’est pas Content des hommes qui commettent de mauvaises actes. En fait, les hommes agissent par leur volonté et leur libre-arbitre que Dieu leur a accordés et donc, qu’ils sont, eux-mêmes, responsables de leurs actes.
  3. Nubuwwah : Admettre le Prophète Muhammad comme le Messager de Dieu, et ce qu’il a apporté comme Révélation. Cependant il y a des divergences par rapport à l'acceptation de ce que le Prophète a apporté comme Révélation. Il y a des débats sur si on une acceptation globale est suffisante ou elle doit être précise et détaillée. A souligner que certains ulémas de l'école imâmite considèrent comme nécessaire le fait de confirmer l’infaillibilité du Prophète et qu’il est le dernier Messager de Dieu.
  4. Imâmat : Admettre l’imâmat des 12 Imâms. Tous les spécialistes du kalâm imâmite étant unanimes sur ce principe, il est considéré comme un principe indispensable de cette école. D'après ce principe, les Imâms sont Impeccables (Infaillibles). Ils sont les gardiens de la religion et guident les hommes vers la Vérité, il est donc nécessaire pour tous de les obéir. Certes, le douzième Imâm, Imâm Mahdî, est vivant mais absent (en occultation) et il paraîtra un jour avec la permission de Dieu.
  5. Ma'ad : D’après ce principe, les hommes seront ressuscités après la mort et seront jugés selon leurs mauvais ou bons actes. D'après ce principe les hommes (ressuscités) auront un corps matériel lors du Jugement Dernier. Autrement dit, l’homme aura un corps matériel durant la vie qu’il mènera après la mort.[12]

Voir aussi

Furû' ad-Dîn

Bibliographie

  • Amadî, ‘Alî, Al Ahkâm fi Usûl al-Ahkâm, éd. Brâhîm ‘Ajûz, Beyrouth, 1405 h/1985
  • Ibn Taymîya, Ahmad, Muwâfiqat Sahîh al-Manqûl li Sarîh al-Ma’qûl, Beyrouth, 1405 h/1985
  • Ibn Maytham Bahrânî, Maytham, Qawâ’id al Marâm fi Ilm al-Kalâm, éd. Ahmad Husaynî et Mahmûd Mar’ashî, Téhéran, 1406 h
  • Ibn Nadîm, Al Fihrist
  • Abû al-Husayn Basrî, Al Mu’tamad fi Usûl al-Fiqh, éd. Mohammad Hamid Allâh et autres, Damas, 1385 h/1965
  • Ash’arî, ‘Alî, Risâlat fi Istihsân al Khûz fi Ilm al-Kalâm, Haydar Abâd Dakan, 1400 h/ 1979
  • Bukhârî, Muhammad, Sahîh, Istanbul, 1981
  • Baghdâdî, ‘Abdul Qâhir, Usûl al-Dîn, Beyrouth, 1401 h/1981
  • Bukharî, Al Firaq bayn al Firaq, éd. Muhammad Zahid Kutharî, Le Caire, 1367 h/907
  • Jurjânî, ‘Alî, Sharh al-Mawâqif, Le Caire, 1325 h/1907
  • Sirâj al-Dîn Armawî, Mahmûd, Al Tahsîl min al Mahsûl, éd.‘Abd al Hamîd Abû Zunayd, Le Caire, 1393 h/ 1973
  • Sayed Murtazâ, ‘Alî, Al Dhakhîrah, corrigé par Ahmad Husaynî, Qom, 1411 h
  • Shahîd Thânî, Zayn al-Dîn, Haqâ’iq al-Imân, corrigé par Mahdî Rajâ’î, Qom, bibliothèque de l’ayatollah Mar’ashî
  • Shahîd Thânî, Zayn al-Dîn, Haqâ’iq al-Imân, lithographie, Majmû’at al-Rasâ’il, Qom, 1304 h
  • Tâliqânî, Nazar ‘Alî, Kâshif al Asrâr, corrigé par : Mahdi Tayib, Téhéran, 1373 de l’hégire solaire
  • Tûsî, Muhammad, Al Iqtisâd, Qom, 1400 h
  • Allâmih Hillî, Hasan, Sharh Bab Hasî ‘Ashar, Téhéran, 1370 de l’hégire solaire
  • Allâmih Hillî, « Kashf al-Fawâ’id », Majmû’at al-Rasâ’il, Qom, 1404 h
  • Fakhr al-Dîn Râzî, « Usûl al-Dîn », 14 Risâlah, corrigé par Muhammad Bâqir Sabziwârî, Téhéran 1340 de l’hégire solaire
  • Fakhr al-Dîn Râzî, Kitâb al-Arba’în fi Usûl al-Dîn, Haydar Abâd Dakan, 1353 h
  • Saint Coran
  • Qarâfî, Ahmad, Sharh Tanqîh al-Fusûl, corrigé par Tâhâ ‘Abd al Ra’ûf Sa’d, Beyrouth, 1393 h/ 1973
  • Kulaynî, Muhammad, Al Usûl fi al Kâfî, corrigé par ‘Alî Akbar Ghaffârî, Téhéran, 1388 h
  • Mankdîm, [suspension] Sharh al Usûl al Khamsa, corrigé par ‘Abd al-Karîm ‘Uthmân, Nadjaf, 1383 h/1963
  • Mu’taqid al Imâmîya, corrigé par Muhammad Taqî Dânishpajûh, Téhéran, 1339 de l’hégire solaire
  • Mîrzâ Qumî, Abu al Qâsim, Usûl Dîn, corrigé par Rizâ Ustâdî, Téhéran, Masjid Jâmi’
  • Mîrzâ Qumî, Abu al Qâsim, Qawânîn al-Usûl, Téhéran, 1303 h
  • Anîs al Muwahidîn, Mulâ Mahdî Narâqî, éd. Payam Mahdî (aj), Qom, 1386 de l’hégire solaire
  • Haqâ’iq al-Imân, Zayn al-Dîn al ‘Amilî, Manshûrât Maktabat al Mar’ashî, Qom 1409 h

Références

  1. Al Anwâr al-Ilâhîyat fi al-Masâ’il al-Aqâ’idîya, p. 76
  2. Allâmat Hillî¸ Sharh…, 4, 6
  3. Qawâ’id al Marâm fi Ilm al-Kalâm, p. 20
  4. Autres exemples de cet emploi voir: Talkhîs al-Muhassil, p. 1, Kashf al-Zunûn, vol. 2, p. 1503
  5. V. Kulaynî, 19/2-20
  6. V. ibid : 18/2
  7. Haqâ’iq al-Imân, p. 56
  8. Haq al-Yaqîn, pp. 571 et 575; Sharh al Mawâqif, vol. 8, p. 331
  9. Anîs al Muwahidîn, p. 22; Haqâ’iq al-Imân, p. 59
  10. Sayid Murtazâ, pp. 164-165
  11. Mirzâ Qumî, Usûl al-Dîn, p. 5
  12. Shahîd Thânî, op.cit.