Imam al-Mahdi (a)

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Imam Mahdi (a)
Description de cette image, également commentée ci-après

La mosquée de Jamkarân attribuée à l’Imam Mahdi (a) Qom

Le douzième Imam des chiites
Surnom(s) Abâ Sâlih – Abul Qâsim
Titre(s)
  • Mahdi
  • Ma'mûl
  • Hujja-t-Allah (Preuve de Dieu)
  • Muntaqam
  • Muntazar
  • Mu'ûd
  • al-Awusyâ
  • Qâ'ib (Occulté)
  • Khâtam
  • Qâ’im
  • Sâhi al-zamân (Maître du temps)
  • Baqiya-t-Allah
  • L’Imam du temps
  • L’Imam Caché
Naissance Le 15 Sh’aban 255 ou 256 H.
Samarrâ
Famille
Généalogie Muhammad b. Hasan b. 'Ali b. Muhammad b. 'Ali b. Musa b. Ja'far b. Muhammad b. 'Ali b. Husayn b. 'Ali b. Abi Tâlib
Père Imam Hasan al-Askari (a)
Mère Narjis khâtun

Imamat
Durée son imamat est toujours en cours et continue jusqu’à sa réapparition
Début

260 H/860 A.C.

  • Occultation mineure = 260 H./874 A .C.
  • Occultation majeure = 329 H./940 A.C.
Compagnons

4 Nâ'ib

Les Imams des chiites

L'Imâm AlïL'Imâm HassanL'Imâm Hussayn
L'Imâm SajjâdL'Imâm BaqirL'Imâm Sâdiq
L'Imâm KâzimL'Imâm RidaL'Imâm Jawâd
L'Imâm HadïL'Imam Hassan Al-AskariL'Imâm Mahdï

Muhammad b. Hasan (né en 255 H.), connu sous le nom de Imam al-Mahdi (a), (en arabe: المهدي) (qui signifie le bien guidé, et celui qui guidera le monde vers Dieu), l'Imam du temps et Hujjat b. al-Hasan, est le douzième Imam des chiites duodécimains.

D'après les sources chiites, la naissance de l'Imam du temps fut cachée, et sauf quelques compagnons proches de l'Imam Hasan al-Askari, son père, personne ne l'a vu. Selon cette croyance, l'Imam Mahdi et le sauveur de la fin des temps, et c'est lui le Mahdi Mu'ûd, celui qui a une durée de vie très longue et vie pendant des longues périodes en occultation. C'est celui qui se suolèvera et apparaîtra à la fin des temps pour rétablir la justice dans un monde qui serait alors totalement corrompu.

Certains chiites ont douté, après la mort de l'Imam Hasan al-Askari, de la présence de son fils Mahdi. Les préceptes et paroles de l'Imam Mahdi adressés aux chiites ont été transmis à la communauté par ses Représentants particuliers et c’est cela qui a joué un rôle important dans la stabilisation du chiisme.

L'Imam Mahdi a eu une première courte occultation (al-ghaybat al-sughrâ) après la mort de son père; ce fut durant cette période de l'occultation mineure qu'il communiquait avec les chiites part l'intermédiaires de ses Quatre Représentants. Mais il s'est occulté ensuite définitivement, en l'an 329 H., (L'Occultation majeure) ; une occultation suite à laquelle ses communications avec les chiites sont totalement interrompues.

L’exégèse chiite, en se basant sur les paroles attribuées aux Imams des chiites, considèrent que certains versets coraniques ont été révélés au sujet de l’Imam Mahdi et le concernent. Il existe également de nombreux hadiths à propos de la vie, les occultations et le gouvernement de l’Imam Mahdi dans des divers livres de compilation de hadith. Indépendamment des livres de hadiths, beaucoup d’autres livres sont aussi rédigés à propos du douzième Imam.

Il a aussi de nombreux lieux dans des endroits différents du monde, attribués à l’Imam Mahdi. Des lieux comme Galerie sacrée à Samerra, la Mosquée de Sahla à Koufa, et la Mosquée de Jamkarân près de Qom en Iran.

Nous pouvons également mentionner d’innombrables prières et invocations qui concernent les communications avec l’Imam Mahdi dans le monde chiite. D’après certains hadiths, même la vision de l’Imam Mahdi est possible pour certaines personnes ; ce qui est d’ailleurs mentionné dans les récits de certains événements mystiques dans les livres des sages et savants chiites.

Sommaire

Son nom, ses pseudonymes et ses titres

Les noms comme Muhammad, Ahmad et Abdullah, ont été mentionnés dans les hadiths chiites, pour nommer le douzième Imam. Toutefois il est connu dans le monde chiite, comme on l'a dit plus haut, par le nom de Mahdi qui fait plutôt partie de ses titres.

D'après les divers hadiths, il a le nom et le pseudonyme identique à celui du prophète. Dans d'autres sources chiites bien connues comme Al-Kâfi et Kamâl ad-Din, il est nommé avec quatre lettres coupées de M. H. M. D. (م ح م د) (les lettres constituant le nom du Prophète); cette manière d'écrire vient d'une croyance (basée également sur des hadiths) d'après laquelle il interdit de prononcer son nom.

Le respect et l'interdiction de la prononciation de son nom

Comme nous avons mentionné, d'après de nombreuses sources il est interdit de prononcer le nom du douzième Imam.

Il existe deux traditions dans ce courant de pensée à ce propos, qui sont d'abord celle de Seyyed Murtadha, Fâdhil Miqdâd, Muhaqqiq Hillî et 'Allama Hillî. Ils considèrent ce respect et cette interdiction dû à la pratique de La Taqiya.

Puis on a une deuxième tradition, avec d'autres penseurs comme Mir Dâmad et Muhaddith Nûri, qui considèrent cette interdiction comme valable durant tous les temps d'Occultation indépendamment de la pratique de la Taqiya.

Ses pseudonymes et ses titres

Le douzième Imam des chiites est décrit de nombreuses manières dans des diverses sources, invocations et prières dont les plus connus sont : Mahdi, Sahib al-Zamân (le Maître du temps), Abâ Sâlih, Muntazar, Hujja-t-Allah (Preuve de Dieu), Baqiya-t-Allah, Muntaqam, Mu'ûd, Khâtim al-Awusyâ, Qâ'ib (Occulté) et Ma'mûl. Qâ'im est un autre titre de l'Imam du temps que les chiites utilisent suivant le huitième Imam (Imam Ridhâ (a)) et se lèvent en l'entendant et mettent la main sur la tête (signe de respect).

Il existe bien d'autres surnoms et titres pour le douzième Imam. Par exemple Muhaddith Nûri en mentionne 128 dans son célèbre livre Najm al-Thâqib; également il y 310 titres mentionnés dans le livre Nâm-nameh de l'Imam Mahdi pour l’Imam Mahdi.

Ces nom et surnoms sont également mentionnés dans les sources sunnites. Toutefois ces sources utilisent souvent le titre de Mahdi pour parler de lui. Le titre le moins utilisé dans ces dernières sources est le Qâ'im.

La famille et les liens de parenté du douzième Imam

Son père

D'après la croyance chiite le père de l'Imam du temps est l'Imam Hasan al-Askari. Certains sunnites pensent, selon les hadiths dont l'authenticité est faible d'après les chiites, que le nom du père de l'Imam du temps est Abadullah.

Sa mère

On a attribué de différents noms à la mère du douzième Imam comme : Najis, Sussan, Haditha, Malika et Rayhana. Il existe quatre sortes de récits à propos de la vie et des caracétistiques de la mère du douzième Imam.

D'après un récit rapporté par le Cheikh Saduq dans Kamâl ad-Din wa tamâm al-Na'ma, la mère de l'Imam Mahdi était une princesse romane; et dans d'autres récits, sans mentionner sa vie, on a dit qu'elle a été élevée chez Hakima, la fille de l'Imam Jawâd (a).

La troisième catégorie de récits concerne ce que Mas'udi rapporte dans Ithbât al-Wasiya selon laquelle la mère de l'Imam Mahdi est née et élevée dans la maison du onezième Imam.

La quatrième série de récits a une différence principale par rapport les trois autres. D'après cette denière la mère du douzième Imam était une esclave noire.

Les trois premières catégories sont presque complémentaires, tandis que la quatrième est totalement à part. Pour cette raison, certains pensent que dans ces 4 catégories, il ne s'agit pas de sa mère, mais de "sa mère par intermédiaire" ou de l'éducatrice de sa mère.

Hakima, sa tante paternelle

Hakima la fille de l'Imam Jawad (a) et la tante paternelle de l'Imam Hasan Askari (a) a vécu contemporain avec quatre Imams, et selon les sources chiites, elle serait témoin et rapporteuse de la naissance de l'Imam Mahdi. D'après ces sources la mère de l'Imam Mahdi aurait été élevée dans sa maison ; de nombreux récits à propos de l’Imam Mahdi auraient été également transmis par elle.

Jadda, sa grand-mère

Jadda (le terme qui signifie ancêtre féminin en arabe) est la mère de l'Imam Hasan Askari et la grand-mère du douzième Imam. D'après les sources, c'est une personnalité très importante qui a joué un rôle crucial dans la gestion des affaires des chiites et dans la protection du chiisme après la mort de son fils, le onzième Imam.

Ja'far al-Kazzab

Ja'far b. Muhammad est le frère du père du douzième Imam (le frère de l'Imam Hasan al-Askari) qui s'est proclamé Imam après la mort de son frère. C'est pour cette raison qu'il est appelé Ja'far al-Kazzab qui signifie : Ja'far le menteur.

Les sources chiites le considèrent comme celui qui a commis des péchés importants ; outre la négation de l’imamat de l’Imam Mahdi, il intriguait les autorités en place contre le douzième Imam. D’après ces sources, il est resté convaincu de son imamat jusqu’à la fin de sa vie. D’autres ont dit qu’il s’est repenti à la fin de sa vie, et pour cette raison il est parfois appelé Ja’far Ta’ib, qui signifie : Ja’far le repentant. Il est mort à l’age de 45 ans à Samarra.

La naissance de l’Imam al-Mahdi

La date de sa naissance

Il y a des divergences à propos de l'année de la naissance de l'Imam Mahdi. Certaines des sources anciennes, n'ont pas voulu parlé de la date la naissance de douzième Imam, et l'on considéré comme secret. Mais certaines narrations (riwayât) chiites mais aussi sunnites, ont considéré l'année 255 H. ou 256 H. comme l'année de sa naissance.

Il y existe également des divergences à propos du mois de la naissance de l'Imam; l'avis le plus courant considère le mois de Sha'bân comme le mois de sa naissance, ce que de nombreuses sources anciennes admettent aussi. Toutefois certaines sources chiites mais aussi sunnites, considèrent le mois de Ramadan comme le mois de sa naissance, d'autres ont parlé des mois de Rabi' al-Awwal ou Rabi' ath-Thâni comme le mois de sa naissance.

Concernant le jour de sa naissance, les sources historiques ont rapporté des informations différéntes, parmi toutes la plus connue est celle qui considère le 15ème jour du mois de Sha'bân comme le jour de sa naissance. Parmi les savants chiites qui sont de cet avis nous pouvons mentionner Kulayni, Mas'ûdî, Cheikh Sadûq, Cheikh Mufid, Cheikh Tûsi,Ibn Tâwûs, Ibn Taqtaqî, Allama Hillî, Cheikh Bahâ'i, Shahid Awwal, Kaf'ami, Amin al-Islam Tabarsi et Fitâl Neyshâburi.

Parmi les savants sunnites qui sont de cet avis nous pouvons citer : Ibn Khalkân, Ibn Sabbâgh Mâliki, Shi'râni Hanafî, Ibn Tulun, etc.

Précision également que le premier jeudi soir (nuit de vendredi) du mois de Ramadan, ou un autre jeudi soir (nuit de vendredi) de ce mois est mentionné dans le livre Kamâl ad-Din de Cheik Sadûq comme l'éventuel jour de la naissance de l'Imam.

Le lieu de sa naissance

Les historiens qui se sont exprimés à propos du lieu de naissance de l'Imam, sont unanimes à propos du fait qu'il est né dans la maison de son père, l'Imam Hasan al-Askari à Samarra. Cette maison était située dans une rue appelée "Râdha" ou "Wasâfa". Aujourd'hui ce lieu est le sanctuaire de l'Imam Hâdi (a) et de l'Imam Askari (a).

D'après les historiens, ces deux derniers Imams, ont été appelés à aller vivre à Samarra, le centre du gouvernement Abbaside, bien longtemps avant la naissance de l'Imam Mahdi.

Le récit de sa naissance

Le célèbre récit de la naissance du douzième Imam est rapporté par Hakima Khâtûn, la tante paternelle de l'Imam Askari. Certains passages des témoignages de Hakima sont rapportés par Cheikh Sadûq.

Elle raconte : "l'Imam Hasan al-Askari m'appela auprès de lui et me dit : "Ô ma tante! Reste chez nous ce soir de mi-Sha'bân, puisque Dieu le Très Haut fera apparaître sa preuve [sur terre]. Je lui ai demandé, c'est qui sa mère? Il m'a répondu : Narjis! Je lui ai dit : "Masi il n'y a aucune trace de grossesse en elle; il m'a répondu : " [oui mais] c'est ce que je te dis!".

Hakima Khâtûn rapporte le récit de la naissance ainsi :

Je suis rentrée et me suis assise; puis Narjis arriva, rangea mes chaussures et me dit : Ô Ma Dame, et la Dame de ma famille! comment allez-vous? Je lui ai dit : C'est toi Ma Dame et la Dame de ma famille! Cela ne lui a pas plu et m'a dit : ma chère tante! ne dite pas cela! Je lui ai dit: Chère fille, ce soir Dieu le Très Haut te donnera un enfant qui est le seigneur d’ici-bas et de l'au-delà. Pudique, elle n'a rien répondu. J'ai rompu ma jeûne après la prière et me suis couchée ensuite. Dans la nuit quand je me suis levée pour la prière, Najis dormait. J'ai continué mes prières puis me suis allongée, mais j’étais réveillée par inquiétude. Elle, elle dormait. Plus tard elle se réveilla et effectue sa prière et se recoucha.

Elle continue : [Je me suis levée] et suis sortie pour regarder l'aube dans le ciel. J'ai constaté que la première aube (fajr awwal) est levée; elle, elle dormait. J'ai douté dans mon cœur! Soudain Abu-Muhammad cria de sa chambre: Ô ma tante! Dépêche toit que cela se rapproche ici! Elle dit: Je me suis assise pour réciter les sourates As-Sajda et Yâsin. Elle [Narjis] se réveilla d'un coup avec inquiétude; je me suis précipitée vers lui et lui ai dit : Que le nom de Dieu soit sur toi! Sens-tu quelque chose? Elle m'a dit: Oui ma tante! Je lui ai dit : recueille toi et renforce ton cœur que cela est bien ce dont je t'ai parlé!

Elle continue: D'un coup une faiblesse nous pris Narjis et moi ... j'ai repris la conscience par l'appel de mon seigneur; j'ai retiré le drap sur Narjis et j'ai vu soudain mon seigneur (l'enfant de Narjis) qui se prosterne par terre. Je l'ai pris dans mes bras. Il était propre et pure. Abu-Muhammad m'a dit: Ô ma chère tante! Emmène mon enfant auprès de moi! Je l'ai emmené. Il entendu ses deux paumes et plaça l'enfant sur ses paumes et mit ses pieds contre sa poitrine. Il mit ensuite sa langue dans la bouche de l'enfant, et passa sa main sur ses yeux, ses oreilles et ses articulations. Il dit ensuite: "اشهد ان لا اله الا الله وحده لاشریک له و اشهد ان محمدا رسول الله".

Il salua ensuite le Prince des croyants et les Imams suivants jusqu'à ce qu'il arrive au nom de son propre père; puis il retira sa langue [de la bouche de l'enfant].

La discrétion de sa naissance

Les califes abbassides, en se basant sur les hadiths et les réctis attribués au Propèthe et aux Imams, savaient bien que le douzième Imam et le Mahdi. Ils avaient mis alors en place des surveillance sur l'Imam Hasan al-Askari et sur sa maison. Les historiens ont apporté que Mu'tamid Abbassi avait demandé aux sages-femmes d'entrer à l'improviste chez les sâdât (les descendants des Imams) et notamment chez l'Imam Hasan al-Askari, et de fouiller les maisons et de rapporter les états de son épouse. Une servante nommé Thaqîl qui, pour sauver la vie de l'Imam Mahdi avait prétendu sa grossesse, était alors arêtée et on l'avait même gardée sous surveillance pendant deux ans pour être sûr qu'elle ne porte pas d'enfant.

LA naissance de l'Imam Mahdi a été cachée du commun des croyants. Ce fait et ses raisons ont été expliqués dans les hadiths et les réctis. Par exemple l'Imam Sajjad (a) dit : " Il y a des traditions venues des prophètes chez notre Qâ'im ... dont une tradition d'Abraham [qui est] la discrétion de la naissance et la retraite à l'égard des gens ...".

l'Imam Sâdiq dit également : "La naissance du Maître de l'Ordre (Sâhib Amr) est dissimulée aux yeux du peuple jusqu'à son apparition; (et cela) pour qu'il ne porte aucune dette due à l'allégeance sur son epaule".

Le Cheikh Mufid pense également que : "La naissance de son excellence a été cachée au publique à cause des problèmes de son époque et la recherche acharnée du roi et ses efforts obstinés pour trouver la dernière Preuve de Dieu".

Le fait qu'une naissance soit faite en cachette, n'est pas nouveau dans l'histoire. Par exemple on le sait très bien, la naissance du prophète Abraham (a) avait également été faite en cachette par peur du roi de son temps qui le cherchait pour le faire disparaitre. Dans le Coran également nous lisons dans la Sourate al-Qasas, les versets 7 à 13, le récit de la naissance cachée de Musâ b. 'Imrân (a) (Coran, XXVIII./7-13).

Les témoins de sa naissance

Les témoins de la naissance de l'Imam Mahdi, en plus de Hakima Khâtun, étaient deux servantes de l'Imam Hasan al-Askari, nommées Mariya et Nasîm.

Le Cheikh Tûsî et le Cheikh Sadûq ont rapporté : "Nasîm et Mariya ont dit : lorsque le Maître du Temps est sorti des entrailles de sa mère, il se mit à genou par terre et monta les deux index au ciel et éternua et dit : " Louange à Dieu, et que Dieu bénisse Muhammad et Sa Famille" (الحمدلله رب العالمین و صلی الله علی محمد و آله) ; les oppresseurs pensent que la Preuve de Dieu est disparue. Si nous aurions l'autorisation de prendre la parole, ce doute aurait été aboli".

Les rapports sunnites

Certains savants sunnites ont également rapporté la naissance du douzième Imam, toutefois ils sont restés silencieux quand à l'idée de son retour en tant que Mahdi (le fait qu'il est le Mu'ûd). Nous pouvons citer à ce propos Ibn Athîr (630 h.) dans Kâmil fî al-Târikh; Ibn Khalkân (681 h.) dans Wafîyât al-A'yân ainsi que Dhahabî (748 h.) dans Al-'Ibar.

D'autres ont rapporté sa naissance tout en admettant son retour en tant que Mahdi (le fait que c'est lui le Mu'ûd). Parmi ces derniers nous pouvons citer : Ibn Talha Shâfi'î (652 h.) dans Matâlib al-Su'ûl et Ibn Sabbagh Mâlikî (855 h.) dans al-Fusûl al-muhimma.

La conscience des chiites de sa naissance

Suite à la naissance du douzième Imam, certains chiites initiés et fiables auprès de l'Imam Hasan al-Askari (a) ont rendu visite à l'Imam du Temps. Le Cheikh Mufid en mentionne certains comme : Muhammad b. Ismâ'il b. Musâ b. Ja'far, Hakima la fille de l'Imam Jawad (a), Abu Ali b. Muttahar, 'Amru Ahwâzi et Abu Nasr Tarîf - le serviteur (Khâdim) de la maison du onzième Imam (a).

Il est rapporté que Muhammad b. 'Uthmân 'Amri accompagné de quarante personnes s'était rendu auprès de l'Imam Hasan al-Askari (a). L'Imam leur montra son enfant et dit : " Il est votre Imam après moi et mon successeur parmi vous. Obeissez le et ne vous dispersez pas dans votre religion pour ne pas périr. Vous ne le verrai plus jamais désormais.

Le Cheikh Tûsî rapporte un récit semblable en mentionnant des personnalités comme : Ali b. Bilâl, Ahmad b. Hilâlî, Muhammad b. Mu'awiya b. Hakim et Hasan b. Ayub b. Nûh.

Kulayni également rapporte de Dû' b. Ali 'Ijli qu'un homme de la Perse (Fars) avait dit: " Je suis allé chez l'Imam Hasan al-Askari à Samarra pour devenir son serviteur; il me confia les courses de la maison. Un jour l'Imam m'a montra son fils agé d'à peu près deux ans et m'a dit : "Il est votre Maître" (هذا صاحبکم). Dû' b. Ali 'Ijli rajoute que cet homme de la Perse lui a dit qu'à partir de là, il n'a plus revu cet enfant jusqu'à la mort de l'Imam Hasan al-Askari (a).

Le Cheikh Mufid considère des personnes comme Abu 'Umar, 'Uthmân b. Sa'îd al-Samân et son fils Abu Ja'far Muhammad b. 'Uthmân parmi ceux qui ont vu l'Imam du Temps (a) durant la vie de l'Imam Hasan al-Askari (a).

Il faut également parler des personnalités issues des célèbres familles comme : Banu al-Rahbâ de Nasîbîn et Banu Sa'îd, Banu Mahzyâr de la ville de Ahwaz (du sud de l'Iran), Banu al-Rakûlî de la ville de Koufa, Banu Nawbakhtî de la ville de Baghdâd, et un groupe des gens des ville de Qazvin et Qom (de l'Iran) ainsi que de Jibâl (du Liban), comme ceux qui ont vu l'Imam (a) durant la vie de son père.

La réaction des Abbassides de sa naissance

Quand le calife abbasside, al-Mu'tamid Abbassi a appris la nouvelle de l'état grave de santé de l'Imam Hasan al-Askari, il a chargé cinq personnes fiables parmi ses agents pour qu'ils surveillent la maison de l'Imam.

Il a ordonné également au Juge de la ville (Qâdi al-Qudât) de charger dix personnes fiables de son entourage pour veiller l'Imam Hasan al-Askari.

L'Imam de son côté, mentionna dans son testament qu'il donnerait tous ses bien à sa mère, Hudayth. Toutefois les abbassides n'ont pas permis que sa volonté soit réalisée ; ainsi ce fut Ja'far, le frère de l'Imam Hasan al-Askari, qui pris la moitié de ses biens.

Suite à la mort de l'Imam, le calife abbasside envoya un groupe à la maison de l'Imam. Ce groupe, outre de fermer et de sceller la maison et de confisquer les biens, était chargé de la fouiller afin de trouver son enfant. Ils sont allés même jusqu'à vérifier l'état d'éventuelle grossesse de toutes les femmes et de toutes les servantes dont Thaqîl qu'ils ont soupçonnée enceinte, et ont amenée avec eux, laquelle ils ont gardé pendant deux ans!

La durée de vie de l'Imam du Temps

Le diuzième Imam est donc né en 255 h. Cela fait maintenant 12 siècle! Cette durée de vie n'est logique vu la durée de vie de l'homme ordinaire. Les savants chiites se sont exprimés de manière différéntes pour répondre à cet enigme. Dans ce qui suit nous allons essayer de les catégoriser en plusieurs parties:

Les réponses expérimentales

Il parait que pour les biologiste, la longue vie humaine n'est pas chose impossible. L'ayatollah Sâfî Golpaygâni se référe à différents biologistes occidentaux qui pretendent que un être humain peut vivre, biologiquement jusqu'à 800 - 1000 ans.

Les réponses logiques et théologiques

  • Le miracle (I'ijâz): d'après cette explication, la durée de la vie de l'Imam Mahdi est de l'ordre de miracle et fait partie des ordres métaphysiques.
  • La volonté divine pourrait déterminer la durée ou la pérennité de vie d'un être humain.
  • C'est l'âme ou le nafs de l'homme qui détermine et gère son corps ; c'est cela qui peut dominer son corps physique. Si l'âme est très puissante et si elle a une supériorité sur le corps, elle pourra, suite à l'autorisation divine, pérenniser son corps pour une durée plus longue qu'habituelle.
  • La pérennité est essentiellement possible dans l'être humain et c'est son contraire qui est un fait secondaire/accidentel. Le fait accidentel peut aussi atteint le néant. Alors si un fait n'est pas accidentel, le résultat serait la pérennité.
  • On a dans l'histoire les récits comme le « vin » et « met » de 'Aziz Nabî, qui après cent ans restèrent frais et sains sans avoir de l'âme ; l'homme ayant une âme supérieure pourrait bien avoir une durée de vie au-delà des durées de vie ordinaires.
  • D’après les rapports historiques, le raison la plus élevée pour la possibilité d'une chose est en effet son occurrence.

Les exemples historiques

Abu Hâtam Sijistâni a rapporté dans son livre "al-Ma'marûn wa al-Wasâyâ", les exemples des individus qui ont eu une durée de vie extraordinaire. Les savants chiites comme le Cheikh Sadûq dans Kamâl ad-Din et Karâjakî dans al-Burhân 'Ala Sihat 'Umr al-Imam Sâhib al-Zamân, ont également écrit des chapitres entiers à propos du mystère de la durée de vie de l'Imam Mahdi.

Les livres sacrés

Dans les Livres sacrés comme la Torah, les Evangiles et le Coran, les hommes d'une durée de vie extraordinaire ont été mentionnés. D'après le Coran le prophète Noé avait une durée de vie d'à peu près 950 ans; également les durées de vies semblables parmi les peuples anciens y sont mentionnées.

Les récits saints

Dans les récits saint attribués aux Imams des chiites la longue durée de vie a été mentionnée; par exemple il est rapporté de l'Imam Sajjad (a): "Notre Qâ'im est héritier des traditions prophétiques...sa tradition héritée d'Adam et de Noé est la durée de vie ... .

Egalement l'Imam Sâdiq a comparé la durée de vie de l'Imam du Temps avec la durée de vie d'Abraham (a) qui a vécu 120 ans, mais qui était comme les jeunes de 30 ans.

Il est également rapporté de l'Imam Hasan (a) :" Dieu prolongera la vie du neuvième enfant de mon frère Husayn, puis il le fera réapparaître avec un visage jeune de moins de quarante ans".

La fin de la vie de l'Imam

L'Imam du Temps règnera après son soulèvement, à la fin des temps. La durée de son gouvernement est indiquée dans les récits entre 7 ans et 303 ans. Dans les récits sunnites cette durée est égale à 7 ans, et dans les récits chiites, plus de dix ans. Dans certains récits chiites le nombre de 7 années est indiqué mais avec cette précision que chaque année serait égale à dix ou vingt années ordinaires. Dans certains récits, la durée de son règne et lié à la volonté de Dieu et, est donc ambigüe. Le récit le plus célèbre parmi les chiites parle d'une durée de règne égale à 19 années.

Il n'y pas de précision, à propos du martyre ou de la mort de l'Imam dans les récits saints. Certains savants, se basant sur la célèbre phrase indiquant que tous les Imâms meurent en martyre: "ما منّا الا مقتول او مسموم", pensent que lui aussi finira en martyre à la fin de son règne. Il y a une seule phrase qui parle de la qualité du martyre du douzième Imam d'après laquelle cela serait effectué par une femme barbue appelé Sa'ïda. Bien que le livre appelé Ilzâm al-Nâsib rapporte cette phrase parmi les événements post-apparition de l'Imam en la considérant comme prise parmi les récits saints, mais la source de cette phrase n'a pas été trouvée parmi ces récits.

D'après les croyances imamites (chiisme duodécimain), le célèbre événement de Rij'at (Retour) aura lieu après la fin de la vie de l'Imam du Temps. D'après cette croyance, l'Imam Husayn (a) serait la première personne qui reviendrait ; ce serait lui qui ferait la prière sur le corps de l'Imam Mahdi et ce serait lui-même qui lui donnerait les ablutions funéraires et le mettrait dans son linceul.

Lieux de vie de l'Imam

Le lieu de naissance et de vie de l'Imam avant son Occultation

L'Imam Mahdi a vécu à Samarra, depuis sa naissance jusqu'à son Occultation mineure. Durant ce temps, la Galerie sacrée fut son lieu de vie et d'invocation. D'après certains rapports, il y a été vu plusieurs fois durant la vie de son père.

Certains chercheurs pensent qu'il aurait accompagné son père, a la fin de la vie de ce dernier, au pèlerinage de Hajj, puis s'est réfugié à Médine. Cette hypothèse n'est pas conforme aux sources historiques chiites.

Le Lieu de vie de l'Imam pendant son Occultation

Certains récits saints insistent sur le fait que le lieu de vie de l'Imam, durant son Occultation, est inconnaissable. Toutefois il y a d'autres récits qui mentionnent des lieux précis comme Dhi Tuwa (un lieu autour du sanctuaire de la Mecque), La montagne Radavî (une montagne près de Médine), Tai'ba (Médine) comme lieu de sa vie durant l'Occultation.

Considérant qu'il a été en contact avec les Quatre représentants durant son Occultation mineure, on peut penser qu'il a passé une période de son Occultation en Irak.

Certaines sources ont également parlé, d'après un récit, d'une île appelé Khadrâ' (lieu géographiquement inconnu) comme son lieu de vie durant son Occultation majeure. Mais cela a sérieusement été mis en question par certains savants chiites qui ont même écrit des textes pour le critiquer.

Ibn Qayîm Jawzi et Ibn Khaldûn attribuent aux chiites de croire que l'Imam du Temps vivent toujours dans la Galerie sacrée et qu'il se soulèvera de là-même. Mais on n'a pas pu trouver des sources chiites concernant cela. Pour les chiites la sacralité de ce lieu est uniquement due à la vie de l'Imam dans ce lieu durant le vivant de son père.

Le lieu de son apparition, de son soulèvement et le lieu de sa résidence (après son apparition)

Il n'y a pas d'information précise à propos du lieu exacte de l'apparition de l'Imam du Temps (a). Ce serait peut-être, d'après un certain récit, dans un lieu appelé Dhi Tuwa (un lieu autour du sanctuaire de la Mecque). D'après le même récit, il en partirait en compagnie de 313 personnes à la Mecque, s'y appuierait à la Pierre noire (حجرالاسود) et y redresserait son drapeau. Ce récit (et d'autres récits) indique(ent) que le soulèvement de l'Imam aura lieu à Masjid al-Harâm et ses partisans feraient l'allégeance avec lui, dans un lieu entre Rukn et Qiyâm (de lieux de cette mosquée).

Dans d'autre récit un autre lieu appelé Tihâma (un lieu au bord de la mer Rouge, en Arabie Saoudite actuelle) a été mentionné comme le lieu de soulèvement de l'Imam. D’après le même récit la Mecque, comme faisant partie de ce territoire, s'appelle aussi Tahâma.

Dans d'autres récits, ce serait un endroit nommé Kar'a comme lieu d'apparition de l'Imam; il paraît que ce soit situé au Yémen. Il y en a encore d'autres qui considèrent la ville de Koufa comme le lieu de règne de l'Imam du Temps, la Mosquée de Koufa comme son lieu de jugement et la Mosquée de Sahla comme son lieu de vie et son lieu de partage des biens, après son apparition.

Les lieux saints attribués à l'Imam

Il existe des lieux qui sont attribués au douzième Imam où les chiites se rendent pendants son Occultation majeure afin de communiquer avec lui. Ces lieux sont les suivants :

  • La Galerie sacrée ou la Galerie de l'occultation: ce lieu était le lieu d'invocation des trois derniers Imams à savoir Imam Hâdi (a), Imam Hasan al-Askari (a) et l'Imam Mahdi (a).
  • La Mosquée de Jamkarân située dans un village près de la ville de Qom. Ce lieu a été construit, d'après une parole reconnue, sous l'ordre de l'Imam du Temps et par Hasan b. Mathla Jamkarânî.
  • La Mosquée de Sahla; il y a un lieu (maqâm) au sein de cette mosquée attribué à l'Imam du Temps. Ce lieu est situé entre le lieu (maqâm) attribué à l'Imam Sajjad et le lieu (maqâm) attribué au Prophète Khidr. Certains récits ont présenté ce lieu comme le lieu de vie de l'Imam après son apparition.
  • Dhi Tiwa: c'est un lieu au sein de la Mecque, à l'intérieur du sanctuaire, où d'après certains hadiths, l'Imam Mahdi (a) vit. Dans certains récits, ce lieu est présenté comme le lieu d’apparition de l'Imam et le lieu où il se réunira avec ses compagnons. Il a été rapporté également que l'Imam Mahdi sera dans ce lieu à côté de la Ka'ba, et attendra ses 313 compagnons avant de se soulever.
  • La Montagne Razawî. Certains récits ont présenté ce lieu comme le lieu de vie de l'Imam durant l'Occultation. Cette montagne est située dans un endroit au milieu des montagnes Tihama entre Médine et la Mecque.
  • Wâdi as-Salâm. Au sein de ce célèbre cimetière, il y a un lieu (maqâm) attribué à l'Imam Mahdi. Ce lieu ressemble actuellement à un sanctuaire détenant un dôme, et a été construit en 1310 h. par Sayyed Muhammad Khân, le roi du Sindh (au Pakistan). Dans le même lieu, existait un autre bâtiment qui avait été rénové par Sayyed Bahr al-'Ulûm (m. 1212 h.). Dans le Mihrâb de ce lieu, existe une pierre sur laquelle est gravée une invocation (ziyârat-nâma). La date indiquée sous cette gravure remonte au l'an 1200 h.
  • L'Ile de Khadrâ'. C'est un lieu attribué à l'Imam Mahdi (a), où vivent, d'après certains récits, les enfants de l'Imam Mahdi (a). Le récit de cette île est rapporté dans certaines narrations, tandis que les positions des chercheurs à ce propos sont assez ambivalentes : certains l'ont accepté, d'autres l'ont considéré comme une pure légende et ont écrit des critiques à son propos.
  • Tayiba aussi fait partie des lieux attribués à l'Imam pendant son Occultation. Il considéré comme le lieu de vie de l'Imam dans certains récits. Il a été également dit que ce lieu est le même que la ville de Médine.

Les caractéristiques physiques et moraux de l'Imam

Il existe de nombreux hadiths chiites et sunnites à propos des caractéristiques particulières de l'Imam Mahdi.

Les caractéristiques physiques et apparentes

Le Prophète, à de nombreuses reprises, a décrit l'Imam Mahdi comme la personne qui lui ressemble le plus. L'Imam Hasan Askari également le considère comme celui qui ressemble le plus au Prophète, aussi bien dans ses aspects physiques que moraux.

L'Imam Ali avait dit aussi que quand il se soulèvera, il aura moins de quarante ans.

L'Imam Hasan al-Mujtabâ le présente comme un jeune de moins de quarante ans avec un pouvoir infini.

L'Imam Sâdiq le décrit en ayant un visage jeune, mature et équilibré. Allameh Majlisi écrit à propos de ce hadith : " par "équilibré" on entend qu'il est d'âge moyen ou vers fin de jeunesse.

L'Imam Rida, dans un hadith s'adressant à Abâsalt Hiravî qui lui avait demandé à propos des signes de l'Imam au moment de sa réapparition, dit : " son signe est qu'il est d’âge mûr, tout en ayant un visage jeune, de sorte qu'on lui donne quarante ans ou moins".

Dans le livre Makyal al-Makârim la beauté et l'Imam du Temps est indiquée comme une de ses caractéristiques et il a été dit que son visage brille comme la lune.

Dans différentes narrations les détails du visage de l'Imam sont décrits. Par exemple le Prophète dit " Mahdi est de moi, il a un front large, et un long nez droit".

Dans un autre hadith, le Prophète insiste sur le fait qu'il a une teinte d'arabe, et un corps d'Israelite. Il rajoute qu'il a un grain de beauté sur sa joux droite qui brille comme une étoile.

L'Imam Bâqir rapporte de son père et de son arrière-grand-père que l'Imam Ali avait dit : " Il apparaitra un enfants de mes enfants à la fin des temps qui aura un visage blanc et rose, avec une large poitrine [...], forts épaules, et il aura deux grains de beauté sur son doc, l'un de même couleur que sa peau, l'autre comme le grain de beauté du Prophète".

Les caractéristiques morales et pieuses

Nous pouvons étudier les caractéristiques morales de l'Imam Mahdi de deux façons suivantes :

  1. en se basant sur les hadith et narrations selon lesquels il est la personnes la plus ressemblante au Prophète et interpréter ses caractéristiques morales en le comparant avec ce dernier.
  2. en étudiant les hadiths et narrations indépendants attribués aux Imams des chiites à propos des caractéristiques morales de l'Imam Mahdi. Ces hadiths, qui sont se d'ailleurs dans le corpus de hadiths sunnites également, il est présenté comme la personne la plus amble à l'égard de Dieu, et la personne la plus sage et la plus savante.
  • L'Imam Husayn dit à propos de lui : "vous connaitrez l'Imam Mahdi par sa dignité et sa sérénité, par sa lucidité et connaissance du bien (licite) et du mal (illicite), par le besoins du peuple de lui et par son manque de besoin des autres".
  • L'Imam Sâdiq le considère comme la personne la plus vertueuse et la plus ascète, qui s'habille et mange sobrement. Il est très exigent avec les autorités (les agents de son gouvernement) mais très tolèrent et compréhensif avec le peuple.
  • L'Imam Bâqir le présente comme celui qui pratique d'après le Livre de Dieu et ne voit le mal qu'en s'y opposant.
  • L'Imam Ridha dit à propos de l'Imam Mahdi : " Il est considéré les mérites des gens plus qu'eux-mêmes et il est plus soucieux à l'égard des gens leurs propres parents. Il est plus amble à l'égard de Dieu plus que tous, et il est plus rigoureux que tout, pour appliquer ses règles et pour s'abstenir des interdictions". L'Imam Ridha le considère comme la personne la plus sage et la plus savante, la plus patiente, la plus vertueuse, la plus amble et la plus pieuse avec laquelle communiquent les anges".

La période de l'imamat de l'Imam Mahdi

L'ambiguïté dans l'existence du fils de l'Imam Askari

Durant la vie de l'Imam Askari un propos circulait dans la communauté ; d'après ce propos les chiites attendaient le soulèvement du fils de l'Imam Askari. L'Etat abbasside cherchait à tout prix ce fils afin de l'arrêter. Ce fut pour cette raison que l'Imam Askari cacha son fils et sauf certains rares et proches individus, personne n'a vu ce fils. Lors de la mort en martyre de l'Imam Asakri, ces rares individus étaient les seuls à savoir que l'Imam Askari avait un fils.

Et ce fut pour la même raison que l'Imam Askari mentionna dans son testament uniquement le nom de sa propre mère, Hudayth. Durant les premières années après la mort de l'Imam Askari, certains chiites croyaient qu'après lui ce serait sa mère, Hudayth, qui par procuration, aurait la charge de l'imamat.

Suite à la mort de l'Imam Askari, ses compagnons proches avec 'Uthmân b. Sa'd 'Umarî (m. 260 h. ou 267 h.) en tête, ont annoncé à la société chiite que l'Imam avait laissé un fils qui le remplacerait dans son statut de l'imamat. Abdullah b. Ja'far Humayrî dit à ce propos :"J'ai demandé à 'Uthmân b. Sa'd 'Umarî à propos du descendant de l'Imam Askari. 'Umarî m'a répondu : cela vous a été interdit de demandé son nom puisque le gouverneur en vigueur croit que l'Imam n'avait aucun fils et que son héritage revient uniquement à sa mère, sa sœur et son frère. Si je prononce son nom, ils (les autorités) commenceront à le rechercher. Ne me demandez alors pas son nom".

Confusion à propos de l'identité de l'Imam

Après la mort de l'Imam Askari, et malgré la lucidité de ses compagnons proches à propos de sa descendance, toute la communauté chiite (notamment celle de l'Irak et de Mésopotamie) était tombée alors dans un état de confusion et d’incertitude. Par exemple une personne a été envoyée à Médine pour y rechercher le descendant de l'Imam, puisqu'on avait dit que le fils de l'Imam y avait été envoyé par son père. Ou bien il avait été dit qu’Abu Zayd Ahmad b. Sahl Balkhi (un célèbre savant de la période de l'Occultation) est allé de Khorâsân en Irak afin d'y chercher son Imam et y est resta pendant des années à la recherche de ce dernier.

Il y eu même une divergence au sein même de la maison de l'Imam Askari. Hudayth, la mère de l'Imam Askari et Hakîma, sa tante, prenait la défense de son fils (Mahdi) tandis que l'unique sœur de l'Imam Askari (qui était la seule descendante de l'Imam Hâdî après Ja'far son frère), prenait la défense de son frère, Ja'far.

Les chiites qui avaient des responsabilités dans le gouvernement était également divisés. Par exemple la famille Nawbakhti soutenait l'existence et l'imamat du fils de l'Imam Askari et reconnaissait 'Uthmân b. Sa'îd et son fils, comme les représentants de ce dernier en tant que I' Imam du Temps.

Les divisions au sein de la communauté chiite

Les tensions pendant cette période furent tant que de nombreux chiites ont quitté leurs communautés et se sont associés à d'autres communautés musulmanes ou à d'autres branches chiites. Certains n'ont jamais voulu croire la mort de l'Imam Askari et le considérèrent comme Mahdi, lui-même. D'autres ont pris pour Imam Seyyed Muhammad, un autre fils de l'Imam Hâdî et ont nié l'imamat de l'Imam Askari.

Au milieu de tout cela un groupe bien important ont cru en imamat de Ja'far. Celui-ci a fait beaucoup d'effort pour récupérer l'imamat ; il a réclamé l'héritage que l'Imam avait laissé pour sa mère, bien que celle-ci fût encore vivante. Il a même encouragé le gouverneur en vigueur dans la recherche du fils de l'Imam Askari, a même payé une somme annuelle importante à une des autorités abbasside afin qu'il approuve son imamat.

Malgré toutes ces divergences, finalement la plupart des chiites ont admis l'imamat du fils de l'Imam Hasan Askari et ce fut ce courant qui dirigea plus tard la principale guidance du chiisme imamite et demeura depuis le 4ème siècle de l'hégire comme le chiisme duodécimain.

Le Shaykh Mufid écrit à propos des 14 sectes chiites dérivées du chiisme imamite après la mort du onzième Imam : " De toutes ces sectes dont nous avons parlé, il ne reste plus aujourd'hui, c'est à dire en l'an 373 h., sauf une : l'imâmisme duodécimain ; autrement dit ceux qui reconnaissent l'imamat du fils de Hasan Askari, celui qui est appelé au même nom de l'Envoyé de Dieu (a), ceux qui croient à sa vie et sa pérennité jusqu'au jour où il se soulèvera avec son épée". (il le rapporte de Hasan b. Musâ Nawbakhti, l'auteur du livre Firaq Shi'a).

Le rôle des correspondances de l'Imam (tawqî'ât) dans la stabilisation du chiisme

Comme nous avons mentionné plus haut, certaines messages de la part de l'Imam ont été communiqués aux croyants par l'intermédiaire de ses représentants durant la période de son Occultation Mineure. Certains de ces messages concernaient la confirmation de son propre imamat. Les arguments qu'il a apportés dans ses messages appuient sur la continuité de la guidance divine depuis Adam jusqu'à l'Imamat de son père (l'Imam Hasan Askari), et le fait que la terre ne serait jamais sans la Preuve Divine. Il a également présenté trois critères pour distinguer le "vrai" Imam de ceux qui s'autoproclament Imam, qui sont :le 'Ismat (impeccabilité), le 'Ilm '(Science et Connaissance) et l'admission divine.

Voici deux exemples des correspondances de l'Imam:

Les signes d'apparition de l'Imam

De nombreux hadiths ont parlé des signes de l'apparition de l'Imam Mahdi (a); au de-là de ce fait, les savants chiites pensent selon ces hadiths, que le Coran a également parlé à propos des signe de l'apparition de l'Imam.

Trois signes principaux peuvent être comptés à propos de l'état du monde lors de l'apparition de l'Imam qui sont les suivants :

  • L'oppression et l'injustice auront rempli le monde jusqu'à la moindre maison
  • La montée des ennemis comme les Sufyânî, les Nawâsib et autres, qui en alentour de l'Irak et d'autres territoires musulmans, feront des efforts contre les chiites, occuperont la Syrie et réoccuperont le gouvernement de ce pays.
  • Le courant "Mahdisme" et les compagnons de l'Imam Mahdi s'étendront dans les pays musulmans et essayeront de propager le nom de l'Imam à travers le monde.

Les paroles et les écrits de l'Imam

Pour parler des écrits (maktûbât) de l'Imam, le terme tawqi'ât (n. pluriel) a été utilisé. Cependant ce terme se réfère aussi expressions orales mais également les paroles de ses Représentants Particuliers (Nâ'ib) référées à lui. Il existe des sources dans lesquelles les tawqi'ât de l'Imam sont réunis, comme le livre : Mu'jam ahâdith al-Imam al-Mahdi de Kamâl ad-Din Sadûq.

Les tawqi'ât de l'Imam, constitués de 80 chapitres, ont été pour la plupart exprimés durant la période de l'Occultation mineure et comprennent des thématiques très différentes comme des thématiques doctrinales, juridiques, financières etc.

Reférence