Martyre de l’Imam Ali (a)

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La peinture de l’assassinat de l’Imam Ali (a), une œuvre de Yûsuf ‘Abdî Nizhâd.

Martyre de l’Imam Ali (a) (en arabe : استشهاد الإمام علي عليه السلام) un événement du premier siècle de l’Hégire en l’an 40 qui eut un impact significatif sur la situation des chiites. Le martyre du Commandeur des croyants l’Imam Ali (a) entraîna le début des persécutions et des violences contre les chiites, conduisant à l’effondrement des partisans de l’Imam Ali (a). Avec le martyre de l’Imam (a), diverses tendances, divergences d’opinions et animosités émergèrent parmi les habitants de Koufa. Certains compagnons de l’Imam Ali (a) comparèrent l’armée de Koufa après le martyre du Commandeur des croyants (a) à un troupeau ayant perdu son berger et attaqué de tous côtés par les loups.

La dernière bataille menée par l’Imam Ali (a) était la bataille de Nahrawân, où il affronta un groupe de ses partisans qui avaient insisté pour l’Arbitrage lors de la bataille précédente c’est-à-dire la bataille de Siffîn, mais qui regrettèrent quelques jours plus tard, rompant leur allégeance à l’Imam (a) et après, déclenchèrent la bataiile de Nahrawân. Ces individus furent plus tard connus sous le nom des Kharidjites ou al-Mâriqûn (le groupe sorti et parti).

Un groupe de Kharidjites se réunirent après le pèlerinage de hadj et se plaignirent des conditions des musulmans. Finalement, trois personnes firent un serment de tuer Ali, Muawiya et ‘Amr b. al-’Âs. Parmi ces trois personnes, Ibn Muljam promit de tuer Ali.

Imam Ali (a) était l’invité de sa fille, Umm Kulthûm, la nuit du dix-neuvième jour du mois de Ramadan. Avant l’appel à la prière (Adhân) du matin, il se rendit à la mosquée. Il réveilla les personnes endormies dans la mosquée, y compris Ibn Muljam, pour la prière et se tint debout pour faire la prière dans le mihrab.

Pendant que le Commandeur des croyants Ali (a) était en prosternation ou en se relevant de la prosternation, Ibn Muljam porta un coup d’épée à la tête de l’Imam (a). Ce dernier fut ramené chez lui et un médecin compétent nommé Athîr b. ‘Amr examina l’Imam (a). près avoir constaté que le coup avait atteint le cerveau, Athîr dit à l’Imam (a) de faire ses testaments car il ne survivrait pas longtemps. Avant son martyre, l’Imam Ali (a) perdait souvent connaissance. Il effectuait sa prière assis et faisait des recommandations à ses enfants.

Avant de quitter ce monde, l’Imam (a) souffrit de sa blessure pendant trois jours. Pendant ce temps, il confia l’Imamat à son fils, l’Imam al-Hasan (a), par ordre d’Allah pour qu’il puisse assumer ses responsabilités après lui envers la communauté.

Imam Ali (a) se fit l’ablution majeure par Imam al-Hasan (a), l’Imam al-Husayn (a), Muhammad al-Hanafîya et Abd Allah b. Ja‘far. L’Imam al-Hasan (a) dirigea la prière funéraire pour son père. Il fut enterré secrètement la nuit. Le lieu de sépulture du Commandeur des croyants Ali (a) était caché pour éviter le profanation de la tombe par les Kharidjites et les Omeyyades jusqu’à ce que l’Imam as-Sâdiq (a) révèle l’emplacement de la tombe pour tous à l’époque du règne des Abbassides.

Impact du martyre de l’Imam Ali (a) sur la situation des chiites

La peinture, une œuvre de Ali Bahriynî

L’Imam Ali (a) fut tombé en martyre au mois de Ramadan de l’an 40 de l’Hégire (661 c).[1] Son martyre survint dans un contexte où de nombreux problèmes sévissaient ; les partisans ne lui obéissaient pas pleinement et montraient une certaine faiblesse dans leur soutien. En revanche, l’armée d’al-Cham, sous le commandement de Muawiya, était très puissante.[2] Pendant cette période, Muawiya, en connaissance de la situation, lançait des attaques contre les différentes régions gouvernées par l’Imam Ali (a), tuant et pillant les partisans et les chiites du Prince des croyants Ali (a).[3]

L’Imam Ali (a) était en train de préparer une armée pour se diriger vers al-Cham et combattre Muawiya, qu’il fut porté un coup d’épée par Ibn Muljam.[4] Martyre de l’Imam (a) provoqua une division parmi les troupes de Koufa, au point que Nawf al-Bikâlî, un compagnon du Commandeur des croyants (a), rapporte que les soldats se préparaient à partir pour al-Cham lorsque Ali (a) fut attaqué par Ibn Muljam, ce qui conduisit les troupes à retourner à Koufa. Nawf compara la situation des troupes d’Imam Ali (a) à un troupeau de moutons ayant perdu leur berger et étant attaqués de tous côtés par les loups.[5]

Après le martyre de l’Imam Ali (a), les habitants de Koufa prêtèrent allégeance à l’Imam al-Hasan (a) ; cependant, selon certains chercheurs, la réalité de Koufa était caractérisée par une diversité d’opinions, des divergences et la manifestation de rancœurs entre les gens. C’est pourquoi l’armée de l’Imam al-Hasan (a) n’avait pas la capacité de résister face à l’armée de Muawiya.[6] L’ayatollah Subhânî, un historien chiite, estime que le martyre de l’Imam Ali (a) était un coup dur pour la société islamique et conduisit au début des assassinats, des agressions et des persécutions des chiites par leurs ennemis.[7] Après le martyre de l’Imam Ali (a) et la brève période du règne de l’Imam al-Hasan (a), commenca l’époque des Omeyyades qui fut le temps le plus difficile pour les chiites.[8] La situation des chiites devenint extrêmement difficile avec la montée en puissance de Muawiya. Ibn Abi al-Hadîd rapporte que partout où se trouvaient les chiites, ils étaient soit tués, soit mutilés, soit dépouillés de leurs biens et emprisonnés.[9]

Les chiites observent le deuil en raison du martyre du Commandeur des croyatns l’Imam Ali (a) dans la nuit du vingt et unième jour du mois de Ramadan,[10] qui est l'une des trois nuits susceptibles d'être la Nuit de Qadr.[11] Certains chiites distribuent des vœux, des repas de rupture du jeûne et des repas d’avant l’aube cette nuit-là.[12] La récitation cent fois de ce Dhikr : « Allâhumma al-‘An Qatalata Amîri al-Mu’minîn » (اللّهمَّ العَن قَتلَة اَميرَالمُومِنين ; ô Seigneur, maudis les assassins du Prince des croyants)[Note 1] fait partie des actes d’adoration des dix-neuvième et vingt-et-unième nuits du mois de Ramadan.[13]

Tentatives d’assassinat

L’Imam Ali (a) était la cible de plusieurs tentatives d’assassinat, parmi les plus célèbres figure celle qui eut lieu lors de la nuit de l’émigration du Prophète Muhammad (s) vers Médine.[14]

Après Laylat al-Mabît (la nuit dans laquelle, l’Imam Ali (a) dormit dans le lit du Prophète (s) pour protéger ce dernier) et la sortie de l’Imam (a) avec Sayyida Fatima (a), la fille du Messager de Diue (s), et Fatima bt. Asad, la mère de l’Imam Ali (a), vers le Prophète (s), un groupe de mécréants les suivit et tenta de tuer l’Imam Ali (a). Ils lui dirent : renvoie les femmes, et essayèrent de les séparer de lui pour les renvoyer, mais l’Imam (a) se défendit et en tua un.[15]

Ensuite, lors de la bataille de Badr et de la mort de plus de la moitié des mécréants tués par ses mains, la détermination des mécréants à le tuer se renforça de plus en plus.

Dans la bataille d’Uhud, lorsque les musulmans fuirent le champ de bataille et qu’il ne restait qu’un petit nombre d’entre eux, l’Imam Ali (a) soutint l’Envoyé de Dieu (s), dispersa les polythéistes autour de lui et élimina les chefs des polythéistes, les intentions des mécréants de tuer Ali se renforcèrent, et ils étaient déterminés à le tuer. Certains d’entre eux incitaient les autres à l’assassiner et à l’attaquer. Cela est illustré par ce que rapporte un groupe à propos d’Usayn b. Abî Îyâs, qui encourageait les polythéistes à le tuer en chantant :

هذا ابن فاطمة الذي أفناكم ذبحا*****وقتلة قعصة لم يذبح

عشرون  أفناكم قعصا وضربا*****يفتري بالسيف يعمل حدّه لم يصفح

أعطوه خرجا واتقوا بمضيعة*****فعل الذليل وبيعة لم تربح

Cet homme est le fils de Fatima, celui qui vous a tué, il n’a pas tué vingt d’entre vous. Il vous a privés de votre chef et vous a frappés avec l’épée sans pitié. Il agit avec fermeté, sans pardon. Donnez-lui un tribut et craignez de perdre l’alliance du faible, une alliance qui ne vous rapportera rien.[16]

Ainsi, la haine des mécréants envers Ali (a) ne faisait que croître, avec l’intention de le tuer de jour en jour. À chaque nouvelle bataille et à chaque acte de représailles d’Ali contre les mécréants, leur animosité et leur désir d’assassiner Ali et de le détruire s’intensifiaient et surveillaient l’Imam (a) de près.

Cette situation perdura tout au long du règne des trois premiers califes, comme le révèlent les célèbres vers du Commandeur des croyants Ali (a) :

تلكم قريش تمنّاني لتقتلني فلا*****وربك ما برّوا ولا ظفروا

فإن بقيت فرهن ذمّتي لهم*****بذات روقين لا يعفو لها أثر

C’est Quraych qui souhaitent pour me tuer, mais par ton Seigneur, ils n’ont ni réussi ni triomphé. Si je reste en vie, je serai une garantie pour eux avec des liens solides qui ne s’effacent pas. Et s’ils me tuent, il restera une trace indélébile pour eux.[17]

Puis, après que les jours des califes furent terminés et que le peuple eut prêté allégeance au Commandeur des Croyants Ali (a) du califat, il existait beaucoup de gens qui voulaient l’assassiner.

Ensuite, ils furent suivis par Muawiya et les gens d’al-Cham[Note 2] et ceux qui les rejoignirent dans la lutte contre Ali (a).[18]

Conspiration d’Ibn Muljam pour assassiner l’Imam Ali (a)

Ibn Sa‘d raconte :

« Trois personnes des Kharidjites c’est-à-dire Abd ar-Rahmân b. Muljam al-Murâdî, al-Burak b. Abd Allah at-Tamîmî et ‘Amr b. Bukayr at-Tamîmî se réunirent à La Mecque, s’engagèrent et conclurent un accord pour tuer ces trois : Ali b. Abi Talib, Muawiya b. Abî Sufyân et ‘Amr b. al-‘Âs. Ibn Muljam dit : je m’occupe d’Ali b. Abi Talib. Al-Burak dit : je m’occupe de Muawiya. Et ‘Amr b. Bakr dit : je m’occupe de ‘Amr b. al-‘ s. »[19]

Alors, ils s’engagèrent à cela et se renforcèrent mutuellement sur le fait qu’aucun homme parmi eux ne se détournerait de sa cible désignée jusqu’à ce qu’il le tue ou meure. Ils se rencontrèrent donc la dix-septième nuit du mois de Ramadan, puis chaque homme d’entre eux se dirigea vers la ville où se trouvait sa cible.

Abd ar-Rahmân b. Muljam se rendit à la ville de Koufa et rencontra ses compagnons parmi les Kharidjites, gardant leur secret et les visitant régulièrement. Un jour, il rencontra une femme nommée Qatâm bt. Shajna dont l’Imam (a) avait tué le père et le frère le jour de Nahrawan. Il la demanda en mariage, mais elle dit :

« Je ne t’épouserai que si tu fais quelque chose pour moi. »

Il répondit :

« Tu ne me demande que je te donnerai. »

Qatâm :

« Trois mille dinars et l’assassin de Ali ibn Abi Talib. »

Ibn Muljam :

« Par Allah, je ne suis venu à cet endroit que pour tuer Ali ibn Abi Talib, et nous t’avons donné ce que tu as demandé. »

Abd ar-Rahmân b. Muljam rencontra Shabîb b. Bajara, lui expliquant ce qu’il voulait et l’invita à se joindre et il accepta. Cette nuit-là où Ibn Muljam décida de tuer l’Imam Ali (a), il se rendit vers la mosquée et se mit à parler à Ash‘ath b. Qays al-Kindî jusqu’à l’aube sur cette question.[20]

Rôle de Qatâm dans le martyre de l’Imam Ali (a)

Selon les rapports historiques, Qatâm bt. Shajna joua un rôle dans le martyre du Commandeur des croyants Ali (a). En réponse à la demande en mariage d’Ibn Muljam, elle fixa sa dot à mille dirhams, une esclave, un serviteur et le meurtre de Ali.[21] Ibn Muljam en acceptant ces conditions, put épouser Qatâm.[22] Le père et les frères de Qatâm avaient été tués dans la bataille de Nahrawan.[23]

Lors du pèlerinage de hadj en 39 de l’Hégire, un différend survint entre le représentant de l’Imam Ali (a) et celui de Muawiya. Après le pèlerinage, certains Kharidjites se rassemblèrent à La Mecque disant qu’ils ne respectèrent pas la sacralité du Haram divin.[24] Ils se plaignirent des conditions des musulmans et rappelèrent leurs morts lors de la bataille de Nahrawan.[25] Finalement, trois personnes conclurent un pacte pour tuer Ali (a), Muawiya et ‘Amr b. al-‘Âs. Ibn Muljam s’engagea à tuer Ali (a).[26] Il arriva à Koufa le 20 Sha‘bân 40 h (29 décembre 660) et y rencontra Qatâm.[27]

Martyre

Fichier:Shahadat emam ali.jpg
La peinture de martyre d’Imam Ali (a), une œuvre d’Ehsân Afshâr.

Le Prince des croyants Ali (a) était invité pour l’iftar par sa fille, Umm Kulthûm, la nuit du dix-neuvième jour du Ramadan. L’historien chiite, Ja‘farîyân, rapporte que de nombreuses hadiths, transmis par les Ahl al-Bayt (a) et les sunnites, décrivent l’état spirituel particulier de l’Imam (a) lors de la nuit où il fut frappé dans la prière par le coup de l’épée.[28] Selon Ibn Athîr, un historien sunnite dans son livre « al-Kâmil »,[29] et un hadith du livre « al-Kâfî »,[30] lorsque l’Imam Ali (a) sortait de chez lui cette nuit-là, des gazelles s’approchèrent de lui et quand les autres essayèrent de les arrêter, l’Imam (a) dit de les laisser pleurer.

D’après le rapport de ‘Allâma al-Majlisî dans le livre « Bihâr al-Anwâr », le Commandeur des croyants Ali (a) se rendit à la mosquée et fit lui-même l’appel à la prière (Adhân).[31] Il réveilla les personnes endormies dans la mosquée pour la prière. Il réveilla également Ibn Muljam, qui dormait sur son ventre dans la mosquée, et interdit de dormir de cette manière.[32] Ensuite, il se tint debout pour accomplir la prière dans le mihrab. Pendant la prosternation[33] ou au moment où l’Imam (a) se relevait de la prosternation,[34] Ibn Muljam lui porta un coup d’épée à la tête.[35]

Ibn Muljam était accompagné de Shabîb b. Bajra al-Ashja‘î[36] et Wardân.[37] Après avoir frappé, Ibn Muljam dit : le [[jugement appartient à Dieu]] et non à toi et à tes partisans.[38]
Il est rapporté qu’après avoir été frappé, l’archange Gabriel jura devant Dieu que les fondements de la guidance ont été détruits, que les étoiles du ciel et les signes de piété se sont éteints.[39]

Fuztu wa Rabbi al-Ka‘ba

Article connexe : Fuztu wa Rabbi al-Ka‘ba.

Selon le rapport d’Ibn Qutayba ad-Dinawarî, l’historien du troisième siècle de l’hégire, après avoir été frappé, l’Imam Ali (a) aurait prononcé l’expression :

« J’ai gagné le bonheur, par le Seigneur de la Kaaba »[40]

Des érudits chiites tels que Sayyid ar-Radî,[41] Ibn Shahrâshûb,[42] ainsi que des érudits sunnites comme Ibn Athîr[43] et al-Balâdhurî[44] rapportèrent cette parole.

Selon Ibn Abi al-Hadîd, après cet événement, les médecins de Koufa furent rassemblés pour examiner l’Imam (a).[45] Athîr b. ‘Amr, après avoir examiné la blessure à la tête de l’Imam (a), conclut que le coup avait atteint le cerveau. Par conséquent, il conseilla à l’Imam (a) de faire ses testaments car il ne survivrait pas longtemps.[46]

Transporter l’Imam Ali (a) chez lui

Le Commandeur des croyants Ali (a) fut transporté à sa maison après avoir été frappé. Sa fille, Umm Kulthûm, vint s'asseoir près de lui. Il ouvrit les yeux et la regarda en disant :

« (Chez) le Compagnon suprême est le meilleur endroit pour se reposer. »[47]

Ibn Muljam fut arrêté et amené chez l’Imam (a). Ce dernier dit :

« Traitez-le bien en lui donnant à manger et en rendant son lit confortable. Si je vis, c’est à moi de décider du pardon ou du talion. Et si je meurs, faites-lui subir le même sort que moi ; devant le Seigneur je me plains de lui. »[48]

Ibn Athir écrit :

« Ibn Muljam est entré chez le Prince des croyants Ali (a) alors qu’il était attaché.
L’Imam Ali (a) : ô ennemi de Dieu, ne t’ai-je pas bien traité ?
Ibn Muljam : si.
L’Imam (a) : alors qu'est-ce qui t'a poussé à faire ça ?
Ibn Muljam : je l’ai affûté quarante matins (faisant référence à son épée), et j’ai demandé à Dieu de tuer par elle le pire de Sa création.
L’Imam (a) : je ne vois que ta mort par cela, et je ne te vois que comme le pire de la création de Dieu.
Puis l’Imam Ali (a) a ajouté : l’âme pour l’âme. Si je meurs, tuez-le de la même manière qu'il m'a frappé. Et si je surviens, je dirai mon avis. Ô fils d’Abd al-Muttalib ! Je ne veux pas que vous versiez le sang des musulmans en disant que c’est pour venger l’Imam Ali. Il ne doit être tué que celui qui m’a tué. Ô Hasan ! Si je meurs à cause de ce coup, frappe-le d’un coup, un coup pour un coup et ne le mutilez pas. Car j’ai entendu le Messager d’Allah (s) dire : évitez la mutilation même avec un chien mordant. »[49]

Après avoir été frappé, l’Imam (a) ne resta que trois jours, au cours desquels il confia l’Imamat à son fils l’Imam al-Hasan al-Mujtaba (a). Pendant ces trois jours, il invoquait constamment le nom d’Allah, se soumettait à Sa volonté et émettait des recommandations appelant au respect des ordres d’Allah Tout-Puissant. Il mettait en garde contre la tentation de suivre les désirs personnels.

Meurtrier de l’Imam, le plus malheureux parmi les premiers et les derniers

Il y a de nombreuses nouvelles qui annoncèrent le martyre de l’Imam Ali (a) avant son propre martyre. Parmi elles, il y a celle qui est citée dans le discours de Sha‘bânîyya que le Messager d’Allah (s), après avoir parlé du mois de Ramadan, de son honneur et de la récompense de l’obéissance en ce mois, pleura.

Le commandeur des croyants (a) dit à lui : ô Messager d'Allah ! Pourquoi pleurez-vous ?
Il (s) répondit : ô Ali ! Je pleure pour ce qui va t'arriver en ce mois, je te vois en train de faire la prière pour ton Seigneur, alors que le plus malheureux des premiers et des derniers hommes, le frère de celui qui a égorgé la chamelle de Sâlih,[Note 3] te frappera d'un coup sur la tête, divisant en deux moitiés et teignant ta barbe avec le sang de ta tête.
Alors l'Imam Ali lui dit : ô Messager d'Allah ! Est-ce que ma religion est encore intacte à cette époque ?

Le Prophète (s) dit : oui, ta religion sera intacte. Puis il ajouta : ô Ali ! Celui qui te tue m’a tué, celui qui te déteste me déteste, celui qui t’insulte m’insulte, car tu es pour moi, comme mon âme, ton esprit est de mon esprit, et ta nature est de ma nature. Certes, Allah m’a créé ainsi que toi, Il m’a choisi ainsi que toi. Il m’a élu pour la prophétie et t’a élu pour l’Imamat. Celui qui nie ton Imamat nie ma prophétie. Ô Ali ! Tu es mon successeur, le père de mes enfants, le mari de ma fille, et le calife sur ma communauté de mon vivant et après ma mort. Ton commandement est mon commandement, ton interdiction est mon interdiction. Je jure par Celui qui m’a envoyé en tant que prophète et m’a fait le meilleur des créatures que tu es l’Argument d’Allah sur Ses créatures, Son confident dans Ses secrets et Son calife sur Ses serviteurs.[Note 4]

L’Imam Ali (a) était au courant de son propre martyre ?

Selon de nombreux hadiths, l’Imam Ali (a) avait connaissance de détails concernant son martyre, tels que le moment et les circonstances de celui-ci.[50] Dans le livre « al-Kâfî », l’une des Quatre Livres chiites, il existe une section intitulée « les Imams savent quand ils vont quitter le monde ».[51]
Des savants comme cheikh al-Mufîd, ‘Allâma al-Hillî et Sayyid al-Murtadâ abordèrent cette question dans leurs œuvres.[52] Conformément au dire de cheikh al-Mufîd, un théologien chiite, les hadiths à ce sujet sont nombreux (Mutawâtir).[53] En réponse à la question de savoir si les Imams (a), étaient conscients du moment de leur martyre pourquoi alors ils ne protégèrent pas leur vie, il avança deux possibilités :

  1. Leur connaissance du moment et du lieu de leur martyre ainsi que de leur assassin n’était pas détaillée.
  2. S’ils connaissaient les détails de leur propre martyre, mais leur devoir était la patience.[54]

Certains d’autres répondirent également que dans les cas où les Imams acceptèrent leur martyre, ils ne contredirent pas l’ordre de la préservation de la vie. Selon eux, la connaissance des Imams (a) n’est pas basée sur la coutume. Par conséquent, il se peut que les Ahl al-Bayt (a) aient eu une obligation spéciale pour le bonheur de la société et… et qu’ils y aient agi.[55] Il est également rapporté de l’Imam ar-Ridâ (a) que le Commandeur des croyants Ali (a) accepta de se soumettre au décret divin dans la nuit du dix-neuvième de Ramadan.[56]

Testaments de l’Imam Ali (a) après avoir été frappé

La peinture sur le thème des funérailles de l’Imam Ali (a) par Ali Bahriynî

Du Commandeur des croyants Ali (a), entre le moment où il fut frappé dans la mosquée et son martyre, des testaments et des recommandations furent rapportées. L’Imam Ali (a) perdait souvent connaissance après avoir été frappé jusqu’à son martyre.[57] Il accomplissait ses prières assis et faisait des recommandations à ses enfants.[58] Un testament spécial était également adressé aux al-Hasanayn (a), comme rapporté dans le Nahj al-Balâgha.[59] Pendant cette période, l’Imam (a) prononça également des paroles sur la mort.[60]
L’Imam (a) fut décéda le 21 Ramadan de l’an 40 de l’Hégire (28 janvier 661).[61]

Testament concernant le talion d’Ibn Muljam

L’Imam Ali (a) ordonna qu’un seul coup soit porté à Ibn Muljam.[62] S’il est tué par ce coup, son corps ne doit pas être mutilé.[63] Selon les sources, l’Imam (a) donna des ordres pour nourrir et abreuver correctement Ibn Muljam.[64] Le talion fut appliqué par l’Imam al-Hasan (a) et Ibn Muljam mourut de ce coup.[65]

Funéraille de l’enterrement de l’Imam Ali (a)

Le cortège funèbre et l’enterrement de l’Imam Ali (a) furent effectués par l’Imam al-Hasan (a), l’Imam al-Husayn (a), Muhammad b. al-Hanafîyya et Abd Allah b. Ja‘far.[66] L’Imam al-Hasan (a), comme l’enfant ainé et le prochain Imam, dirigea la prière funéraire de son père.[67] Il fut enterré de nuit, et quelques endroits furent préparés pour son enterrement afin que l’emplacement de sa tombe reste secret.[68]

L’Imam al-Bâqir avait dit :

« Le Commandeur des croyants (a) a ordonné à son fils al-Hasan de creuser quatre tombes pour lui en quatre endroits voulant ainsi que personne parmi ses ennemis ne connaisse l’emplacement de sa tombe. »[69]

Le lieu d’inhumation de l’Imam Ali (a) était caché pour éviter la profanation de sa tombe par les Kharidjites[70] et les ennemis des Omeyyades.[71] Seuls quelques-uns des chiites connaissaient le lieu d’inhumation jusqu’à ce que l’Imam as-Sâdiq (a), à l'époque du règne des Abbassides, révèle l’emplacement de la tombe à tous.[72] Le lieu d’inhumation du Prince des croyants Ali (a), est situé dans la ville de Nadjaf.[73]

Lire aussi

De nombreux livres furent écrits sur le martyre de l’Imam Ali (a) et les événements associés, y compris :

voir aussi

Note

  1. Bien que seule une personne ait tiré l’épée sur l’Imam Ali (a) lors de la prière, ceux qui eurent un impact font partie des assassins de l’Imam (a).
  2. Muawiya détint le pouvoir à Cham pendant environ 40 ans
  3. Dans ce passage, le Prophète (s) compare l’assassin de l’Imam Ali (a) à quelqu’un qui tua le chameau du Prophète Sâlih (a) disant que l’assassin de l’Imam Ali (a) est le frère de celui qui tua le chameau de Sâlih (a).
  4. Discours de Sha‘bânîyya

Références

  1. Ibn Kathîr, Al-bidâya wa an-Nihâya, vol 8, p 130
  2. Ibn Kathîr, Al-bidâya wa an-Nihâya, vol 7, p 323
  3. Ja‘farîyân, Hayât Sîyâsî wa Fikrî Imâmân Shî‘i, p 53 - 54
  4. Ja‘farîyân, Hayât Sîyâsî wa Fikrî Imâmân Shî‘i, p 110
  5. Subhî as-Sâlih, Nahj al-Balâgha, p 264
  6. Nasîrî Radî, Târîkh Tahlîlî Sadr Islâm, p 191
  7. Ayatollah Subhânî, Ash-Shî‘a fî Mawkab at-Târîkh, vol 1, p 22
  8. Nasîrî Radî, Târîkh Tahlîlî Sadr Islâm, p 135
  9. Ibn Abi al-Hadîd, Sharh Nahj al-Balâgha, vol 11, p 43
  10. (Al-Majlisî, Mir’ât al-‘Uqûl, vol 16, p 381
  11. Majîdî Khâmini, « Shabhâyi Qadr dar Îrân », p 19
  12. Majîdî Khâmini, « Shabhâyi Qadr dar Îrân », p 20
  13. Cheikh Abbas al-Qummî, Mafâtîh al-Jinân, p 226
  14. Al-‘Allâmat al-Amînî, Al-Ghadîr fî al-Kitâb wa as-Sunna wa al-Adab, vol 2, p 85
  15. Al-‘Âmilî, As-Sahîh min Sîrat al-Imâm Alî, vol 2, p 192
  16. Ibn Abî ad-Dunyâ, Maqtal al-Imâm Amîr al-Mu’minîn ‘Alî ibn Abî Tâlib, vol 1, p 19
  17. Al-Mahmûdî, As-Sa‘âdat, vol 7, p 114
  18. Ibn Abî ad-Dunyâ, Maqtal al-Imâm Amîr al-Mu’minîn ‘Alî ibn Abî Tâlib, vol 1, p 20
  19. Ibn Sa‘d, At-Tabaqât al-Kubrâ, vol 3, p 35
  20. Ibn al-Athîr al-Jazarî, Usd al-Ghâba, 4, p 36
  21. Cheikh al-Mufîd, Al-Irshâd, vol 1, p 18 - 19
  22. Ibn Qutayba ad-Diynawarî, Al-Imâma wa as-Siyâsa, vol 1, p 180
  23. Cheikh al-Mufîd, Al-Irshâd, vol 1, p18 ; Ibn Qutayba ad-Diynawarî, Al-Imâma wa as-Siyâsa, vol 1, p 180
  24. Ibn Qutayba ad-Diynawarî, Al-Imâma wa as-Siyâsa, vol 1, p 179
  25. Ibn Abi al-Hadîd, Sharh Nahj al-Balâgha, vol 6, p 113
  26. Adh-Dhahabî, Târîkh al-Islâm, vol 3, p 607
  27. Cheikh al-Mufîd, Al-Irshâd, vol 1, p 18 ; Ya‘qûbî, Târîkh al-Ya‘qûbî, vol 2, p 212
  28. Ja‘farîyân, Hayât Sîyâsî wa Fikrî Imâmân Shî‘i, p 111
  29. Ibn al-Athîr al-Jazarî, Al-Kâmil fi at-Târîkh, vol 3, p 388
  30. Cheikh al-Kulaynî, Al-Kâfî, vol 1, p 259
  31. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 42, p 281
  32. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 42, p 281
  33. Cheikh at-Tûsî, Al-Amâlî, p 365
  34. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 42, p 281
  35. Ibn A‘tham Kûfî, Al-Futûh, vol 4, p 278
  36. Ibn Sa‘d, At-Tabaqât al-Kubrâ, vol 3, p 25 - 28
  37. Ibn Khaldûn, Târîkh Ibn Khaldûn, vol 2, p 646
  38. Ibn Khaldûn, Târîkh Ibn Khaldûn, vol 2, p 646
  39. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 42, p 282
  40. Ibn Qutayba ad-Diynawarî, Al-Imâma wa as-Siyâsa, vol 1, p 180
  41. Sayyid ar-Rad, Khasâ’is al-A’imma, p 63
  42. Ibn Shahrâshûb, Al-Manâqib, vol 2, p 119
  43. Ibn al-Athîr al-Jazarî, Usd al-Ghâba, 3, p 618
  44. Al-Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, vol 2, p 488
  45. Ibn Abi al-Hadîd, Sharh Nahj al-Balâgha, vol 6, p 119
  46. Al-Madanî, At-Tirâz al-Awwal, vol 7, p 14
  47. Al-Amîn, A‘yân ash-Shî‘a, vol 3, p 485
  48. Ibn ‘Asâkir, Târîkh Madîna Damishq, vol 42, p 559
  49. Ibn al-Athîr al-Jazarî, Al-Kâmil fi at-Târîkh, vol 2, p 740
  50. Cheikh al-Kulaynî, Al-Kâfî, vol 1, p 530
  51. Cheikh al-Kulaynî, Al-Kâfî, vol 1, p 258 - 260
  52. Rabbânî Gulpâyigânî wa Rahmânî Zâdi, « ‘Ilm Imâm bi Shahâdat wa Shubhiyi Nâsazgârî ân bâ ‘Ismat », p 105
  53. Cheikh al-Mufîd, Al-Irshâd, vol 1, p 319
  54. Cheikh al-Mufîd, Al-Masâ’il al-‘Ukbarîya, p 69 - 72
  55. Rabbânî Gulpâyigânî wa Rahmânî Zâdi, « ‘Ilm Imâm bi Shahâdat wa Shubhiyi Nâsazgârî ân bâ ‘Ismat », p 111
  56. Cheikh al-Kulaynî, Al-Kâfî, vol 1, p 259
  57. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 42, p 289
  58. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 42, p 290
  59. Subhî as-Sâlih, Nahj al-Balâgha, p 421 - 422
  60. Subhî as-Sâlih, Nahj al-Balâgha, p 207, sermon 149
  61. Cheikh al-Mufîd, Al-Irshâd, vol 1, p 9
  62. Al-Maqdisîyy, Al-Bad’ wa at-Târîkh, vol 5, p 233
  63. Subhî as-Sâlih, Nahj al-Balâgha, p 422
  64. Al-Fattâl an-Nayshâbûrî, Rawdat al-Wâ‘izîn, vol 1, p 137
  65. Al-Khazzâz al-Qummî, Kifâyat al-Athar, p 162
  66. Ibn Qutayba ad-Diynawarî, Al-Imâma wa as-Siyâsa, vol 1, p 181
  67. Ibn Qutayba ad-Diynawarî, Al-Imâma wa as-Siyâsa, vol 1, p 181
  68. Qâ’idân, ‘Atabât ‘ lîyât ‘Irâq, vol 1, p 30
  69. Sayyid ibn Tâwûs, Farhat al-Gharîyy, p 32
  70. Ibn Qutayba ad-Diynawarî, Al-Imâma wa as-Siyâsa, vol 1, p 181
  71. Cheikh al-Mufîd, Al-Irshâd, vol 1, p 10
  72. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 42, p 338
  73. ‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, vol 42, p 338 ; Qâ’idân, ‘Atabât ‘ lîyât ‘Irâq, vol 1, p 32
  74. Ibn Abî ad-Dunyâ, Maqtal al-Imâm Amîr al-Mu’minîn ‘Alî ibn Abî Tâlib, p 12 - 23