Procession de Arba'ïn

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Procession de Arba'ïn

Procession de Arba'în ou la marche de Arba'în (en arabe: مسيرة الأربعين) et un très grand rassemblement annuel chiite à l'occasion de commémoration du quarantième jour (Arba'ïn) du martyre de l'Imam al-Husayn (a) et d'autres martyrs de Karbala.

Les chiites Irakiens, ainsi que beaucoup d'autres chiites à travers le monde effectuent une procession et se rejoignent ce jour à Karbala afin de rendre visite à la tombe de l'Imam al-Husayn (a) et les autres martyrs de l'évènement de Karbala.

Selon les rapports, en plus des chiites, des groupes de sunnites, de chrétiens, de yézidis et d’autres religions participeraient également à la marche de Arba'îne.

Le nombre des participants atteint chaque année des millions de personnes.

Invitation à cette procession

Cheikh at-Tûsî a rapporté de l'Imam al-Hasan al-'Askarî (a) dans le livre d'at-Tahdhîb qu'un des cinq singes du Mu'min (croyant ou initié des enseignements des Imams (a)) est d'effectuer la Zîyârat de Arba'în.

Voici le contenu de hadith :

Les signes de Mu'min (vrai chiite) sont cinq :

  1. de faire 51 rak'ats de prière par jour (24 heure). C'est à dire qu'en plus des 17 rak'ats de prières obligatoires journalières, il effectue aussi 34 rak'ats de nâfila (prière conseillée et non obligatoire),
  2. d'effectuer la Zîyâra de Arba'în,
  3. de mettre une bague dans sa main droite,
  4. de mettre son front sur la terre lors de sa prosternation (pour plus de précision voir Turbat de prière)
  5. de prononcer le «بسم اللّه الرّحمن الرّحيم» à voix haute (lors de ses prières) [1].

Il y a aussi une invocation spéciale pour Arba'în rapportée par l'Imam as-Sâdiq (a)[2]. Cheikh Abbas al-Qummî cita cette invocation dans son livre Mafâtîh al-Jinân au troisième chapitre après la zîyârat de Achoura Ghyra Ma'rûfah, intitulé la Zîyârat de Arba'în[3].

Historique

Procession de Arba'ïn en 1970

Sayyid Muhammad Ali Qâdî Tabâtabâ'î écrit que le départ vers Karbala au jour de Arba'în était courant parmi les chiites depuis l'époque des Imams (a) et que les chiites exigeaient cette marche également à l'époque des Umayyades ainsi qu'à l'époque des Abbassides [4].

L'auteur de Adab at-Taff (publié en 1967) parle du rassemblement des chiites à l'occasion de Arba'în à Karbala et le compare avec le rassemblement des musulmans lors du Pèlerinage de Hadj à La Mecque. Il a parlé dans son livre des différentes communautés à savoir des Turcophones, Arabophones, Persanophones ainsi que ceux qui récitaient des poésie en Urdu.

Le livre d'Abad at-Taff a été publié en l'an 1388 H/1967 C, et son auteur a écrit :

"ce ne sera pas exagéré de dire qu'un million de personnes participent à cet événement"[5].

Interdiction de la marche de Arba'în au court du gouvernement de Saddam

À la fin du 14ème siècle, le parti Baas irakien a pris le contrôle du pouvoir en Irak. Ils savent que la marche de Arba'în est un symbole de la force politique des musulmans chiites. Le gouvernement de Saddam a alors interdit la marche de Arba'în et parfois attaqué cruellement des pèlerins.

L'interdiction et la terreur du gouvernement Ba'tsi ont rendu la marche de Arba'în moins encombrés. Ils attaquent parfois en tirant avec des armes depuis le sol ou en attaquant depuis les airs. L’année 1977 C a été le point culminant de cette attaque. Ils ont abattu des pèlerins près de la ville de Karbala. Avec cette interdiction, certains chiites se rendent secrètement en pèlerinage à Karbala. La même année, l'ayatollah Sayyid Muhammad as-Sadr a annoncé le pèlerinage obligatoire à Arba'în[6].

Intifâda de Arba'în

Le parti Baas irakien a limité les rituels religieux et a empêché la création de tout Mûkib (un lieu où les pèlerins mangent et se reposent), et les processions à Karbala[7]. Cependant, durant le 15 Safar 1977 C, les habitants de Nadjaf se préparèrent pour la marche de Arba'în[8]. Une caravane de trente mille personnes est venue à Karbala. Dès le début, les forces gouvernementales se sont opposées à ce mouvement et quelques pèlerins ont été tué[9]. Enfin, sur la route de Nadjaf à Karbala, les forces armées ont attaqué des personnes, ont arrêté des milliers. Sayyid Muhammad Bâqir as-Sadr et Sayyid Muhammad Bâqir al-Hakîm ont joué un rôle important dans cette rébellion[10]. L'imam Khomeyni a également soutenu cette rébellion[11].

Procession durant les années récentes

Quant à la période contemporaine, il est important de savoir qu'à l'époque de Saddam Hussein, toute sorte de commémoration et cérémonie de deuil était interdite[12]. Ainsi ce fut pour la première fois, en 2003, que les chiites ont pu effectuer leur marche vers Karbala. La première année après la chute de Saddam, seulement 2-3 millions de personnes y ont participé. Mais depuis, le nombre des participants augmente très visiblement, chaque année.

En 2013 (1392 HS-1435 H) selon certains rapports, autour de 15 millions de personnes, toutes nationalités confondues, avaient participé à cette procession[13].

Il faut préciser que la plupart de ces pèlerins sont des Irakiens, mais il y a aussi ceux qui y viennent d'autres pays. En 2013 par exemple, 1 300 000 pèlerins y étaient allés d'autres pays.

Distance de marche

Les visiteurs irakiens marchent de leur propre ville à Karbala. Cependant, les chiites qui ont rejoint la marche de Arba'în en Iran et d’autres pays ont commencé à marcher depuis Nadjaf vers Karbala. La distance entre Karbala et Nadjaf est d'environ 80 km. 1452 colonnes (poteaux le long de la route) sont fournies aux visiteurs. La distance entre les deux pôles est de 50 mètres. Cela signifie que tous les 20 poteaux font 1 kilomètre. Il faut marcher 20-25 heures en moyenne pour parcourir toute la distance. En moyenne, cette distance est parcourue en 3 ou 4 jours en marchant 7 à 8 heures par jour. La journée idéale pour marcher de Nadjaf à Karbala est le 16 Safar[14].

Moeurs et coutumes

Réciter Hawsa : Une des Moeurs et coutumes des Irakiens sur le chemin de Karbala le jour de Arba’în est la récitation de "Hawsa". Hawsa fait référence à des poèmes spéciaux pour les tribus arabes du sud de l'Irak. Ces poèmes expriment l'héroïsme et le courage et sont utilisés pour inciter les hommes à accomplir de grandes et difficiles tâches. Après la récitation par le poète, les gens répètent un couplet du poème et avancent en cercle[15].

Début de la cérémonie : La cérémonie de deuil commence cinq jours avant Arba'în en entrant dans les caravanes de Ta'dhîya. Ensuite, des groupes de batteurs de poitrine et de batteurs de chaînes entrent et la cérémonie principale commence le jour de Arba'în, deux heures après midi. Les pèlerins se tiennent près de l'entrée du sanctuaire de l'Imam al-Husayn (a) et récitent une plainte et la répètent tout en se frappant la poitrine et, à la fin, ils lèvent les mains en signe de salutation et de respect[16].

Servir les pèlerins : Pendant les journées de procession, les nomades vivant à côté de l'Euphrate installent de grandes tentes appelées Mawkib ou mudif (guesthouse) sur le chemin de la procession et reçoivent et servent les pèlerins et les hébergent pour se reposer. Les communautés religieuses d'Irak ont installé de nombreux mawkibs et fourni des services gratuits aux pèlerins[17]. La gestion des mawkibs est effectuée par des personnes indépendantes du gouvernement[18].

Voir aussi

Références

  1. Cheikh at-Tûsî, Tahdhîb al-Ahkâm, vol.6, p. 52
  2. Cheikh at-Tûsî, Tahdhîb al-Ahkâm, vol 6, p 113, 1407 H
  3. Al-Qummî, Cheikh Abbas, Mafâtîh al-Jinân, p 642
  4. Qâdî Tabâtabâ'ï, p.2
  5. Shubbar, Adab at-Taff wa ash-Shu'arâ' al-Husayn (a), vol 1, p 41
  6. Mazâhirî, Farhang Sûgi Shî'a, p 102, 1395 HS
  7. Al-Mu'min, Sanawat al-Jamar, p 165, 2004 C
  8. Al-Asadî, Mûjiz Târîkh al-'Arâq as-Sîyâsî, al-Hadîth, p 101, 2001 C
  9. Waylî, Nahdat Islâmî Shî'ayân Irak, p 81, 1373 HS
  10. Al-Mu'min, Sanawat al-Jamar, p 169, 2004 C
  11. Al-Mu'min, Sanawat al-Jamar, p 170, 2004 C
  12. Mazâhirî, Farhang Sûgi Shî'a, p 102, 1395 HS
  13. http://imamhussain.org/news/22745
  14. https://www.isna.ir/news/93091710163/%DA%86%D8%B1%D8%A7-%D9%BE%DB%8C%D8%A7%D8%AF%D9%87-%D8%B1%D9%88%DB%8C-%D8%A7%D8%B1%D8%A8%D8%B9%DB%8C%D9%86-%D8%AB%D9%88%D8%A7%D8%A8-%D8%AF%D8%A7%D8%B1%D8%AF
  15. Abâdharî, Pîyâdi Rawî Arba'în Dar Sîra va Sukhanân Buzurgân, p 146
  16. Abâdharî, Pîyâdi Rawî Arba'în Dar Sîra va Sukhanân Buzurgân, p 147
  17. Abâdharî, Pîyâdi Rawî Arba'în Dar Sîra va Sukhanân Buzurgân, p 163
  18. Mazâhirî, Farhang Sûgi Shî'a, p 100, 1395 HS

Bibliographie

  • Abâzarî, Abd ar-Rahîm, Pîyâdi Rawî Arba'în Dar Sîra va Sukhanân Buzurgân, Magazîn Farhangi Zîyârat, n 19 et 20, 1393 H
  • Al-Asadî, Mukhtâr, Mûjiz Târîkh al-'Irâq as-Sîyâsî al-Hadîth, centre d'ash-Shahîdayn as-Sadrayn li ad-Dirâsat wa al-Buhûth, 2001 C
  • Al-Mû'min, Ali, Sanawât al-Jamar, Beyrouth, al-Markaz al-Islâmî al-Mu'âsir, 2004 C
  • Al-Qummî, Cheikh Abbas, Mafâtîh al-Jinân,
  • Cheikh at-Tûsî, Muhammad b. al-Hasan, Tahdhîb al-Ahkâm, Téhéran, Dâr al-Kutub al-Islâmîyya, 1407 H
  • Mazâhirî, Muhsin Hisâm, Farhang Sûgi Shî'a, Téhéran, Nashr Khayma, 1395 HS
  • Qâdî Tabâtabâ'î, SAyyid Muhammad Ali, Tahqîq Dabâri Awwal Arba'în Hadrat Sayyid ash-Shuhadâ' (a), Qom Bunyâd 'Ilmî va Farhangî Shahîd aytollah Qâdî Tabâtabâ'î, 1368 HS
  • Shubbar, Sayyid Jawâd, Adab at-Taff wa Shu'arâ' al-Husayn (a), Beyrouth, Dâr al-Murtadâ
  • Waylî, Joyce N, Nahdat Islâmî Shî'ayân Irâq, traduction de Mahwash GHulâmî, institut Ittilâ'ât, 1373 HS