Mosquée al-Aqsa

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Mosquée al-Aqsa et Dôme du Rocher

La mosquée al-Aqsa (en arabe : المسجد الأقصی) ou al-Haram al-charif (le sanctuaire noble) ou Al-Masjid al-Aqsa est l’une des mosquées de la ville de Jérusalem et le premier Qibla des Musulmans.

Selon les hadiths, c'était l'endroit où al-Mi'râj (l'ascension) du Prophète Muhammad (s) commença là-bas. Le Coran le mentionne dans la sourate al-Isrâ', dans l'événement d’al-Mi'râj. Al-Masjid al-Aqsa est respecté par les musulmans, les juifs et les chrétiens. Dans les hadiths islamiques, elle est considérée comme une mosquée vertueuse à côté d'al-Masjid al-Haram et d'al-Masjid an-Nabî, de telle sorte que faire une prière dans cette mosquée équivaut à celui de mille prières dans d'autres mosquées.

Les juifs croient que les restes du Temple de Salomon se trouvent sous al-Masjid al-Aqsa. Selon certains chrétiens, la destruction d'al-Masjid al-Aqsa et la construction du troisième Temple de Salomon est la condition de la réapparition du Christ. Pour cette raison, certains juifs veulent détruire al-Masjid al-Aqsa et reconstruire le Temple de Salomon. Ainsi, les forces israéliennes empêchent les musulmans d'entrer dans la mosquée.

En 1969 C, un juif a mis le feu à la mosquée Al-Aqsa, c'est pourquoi le calendrier de la République islamique d'Iran marque le 31 août comme la journée mondiale de la mosquée. Aujourd'hui, le bâtiment qui est connu sous le nom d'al-Masjid al-Aqsa a été construit à l'époque de Abd al-Malik b. Marwan au 1er siècle de l’hégire et a été reconstruit et réparé à différentes époques.

Emplacement et nomination

"Al-Majid al-Aqsa" signifie littéralement la mosquée la plus éloignée. Il fait allusion à une mosquée de Jérusalem en Palestine, qui située dans la partie sud-est de la ville[1]. Il est appelé "al-Majid al-Aqsa", car il était très loin de La Mecque et d'al-Masjid al-Haram où vivaient le Prophète (s) et les musulmans à l'époque[2].

Selon certains chercheurs, "al-Masjid al-Aqsa" dans le Coran, fait allusion à une vaste zone comprenant al-Masjid as-Sakhra (où a commencé l'ascension du Prophète (s)), des portiques, etc[3]. Ainsi, certains exégètes chiites interprètent "Al-Masjid al- Aqsa" dans le premier verset de la sourate al-Isrâ' dans le Coran, comme faisant allusion à Bayt al-Maqdis[4] qui construit par les prophètes David (a) et Salomon (a)[5]. Dans certains hadiths al-Masjid al-Aqsa est appelé “Al-Masjid Bayt al-Maqdis”[6].

Certains disent qu’au moment de l'ascension du Prophète (s), une construction appelée "Al-Masjid al-Aqsa" n'existait pas et donc, le mot "Al-Masjid" dans le Coran devrait être pris dans son sens général, c’est-à-dire le lieu de culte[7].

Aujourd'hui, "Al-Masjid al-Aqsa" se réfèrent à un bâtiment indépendant construit à l'époque de Abd al-Malik b. Marwan autour du sanctuaire al-Quds, et la zone comprenant cette mosquée ainsi qu'al-Masjid as-Sakhra, Al-Masjid de Umar, le Mur de Burâq, etc[8].

Statut

La mosquée al-Aqsa est le plus honorable parmi les musulmans, les juifs et les chrétiens. Selon les Juifs, les restes du Temple de Salomon se trouvent sous la mosquée Al-Aqsa[9]. Les musulmans croient que c'était l'endroit où le Prophète Muhammad (s) a commencé son Ascension (al-Mi’râj)[10]. De plus, avant le changement de la Qibla des musulmans vers la Ka'ba au 2ème siècle de l’hégire, c'était leur Qibla[11]. Ainsi, certains chiites iraniens des périodes Qadjar et Pahlavi, pendant leur pèlerinage (hajj), ont visité des lieux religieux de Jérusalem al-Quds, y compris la mosquée al-Aqsa[12].

D’après certains hadiths, al-Masjid al-Aqsa est considérée comme l'une des quatre mosquées les plus vertueuses à côté d’al-Masjid al-Haram, al-Masjid an-Nabî et la mosquée de Koufa[13].

Dans certains autres hadiths, la mosquée de Koufa n'est pas mentionnée, et donc Al-Masjid al-Aqsa est considérée comme l'une des trois mosquées vertueuses[14]. Faire une prière dans ces mosquées équivaut à faire mille prières dans d'autres mosquées[15].

Dans les sources de hadiths chiites, il y a des hadiths sur la supériorité de la mosquée de Koufa à Al-Masjid al-Aqsa[16].

Histoire

Il est dit que le prophète David (a) était la première personne qui aurait construit un temple à l'emplacement actuel du complexe al-Masjid al-Aqsa, et l’a ensuite été achevé par le prophète Salomon (a). Il est appelé le Temple de Salomon, le Temple de Jérusalem, le Temple d'Elia et la Dôme d'Elia. Selon Gustave Le Bon, l’historien des XIXe et XXe siècles C, avant la conquête de Jérusalem par les musulmans, il y avait une église dans le complexe al-Masjid al-Aqsa au nom de Mary (a)[17].

Selon les documents restants du premier siècle de l’hégire, le bâtiment actuel d'al-Masjid al-Aqsa a été construit à l'époque des omeyyades au premier siècle de l’hégire lunaire[18]. Selon Ibn Kathîr, l’historien du 8e siècle de l’hégire, la construction du bâtiment d'al-Masjid a commencé en 66 H sous le commandement de Abd al-Malik b. Marwan (règne: 65-86 H), et a fini en 73 H[19]. Certains a également été attribuée sa construction à al-Walid b. Abd al-Malik (règne: 86-96 H)[20].

Ibn Kathir a écrit :

«Abd al-Malik a construit Al-Masjid al-Aqsa et ses bâtiments environnants afin d'empêcher les gens de Cham d'aller au pèlerinage du Hadj et de les a forcés à faire le tour de la mosquée al-Aqsa[21], car Abd Allah ibn az-Zubayr a saisi l'opportunité du Hajj de faire de la propagande contre Abd al-Malik et d'obtenir des promesses d'allégeance des pèlerins pour lui-même[22]. Aux jours de Arafa et des Mina, il a rappelé aux gens que le Prophète (s) avait maudit al-Hakam b. ‘Âs (le grand-père d'Abd al-Malik) et de sa famille, afin d'attirer le soutien des gens de Cham pour son propre règne[23].

Caractéristiques du bâtiment

Le bâtiment de la mosquée al-Aqsa est rectangulaire, avec une longueur de 80 mètres et une largeur de 55 mètres[24]. Il est fondé sur 53 piliers en marbre et 49 fondations[25]. La mosquée possède un immense portique avec un dôme sur sa partie médiane[26]. Naser-E Khosrow (394-481 H), un touriste du 5ème siècle qui a visité Jérusalem en 438 H[27], décrit al-Masjid al-Aqsa dans son carnet de voyage, parlant des serviteurs de la mosquée[28].

Reconstructions et réparations

Le bâtiment de la mosquée al-Aqsa a été réparé et reconstruit pendant les différentes. Les Abbassides, les Fatimides, les Ayyubides et les Ottomans font partie des gouvernements qui l'ont réparé et reconstruit.

Les califes abbassides, al-Mansur ad-Dawânîqî (règne: 136-158 H)[29] et al-Mahdi al-Abbasi (règne:126-169 H), ont réparé et reconstruit le bâtiment après qu'il ait été endommagé par un tremblement de terre[30]. De plus, sur la base d'une épigraphe, selon l'ordre d’az-Zâhir li I’zâz Dîn Allah, l'un des califes fatimides, un dôme a été construit au-dessus de la mosquée al-Aqsa en l’an 426 H[31] et sous l’ordre d’al-Mustansir li Dîn Allah en l’an 458 H, le portique nord de la mosquée est reconstruit[32].

En l’an 1099 C/583 H, les croisés ont conquis Jérusalem et construit une église dans une partie de la mosquée, et transformé l'autre partie en un lieu de repos pour la cavalerie et un stockage pour leurs provisions[33]. En 589 H, Salah ad-Dîn Ayyubî (le premier dirigeant de la dynastie ayyoubide) a récupéré Jérusalem des croisés, reconstruit le mihrab de la mosquée, carrelé son dôme et y a placé un minbar en bois[34]. Les mamelouks et les Ottomans ont également reconstruit la mosquée[35].

Judaïsation de la mosquée

Les Juifs croient que les restes du Temple de Salomon se trouvent sous la mosquée al-Aqsa. Ainsi, certains d'entre eux tentent de démolir la mosquée et de faire revivre le Temple de Salomon[36]. Certains chrétiens croient qu'une condition préalable à la réapparition du Christ est la démolition d'al-Masjid al-Aqsa et la construction du troisième temple de Salomon. Ainsi, les forces israéliennes empêchent les musulmans d'entrer dans la mosquée.

Al-Masjid al-Aqsa est considéré comme un symbole de l'identité islamique à Jérusalem contre le régime israélien. Le 21 août 1969 C, un juif du nom de Denis Michael Rohan a mis le feu à la mosquée al-Aqsa, qui a endommagé des parties de la mosquée et entraîné l'effondrement de son toit. Le vieux minbar de la mosquée qui datait de 583 H a été brûlé par le feu[37]. Dans le calendrier officiel de la République islamique d'Iran, l'anniversaire de l'incendie de la mosquée al-Aqsa le 21 août (31 Mordad) est connu comme la Journée mondiale de la mosquée.

Voir aussi

Références

  1. Hamîdî, Târîkh Jerusalem, p 183, 1381 HS
  2. 'Allâma Tabâtabâ'î, Tafsîr al-Mîzân, vol 12, p 7, 1417 H ; at-Tabrisî, Majma' al-Bayân, vol 6, p 612, 1372 HS
  3. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 7, 1390 HS
  4. At-Tabrisî, Majma' al-Bayân, vol 6, p 612, 1372 HS
  5. 'Allâma Tabâtabâ'î, Tafsîr al-Mîzân, vol 13, p 6, 1417 H
  6. Un livre commentaire du Coran atribué à l'Imam al-Hasan al-'Askarî, p 661,1409 H
  7. Hamîdî, Târîkh Jerusalem, p 183-184, 1381 HS
  8. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 7, 1390 HS
  9. Tawfîqî, Âshinâyî Bâ Adyâni Buzurg, p 88, 1385 HS
  10. Coran, Sourate al-Isrâ'n, verset 1
  11. 'Allâma Tabâtabâ'î, Tafsîr al-Mîzân, vol 1, p 331, 1417 H
  12. Ja'farîyân, Panjâh Safarnâmi Hdjj Qâjârî, p 230, 1389 HS
  13. Cheikh as-Sadûq, Man Lâ Yahduruhu al-Faqîh, vol 1, p 29, 1413 H
  14. Al-Bukhârî, Sahîh al-Bukhârî, vol 1, p 398, 1407 H
  15. Un livre commentaire du Coran atribué à l'Imam al-Hasan al-'Askarî, p 661,1409 H
  16. Al-'Ayyâshî, Tafsîr al-'Ayyâshî, vol 2, p 297, 1380H ; Muhaddith an-Nûrî, Mustadrak Wasâ'il ash-Shî'a, vol 3, p 409, 1408 H
  17. Gustave Le Bon, Tamaddun Islâm wa Arabe rappoté par Hamîdî, Târikh Jerusalem, p 183, 1381 H
  18. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 10, 1390 HS
  19. Ibn Kathî, al-Bidâya wa an-Nihâya, vol 8, p 280, 1407 H
  20. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 10, 1390 HS
  21. Ibn Kathî, al-Bidâya wa an-Nihâya, vol 8, p 280, 1407 H
  22. Al-Ya'qûbî, Târîkh al-Ya'ûbî, vol 2, p 261, Dâr Sâdir
  23. Ibn Kathî, al-Bidâya wa an-Nihâya, vol 8, p 280, 1407 H
  24. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 10, 1390 HS
  25. Hamîdî, Târîkh Jerusalem, p 183, 1381 HS
  26. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 10, 1390 HS
  27. Naser-E Khosrow, Safarnâmih, p 26, 1368 HS
  28. Naser-E Khosrow, Safarnâmih, p 32, 1368 HS
  29. Hamîdî, Târîkh Jerusalem, p 183, 1381 HS
  30. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 11, 1390 HS
  31. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 11, 1390 HS
  32. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 11, 1390 HS
  33. Hamîdî, Târîkh Jerusalem, p 183, 1381 HS
  34. Hamîdî, Târîkh Jerusalem, p 183, 1381 HS
  35. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 13-15, 1390 HS
  36. Tawfîqî, Âshinâyî Bâ Adyâni Buzurg, p 88, 1385 HS
  37. Ghûsha, Mûsâ, Târîkh Majmû'i Masjid al-Aqsa, p 16, 1390 HS

Bibliographie

  • ‘Allâma Tabâtabâ’î, Sayyid Muhammad Husayn, al-Mîzân fi Tafsîr al-Qur’ân, Qom, Daftar Intishârât Islâmî, 1417 H
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  • Al-Ya’qûbî, Ahmah b. Abî Ya’qûb, Târîkh al-Ya’qûbî, Beyrouth, Dâr Sâdir
  • At-Tabrisî, Fadl b. Hasan, Majma’ al-Bayân fî Tafsîr al-Qur’ân, Introduction de Muhammad Jawâd Balâghî, Téhéran, Nâsir Khosraw, 1372HS
  • Cheikh as-Sadûq, Muhammad b. Ali, Man Lâ Yahduruhu al-Faqîh, correcteur : Ali Akbar Ghaffârî, Qom, Daftar Intishârât Islâmî, Qom, 1413 H
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  • Ibn Kathî, Ismâ’îl b. Umzr, al-Bidâya wa an-Nihâya, Beyrouth Dâr al-Fikr, 1407 H/1386 C
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  • Mûsâ Ghûsha, Muhammad Hâshim, Târîkh Majmû’i Masjid al-Aqsa, traduction de Shahrâm Farhânîyân et Hudsâ ‘Âtifî, Qom, Nashr Adyân, 1390 HS
  • Naser-E Khosrow, Safarnâmih, Âtilîya Hunar Muhammad Salahshûr, 1368 HS
  • Tawfîqî, Husayn, Âshinâyî Bâ Adyâni Buzurg, Téhéran, SAMT, Qom, institut Tâhâ, et Centre mondial des sciences islamiques, edition 8, 1385 HS
  • Un livre commentaire du Coran attribué à l'Imam al-Hasan al-'Askarî, l’école de l’Imam al-Madî (a) Qom, 1409 H