Salman al-Farsi

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Salman al-Farsi
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Le mausolée de Salman Al-Farsi au sud de Bagdad

Compagnon du Prophète Mohammad (s)
Nom(s) Rouzbéh, Salman
Titre(s) Farsi, Mohammadi, Pak
Naissance Village de Jay à Isphahan ou Ramhourmouz, Iran
Décès 36 H/656
Mada'în
Origine Iranien
Pays de résidence Iran, Syrie, Péninsule Arabique
Sépulture Irak, Au sud de Bagdad, Salman Pak
Âge 350 ans (selon certaines narrations)
Famille
Père Un paysan iranien
Enfant(s)

Filles:

  • Une fille à Isphahan
  • Deux filles en Egypte

Fils:

  • Abd Allah
  • Mohammad

Informations religieuses
Conversion à l'islam 1 H/622
Rôles importants
  • Creuser un fossé durant la bataille de Ahzab
  • La conquête de l’Iran
  • L’opposition avec Saqifa
  • Gouverneur de Mada’în

Les successeurs du Prophète (s)

L'Imam AliL'Imam HassanL'Imam Hussayn
L'Imam SajjadL'Imam BaqirL'Imam Sadiq
L'Imam KadhimL'Imam RidhaL'Imam Jawad
L'Imam HadiL'Imam Hassan Al-AskariL'Imam Mahdi

Salman Al-Farsi (en arabe : سلمان الفارسي) fut un illustre compagnon du Prophète (s) et faisait partie des partisans de l’Imam Ali (a). D’après quelques narrations, il était le fils d’un paysan iranien et s’appelait Rouz Béh. Au début, il était zoroastrien. Pendant sa jeunesse, il se convertit au christianisme, alla à Cham et étudia chez un moine. Du fait qu’il avait entendu les moines parler d’un prophète qui apparaîtra dans la Péninsule Arabique, il décida d’y aller. Sur la route, il fut captif par la tribu Bani Kalb et fut vendu à un homme de Bani Quraydha comme esclave. Lorsqu’il arriva à Médine, il vit le Prophète Mohammad (s) et crut en lui. Le Prophète (s) l’acheta de son seigneur, le libéra et l’appela Salman.

Pendant la vie du Prophète (s), Salman était son illustre compagnon. Le Prophète (s) dit à propos de lui: « Salman est l’un des nôtres, un membre de mes Ahl Al-Bayt (a) ».

Il était présent dans les batailles à côté du Prophète. Dans la bataille de Ahzab, ce fut lui qui proposa de creuser autour de Médine pour empêcher les ennemis d’entrer dans la ville.

Après le décès du Prophète, il était toujours avec l’Imam Ali (a) et n’était pas d’accord avec ce qui se passa à Saqifa. A l’époque de Omar, il fut élu comme l’émir de Mada’în, mais il travaillait quand même et tricotait des paniers afin de pourvoir aux besoins de sa vie.

Après une longue vie et en l’an 36 de l’hégire il décéda à Mada’în et y fut enterré. Son mausolée est connu sous le nom de Buq’â Salman Pak.

Avant de se convertir à l’islam

Ruzbeh fut son nom original. Son père s’appelait Khushfudân ou selon certaines narrations, Buzakhshân. [1] Selon les narrations, après s’être converti à l’islam, le Prophète (s) l’appela Salman. Son surnom fut Abou Abd Allah. Il naquit dans le village de Jay, situé à Isphahan[2] et selon certaines narrations, il naquit à Ramhurmuz.[3]

Son père fut un paysan iranien. A l’époque des Sassanides ceux qui avaient le droit de posséder un terrain rural ou urbain, s’appelaient « Déhqân (paysan) ». [4]

Les narrations qui racontent son histoire avant qu’il ne se convertisse à l’islam sont mélangées avec les contes. Ce que l’on voit dans la plupart de ces narrations est le fait qu’il était très curieux et qu’il faisait des longs voyages pour trouver la meilleure religion.

Durant son enfance il fut zoroastrien. Puis, il se convertit au christianisme et alla à Cham pour apprendre cette religion auprès des moines qui furent au sommet de la connaissance. Tant qu’il était à Cham, il fut au service d’une église. Il voyagea aussi à Mossoul, Nasibayn et Amouriya pour rencontrer des moines très pieux. [5]

Lorsqu’il entendit les moines parler d’un prophète qui viendrait à la fin du temps, et apparaîtrait à Hedjaz, il décida d’y aller. Il y alla en compagnie de la caravane de la tribu Bani Kalb par laquelle il fut captif. On le vendit à un juif de la tribu Bani Quraydha, comme un esclave et fut emmené à Médine.[6]

Sa conversion à l’islam

La première année de l’Hégire dans le mois de Jumâdâ al-Ûlâ, il se convertit à l’islam. Il avait entendu que le dernier Prophète (s) qui apparaîtrait à Hedjaz, n’accepterait pas l’aumône, mais accepterait le cadeau ; et qu'il a le signe de la prophétie entre ses épaules. De ce fait, lorsqu’il rencontra le Prophète (s) à Qubâ, il lui donna une partie de sa nourriture comme aumône. Le Prophète (s) la donna à ses compagnons et n’en prit rien.

Salman considéra ceci comme le premier signe de sa prophétie. La deuxième fois qu’il rencontra le Prophète Muhammad (s), il lui donna un peu de sa nourriture comme un cadeau et cette fois, le Prophète (s) en mangea ; Et il considéra cela comme le deuxième signe de sa prophétie.

La troisième fois, Salman rencontra le Prophète (s) aux funérailles d’un de ses compagnons. Il le salua et marcha derrière le Prophète (s). Le Prophète (s) apprit que Salman veut regarder entre ses épaules pour trouver le dernier signe de sa prophétie, de ce fait, il enleva une partie de son vêtement pour que Salman puisse regarder le signe. En le voyant, Salman embrassa le Prophète (s) et se convertit à l’islam. [7]

Le Prophète (s) l’acheta en échange d’une plantation de 300 ou 400 palmiers et 40 onces d’or et le libéra.[8]

Le pacte de fraternité

Il y a plusieurs narrations à propos du pacte de fraternité qui eut lieu entre Salman et un autre compagnon du Prophète (s). Vous voyez ci-dessous quatre de ces narrations:[9]

  1. Salman et Abou Darda’
  2. Salman et Hudhayfa b. Yamân
  3. Salman et Mîqdâd
  4. Salman et Abou dhar

La dernière est confirmée par les narrations chiites.

Ses rôles importants

Creuser un fossé durant la bataille de Ahzab

Il participait aux batailles à côté du Prophète (s). Au cours de la bataille de Khandaq (Ahzab), il proposa de creuser autour de Médine.[10] Selon l’ordre du Prophète, chaque 40 personnes étaient chargées de creuser 20 mètres. Du fait que Salman était très fort, chaque groupe le considérait comme un de ses membres. Mouhajiroun disaient que Salman n’est pas originaire de Médine, et qu’alors il fait partie d’eux. Cependant, Al-Ansar disaient qu’au moment où le Prophète est arrivé à Médine, Salman était là et donc qu’il leur appartient.[11]

La conquête de l’Iran

Au cours de la conquête de l’Iran, Omar envoya Salman et Hudhayfa comme un des dirigeants de son armée. Pendant la conquête de Mada’în, Salman fit une négociation avec les chefs iraniens.[12]

L’opposition avec Saqifa

Salman était contre ce qui se passait à Saqifa. Après être informés de l’événement de Saqifa, Mîqdad, Salman, Abou Dhar, ‘Îbadat b. Samît, Abou Haytham Al-Tayhân, Hudhayfa et Ammar se réunirent dans la nuit pour parler du califat.[13] Salman et Ubay B. Ka’b firent plusieurs discussions contre la Saqifa. Salman dit à certains des compagnons qui avaient fait l’allégeance avec Abou Bakr: « Vous avez fait et vous n’avez pas fait »[14] qui veut dire: « Vous avez choisi un calife mais vous n’avez pas suivi l’ordre du Prophète (s) ».

Il disait aussi: « Vous avez choisi un vieil homme et vous avez abandonné la famille de votre Prophète. Si vous laissiez le califat auprès de la famille du Prophète, il n’y aurait aucune divergence ».[15]

Gouverneur de Mada’în

Omar b. Al-Khattab choisit Salman comme gouverneur de Mada’în. Salman demanda d’abord la permission de l’Imam Ali (a) puis accepta. Il y était jusqu’à la fin de sa vie.[16] Son salaire du trésor public fut 5000 dirhams mais il donnait tout son salaire aux pauvres et passait sa vie avec l’argent qu’il gagnait en tricotant des paniers.[17]

Sa famille et sa descendance

Dans certaines sources, il est rapporté que Salman demanda le mariage à deux filles. La première était la fille de Omar, la sœur de Hafsa. Omar refusa sa demande. Mais quand il entendit la parole du Prophète (s) à propos du niveau de Salman dans la croyance, il accepta. Cependant, Salman fut dissuadé et ne voulut plus. Pour demander la main de la deuxième fille, Salman envoya Abou Darda’ devant la famille de la fille mais, la famille refusa la demande de Salman et accepta que Abou Darda’ soit, lui-même, le mari de la fille. Enfin, il se maria avec Buqayra, de la tribu Bani Kînda. Il eut deux fils qui s’appelaient Abd Allah et Mohammad. Abd Allah est celui qui rapporta de son père le hadith qui raconte qu’Allah envoya un repas du Paradis à Fatima (s). Salman avait aussi une fille à Isphahan (Iran) et deux filles en Egypte. Muhaddith Al-Nouri a dit: « Les descendants de Salman habitaient à Ray (Téhéran) pendant 500 ans. Parmi ses descendants, on peut mentionner les suivants:

  • Badr Al-Dine Hasan b. Ali b. Salman, un narrateur de hadith et de la descendance de Salman.
  • Ibrahim b. Shahriyar (M 5ème siècle), un mystique (‘Ârif).
  • Shams Al-Dine Souzâni (M 6ème siècle), un poète.
  • Dhiya’ Al-Dine Al-Farsi (M 7ème siècle), un savant et un poète ainsi que le chef religieux des gens de Bukharâ.[18]

Salman selon le Prophète (s) et les Imams (a)

Le hadith le plus connu sur Salman, rapporté par le Prophète (s) est celui dans lequel il dit: « Salman est l’un des nôtres, de mes Ahl Al-Bayt (a) ».
Un jour, il entra dans la mosquée du Prophète. Certains le respectèrent beaucoup et lui donnèrent la place la plus élevée. Cependant, du fait qu’il n’était pas arabe, d’autres ne le respectèrent pas. Lorsque le Prophète (s) vit cela, il monta en chaire et dit qu’aucune race n’est supérieure à une autre et il cita, à la fin de son discours, le hadith ci-dessus à propos de Salman. Le Prophète (s) cita ce même hadith au cours de la bataille de Ahzab, lorsque Salman était en train de creuser un fossé.[19]
Le Prophète (s) dit aussi: « Le Paradis désire rencontrer Ali, Ammar et Salman ».[20] Il y a aussi des hadiths chiites, rapportés par les Ahl Al-Bayt (a), à propos de Salman.
L’Imam Ali (a) dit: « Grâce aux croyants comme Ammar, Aboudhar, Miqdâd et Salman, Allah accorde Ses bienfaits aux gens ».[21]
Il dit aussi: « Salman a le savoir des précédents et des suivants ».[22]
L’Imam Sadiq (a) dit: « Ne dites pas Salman Al-Farsi, dites plutôt Salman Al-Mohammadi car il fait partie des Ahl Al-Bayt (a) ».[23]

Son décès

Il décéda en l’an 36 H/656. D’après certaines narrations, il décéda à l’époque de Othman et selon d’autres, quelques années après Othman.[24] Salman eut une longue vie. Selon certaines narrations il avait 350 ans.[25] Il est aussi rapporté que lorsqu’il décéda, l’Imam Ali (a) alla à Mada’în, lui fit ses grands ablutions (Ghusl), l’enveloppa dans un linceul, fit la prière et l’enterra.[26]
Salman avait écrit sur son linceul cette poésie:[27]

Je viens auprès d’un Seigneur Généreux sans avoir fait des bienfaits ni avoir un cœur pur
Le fait d’avoir des provisions est très honteux quand tu entres chez un Généreux

Références

  1. Tarikh Tabari, v 3 p 171
  2. Al-Tabaqât Al-Kobrâ, v 4 p 56
  3. Tarikh Tabari, v 3 p 171
  4. Déhkhoda
  5. Al-Sirat Al-Nabawiyya, Ibn Hîsham, v 1 p 214-218
  6. Al-Sirat Al-Nabawiyya, Ibn Hîsham, v 1 p 218
  7. Al-Sirat Al-Nabawiyya, Ibn Hîsham, v 1 p 219
  8. Al-Sirat Al-Nabawiyya, Ibn Hîsham, v 1 p 219
  9. Salman Al-Farsi, 'Âmili, p 86-87
  10. Ansab Al-Ashrâf, Baladhuri, v1 p 343
  11. Al-Tabaqat Al-Kobrâ, Ibn Sa'd, v 4 p 62
  12. Tarikh Al-Omam, Tabari, v 4 p 41
  13. Sharh Nahjul Balagha, Ibn Abi Al-Hadid, v 1 p 219-220
  14. Nafas Al-Rahmân fi Fadha'îl Salman, Nouri, p 148
  15. Abd Allah b. Saba, Allama Askari, v 1 p 145
  16. Al-Darajât Al-Rafi'â, Madani, p 215
  17. Sharh Nahjul Balagha, Ibn Abi Al-Hadid, v 18 p 35
  18. Salman Farsi, Sadéghi Ardéstani, p 377-390
  19. Al-Tabaqât Al-Kobra, Ibn Sa'd, v 4 p 62
  20. Siyar 'A'lâm Al-Nubala', v 2 p 61
  21. Al-Khisal, Sadouq, p 361
  22. Tarikh Damishq (Damas), Ibn 'Asakîr, v 21 p 421
  23. Al-'Amali, Al-Toussi, p 133
  24. Tarikh Dameshq (Damas), v 21 p 458-459
  25. Tarikh Bagdad, Khatib Bagdadi, v 1 p 176
  26. Bihar Al-Anwar, Majlissi, v 22 p 380
  27. Nafas Al-Rahman, Nouri, p 139